INFLAMMATION DES MÉNINGES RACHIDIENNES, MENINGITE SPINALE
très-rapidement, quelquefois dans l'espace de quelques jours (hydrorrhachis rhumatismale). Souvent alors, la paralysie reste stationnaire avi niveau une fois atteint et peut même se dissiper complètement. Dans d'autres cas, la paraplégie se développe beaucoup plus lentement. L'espoir de voir la paralysie se dissiper définitivement, est alors beaucoup plus faible, bien que la maladie montre presque toujours de remarquables oscillations dans sa marche. La plupart des malades succombent tôt ou tard aux suites de la progression de la maladie sur la moelle allongée, ou bien ils meurent d'eschares de décubitus ou de catarrhes de la vessie. — La paraplégie se montre encore dans quelques autres maladies de la moelle épinière autres que la méningite chronique. La démarche des malades n'a rien de caractéristique pour cette forme et ne se distingue pas de celle des malades atteints d'autres formes de paraplégie. L'assertion soutenue autrefois par beaucoup d'auteurs, que les phénomènes de paralysie dépendant d'une collection de liquide dans le canal rachidien s'aggravaient dans la station verticale et diminuaient dans le décubitus horizontal qui permettrait une distribution plus égale du liquide, était de pure théorie et ne s'appuyait sur aucune observation directe. Le point de repère le plus essentiel pour le diagnostic différentiel de la méningite chronique et de l' hydrorrhachis acquise d'avec les autres affections de la moelle épinière nous est fourni par les phénomènes d'irritation, surtout les sensations douloureuses qui précèdent la paralysie, de plus par la progression lente de la paralysie de bas en haut, progression qui manque dans les affections à foyers limités, et avant tout, par la marche variable de la maladie, par les exacerbations et les rémissions qui n'auraient aucune raison d'être dans les processus destructeurs de la moelle épinière.
§ U. Traitement.
Le traitement de la méningite aiguë demande l'emploi énergique des antiphlogistipues, surtout une application de sangsues ou de ventouses scarifiées sur les deux côtés de la colonne vertébrale. Si la maladie est d'origine traumatique il faut en même temps faire des applications froides sur le dos au moyen d'une vessie à glace ou des compresses glacées dont nous avons déjà fait mention à différentes reprises. Dans les cas très-récents on emploiera, vu qu'il y a péril en la demeure et que d'ailleurs il n'y a pas beaucoup à risquer, les frictions mercurielles tant vantées et on administrera le calomel à l'intérieur. Si la période aiguë se passe et que la maladie traîne en longueur, on en vient aux vésicatoires sur les deux côtés de la colonne. Commençant par la nuque on les promènera jusqu'au sacrum et ensuite on recommencera par la nuque. Les vésicatoires volants paraissent, dans la
méningite, d'un meilleur effet que les moxas et le cautère actuel, qui dans les maladies des vertèbres et dans l'inflammation de la moelle épinière limitée à des foyers isolés méritent la préférence. Dans les cas traînés en longueur ou ayant suivi une marche chronique dès le commencement, on obtient d'excellents résultats de l'usage des affusions et des douches froides et surtout de l'emploi des bains chauds prolongés, La confiance que l'on accorde à ces moyens dans les paraplégies en général est due principalement aux bons résultats que l'on en obtient dans la méningite spinale chronique, qui de toutes les maladies de la moelle épinière et de ses membranes est d'ailleurs la plus accessible à la thérapeutique. C'est précisément à ces malades qu'il y a lieu de conseiller des cures d'eaux minérales à Wildbad et dans d'autres stations thermales analogues.