Pneumonorrhagie scorbutique
— On comprend facilement que le scorbut, favorisant en général les hémorrhagies, n’épargne pas les poumons; il n'est donc pas étonnant que la pneumonorrhagie scorbutique ait été admise depuis long-temps (72) ; le diagnostic se tire des signes généraux du scorbut, etic1 l'abus du mercure ne doit pas être oublié. Il ne faut pas trop lui accorder, car il est permis de soupçonner au moins que le vice vénérien altaque quelquefois les vaisseaux sanguins (73). On rapporte un exemple d'hémoptysie après une blennorrhagie urétrale (74).
20. Pneumonorrhagie atonique. — Nous pensons n'être pas loin de la vérité en pensant que l’atonie des vaisseaux san guins du poumon favorise quelquefois le retour de l’hémoptysie. On la rencontrera dans la convalescence et ces récidives qui arrivent sans cause connue.
$ IV. Pronostic.
1. L'n géneéral.—La pneumonorrhagie n’estjamais sans danger. Delà,Hippocrate a dit: Le sang rendu par en haut , quel
(74) Ch.ur, S2
(72) A. Sennerto. V. Sauvages (1. c., p. 27), spec. v. « Adolescens, ait, cujus gingivæ erant molles, ulcerosæ, cruentæ, fœtidæ, dentes nigri, vacillantes, etc., incidit in hæmorrhagiam, qua curata, accessit hæmorrhois ex intestinis, cum pulsu vegeto; his suppressis per medicamina, supervenit copiosa, et pertinax hæmoptysis, quam ex sanguinis dissolutione oriundam judicavimus. »
(73) J'ai vu, en 1819, un malade, dont une grave pneumonorrhagie paraissait venir de l’érosfon d’un vaisseau sanguin, par cause vénérienne.
(74) Boquis, in Journal de médecine, t. xx, V, Richter’s Chir, bibl,, 41B,, p. 414.
MAEADIES DES PAROIS THORACIQUES
qu’ilsoit, est un accident fâcheux(75),» et ailleurs(76) :« Parmi ceux qui sont affectés de crachats sanguinolents , les uns périssenten peu de temps, lesautres trainent plus long-temps leur existence; car le corps, l'âge, l'affection et la saison sous l'influence de laquelle on est malade, établissent une différence. En effet, les uns supportent facilement les maladies, tandis que les autres ne peuvent nullement les supporter. » Plus loin : « Et dès que le malade a cessé de cracher le sang; il rend une grande quantité de salive liquide et même quelquefois visqueuse.
Et tous ces accidents arrivent jusqu'au quatorzième jour. Après quoi, si la maladie n’a pas cessé, le malade rend en toussant des squammes provenant de la trachée artère, semblables à celles qui se détachent des pustules, et la douleur gagne la poitrine, puis le dos et le côté, et toute la région précordiale voisine est douloureuse, comme un ulcère (77). »
Et en effet, quoique Duret (78), Tulpius (79), Baiïllou (80), Albrect (81); Gilibert (82), citent des exemples de la
(75) Aphor. 15, sect. vi. D'où la vé-
rité de ces deux vers d'Ovide :
/ Gernis nt e molli sanguis pulmone remissus
Ad Stygias cérto limite ducat aquas,
(16) Sect. v, p. 10. Edit. Foes.
(77) Le livre qui traite des affections internes,
(78) Dans les Comm. sur Coac. præn.
— Hippocr., Aphor. 46.
(79) Liv. u, ce. x1. H se souvient d'un peintre qui a craché le sang pendant plus de trente ans.
(80) Op., t. 1, p. 481.
(81) Nova acta physico-medica, nat.
cur., t. 1, Obs. 1.
(82) « Rector, inquit, Universitatis Vilnensis, astronomus egregius, quinquaginta quinque annorum, temperamenti sicci, biliosi, sæpe faciem luteam exhibens, doloribus hepaticis a plurimis annis obnoxius, ultra vires studiis, variisque negotiis immersus, tribus vicibus, me præsente, stupendam quantitatem sanguinis evomuit post tussim validam et creberrimam. Tali hæmoptysi a plurimis annis vexatus, cessato screalu Sanguinis, reliquo anni tempore, sputa emnittit purulenta copiosa cæterum macer.
Ante eruptionem sanguinis, extrema refrigerantur, pulsus celerior evadit, genæ rubescunt ,anxietas, oppressiones fatigant:
ægrum. Nitrum, ptisana radicis consolidæ majoris sublevant,» (Adversaria med, pra
DE LA PLÉVR®; DU MÉDIASTIN; DU THYMUS ‘ET DAS POUMONS
terminaison heureuse des pneumonorrhagies et quoique nous puissions y ajouter ceux qui sont tirés de notre expérience, cependané, s’il s’agit d’une cure radicale , ils sont en très- petit nombre (83); et en cela rien d'étonnant quand on examine la structure et les fonctions des poumons (84).
2. Pronostic de la pneumonorrhagie traumatique.—Le pronostic de la pneumonorrhagie traumatique dépend du caractère des causes et de la force de la maladie; elle à du moins cela de bon, qu’une fois la maladie guérie la récidive
est moins à craindre que dans l’hémo-
prima, p. 239.) Or, j'ai vu encore à Vilna cet astronome très-fameux (Poczobut) lorsqu'il avait quatre-vingts ans.
(85) Pour que le médecin puisse parler avec connaissance de cause de la terminaison des maladies, il faut qu’il réside dans le même endroit au moins pendant vingt ans. Il est à désirer qu’il ne se fixe pas dans de très-grandes villes, où en effet les malades que l’on soignait autrefois disparaissent facilement des yeux du médecin, Telle est ma position à Vienne.
J'ai traité plus de soixante hémoptoïques, dont les uns sont morts, les autres guéris.
Grand Dieu ! guéris? C’esi la vérité, je le répète, guéris, de sorte cependant qu’au moment où j'écris il ne reste seulement que cinq de ces malades guéris qui jouissent d’une parfaite santé; et parmi eux, je compte deux médecins, auxquels j’ajouterai mon parent Louis Frank, médecin autrefois de l’impératrice des Franfais, aujourd'hui de sa seigneurie le duc de Parme.Cet homme remarquable éprou- Va,;environ à vingt-cinq ans,troishémoptysies graves. Néanmoins, depuis ce tempslà, il se rendit en Egypte et entreprit de longs et pénibles voyages. Peu s’en fallut qu'il ne retombât dans son ancienne maladie, ou qu’il n’en éprouvât une nouvelle. Je dirai plus, à l’âge de soixante ans, se portant très-bien, il se maria pour la seconde fois. En 1815, le 98 janvier, J'observai le cas mémorable d’une juive Qui se disait avoir été attaquée six fois, depuis dix-sept ans, d’une hémoptysie hebdomadaire, sans que je pusse découvvir en elle le moindre signe de phthisie pulmonaire.
. (84) Stahl (Diss. cit., $ 22) dit fort en : « ... Pulmones enim adeo teneræ Sunt structuræ, ut nullum viscus difficiius resarciri posse credamus ; diflicilio= ri$ est curæ illorum læsio propter continuum, inquo pulmones sunt çonstituti, Motum, »
ptysie qui dépend de causes internes. La paeumonorrhagie qui dépend de corps tombés dans les bronches, à moins qu'ils ne soient rejetés par le secours de la toux, entraine certainement après elle la phthisie pulmonaire ; ceile au contraire qui est l'effet de vapeurs irritantes est ordinairement moins opiniâtre, quoiqu'il y ait eu une hémoptysie grave.
3. Pronostic des pneumonorrhagies inflammatoire et rhumatismale. — Il en est de même des pneumonorrhagies in= flammatoire accidentelle et rhumatismale, pourvu du moins qu’elles soient traitées à temps et avec soin. Au reste, il faut craindre que la cause, produisant d’abord une sécrétion morbide du sang, ne donne lieu plus tard à des abcès, des érosions, des anévrismes, surtout de l'artère pulmonaire; si les hémorrhagies de celte espèce sont accompagnées de fièvre , elles ne peuvent guère être entièrement guéries que par des évacualions critiques ; desquelles il faut juger, comme nous l’avons enseigné dans les pieumonies (85). L'apparition d’un flux kémorrhoïdal par l’anus est très-favorable(86); au contraire, « après un crachat de sang, le crachat de pus est de mauvais augure(87), » surtout s’il est accompagné d’une fièvre hectique. La pneumonorrhagie catarrhale, quoiqu’elle soit ordinairement salutaire ou critique, cependant comme elle annonce une poitrine trop faible, doit inspirer des craintes.
Quänt à ce qu'il y a à dire sur la pneumonorrhagie hémorrhoïdale, elle est innocente, à moins que par hasard la rupture de la varice ne forme un ulcère ou que le sang ne s’épanche dans le parenchÿme du poumon; de là il est évident que le sang rejeté est souvent moins à craindre que celui qui reste. C’est pourquoi, pour les suites de l’hémoptysie, il faut faire attention à la respiration et à la circulation du sang; car si ces fonctions se font avec liberté, c’est un bon signe, autrement c’est le contraire.
ER
(85) Chap. n, $ 5, n. 6.
(86) Verissima est observatio, inquit Gilibert, qui infantes sæpe ex naribus fundunt sanguinem; post pubertatem hæmoptysi sunt obnoxii : qua superata fluxus hæmorrhoidalis post trigesimum quintum anoum stabilitur : indeque ad senectutem sani, et vegeti vivunt., » Op. c.;, p- 242. Ù |
(87) Hippogrates, aphor, 15, sect, vai.
4. Pronostic des pneumonorrhagies gastrique, spasmodique, arthrilique, scorbutique, atonique. — Les préceptes de prognostic s'appliquent aussi aux autres espèces de pneumonorrbhagie ; il faut tenir compte surtout de la constitution du malade, el des maladies qu'il a eues.
5. Pronostic de la preumonorrhagie symptomatique. — Toutes les fois que la conformation du thorax (cette source d’hémoptysies), et que les maladies qui ont précédé, particulièrement le rachitisme et les scrofules, ont fait soupconner des tubercules ulcérés surtout des poumons, ou toutes les fois que la pneumonorrhagie succède à d’autres maladies chroniques qui ont trainé en longueur, surtout à la phthisie pulmonaire, aux lésions orgéniques du cœur et des artères , et à l'hydrothorax ; ce pronostic fâcheux n’est tôt ou tard, hélas! que trop confirmé : « Il est bien triste l’état de celui chez lequel nous voyons sortir le sang avec impétuosité el abondance, comme un liquide bouillonnant, des cavités profondes de la poitrine; les extrémités se refroidir ; chez lequel nous voyons se succéder des vomissements et des lipothymies répétées sans arrêter le flux du sang; des convulsions ; accidents redoutables que nous ne pouvons même empêcher, lorsque nous en connaissons les causes.» Les crachats fétides noirs et ichoreux sont aussi d’un mauvais Caractère.
6. Observation.— Enfin il est important de tenir compte des symptômes précurseurs de chaque paroxysme de la pneumonorrhagie et qui varient presque dans chaque malade; afin de pouvoir présager le flux qui menace, ou la cessation du danger.
$S V. Traitement.
1. En general. — Le médecin appelé auprès d’un malade hémoptoique doit . s'empresser de s’y rendre, mais sans que le trouble deson visage annonce le danger.
Il doit plutôt inspirer de la confiance. IL n’examinera pas sous les yeux du malade le sang rejeté, et le fera retirer aussitôt qu'il l’aura vu. Il ne fera point de questions superflues et les posera de manière que le malade puisse y répondre par un mouvement de la tête; il vaudrait mieux que ceux qui sont présents parlassen!t pour
(88) J.-P. Frank, 1. ç., p, 479.
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
lui; pendant ce temps-là, le malade devra être dépouillé de ses habillements et des ceintures qui pourraient le gêner.
Il donnera à son corps une position élevée et demeurera dans une atmosphère fraiche. Il ne devra point imprimer à son corps le moindremouvement,s’abstiendra de toute vocifération ; on calmera autant que possible le trouble de l'esprit; le malade évitera une lumière trop vive (89), et enfin s’abstiendra de boire chaud ou des boissons qui pourraient provoquer la toux, comme les acides (90). Après avoir prescrit ces précautions, on commencera le traitement de la maladie , et non celui
du symptôme. En effet, rien de plus.
absurde et de plus nuisible que de chercher à arrêter toujours la pneumonorrhagie par les astringents (91). Sur ce sujet, déja traité par Celse (92),
Baiïllou (93), Montanus (94) et par d’au-
tres, Cohausen a parlé admirablement dans ses méditations, sur le manque de hardiesse dans le traitement de l’hémoptysie (95); car il observe que les médecins empressés à arrêler un crachement
sanguinolent, ou le supprimant trop
vite, produisent une consomption lente
et la phthisie.
(89) Autrefois on défendait la vue
d'objets brillants, surtout s'ils étaient rouges. V. Silessi, 1. c., p. 18.
(90) J.-P. Frank, L. c., p. 182.
(91) Stahl, Diss. de adstringentium
cauto usu. | (92) « Neque ignorari oportet, eis, quibus sanguis (ex pulmonibus) fluere solet,
aut quibus spina dolet, coxæve, aut post .
cursum vehementem, vel ambulationem, dun febris absit, non esse inutile san-
guinis mediocre profluvium. » De medicina, lib. 1v.
(93) « Quum e pulmone sanguis reji- |
citur tussi, ille omni arte reprimi debet, et solet : An hoc verum? Si febris adest, constat, et est extra controversiam omnem non debere sisti, nisi quum suffi“
cienter et imminutus, et alio revulsus.
fuerit necessaria venæsectione. Iloc Galeno videtur Comment. in Aph. quod in-
flammationis magna sit suspicio ; an tum
malum est e pulmone sanguinem educi?
Op., t. 1, p. 28. Il faut lire aussi p. 35,
ett. nr, p. 481, où il est démontré clai-
rement qu’il ne faut pas toujours craindre le crachement de sang.
(94) Apud Schenkium, 1. x1, obs. 5.
(95) Acta phys. med, nat. cur., te 1Xy:
Append., p. 55,
DE LA PLÈVREy DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS.
2, Traitement des. preumonorrhagies traumatique, inflammatoire et rhu- matismale.— Ce précepte trouve surtout
son application dans la pneumonorrhagie.
tranmalique, ou toute autre accompagnée de signes d’inflammation. Ici, la saignée, recommandée de tous les temps(96), doit être pratiquée, non pour consoler le malade (97), mais pour le guérir aussitôt, en moindre quantité cependant que dans les péripneumonies(98); et si l’on obtient du soulagement et que les indications qui réclamaient la première saignée persistent, il faut la répéter une ou deux fois dans le paroxysme (99). Mais en quel endroit(100)? Dans la pneumonorrhagie accidentelle, elle doit être pratiquée au bras, et au pied dans la pneumonorrhagie menstruelle et hémorrhoïdale. Après la saignée ou à son défaut, si elle n’était pas indiquée à cause de la légèreté du mal, l’application d'un grand nombre de sangsues autour de la vulve ou de l’anus est très-efficace (1). Il en est de même des ventouses scarifiées ou sèches, appliquées aux hypochoudres(2) ou aux jambes (3). Il ne faut pas non plus négliger lespédiluves chauds, les lavements émollients, les sinapismes appliqués non à la poitrine (4), mais aux extrémités infé-
(96) Celsus, 1. e., c. 1v. — Alex. de Tralles, IL. n, c.vi.— Paul d’Egine, L. ur, ©. xxx1.—Riverius, Obs., cent. 1, n. 83; ceut. u,.n., 52.
(97) On ne peut excuser Rud. Vogel, qui conseille la saignée dans certains cas : « Solummodo ad ægrotum consolandum:»(Prælect., p. 211.
(98) Stahl (diss. cit., 6 28) a dit : « Si tamen jam multum eruperit (sanguinis), etiam parcior (venæsectio) ad uncias tres sufficere potest. » Mais il ajoute : « Si inter paroxysmos suscipi debeat, magis præservative in initio præcipue adhuc eruptionis, nisi largior, parum efficax est, »
(99) « Nihil tamen magnopere conducunt (phlebotomiæ) nisi in paroxysmo fere suscipiantur, »
(100) Jenischius, in laurea apollinari (Monsp., 1605), demande si la saignée, dans un crachement de sang qui dépend de la suppression des menstrues, doit être pratiquée plutôt au bras qu’au pied?
(1) Schmucker, Vermischte Schrift., 4B., p. 18.
(2) Riverius, Obs., cent. 11, n. 52.
(3) Percival. V. Abh, f. pr. Aerzte, 15 E., P: 6Ci4.
(4) Horn, N, Archiv., 2 B., p. 270.
rieures (5). À l’intérieur on donnera du nitrate de potasse à dose modérée (6), dont on n’a à craindre aucune irritation (7), et étendu dans un véhicule que l’on peut préparer sur-le-champ (8); d’autres se servent de muriate d'ammoniaque (9). Après avoir, par cette méthode,entravé les pneumonorrhagies dont il est question, il faut du temps dans cette maladie pour une parfaite guérison, et surtout ne pas arrêter l’écoulement d'un sang noir, qui très souvent est suivi de soulagement. Pour calmer l’impatience des malades et des parents, on changera de véhicules pour le nitrate de potasse; nous choisissons ordinairement les décoctions de corne de cerf rapée, de racine de salep et de guimauve officinale, surtout de graines de lin ; les émulsions légères d'amandes, des quatre semences froides majeures et mineures. On yajoutera une solution mucilagineuse de gomme d’acacia du Levant(10), ou du sirop de guimauve, ou
(5) Chrestien, dans le Journal général de médecine, t. xvi, p. 429. V. Abh..f.
pr. Aerzte, 41 B., 2 st., p. 105.
(6) L'emploi du nitre dans l’hémoptysie est souvent attribué à Dickson (Med. Bemerk. u. untersuch., 4 B., n.
46), mais il est bien plus ancien, comme on le voit dans Bergen (Diss. cit., p. 23), qui dit : « Reliquis omnibus palmam præripit nitrum, medicamentum vilioris quidem pretii, ast longe majoris efficaciæ, et virtulis, quam alia magis,. speciosa et pretiosa, quod vix crediderit qui non ipsius usum ipse fuerit experlus. »
(7) Je ne comprends pas comment Borsieri a pu dire : « Pace vero auctoris (Dickson) nitro sæpe tussim excitari vidi..…. » Et un peu plus bas : « Immo interdum post diuturnum, largumque ejus usum acritate sua, quæ viribus vitæ non subigitur, hæmoptysin ipsam induxisse visum est.» L.,c., ( 38.
(8) Le médecin fait preuve de peu de jugement si, appelé de suite près d’un hémoptoïque, il prescrit, surtout la-nuit, lorsque les feux’ sont éteints dans les pharmacies, des formules qui demandent du temps et de la cuisson. Pourquoi ne.
pas dissoudre simplement du nitre dans de l’eau sucrée avec un sirop mucilagi« neux ?
(9) Lentin, Beytrage, 5 B., p. 173.
(Cum extracto liquiritiæ.)
(10) « CI. medicinæ professor Bononiensis , Cujus per aliquot annos auditor fui, solo, sed liberaliori et diuturno pul-
999 | | de violettes, ou de pavots rouges, et de l'huile d'amandes douces. Il y a des médecins qui prescrivent de l'huile simple (11), ou celle de lin (12), de momordica (13), de jusquiame cuite (14). S'il y a constipation, nous ordonnons une décoction des fruits de tamarin avec de la manne, en y ajoutant un sel purgatif comme le sulfate de soude. Pour corriger l'acidité, s’il existait quelque soupcon d'un rhumatisme catarrhal, et si la méthode jusqu’à présent recommandée ne suffisait pas pour arrêter le sang, nous avons obtenu, et d’autres aussi, des effets très-avantageux d’un vésicatoire appliqué entre les épaules (15); que si le traitement jusqu’àlors indiqué dans la pneumonorrhagie inflammatoire accidentelle restait sans effet et que la fréquence et la dureté du pouls persistassent, il faudrait recourir à une infusion de digitale pourprée dans un véhicule mucilagineux (16). Ce
veris gummi arab. usu se convaluisse (ab bæmoptysi) in suis prælectionibus narrabat, pervenitque ad earñ senectam, ad quam paucis datum est pervenire. »
Borsieri, 1, c.;, S 35. .
- (41) Hufeland’s Journ., 10 B., 4 st., p- 139.
(12) Eph. nat. cur., dec. 1, an. Get 7, obs. 209. Gossen, in Journ. de méd., t. XXX, p. 85.
(43) Wendt, in Hufeland’s Journ. d.
pr. Heilk., 5 B., p. 389.
-(44) Harles, in Hufeland's Journ. d.
pr. Heiïlk., 9 B., 2st., p. 47. (II faut une grande précaution.)
(15) Mertens, Obs. med., P. m, c. n.
Vindob., 1778. — Percival, Essays, t, u.
V. Abh. f. pr. Aerzte, 135 B., p. 653. — Ranoe, in Act. roy. soc. med. Havn,, vol. 11, n. 30, p.597.—Lentin, Beytrage, n. 45. Borsieri dit aussi : « Tentatum id (vesicatorium) pluries a me est in contumaciore, et recidiva hæmoptysi,'sed non ita prospere, ut Mertensio, res cessit. »
L. c., $ 59. Sans doute le poumon était déjà ulcéré, car la vertu du vésicatoire est limitée aux cas indiqués, comme le prouvent les paroles suivantes de mon père : « Si forsan secretio morbosa ex rheumate , herptte, etc., teneram bronchiowwm superficiem jirritaverit; tune præter opportuna huic morbi causæ remedia, emplastrum vesicans aut sterno, aut loco scapulis intermnedio appositum profuisse est visum.» Epist., 1. c., p.
(16) Pr. Racine d'orchis morio , un scrupule. Faites une décoction avec suf-
MALADIES DES PAROÏS PHORACIQUES ;
remède a été à juste titre(17) recommandé dans la pneumonorrhagie avec mouvement rapide des artères (18), et il est fàcheux que l’abus qu’on en a fait (19), et queson association mauvaiseavec d’autres médicaments (20), lui aient enlevé la gloire qu’il méritait. Cependant l’effet de la digitale ne se fait pas long-temps attendre, car, si au bout de trois jours elle n’agit pas, on n’obtiendra point l'effet que l’on espère sur le ralentissement du pouls. Ce médicament agit peu ou nullement dans la pneumonorrhagie menstruelle ethémorrhoïdale; bien plus, dans :
cette dernière maladie, il est quelquefois nuisible en diminuant l’impulsion de retour du sang. C’est pourquoi pour le traitement, après avoir employé les antiphlogistiques et les eccoprotiques, sans perdre de temps nous recourons à l’'alun (21), soit en poudre {22) ou en solu-
fisante quantité d’eau; ajoutez, à la fin de l’infusion, digitale pourprée, un scrupule ou une demi-drachme. Laissez refroidir, et ajoutez : colature, une livre; sirop d’althæa, une once. M. D. S. A prendre une once toutes les heures.
(17) Depuis vingt années, je me sers# de la digitale dans l’hémoptysie; ainsi, je suis un juge compétent. |
(18) À. T. Ferriar, in Medical histories:
and reflex. 1792.—Jonas, in Med. Comment. V. Edib., 2 dec., 4 B., p. 27. V.
Abh. f. pr., 15 B., p. 23.—Thomas, Modern practice of physic, t. 1.—Heusinger, in Horn’s Archiv f. med. Erfahr 1814; sept., p. 358. — Valentin, in Sédillot, Journ. de méd., 1812, févr., p. 226, et.
beaucoup d'autres.
(49) En effet, à peine crache-t-on le sang, que de suite le vulgaire des médecins emploie la digitale! Diminuer la pléthore, détourner le sang des vaisseaux pulmonaires vers d’autres lieux, rétablir la liberté du cours dans le bas-ventre, ôter la cause rhumatismale des vaisseaux sangüins, sans parler encore de plusieurs autres indications, voilà tout ce que ces bonnes gens attendent, comme par enchantement, de l’action de la digitale.
(20) Comme avec l’eau distillée de canelle et d’opium. |
(21) Déjà il est recommandé par Alexandre de Tralles, 1. 11, c. vi. Cfr.
Willich, in Tode Med. journ., 2 B., 4 st., p. 195. D’autres recommandent de mettre dans la bouche un peu d’alun, de le laisser fondre et d’avaler la solution.
Kuechler, diss. cit., p. 25. 2
(22) Pr, deux grains de poudre d’alun,
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS Er DES POUMONS. 923
tion dans du petit-lait (23), ou associé avec ce qu'on appelle le sang - dragon (24). Cependant l’alun à trompé quelquefois notre espérance, là où réussissait l'acétate de plomb (25).
8. Traitement de la preumonorrhagie gastrique. — Les pneumonorrhagies qui prennent naissance du bas-ventre ne réclament par elles-mêmes aucune émission de sang; mais comme nous sommes rarement sûrs du diagnostic, et comme il peut y avoir une complication d'inflammation latente, nous avons ici recours à la saignée, à moins qu’une constitution épidémique ne nous fasse penser autrement (26). Aussitôt quedessignes
-de pléthore se manifestent aux parties supérieures ou inférieures, et que:le foie ou la rate jouent un rôle dans la maladie, nous faisons tirer du sang en petite quantité il est vrai, soit au bras ou au pied , du côté droit ou gauche, Si la saignée a été douteuse et que les deux hypochondres soient tendus, nous y appliquons des sangsues ou des ventouses scarifiées ; s’il existe un état saburral ou bilieux( ou qu’il faille extraire un corps étranger de la trachée (27)), plusieurs
cinq grains de gomme arabique, un demiscrupule de sucre. Toutes les deux heures on prendra cette poudre.
(23) Pr. Alun purifié, depuis une demidrachme jusqu’à deux. Dissolvez dans une livre de petit-lait clarifié. Ajoutez une once de sirop de pavots rouges. M.
D. S. Le malade prendra une once à l'heure qu’il voudra.
(24) Pr. Alun associé au sang-dragon, une demi-drachme. Dissolvez dans une livre de petit-lait. Ajoutez une once de pavot rouge M. D. comme ci-dessus.
(25) Amelung, ia Hufeland’s Journ., 22 B., 1 st., p. 12. — Reynold, in Arzneyk. Abh. v. London, 5 B., p. 171. — Strom. in Nov. act. soc. r. Havn., vol. r, 1818. — Kopp, Beob. a. d. Gebiete d.
aus. Heïlk. Francf., 4821. J'ai obtenu de très-bons effets du sucre de saturne, que j’admiuistrai dans ma clinique. à des malades hémoptoïques, toutes les trois heures, à un quart de grain mêlé à du sucre. Au reste ce médicament, tiré de la classe des poisons, el produisant, comme nous l'avons vu, de fortes coliques, ne peut convenir à l'usage général.
(26) Stoll, Rat. med., P. n, p. 191.
(27) Dans ce cas, malgré le flux du sang, Morton (Phthisiologia, 1. 1, c. vi, p- 509) conseille un vomitif, afin que Îles viscères du thorax soient comprimés ei
recommandentalors l’émétique (28), mais nous n’avons jamais osé l’employer dans l’'hémoptysie (29), quoique de temps en temps nous ayons vu les hémoptoiques éprouver sans danger un vomissement accidentel, surtout après l’usage de la digitale. Nous aimons mieux soumettre d’abord le canal intestinal aux doux résoluntifs, comme la solution de tartrate de potasse et de soude; pour les hémorrhoïdaires, un électuaire calmant réussit très-bien ; au contraire , l'emploi du calomélas ne nous paraît nullement sûr dans cette maladie. Il fut cependant employé dans l’hémoptysie bilieuse (30).
Chaque fois que vous vous servirez d’un purgatif, prenez garde aux selles trop abondantes , qui sont tout-à-fait contraires aux hémoptoïques.
4. Traitement de la preumonorrhagte spasmodique. — Dans la pneumonorrhagie spasmodique, et dans toute autre caractérisée par un grand nombre de symptômes nerveux, quoique accidentels, les graines de jusquiame noire en émulsion (31) ou l'extrait de ses feuilles (32) méritent d'être très-recomman-
irrités par la contraction violente des muscles de l'abdomen, et en même temps par l'ascension forcée du diaphragme, et qu’alors, réunissant leurs forces, ils chassent le mal qui les menace. pa”
(28) Stahl. V. Küchleri, diss. cit., p.
17. —Stoll, op. c., p. 51, 114: — Engelhart, diss. cit.—Ranoe, in Actis R. soc.
med. Havniensis, vol. n1, p. 365. Auserl.
Abh. f. pr. Aerzte, 5 B., p. 164.
(29) «-Ipsa quidem emetica interdum pulmonum cruenta profluvia, inprimis si gastrica colluvies liæc produxisse videbatur, profuisse, a claris in arte viris est dictum; sed super igne doloso, ac cine ribus tecto hic incedimus; nec tanta nobis caussarum certitudo concessa est, quin ipsa ventrieuli subversio, profluvii pulmonalis effectus, ac emetici præscripti actio lethalis esse queat. » J.-P, Frank, L. c., p. 185.
(50) Fink, Gallenkrankheiten, p. 265.
(51; Supra, cap. 1v, $5, 1.
(52) Pr. un grain d'extrait de jusquiame ; poudre de nitre, de gomme arabique, de chaque cinq grains; sucre, un demi-scrupule. M. Le malade prendra la: poudre en deux ou trois fois par
jour: C’est surtout à la jusquiame que
l’électuaire de Hélidaus de Padoue contre le crachement de sang doit sa vertu.
Voici la formule, Pr. graines de jusquiame, de pavots blancs, de chaque
dés; les graines de plantain étaient autrefois employées (33); on peut aussi essayer les feuilles de digitale pourprée. Dans les spasmes qui partent du bas-ventre, lorsque la maladie est devenue habituelle, la racine d’ipécacuanha gris (34), à petites doses (35), réussit trèsbien ordinairement; cependant nous préférons associer l’opium à cette racine.
La poudre de Dower (36) agit comme un spécifique, lorsque 1l n’y a pas de fièvre, que le ventre‘est libre, que les nuits sont agitées, qu’une légère toux tourmente le malade et qu’il paraît pusillanime; alors l’opium ‘en substance réussit aussi (37).
5. Traitement de la pneumonorrhagie arthritique.— Contre la pneumonorrhagie arthritique, nous employons la saignée de la saphène, l'application de sangsues au sternum et au côlé gauche de la poitrine, les bains de piedsirritants, les médicaments légèrement purgatifs et ceux qui eutretiennent le travail de la
dix drachmes : terre sigillée, corail rouge, de chaque cinq drachmes; avec le sucre rosé ancien q. s. M. f. avec s. q. de sirop de roses simples, on fera un électuaire dont on donnera une drachme deux fois par jour. (Comm. Ac. Bononiens., t.1, p.
(35) Jusqu'à une drachnie souvent répété. Paul de Sorbait (Med. pract., tract. 1, Cap. XLvI) avoue que c'étaitle secret de la famille sérénissime de Mantoue.
(54) Askow, in Act. roy. soc. Havn., t.1, p.170, parle de ia vertu anti-hémoptoïique de l’ipécacuanha, ainsi que Wagoer, dans sa Diss. sur l’hémoptysie, surtout fréquente ou phthisique, comme un médicament plus expéditif et plus efficace, p. 299, not. V. Haller’s Akadem.
Streitschriften, 2 B. Loffler, in Beitrage, 4 B. Tode in Advers. med. pr. Hafn.,
(35) Le quart d’un grain toutes les heures.
(36) Pr. Poudre de Dower, deux grains; poudre de gomme, un demi-scrupule ; M. D. S. On prendra ja poudre toutes les trois heures.
(37) Son emploi dans l'hémoptysie est très-ancien, comme l’on voit dans Cælius Aurelianus, p. 412; Alex. de Tralles, Lu, c. vi; Paul d’Ægine, |. 111, c. xxxi.
On doit lire surtout les notes de Crelius, sur l'emploi de l’opium dans l'hémoptysie, ajoutées à la dissertation savante de Wagner, |. ç., p. 126 et 500.
MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES
transpiration (38), les vésicatoires et les sinapismes, surtout aux extrémités inférieures. Si la suppression d’une maladie cutanée ou d’une sueur habituelle a servi à provoquer la maladie, nous prescrivons des exutoires (39); et là , on administrera la digitale pourprée autant de fois que le cœur et le système artériel manifesteront uneirritation particulière.
Si les urines viennent en petite quantité et sont chargées, on les provoquera avec le nitrate de potasse et l'inlusion de douce-amère, Au reste il ne faut pas accabler le malade de médicaments, mais agir avec calme.
6. Traitement de la pneumonorrhagie scorbutique.—Dansl'hémoptysie provenant du scorbut, il ne faut pas craindre d'employer les sucs végétaux fournis par le citron ofhcinal, la grenade (40), la canneberge, l’épine-vinette, en ayant soin loutefois, pour prévenir la toux , de les édulcorer avec une quantité suffisante de sucre et de les étendre d’eau un peu froide. On prescrit utilement, avec les mêmes précautions, l’acide acétique (41) ou tartarique (42). Si l'on soupçonne un état hémorrhoïdal ou saburral, on tiendra le ventre libre avec une décoction de fruits de tamarins. À la fin du traitement on prescrira le suc exprimé de:
l'ortie dioique (43). Si les forces dimi-
(58) Infusion de fleurs de sureau, une livre; sel de Seiguette, une demi-once; oxymel simple, une once. M. D. S. Le malade en prendra une demi-tasse à café.
toutes les deux heures.
(59) Schæbnheyder, dans Act. roy. soc.
med. Havo., vol. 1, n. 19.
(40) Cæl. Aurel., Opp., p. 409.
(41) Il a été prôné par Celse, LU, c. iv; —Aretée, Curat. acut., 1. 11, c. n; — Cæl. Aurelianus, Opp., p. 405; — Galien, 1. v, Method., c. viu (oxycratum, seu posca ex aqua et aceto). « Memini mulieris, ait Kuchler, quæ, quoties sputo cruento corripitur, toties haustu aceti vulgaris largo se protinus cum euphoria ab affectu liberat. » Diss. cit., p. 20. |
(42) Ranœ, in Act. roy. soc. med.
Havn., vol. 11, p. 156.
(45) Appuyé de ma propre expérience, je n’approuve pas l'avis de l’auteur du Traité sur le traitement des maladies humaines (1. c., p. 185), lorsqu'il dit :
« Urticæ suceus, qui tanto quondam inter Italos in usu fuit, vix ullo effectu stipatur. *
DE LA PLEVRE, DU MEDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS
nuaient, on aurait recours au vin(44) sucré, mêlé avec du jus de citron.
7. Traitement de la preumonorrhagie alonique. — Quoique jusqu’à présent nous ayons recommandé, dans le traitement des pneumonorrhagies, la méthode anti-phlogistique etles autres médications qui calment l'irritabilité des vaisseaux sanguins et la sensibilité des nerfs, cependant nous accordons votontiers que quelquefois les astringents (45), les toniques et les excitants (46) doivent être pris en considération. Ils sont réclamés dans les pneumonorrhagies dépendantes de l'atonie, ainsi que dans plusieurs autres Pneumonorrhagies symptomatiques qui son accompagnées d’un très-grand danger pour la vie, et où, si le malade venait à mourir, on reprocherait au médecin de n’avoir point employé tous les temèdes connus, On aura spécialement recours aux remèdes suivants.
8. Acides et opium.— Dans la pneumonorrhagie atonique, surtout des jeunes älles, dans l’hémoptiysie de la phthisie Pulmonaire et dans les symptômes des maladies organiques du cœur et des artères, on prescrira avec utilité l’élixir acide de Haller. D’autres préconisent l'acide simple de vitriol (47). Quel que Soit l'acide que vous choisissiez, il faut l'incorporer de manière à ce qu'il ne Provoque pas la toux. Entre tous les véhicules appropriés à cet usage , la dé- Coction d'amidon (qui se recommande d'elle-même (48)) est préférable à tous les autres ; on la sucrera avec du sirop de réglisse (49). Si le malade est épuisé
et
(44) Cæl. Aurel., Opp., p. 406.
(45) Seguin prescrivait aussi les astringents aux hémoptoïques. Paris, 1619.
Les astringents, prônés autrefois contre l'hémoptysie, sont tombés dans l'oubli comme le fongus de Malte (Linnæus, Diss. de fuugo melitensi, Upsal, 1755), l’oxyde rouge de fer (Alexandre de Tral- MAIS TS Cyr: Schenk, Obs., 1. 1r, n.
85), l'eau vulnéraire de Land (Borsieri, DST (*))
(46) Horn, Beytrage zur med. Klinik., 28, p. 426.
(41) Marx, Von der Lungenschwind- SuCht, p. 99. — Block, Bemerkungen, p. 77.
(48) Alexander T allianus, 1. 11, €. vi.
— Aretæus, Curat, acut., l. n, ©. 11. — Cælius Aurelianus, p. 411. — Riverius, Obs, cenr. 1v, n. 41.
(4) Pr. Amidon choisi, une demi»
Frank, Tom. 1v.
par le genre d'hémorrhagie que nous avons indiqué, on se trouvera bien d'administrer de temps à autre l'élixir de vitriol de Mynsicht (50), surtout en l'associant avec le laudanum liquide de Sydenham (51). Nous avons calmé une terrible hémoptysie d’une jeune fille, seulement avec le laudanum liquide de Sydenham (52); au reste, nous évitons avec Slahl (53) autant que possible les opiacées.
9. Le quinquina et la ratanhia, — Daus la pneumonorrhagie avec symptômes de fièvres intermittentes, sans aucune complication inflammatoire et gastrique, on emploiera le quinquina gris (54); un véhicule tonique ne nous a pas réussi(55).
Quant à la racine de ratanhia (56), nous ne l'avons jamais employée dans l’hémoptysie. |
Rennes nee RER
once. Délayez dans de l’eau froide, s.q., et Soumettez à la décoction. Ajoutez à ja colature d'une livre, un scrupule de l’é.
lixir acide de Haller, une once de sirop de réglisse. M. D. S. Une tasse à café toutes les deux heures.
(50) A la dose de six gouttes avec de l'eau de cochléaria, toutes les demiheures.
(51) Mêlez à parties égales, dix gouttes par dose. “
(52) Dans l'hôpital de Vienne, en 1801, j'en ai employé vingt gouttes. Cela étant fait, l’hémorrhagie s'arrêta (pour un temps).
(53) Diss. cit., 6 54.
(54) Engelhart, 1, c. — Luigi Frank, Lettera nel nuovo gioraale di medicina di Milano , 1792. V. Kuhn, tal. Bibl., 2 B., 1 st., p. 21. Senac a dit : « Hæmor..
rhagias périodice recurrentes cortici peruviano cessisse memini.» Dict. des sc, méd., 1. c., p. 356.
(55) La même chose est constatée par de Meza, in Act. roy. Soc. med, Havn., vol. 1, p. 40. Au reste, il faut se rappeler que le quinquina composait la partie constituante de l’électuaire de Fuller, regardé autrefois comme un spécifique contre l’hémoptysie. Voici la formule :
Pr. Poudre de quinquina , une once; baume de Tolu, terre de Japon, de chaque, une drachme: sirop de consoude de Boyle, q. s. m. On fera un électuaire que l’on divisera en dix parties égales. Deux ou trois seront prises par jour, et le malade boira par dessus un verre d'un liquide convenable.
(56) P. 11, vol. 1, sect. 2, c. XXVII, 159, 7. Recueil de la 50e, de méd, de Paris, t, Evini.
Ms 10. Eau froide et glace. — Lorsque je sang s'échappe des poumons avec péril de la vie, sans aucun signe inflammatoire et sans complication de quelque engorgement chronique, après avoir tenté en vain les autres médicaments, il est permis d'employer à l'intérieur et à l'extérieur l'eau froide et la glace recommandées par Cælius Aurelianus (57), Gervis du Mont Falère (58), Fr. Hoffmann 9), Merténs (60), Rivière (61),. Mus- Renard (63), Borsieri (64)
et autres (65). Cette méthode, qui convient plutôt aux climats chauds(66) qu'aux
RER LR ETS
(57) Opp., p. 482 (en topique) ; p. 403 (à l'intérieur). de an :
(58) Diss. sur l'usage de l’eau froidé dans l'hémoptysie et dans tout flux de sang, Rom., 1756. Comm. Lips. Supplem., dec. 1, p. 566. Li
(59) « Inter refrigerantia potissimum commemorandus aquæ potus frigidæ, paulatim quidem ; sed sufficienter , quotidie haustus, tecto probe corpore. Novimus aliquot exempla, solo hoc remedio, debita cum cautione, et præmissa venæsectione, adhibita, sanguinis periculosum hune fluxum substitisse. » L. c.
(60) Obs. med. pract., P. x, C, 11.
Yindob., 1778. |
(61) Il conseille des fomentations d'oxicrat froid sur le scrotum, à cause de l'accord qu’il croit exister entre les organes de la respiration et ceux de la gé:
nération. À
(62) Samml. auserl. Abhandli. f. pr.
Aerzte, 5 B., p. 6177. (Non-séulement il préconise une boisson froide, mais il place sur la poitrine des malades des linges imbibés d’eau froide.) (63) Journal de médecine, !. XXXV, p. 509. (Eau glaciale à l'intérieur et à l'extérieur.) MS à #4
(64) L. c., $ 39. « Ab aqua simplici naturaliter frigida inchoandum est, dein:de ad frigidissimam, et nivatam trans:
eundum. Nonnulli quovis horæ quadrant scyphum hauriendum jubent. Ego singulis semihoris octo, vel decem uncias præbere soleo, excluso quocumque alio àlimento, continuarique ejusmodi potum suadeo diu noctuque adaliquot dies, interdum ad hebdomadem, aut certe donec sanguinis sputum cessaverit. Postea paulatim imminui ejus aquæ potus debet, et aliquid tenuioris alimenti concedi licet. »
(65) Galléreux, 1. €. (Glace à l'intérieur et à l'extérieur).
(66) J'ai employé plusieurs fois, en Italie et en Autriche, de la glace assai-
(59), grave (62),
MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES
climats froids, en été plutôt qu’en hiver,
‘employée en général contre la pneumo- {
norrhagie, a tué beaucoup de malades | en leur donnant des pneumonies mor- | telles. Aussi nous n’y avons recours qu’à | la dernière nécessité, et les partisans même du froid donnent lé même con- « seil(67). s Se. D
‘11. Alcool; hydrochlorate de soude. | 11 y a dés médecins qui, dans une vio- . lente hémoptysie, conseillent l'esprit dé vin avec Je nitre (68); singulière associa- | tion! On prescrit aussi le sel de Cui- | sine (69) réduit en poussière très-fine , à M la dose d’une cuillerée à café ; on pour-« rait l’employer dans un cas pressant, à u défaut de toute indication rationnelle, la nuit, en attendant que des médicaments « plus sûrs fussent procurés.
12. Ligature des membres et autres moyens.— Dans cet état de choses, | nous avons quelquefois émployé avec, succès des bandes appliquées aux extré- | mités supérieures ou inférieures , de manière à comprimer les veines qui parcouz rent la superficie du corps et non les artères situées plus profondément (70) ,1
sonnée (sorbet) avec succès, contre la | préumonorrhagie.Je m'en suisserviaufsi | en Lithuanie. |
(67) Cfr. Borsieri, 1. c. … |
(68) Hartmann, in Novis actis soc. | Upsal, t. 1, n. 17. V. Todé, Med. prakt, | Bibl., 1 B., 2 st., p.419, et Abh. f. pr. | Aerzte, 41 B., 4 st., p. 55. Le même re: | mède est recommandé dans la Diss, cit. | de Wagner. |
(69) Rush, Inquiries and obs.,n. 9.— Michaelis in Richter’s Bibl., 7 B., p., 581.—Percival, Essays, vol. n1, p. 655. | — Dœmling in Horn’s Arch..f, med, Er-\ 63.— Monnich in Huteg ;
fahrung, 3 B.;, P.
Jand's Journal 1817, sépt., 115. Je pui
citer éontre, un exemple où il à été utile, dix où il n’a rien fait.
(70) J'ai eu un exemple très-frappant à Vienne, én 1800, dans l'hôpital des marchands qui constitue une partie dei l'hôpital général, Un malade phthisis que éprouvait une hémoptysie énormes Appelé la nuit, en attendant qu'on ap* portät les médicaments prescrits , je fisl appliquer des bandes aux bras et aux] cuisses, et à l'instant l’hémorrhagie s’ars) rêta. La même expérience fut répétée!
plusieurs fois dans la suite sur le même) malade, et avec un pareil succès. L’application modérée de bandes dans l’hés moptysie est conseillée par Clifilon Wins tringham. V, Abh. f, prakt. Acraio, 8 B.
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTINÿ DU THYMUS ET DES POUMONS.
mais le plus souvent, ce moyen, bien loin d’être utile, a été évidemment nuisible (71). D'autres recommandent d’appliquer à la plante des pieds une grenouille (72) vivante, diverses amulettes (73) .et moyens sympathiques (74).
43. Cessation du flux.— Lorsque la pneumonorrhagie est une fois arrêtée , il ne faut pas pour cela chanter victoire, mais continuer long-temps la même méthode, surtout quant à ce qui regarde le régime(75) à suivre et le moral(76) à fortifier (77). Afin que les bronches soient
RS RDS Sr EEE EG
p. 420, Déjà Sennertus (1. 1i, P. n, c. vr, p. 587) avait recommandé, dans cette affection, des frictions et des ligatures aux extrémités inférieures, comme arrétant le cours du sang vers les poumons.
(71) Les paroles de Celse sont remarquables : Erysistratés horum (in hæmoptysi Constitutorum) crura quoque, et femora; brachiaque pluribus locis deligabat. Id Asclepiades, adeo non prodésse, etiam inimicum esse propôsuit. Sed id sæpe commode respondere, experimenta testantur. Neqüue tamen pluribus locis deligari necesse est; sed sat est infra inguina, et super talos, summosque humeros, etiam brachia. » L, iv, c: 1v.
(72) Eph. Germ., dec. 11, an. 10, obs.
(75) E. €. une pierre hématite gardée dans là main, üne émeraude suspendue au cou, un crapaud désséché enveloppé dans du linge et porté sous les aisselles jusqu’à ce qu'il s’échauffe,
(74) La poudre de M, Dygbé dissoute dans l’eau, Sur laquelle le malade crache le sang.
(75) « Strictis diætæ legibus hæmoptoicus sé obligare debet; si enim curätus et Sanus factus non se ipsüm custodiérit; plerisque revertëéns miorbus interitus cau- Sa fit, sententia est Hippocratis, lib De intern. affect.
(76) « Hæc schola moralis docet, ut hujus. discipuli. néc àd sinistram fortunamirà éfférvescant, néctristitiæ immoderätæ nebulis innubem frontis serenitatèm animi constantis indicem asperent, nec impatientia CoMmoveantur, sed potius adamantinami fatorum Jegem et di- Versos fortunæ insultus uno, coque æquanimo vultu intueantur, turbidamque soriS inconStantiam Séréno vulltu, et ore ridente excipiant, » Dé Pré, 1, c., p. 8.
(17) &2s. auctor sum, ut aliquamdiu post Çuratum äd sensum affectum pérse-
débarrassées le plus tôt possible d’un sang grumeleux et sujet à se putréfier, Swielen recommande l'inspiration de vapeurs chaudes (78). Ce conseil n’est pas selon moi sans danger , il est à craindre que le thrombus qui adhère à l’endroit lésé des bronches ne se sépare plus vite qu’il ne convient (79). On ne peut non plus adopter avec sûreté le conseil de ceux qui veulent que l’on emploie l’arnica, pour résoudre le sang qui est en stagnation (80) ; car le malade une fois sauvé, ce. qui reste à désirer pour une santé parfaite , la nature ellemême , avec l’usage du lait (81) et des pilules de cynoglosse pour calmer les toux nocturnes, finira par accomplir ; sinon , il faudra recourir, suivant le cas, à la méthode prophylactique de la phthisie pulmonaire où des maladies du cœur.
Comme moyen prophylactique, on pratiquerà dañs le cas de pléthore une pelite saignée vers les équinoxes.
RÉ
veretur in blandiorum medicamentorum continuatione parciore, quo adversus novi mali accessum roboretur pars male affecta, ideoque facile iterum efficientia.»
Sylvius, 1. 1. Prax. med., €, xx, thes:
(78) Comment., t. 1v, p. 51. Maÿyerne (Prax. med., p. 295) rapporte avoir fait des merveilles dans l'accès même de la pneumonôrrhagie, avec de la chaux vive mêlée à du vinaigre, que l’on éteint en y, jetant un peu de pierre hématite calcinée, dans la chambre même où se trouve le malade, afin que les vapeurs qui s’en dégagent, mélées avec l'air atmosphérique et répandues partout, agissent comme astringentes sur les vaisseaux du poumon; Je ne l'ai jamais expérimenté, et je n'essaierai pas non plus la vapeur du soufre enflammé dont l'inspiration a souvent arrêté l’hémoptysie, selon Sim.
Paul, in Quæst. Bot., p. 232;
(79) J.-P. Frank, 1, c., p. 287.
(80) Bucholtz und Marquet Neuëste Heïilk., n. 15,
(81) x Novi, solo Jacté caprillé cüm floribus papaveris rh&ados cocto, admixta dimidia aquæ parte, et adyecta portione mellis, quotidie largiter. assumpto, immodicam étiam ex puimonibus sanguinis profusioném optie conquievisse primum, ac postea usurpatis simul multo inter cibos confectis ex amylo, ex toto fuisse sänatam, » Fi, Hoitmann, 1. ©.