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INFLAMMATION DE LA MOELLE ÉPINIÈRE, MYÉLITE

citer ce fait que dans la spondylarthrocace il existe assez souvent des paralysies avant que la colonne vertébrale soit déviée et que réciproquement, malgré les plus fortes déviations, il se peut qu'aucun phénomène de paralysie n'existe pendant des années jusqu'à ce que, sans augmentation de la flexion, mais le plus souvent après avoir été précédés de douleurs dans le •dos, ces phénomènes finissent par s'ajouter à la difformité. Plus rai ement que la spondylarthrocace, ce sont des plaies et des contusions de la colonne vertébrale ou des exostoses syphilitiques qui donnent lieu au développement de la myélite. Quelquefois la maladie se développe aux environs de néoplasmes et d'extravasats sanguins. — Enfin, on a cité comme cause de la myélite des excès génitaux, des efforts exagérés, des refroidissements, la suppression de la transpiration des pieds. La maladie est-elle réellement due dans ces cas aux causes que nous venons de nommer, ou bien doit-elle son origine à d'autres causes encore inconnues, c'est ce qu'il nous est impossible de décider. Les malades atteints de paraplégie sont ordinairement forcés de supporter, indépendamment de leurs maux réels, l'injuste soupçon de s'être attiré leur maladie par une vie déréglée.

§ 2. Anatomie pathologique.

La myélite peut être restreinte cà des foyers circonscrits et ordinairement affecte alors, en partant de la substance grise, la moelle cpinière dans toute son épaisseur; d'autres fois elle envahit, comme « ramollissement central» la substance grise clans une vaste étendue, mais n'affecte alors que très-peu la substance blanche.

Au niveau des foyers circonscrits mentionnés en premier lieu, on trouve, dans les cas récents, la moelle tuméfiée. Si on l'incise, une bouillie rouge plus ou moins consistante (ramollissement rouge) s'écoule de la surface de section. Si la maladie a duré plus ou moins longtemps, la coloration de la partie ramollie en bouillie devient brunâtre ou jaunâtre par la transformation de l'hématine et par la dégénérescence graisseuse des éléments nerveux désorganisés (ramollissement jaune). Beaucoup plus rarement que cela n'arrive pour le cerveau, le foyer inflammatoire de la moelle se transforme en abcès par la production surabondante de cellules de pus. Les méninges prennent le plus souvent part à l'inflammation dans une étendue bien supérieure à celle de L'inflammation de la moelle elle-même. La désorganisation et la résorption des éléments désorganisés peuvent faire naître dans les périodes ultérieures de la myélite circonscrite une perte de substance de la moelle épinière, remplie de sérosité et traversée par un tissu conjônetif. délicat. Dans d'autres cas, il se l'ail une hypergenèse du t issu coujoitctif, suivie d'indurations. Les endroits indurés, ordinairement un peu rétractés

et colorés en jaune par le pigment, correspondent aux plaques jaunes quir d'après ce que nous avons vu, constituent les résidus de l'encéphalite périphérique.

Dans la seconde forme, la forme centrale de la myélite, la moelle épinière se montre très-peu tuméfiée au commencement. Les contours de la substance grise paraissent effacés sur une surface de section. La coloration de cette substance est un peu plus foncée et rouge, sa consistance diminuée. Après une durée plus longue de la maladie, et dans les cas bien prononcés, la moelle est fortement tuméfiée et l'on trouve dans son centre une bouillie mince tantôt rouge tantôt d'un brun rouillé ou jaunâtre. Encore dans cette forme il arrive quelquefois que les éléments du tissu, réduits en un détritus fin, sont résorbés et qu'à leur place il se fait une exsudation liquide, de sorte que finalement il reste dans l'axe de la moelle épinière une lacune remplie de sérum, tapissée d'un tissu conjonctif délicat ou cloisonnée par des expansions de ce tissu.

§ 3. Symptômes et marche.

La myélite aiguë étant constamment compliquée de méningite, elle est naturellement aussi accompagnée des symptômes de méningite spinale dont il a été question au chapitre précédent, et en définitive on ne peut conclure que de certaines modifications du tableau de cette dernière maladie à l'existence d'une inflammation de la moelle elle-même. Au début de l'affection, ordinairement signalé par une fièvre intense, on constate des douleurs violentes plus ou moins étendues dans le dos et dans les extrémités, une tension tétanique des muscles du dos et de la nuque, des contractures dans les extrémités, interrompues par de violentes secousses convulsives et enfin une grande gêne respiratoire dans les cas où les muscles de la respiration prennent part à la tension tétanique. Plus les douleurs dorsales sont circonscrites, plus les douleurs et les spasmes périphériques sont manifestement limités aux nerfs prenant leur origine dans une partie déterminée de la moelle épinière et avant tout plus la paraplégie qui succède à ces phénomènes d'irritation est prompte et complète, plus il sera probable que la moelle épinière elle-même a pris part à l'inflammation. Dans les cas très-malins, ces phénomènes peuvent se déclarer très-rapidement, et les malades peuvent succomber dès les premiers jours de la maladie aux troubles de la respiration qui en sont la conséquence. Dans d'autres cas l'orage se passe, mais il reste une paraplégie à peu près toujours incurable. — Les cas qui se signalent par une marche aussi rapide sont du reste très-rares, et presque toujours d'origine traumatique ou consécutifs à la perforation d'un abcès dans le canal vertébral.

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