Cause prochaine. — Les hypothèses
avancées sur la nature intime des scrofules (16) ont été reproduites pour ex-
pliquer aussi l'origine de la phthisie |
scrofuleuse. À Dieu ne plaise que nous
passions le temps à de pareilles recher-
ches! Il ne nous reste seulement qu’à
nous demander quels sont les tubercules :
scrofuleux qui forment la base de toutela maladie? Il existe sous ce rapport quatre opinions. Les uns regardent les tunercules du poumon comme des glandes lymphatiques , les autres comme des indurations provenant d'inflammations préalables, d’autres pour des corps sui genertis,
détruits, comme s’il eût été celui d’un pestiféré. »
(9) Schmid, De miro phthiseos contagio, in Misc. act. nat. cur., dec. 1, an. 9 et 10, p. 120.—Gullmann, De phthisi ex contagio, in Eph. nat. cur., cent. 1x et x, p. 294.—Caucanas, Examens des principaux faits relatifs à la contagion dela phthisie pulmonaire, dans les Annales de la soc. de méd. prat. de Montpellier, t. 11. — Don Diego de Vera y Limon, Disertacion medica : si la tysis provenida de ulcera en el higado se considere entre las contagiosas? (Mém. de la R. Ac. de Sevilla, t. vi, p. 221). — Evers, Diss. in contag. phthisicum inquirens. Gœtt., 4782. — Veinholt, Abh. uber d. Ansteckung d. Schwindsucht. Brem., 1807: — Wesener, in Hufeland’s Journ. 1821.
Aug., p. 99. Salzb. med. chir. Zeit., 1814, 6 oct.—Kopp, Jahrb. d. Staatsarz.
4 Jahr., p. 345.
. (10) Raccolta Ferrarese di opuscoli scientifici e letterarii, t. vu.
(14) Obs. sur la phthisie de naissance.
V. Mém. de la soc. royale des sciences, 1781, et Abh. f. pr. Aerzte, 10 B., p.
(12) Mem. sulla pretesa qualità contagiosa della tisi in giornale della soc. medico-chir. di Parma, vol. 11, p. 3.
(15) Mem. sulla insussistenza del contagio delle tisi pulmon., in giorn. délla soc. med.-chir. di Parma, vol. x1v, p.
(14) Trattato sull’ insufficienza del contagio tisico. Mantova, 1718.
(45) Diss. qui tend à établir que la phthisie pulmonaire n’est pas contagieuse.
Paris, 1805.
(16) P. 1x, cap. De scrofulis.
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS. 941
d’autres, enfin, pour des vers. Nous adoptons la première opinion défendue par Morton {17), Sauvages (18), Portal (19), Camper (20), Raulin (21), Laennec (22), Baron (23), et par beaucoup d’autres, sans cependant exclure entièrement la seconde. Nous adoptons la première opinion, car nous voyons dans les tubercules des poumons se passer tout -à- fait les mêmes phénomènes que dans les glandes lymphatiques du mésentère et dans celles qui sont à la superficie extérieure du corps ; lorsqu’elles sont aitaquées d’un vice scrofuleux (24). Et l’anatomie nous fait connaître que les poumons sont remplis partout de vaisseaux et de glandes lymphatiques (25), Nous ne. parlageons pas l'avis de Portal, qui prélend que les glandes lymphatiques des poumons sont seules atteintes du vice scrofuleux (26), lorsque la dissection des cadavres nous montre que les glandules qui secrètent le mucus bronchique, et même celles qui accompagnent l'artère mammaire (27), sont indurées (28) ; lorsqu'en outre il existe une grande liaison
(17) Op. c., c. 1, L. nr,
(18) Nosolog. method., clas. x.
(19) Mém: de l’Académie royale des Sciences de Paris, 1780, p. 315, et Abh.
f. pr. Aerzte, 10 B., p. 404.
(20) Dix dissertations, auxquelles le prix fut adjugé par les plus illustres acçadémies de l’Europe, surtout par celles de la France, vol. 1. Lingæ, 1798. V. Abh.
f: pr. Aerzte, 18 B., 1 st., p. 78.
(21) Op. c., 1 th., p. 18.
(22) Op. t. 1, p.51.
(25) An inquiry illustrating the nature )ftuberculated accretions of serous membranes , and the origin of tubercles and umors in different textures of the body.
Lond., 1819, |
(24) Morton (1. c.): « Quod in cæteris landulosis partibus accidit, in ipsis liam pulmonibus accidit... quo mirum Ion .est, Si scrofulosi, qui tumoribus landulosis in aliis partibus frequenter bnoxii sunt, non raro etiam ejusmodi uberculis, vel in ipsis pulmonibus affiluntur, »
(25) Mascagni, tab. 20, 21. Et Abh. f.
Y. Aerzte, 10B., p. 49. Cruikshanka dit :
Next 16 the liver, the greatest number f äbsorbents have been found in the ang$. » Anat. of the Absorbents, p. 196.
(27) Camper, Kleine Schriften, 3 B., St, p. 268.
Frank. Tom. 1v.
entre ces glandules agglomérées et celles qui sont lymphatiques (29), Si nous ne nous abstenions de toute hypothèse, nous nous servirions volontiers de cette ma= tière osseuse que les vaisseaux lymphatiques peuvent absorber, pour expliquer l'origine des tubercules. Car, dans la phthisie, la forme des os est particulière, leur substance est plus molle (30), et semble confirmer l’idée d'une métastase osseuse dans les glandes. Or, tout en cherchant le siége des tubercules dans les glandules des poumons , nous ne prétendons pas pour cela que les tubercules naissent du corps même des poumors, car les phénomènes qui se passent dans les affections scrofuleuses externes nous apprennent que la membrane ceilu!euse qui entoure le corps glandulaire est plutôt atteinte d'une inflammation souvent antérieure (31). Bien plus, le kyste, net
(29) Mascagni, tab. 21,
(31) D’après les paroles de Fothergil :
« If the inflammation terminate neither by resolution nor supuration, it often leaves a scirrhous hardness, whereby this particular part of the lungs, however small and confined, becomes of little or no, use in the economy of this organ, but by occasioning an obstruction of circulation and respiration in one single point, subjects the sound parts of the lungs to greater labour. » De ces paroles, Je dis que l’on peut tirer deux hypothèses :
l'une, que les tubercules crus pourraient être l'effet d’une inflammation ancienne convertie en induration; l’autre, qu'il faut s'attendre, autour de la place indurée dans le poumon sain, à un état d’irritation et de congestion. La première hypothèse serait soutenue avec quelque degré de probabilité, si l’on pouvait démontrer que les tumeurs scrofuleuses, en général, sont l'effet d’une inflammation antérieure. Comme on ne peut conclure de la présence d’une inflammation, s’il n'existe un ou plusieurs signes de phlogose, et que les tumeurs scrofuleuses des glandes, dès le premier abord, ne présentent ni douleur ni chaleur, nous sorumes forcés d’avouer que cette hypothèse ne cadre point avec les idées que nous avons de l'inflammation. Un autre argument est apporté par Laennec, quand ïl dit : « Rien n'est plus rare qu'une inflammation du lobe supérieur des poumons, et pourtant c’est en ce lieu qu'on trouve ordinairement les tubercules, » (L. €.)
(32), qui de temps à autre enveloppe les tuberculés, ne paraîtêtre rien autre chose qu'une pseudo -membrane provenant d'üne ancienne inflammation : ainsi nous toncilions a première opinion avec la seconde. Quant à la troisième opinion, qui considère les tubercules comme des corps sui generis, quoiqu’elle soit déféndue par lés hommes les plus habiles en anatomie pathologique (33), cependant elle nous paraît s’écarter beaucoup plus dé la vérité. Cette opinion ne repose que sur cet argument, que les tubercules n’ont pas la forme des glandes lymphatiques. Cela est vrai s’il s'agit de la forme normale dans l'état &ain; mais cela est faux s’il est question d’un état maladif, comme d’une glande entourée d’une membrane cellulcuse gonflée, pourvue de vaisseaux sanguins Variquéux, ét détruite pér une inflammation et une suppuration lentes. La quatrième opinion ou plutôt le soupçon qu’onteu E.
Jenner et J.-P. Frank (34), que les vers
(32) N. 6. Un pareil kyste parait avoir induit en erreur Baron (op. c.), quand il prétend que les tubercules naissent des hydatides. |
(33) Bayle, L. c., p. 21; et Paillie, Anatomie d. krankhaften Baues, p. 39.
(54j Étant en 1803 à Londres, je de:
mandai à Jenner, en riant, si par hasard il recherchait encore une autre invention, rivale de la vaccine? — Pourquoi ‘pas? répondit cet homme, qui était mon ami. Je peuse avoir découvert la cause
de la phthisie.— Et quelle est-elle?— Les
vers.—De retour à Vienne, je communiquai celte opinion à mon père, qui me prouva, en montrant ses notes (écrites le 50 janvier 1796), qu'il avait déjà soupçconné la même chose. Au reste on peut démontrer que cette opinion n'est point nouvelle, par les ouvrages de Bartholin, cent, 1, hist. 96, et. Rhodius, cent. 1,
obs.12;—Schenkius, L n,p.229;—Pierre.
Valescus Castelli, De morb. pector., tract. vur, ©. 1Y, diffic. 16. — Eyselius (Diss. de phthisi. Erf., 1694; $ 15) a dit :
« Et quid impedit, seminium ejusmodi verminosum etiam inspirari? Cum per experientiam constet, oves gregatim tussientes contabescere, ubi nebula insalubrior (der Mehlthau)rubigine inficit pascua, ut incertum sit, utrum plus damni ex pabulo an potius ex inspirato, aere vermiculis scatente pecori accidat. » Dernièrement, J, Baron (1. c.) et Wesener (Hufeland’s Journ, 1821, Aug, p. 81) ont parlé des vers comme pouyant être Ja cause de Ja phthisie.
MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES, ne
formaient les tubercules, ést venue de :
la pathologie comparée. Car il est. cerlain que souvent les vers se nichent dans les poumons des brebis et. des autres ani- | maux (35); nous avons dit que cela | arrivait même dans le poumon des hommes (36). Mais il ne s'ensuit pas de ces
a : L ; : : = ani» k | « . 1
(35) Rudolphi, Entozoor. Hist. nat; | t. 1, p. 455.—Camper, Kleïne Schriften, 3 B., p. 201. — Otto, HandbucCh d. pathol. Anatomie, p. 233.
(36) N: 6. Percival parle de vers rejetés par les malades (Phil. med. and chir. Essays, t. 1. Lond.). M. Hanforte, aged 49 ycars, had been long troubled with a cough, and with a fullness and oppression at his breast. He frequentlÿ expectorated lumps of black, grumous blood, which gave him relief in febr.
1774 tbe oppression increased, and in the night he discharged, by coughing;, two masses, one of the. size of nutmeg; the other smaller. They were of the colour of chocolate. When the larger substänce Was opened, it was found t6 contain à considerable number ofworms, like maggots, ina very lively State. His :
cough and expectoration, we are told, | still continue, but the oppression at his |
he snAés in