CHAPITRE Vil
Plithisic de la moelle épinière. — Tabès dorsualis. — Itaxic locomotrice progressive (Dachenne). — Dégénératïon grise des cordons postérieurs de la Biioelle (li©yden).
Le tabès dorsualis, connu depuis longtemps en Allemagne., surtout par l'excellent travail de Romberg, mais dont l'étude a été plus tard complétée par Duchenne, qui l'a décrit sous le nom d'ataxie locomotrice progressive, a soulevé bien des discussions dans ces derniers temps. Les manières de voir diffèrent surtout considérablement sous le rapport de l'interprétation des symptômes. Pour rester fidèle au plan de ce livre je ne puis entrer dans une appréciation d'opinions qui diffèrent de la mienne qu'autant que cela peut devenir nécessaire pour justifier ma propre manière de voir. La description suivante se rattache pour le fond à la thèse inaugurale de mon ancien chef de clinique, le docteur Spaeth, thèse soutenue sous ma présidence et qui a été loin de trouver un accueil digne de son mérite ».
§ 1. Pathogénie et étiologie.
Dans quelques cas de tabès dorsualis bien prononcés on ne trouve à l'autopsie aucune altération palpable de la moelle épinière. Cette donnée négative ne prouve nullement que la moelle épinière ait conservé son état normal, mais seulement que ses fonctions peuvent être affectées tout autant par des modifications moléculaires qui se dérobent à l'observation que par les maladies de texture que l'on rencontre dans d'autres cas. Ces dernières consistent en une dégénération et en une atrophie particulières intéressant principalement les cordons postérieurs et les racines postérieures des nerfs, mais qui parfois passent également à la substance grise et à d'autres cordons. Dans certains cas la dégénérescence en question de la moelle épinière constitue manifestement la terminaison de processus inflammatoires, dans d'autres cas une origine de ce genre ne peut être constatée.
La preuve que la prédisposition au tabès dorsualis est quelquefois congénitale, nous la trouvons dans une série de cas où plusieurs enfants des mêmes parents ont été atteints de la maladie; par contre, je ne connais que deux cas où elle était positivement transmise par hérédité, c'est-à-dire, où les individus malades descendaient de parents qui avaient été atteints de la même affection. — Les enfants ne montrent aucune prédisposition au tabès; c'est
» Beitriige zur Lehre von der Tabès dorsualis. Tûbingen, 1864.