Traitement de la marche lente
— Lorsque la phthisie scrofuleuse marche lentement, il ne faut.pas négliger la méthode anti-phlogistique; car, quoiqu'ici les symptômes ne paraissent pas graves , cependant. la petite toux, la dyspnée et. la petite fièvre ne réclament pas moins la saignée que les signes. évidents de la péripneumonie qui accompagnent. la marche aiguë de la phthisie(90).
Î1 faut seulement établir cette différence que, dans le cours.de la maladie chronique , il faut tirer une moindre quantité de sang , mais à plusieurs fois répétées.
Cette règle générale souffre plus ou moins de restriction, suivant la constitution frèle, la faiblesse et la maigreur des malades, surtout si, après lessaignées, le pouls, au lieu de diminuer, augmente de fréquence. Dans ce cas, il faut surtout avoir recours à l'application de sangsues dans les interstices des côtes. Si tout cela, joint aux décoctions émollientes et au nitre, ne combat point les symptômes de la marche de la phthisie, 11 faut alors traiter la maladie comme déclarée.
. 16, Traitement.de la phthisie déclarée, — Il y a une première indication à remplir dans la phthisie scrofuleuse confirmée, c’est de mettre un frein à la fièvre qui mine Je malade. Si nous pouvons atteindre ce.but, il se présente une
(88) Un ou deux grains. (89) Depuis trois grains jusqu'à cinq.
(90) On peut lire là dessus les avis du célèbre docteur Engelberg : « Ueber chronische Entzund. besonders der Brust, u.
die davon herrhurendé Lungensehwindsucht (Hufeland’s Journ. 4821 aug.; ct dec.). Je.m’étonne que le célèbre Duncan (1.0. p. 85) ait restreint l’usage de la saignée dans la phthisie en disant : « I have no doubt inasserting, that in hundreds of instances; starvation and, bloodletting bave hastened the death of phthisical patients. » 11 ajoute : « Nocet per se, prodest casu ! » Fernel, Stahl et Sydenham eu ont pensé autrement, Mais il faut retenir trèsbien que.je parle de la phthisie à. l'époque de sa marche, et non de la phthisie déclarée ou proprement dite,
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
seconde indication, c'est.de seconder les, efforts salutaires de la nature pour re.
jeter les tubercules en suppuration. Si.
la méthode anti-phlogistique ne peut, :
maitriser la fièvre, il ne reste plus d’es-.
poir que dans les feuilles.de la digitale; pourprée. Gloire éternelle aux médecins.
qui ont introduit dans la pratique (91), l'usage de ce médicament merveilleux;
car,des milliers de médicaments dontnous sommes redevables à la médecine du dix-huitième siècle, celui-là peut-être
sera le seul qui passera à la postérité, |
pourvu que l'abus qu’on en fera ne nuise point à sa réputation si méritée. Tant
s’en faut que la digitale pourprée puisse.
être considérée comme un spécifique universel dans la-phthisie; au contraire nous confessons que, dans cette maladie, non-seulémeéent'elle manque souvent son effet, mais qu’elle est même quelquefois
évidemment nuisible : cela ne’peut être
autrement, car, si nous Côbjecturons bien, la vertu de la digitale pourprée consiste à exercer un pouvoir narcotique et spécifique sur le cerviau et la paire des nerfs vagues, à produire un ralentis-, sement dans les fonctions, surtout du, cœur (92), des artères, des poumons, de.
l'estomac (comme étant sous le pouvoir
oo
(91) Withering, An acount of the Fox-
ct né à -
glove and some of this med. use. Bir-, mingh., 1785. — Ferriar, Essay on the.
med. poprieties of the digitalis purpurea... | — Mossmann, Essay on scrophule and,
glandular consumption.—Beddoes, 1. cs,
n. 2,.4.—Segaud, Obs. sur Ja digitale à | fleur pourprée dans le traitement de la | phthisie pulmonaire (Annales de la, So», :
ciété, de médecine pratique de Montpel-..
lier, t. 1v, P, 1, p. 51). — Laudun, Réflexions et observations sur. la phihisie:
pulmonaire, et sur les effets de la digi-!
tale pourprée(ib.,t. xx, p. 172).—Zu-
genbubler (Emploi. de la digitale pour, prée dans la consomption). — Graperon:
(Bulletin des sciences médicales, vol. 1, p.250).—Mouton (Observations cliniques sur l'emploi de la digitale pourprée dans, la phthisie pulmonaire). — Sédillot (Res cueil. périodique de la société de médes cine de Paris, t. xxix, p. 13). Je ne coms, prends. pas comment Duncan (l: c., ps 401) ait pu soutenir : « Lam sorry to say!) that.for my own part; I''have not witsi nessed any great benefit from digitalis in!
any case. of phthisis. » . | (92) Galien avait dit :.«, Tabidis, con!
siccari oportet. » La digitale opère en!
quelque sorte çet effet. E
DE LA PLÉVRE, DU MÉDIASTIN, DU. THYMUS ET DES POUMONS
immédiat de cette paire de nerfs). Ce ralentissement, tout en s’opposant à l’inflammation et à la suppuration des glandes lymphatiques, doit aussi, d’un autre côté, occasionner d’autres troubles, nonseulement sur les viscères du thorax, mais aussi sur ceux de l’abdomen. Or, les bons effets de la digitale ne seront obtenus qu'autant que le mode de l’administrer sera conforme à l'indication.
La teinture n’y est pas conforme, car l’alcool, en excitant les forces du cœur et des poumons, agit tout-à-fait en sens contraire et ne pourrait seulement être utile que comme correctif, mais, nous connaïssons des substances. plus sûres.
L'indication ne sera pas non plus remplie par le mélange de la digitale avec les médicaments irrilants ou toniques, comme le polygala, le lichen, vu qu'ils en détruisent les effets. Nous employons seulement deux manières d’administrer la digitale, savoir : l’'infusion (93) et la poudre (94); celle-là produit un efjet plus rapide, celle-ci plus lent. À moins que le danger ne presse, nous préférons une action lente, comme étant la plus sûre. En outre, en donnant ce médicament en petites doses souvent répétées et long-temps continuées, on peut à, la fin en faire prendre une bien plus grande quantité que si l’on en donnait de fortes doses qui causeraient bientôt de la fatigue aux malades, et, par conséquent, devraient être supprimées. En outre, il existe une grande différence dans la digitale pourprée, selon qu’elle croit d'elle - même ou dans les jardins, et selon qu’on observe ou non les pré- Cautions nécessaires pour faire sécher et conserver les feuilles. Nous prescrivons volontiers la digitale avec des sels neures qui jouissent de la vertu réfrigérante Et (95) tiennent le ventre libre. Si par “emploi de la digitale l'estomac languis-
(95) Pr. Racines de salep, un scrupule. Faire une décoction dans s. q.
l'eau; meltre un scrupule de feuilles de digitale pourprée. L’infasion froide sera bauffée. Ajouter une once de sirop simple..A prendre dans l’espace de vingtquatre heures,
(94) Un grain trois ou quatre fois par Our, |
(95) Pr. Poudre de feuilles de digitale pourprée,: un grain; crème. de tartre et ucre blanc, de chaque dix grains; nitre, inq grains, M.S. Le malade prendra la poudre en. deux ou trois fois le jour,
sait , ou si le malade commençait à:cracher plus difficilement, il faudrait la méler à de petites doses d'ipécacuanha gris (96). En général, il faut continuer l’usage de la digitale pourprée jusqu’à ce qu’on ait obtenu l'effet désiré (savoir la cessation de la fièvre que l’on reconnait à la lenteur du pouls (97)), ou jusqu’à ce que les douleurs des nerfs de la face (98), la dilatation énorme des pupilles, la photophobie, la céphalalgie, la lipothymie, les vomissements , la faiblesse universelle , l'irrégularité du pouls et l'air inquiet du malade proscrivent l'usage ultérieur du médicament. Les mauvais effets de la digitale en masquent quelquefois les bons, et lorsqu'ils arrivent il faut s’abstenir de toute espèce de médicaments jusqu'à.ce que, l’ordre étant établi, l’on puisse juger sûrement de l'état de la maladie. Si la digitale a répondu entiërement aux vœux du médecin, alors le malade est ramené à la période latente de la maladie, dans ce cas il faut procéder comme nous l'avons dit (99).
Si l’on n’a obtenu que la moitié des effets de la digitale, après avoir accordé un repos de quelques jours, il faut recourir au même médicament, et ainsi à plusieurs fois répétées jusqu’à un plein succès. Si, au contraire, la digitale n’a produit rien de bon, il faut la quitter après le premier essai; l’obstination dans ce Cas n’est jamais utile et nuit-souvent;, L'émulsion des graines de jusquiame noire (100), jointe à du nitrate de potasse, rivalise avec la digitale dans la maladie dont il s’agit ; bien plus, elte la surpasse si le malade -est par ‘trop sensible, si sa figure est rouge , ses yeux ardents , son pouls contracté , un peu dur, s’il a une toux opiniâtré : dans cet état de choses on pourrait tentér l’acide hydrocyanique
(26) Pr. Poudre de feuilles de digitale, douze grains; racine d’ipécacuanha, trois grains; sucre blauc, une drachme, Mélez avec soin et partagez en douze parties égales. D. S, On prendra la poudre trois fois par jour. |
(97) Le pouls, qui bat jusqu’à cent.vingt pulsations par minute, peut être réduit jusqu’à soixante, cinquante et quarantedeux pulsations. TU.
(98) La douleur le plus souvent paraît à la région sus-orbitaire ; mais quelquefois elle s'étend aux autres rameaux des nerfs de la face,
(100) V, supra, çap.iv, S5,1,
plutôt d'après l’autorité des autres (1) que d’après la nôtre, ainsi que la poudre de charbon végétal (2). Bien plus, chez quelques uns, l’opium même, cetennemi redoutable des phthisiques, a produit de bons effets (3). S'il y a douleur au côté du thorax, surtout si autrefois le malade a été sujet à des impétigo, ou si quelque flux habituel a été supprimé, on aura récours à un exutoire produit par Îa pierre caustique, et qu’on tiendra ouvert tout le temps que la maladie sera dangereuse ; et si le malade n’est pas par trop sensible, cet ulcère artificiel sera provoqué à l’endroit même de la douleur
(1) On peut lire sur l’emploi de ce terrible poison : Ittner,Beytrage z. Geschichte d. Blausaure, 1809 (Pr. Acide hydrocya nique d’Ittner, six grains; eau distillée, deux drachmes. M. D. S. quinze gouttes par dose) ; — Vauquelin, Ann. de chimie et de physique, t. 1x, p. 113; — Brera, Prospetti di risultamenti ottenuti nella Clinica med. di Padova, 14809, 1815. Padova, 1816, p. 10; — Magendie, Physiol.
u. klinische Untersuchungen über d. Anwendung d. Blausaure in d. Krankheïiten d. Brust. u. besonders d. Lungenschwindsucht A. d. Fr. übers. v. Cerutti.
Leipz., 1820 ; — Borda, v. Brugnatelli, Elementi di chimica applicata alla farmacia , 4814; — Manzoni, De præcipuis acidi borussici, et aquæ cohobatæ laurocerasi medicis facultatibus clinicis observationib. comprobat. specimen. Patav., 1818; — Granville, in Med: Repository, t. 1V, 1815; — et Further, Observ. on the intern. use of the hydro-cyanic acid.
Lond., 1819. Uebers., v. Cerutti, Leipz., 4820; — Behr, in Hufeland’s Journal, 4820, Jul., p. 74; — Roch, Uber d. Anwendung d. Blausaure als Heilmittel in verschied. Krankheiïiten, besond. d. Lune genschwindsucht, etc. Leipz., 4820; — Elwert, Die Blausaure, d. wirksamste.
Heilmittel in Lungenbeschwerden. Hildesh. , 1822,
(2) Gannet, in Medic. Comment., dec.
11, vol. x, p. 569. V. Abh. f. pr. Aerzte, 17 B., p. 70. Je l’ai employé deux ou trois fois sans aucun succès. C’est ce qu'atteste Hunold, in Archiv. f. d. Pharmacie, 2 B., 1 st. J’ai entendu dire à quelques-uns, qu’ils l'avaient employé avec l'effet désiré, à la dose d’une drachme deux ou trois fois par jour.
(3) Percival, 1. c. W. May, 1. c. Les bons effets de l’opium dans cet état de choses ne peuvent être rapportés qu’à
une idiosyncrasie particulière des malades, ‘
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
dans l’intervalle de deux côtes, autrement !
au bras qui correspond au côté doulou-| reux, entre les muscles deltoïde et bi=!
ceps (4). Le séton est rarement supporté!
par les malades sujets à la phthisie scro=| fuleuse , surtout s'ils sont très-sensibles.! Le mézéréon ne nous convient pas, parce!
qu'il cause des douleurs répétées et des cicatrices horribles. Outre les secours!
fournis par la matière médicale et par la chirurgie, il ne faut pas omettre l’eau dei Seltz, car elle seconde merveilleusement, ces médicaments dans leurs effets, pour-!
vu que la faiblesse de l'estomac et la!
diarrhée ne s’opposent à son application. Dans ce dernier cas même, l’eau:
avec les sucs végétaux édulcorés avec du:
sucre, comme du framboisier, de l’épine* vinelte, de la cerise noire, du fraisier,.
etc. (autrement indiquée dans celte cir“ constance), ne peut être permise. Il ne!
reste plus que d’avoir recours à des bois= sons douces, comme celles qui se prépa= rent avec l’avoine, l'orge, le riz , la ra-| cine de réglisse, de salep, de la corne de cerf râpée, les fleurs de coquelicot, de bouillon blanc ; les raisins secs de Corinthe, les dattes, les figues, les jujubes,. les sébestes, le miel, etc. Et pour que!
l'eau de Seltz, bue froide, re nuise pasà!
la poitrine, on la mêlera avec un peu de lait bouillant. En général le lait, none seulement dans la phthisie scrofuleuse ; mais dans quelques autres, réussit beau coup, à la fois comme médicament, com* me boisson et comme nourriture, et par!
conséquent remplit une seconde indication. Déjà Hippocrate (5), Galien (6) et Arétée (7) l'ont préconisé (8). Cependant,
(4) Partout où on applique uu exu toire, il faut le soigner avec beaucoup de soin et le panser tous les jours, autres ment il se ferme en augmentant le dans ger. On mettra dars le trou de l'iris de Florence roulée en forme de pilule.
(5) Aph. 5, 64.
(6) De morbis pravisque alimentorund succis, C. IV. ee
(7) De curatione morborum diuturno® rum, 1. 1, c. vur. « Lac vero assumte suave, potum facillimum, natritu solis dum , et qualibet esca a pueritia famnis liarius est. Praeterea visui colore delet tabile, medicamen arteriam non aspe* rans, guttur lævigans, ad ejiciendam pis tuitam facilem spiritum reddens, infes riorem exitum lubricum efficiens, ulce:
ribus dulce subsidium, et quolibet alie benigniusest.» #1
(8) Wepfer dit (Epist. ad Verzascham),
on ne doit point l’employer quand il y a une fièvre évidente (9), une idiosyncrasie des malades, un état acide dans les premières voies (10), de la diarrhée (11).
C’est pourquoi Stoll (12) et Raullin (13) ont restreint avec raison ladministralion de ce médicament devenu déjà trop universel. Le lait humain (14), liré d’une femme saine et forte, devrait être préféré à fout autre, si la proposition d’une pareille nourrice ne souffrait tant de difficultés (15). Vient ensuite le lait d’ânesse (16), puis celui de jument (17), de chèvre et
« Certe divini quid in lacte latet... Vidi bis meis oculis, quasi novos homines inde factos fuisse. » On peut lire la Diss.
de Meibomius, De phthiseos curatione per lac. Helmst., 1687.
(9) De l’avis même d'Hippocrate.
(10) Si cela seulement s’opposait à l'usage du lait, il faudrait essayer de l'associer avec l’eau de chaux, suivant le conseil de Fothergill (1. c., p. 520).
(11) Socrate cependant avait dit (1. 1, De diæta, c. 1x) : « Lac ovillum alvum sistit : caprinum vero magis per alvum secedit, bubulum vero minus, equinum vero et asininum magis secedunt.
(12) Rat. med., t. 1, p. 207; t. n1, p.
(13) Op. .c., 21th., cap. vr.
(14) 11 faut lire surtout Riverius, Observ. communicat., p. 667;—De Granddes-Prés et Riverius, Obs. medic., cent.
(15) Comme la plupart des médecins ne proposent seulement une nourrice que dans la phthisie proprement dite, le plus grand nombre des malades regardent cette proposition comme une sentence de mort. C’est pourquoi j'aime mieux que les parents du malade conseillent d'eux-mêmes l'usage d’une nourrice.
(16) Il est très-recommandé par Fr.
Hoffmann, et très-employé en Italie et en Espagne. Un de ces malades qui avait recouvré la santé par le lait d’ânesse, disait qu'il avait plus d'obligation aux ânes qu'aux médecins (Merc. de France, oct. 1774). Il avait oublié, ce brave homme, que les médecins lui avaient donné le conseil de s’adresser aux ânesses. Dans le septentrion, cet animal quadrupède est rare.
(17) Dans la Russie, on donne aux hthisiques le lait de jument fermenté fé langue vulgaire Koumiss). V. Abh.
d. naturhistor. med. Gescllsch. in Moskau, ein Aufsatz, V. Chr, Isaac Iober-
de vache. Quel que soit le lait quel’on choisisse, il faut qu'il soit trait d’un animal sain, livré à des travaux médiocres, n'allaitant pas et nourri dons de bons pâlurages, et qu’il soit donné avec sa chaleur naturelle. À cet effet l’animal sera amené auprés du lit du malade; on traira le lait dans une fiole de verre tenue dans un yase rempli d’eau tiède, on mettra sur la fiole un morceau de laine afin qu'en même temps le lait soit trait, chauffé et dépouillé de toute, malière étrangère. On peut aussi employer le sucre de lait (18). Il faut avoir soin que les malades ne mangent point de mets acides et hétérogènes pendant le temps qu'ils sont au traitement lacté (19). En général on doit proscrire toute nourriture animale dans la phthisie scrofuleuse tant que durent les symptômes fébriles.
Au contraire il faut recommander la lai-
tue, la carolte, la rave, le houblon (20),
l’asperge, le topinambour, le panais, la scorsonère , l’oseille , les épinards, les
-pois, les haricots, le riz, l'orge, l’avoine,
le maïs , le sagou , l'arrow-root (21), la pomme de terre. Les fruits mucilagineux, quels qu’ilssoient, surtout les fraises (22), peuvent être permis, si le tube digestif peut les supporter; autrement ils seront remplacés par des conserves, parmi lesquelles celles des roses rouges se distinguent comme étant les meilleures pour la phthisie (23)..11 ne faut pas non plus exclure les poissons, comme le saumon,
lein. V. Hufeland’s Journ. 1817, oct., p. 116.
(18) En poudre, à la dose d’un scrupule de plus, trois ou quatre fois par jour, ou à la dose de deux drachmes dans de l’eau édulcorée d'un sirop. Ordinairement , il ne fait pas grand chose.
(19) « Si enim quis multum lactis potat, nullo alio eget alimento. » Aretæus, 1. c.
(20) Les graines.
(21) Arrow-root.
(22) Fr. Toffmann, Med. rat. syst., t, 1V, P. 1v, p. 300. — Schulz, Diss. de fructibus horæis, p. 13. — Vogel apud Raulin, op. c., 2 th., p. 43. En Russie, on a coutume de faire sécher la fraise et de la servir sous forme de thé.
(23) Avicenne, |. 1, fen. 10, tract. 5, c. V, p. 275. — Riverius, Prax. med., 1. var, C. Vu, p. 348. — Krüger, in Eph.
nat. cur., dec. nn, an, 4, obs. 9, p. 24.
—Buchan, Médecine domestique, p.198.
—Raulin, 0p, c.,21th., p. 45.
le brochet, la perche, le barbeau, la raie, le merlan , la truite. En outre le malade devra s'abstenir de ‘tout mouvement actif du corps, et ne se livrera qu'au mouvement passif, comme dans une voiture suspendue , dans une balançoire (24), sur un bateau (95). Il importe surtout que les malades, qui habitent les pays septentrionaux choisissent, s'ils Sont opulents (26), un climat doux, humide et stable. Avec le témoignage d’un homme fort habile (27), nous leur conseillons très-bien d’aller (28), aux
(24) Carmichael Smyths, An account of the effects of swinging in the pulmonarÿ consumption and hectic fever.
Lond., 1787.
(25) Celse le recommande (lib. mm, c.
x), et même dans des lieux éloignés, comme depuis l'Italie jusqu’à Alexandrie. Dernièrement il a été préconisé par Carmichel Smyth (1. c.). Duncan (1. c., p: 149) dit avec raison que ce conseil serait très-bon, si, la mer n’était souvent agitée par des tempêtes. Reid place l'effet salutaire d’un voyage sur mer dans le vomissement des passagers (1. c.).
(26) Connaissant les dépenses inséparables de grands voyages, je conseille seulement avec prudence ces émigrations vers des contrées lointaines entreprises pour la santé. À moins que le malade ne soit bien opulent, la perte de son patrimoine, la ruine de ses affaires domestiques, les incommodités du voyage, lui feront plus de mal qu’il ne tirera de bien d’un climat meilleur. De plus, il est cruel de prescrire ces voyages à des malades qui ont des parents, des épouses. J'ai été moi-même témoin de scènes tragiques qui étaient causées dans cette circonstance par le combat entre le désir de sauver la vie d’un objet cher et l’impuissance de faire le voyage.
(27) 3. Clark fit à dessein un voyage dans la France méridionale et l'Italie, pour trouver les lieux qui présentaient les meilleurs quartiers d'hiver pour les phthisiques, comme on le voit dans son ouvrage, Med. notes on climate, diseases, etc. Lond.,. 1820. L’extrait de cet ouvrage se trouve dans la Bibliothèque universelle, vol, xv, 1810, nov., p. 197.
Cependant je rappelle ici les avis de Fothergill (L. c., p. 317), que les voyageurs ne peuvent désigner. convenablement les endroits pour l'habitation des phthisiques, mais que pour cela il faut consulter le médecin résidant. |
(28) Je veux dire qu’ils soient à cette époque dans l'endroit. Fothergill dit avec
MAEADIRS DES PAROÏS THORACIQUES,
mois de novembre, décembre et janvier, à Hyères (29), où à Grasse (30), ou à Nice!
(31), ou à Pise (32); mais de fuir Mar-!
seille (33) et Naples (34), Quel que soit, l'endroit qu’ils aient choisi, ils doivent!
se procurer une habitation bien fermée!
(35), éviter l’air de la nuit, la fréquentation des théâtres, des bals, des grandes!
sociétés (36). À l'approche du printemps!
ils doivent fuir , avec le conseil du mé-!
me savant, les villes recommandées cidessus et se retirer à Rome (37). Pendant l'été ils doivent fuir un climat!
—— raison (1. c., p. 318) que beaucoup det phthisiques qui voyagent pour-raison.del santé, des pays septentrionaux . vers les’ méridionaux, se trompent en cela qu’ils!
commencent trop tard leur voyage, .c’està-dire quand l'automne ést déjà ayancé.…
(29) Petite ville près de Toulon. :
(30) Petite ville auprès de Nice, |
(51) Fodéré prétend que. l'atmosphère | de la mer ne convient pas aux phthisi-!
ques, comme étant chargée d’émanations hydrochloriques (V. Clark, I. c.). Cependant j'ai vu un grand nombre de phthisiques qui passèrent avec un très-grand succès l’hiver à Nice. N” Re
(52) Les malades doivent choisir une babitation sur la rive septentrionale de | l’Arno. +
(53) Le vent froid appelé mistral est | d'autant plus nuisible à la poitrine, qu'il!
souffle au milieu des rayons d’un soleil | ardent. En outre, Marseille compte un!
grand nombre de phthisiques. |
(54) La phthisie exerce ses ravages à | Naples plus qu'ailleurs. For |
(35) Je n'ai jamais été plus tourmenté !
du froid qu'en Italie, et nulle paït!
moins qu'en Russie; car là non-seu-| lement il n'y a pas de cheminées dans !
les chambres, mais le vent entre de tous!
les côtés, sans parler d’un pavé de pierre, ! Toutes ces incommodités sont supportées | avec peine par les habitants du. septentrion, accoutumés à des habitations chau-, des et bien fermées. |
(36) La plupart des phthisiques pensent que, par cela seul qu'ils habitent” l'Italie, ils peuvent se, permettre tout; d'autant plus que l’occasion de séduction est là plus fréquente, et.qu'ils sont en tourés de périls beaucoup plus, grands que s'ils étaient restés dans des pays sep:
tentrionaux. ; ne
(57) Il:est beaucoup plus facile, dit Clark, au phthisique , de trouver un.cli=" mat, convenable pour l’hiver que pour, l'été. Partout, en effet, les vents froids dd. printemps entraînent avec eux le danger | des affections catarrhales, Rome jouit, !
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS
chaud comme un fléau, et établir leur habitation près du lac de Come ou de Léman, où bien dans les vallées de la Suisse. Au mois de septembre ils doivent retourner en Italie. Il est certain que la Russie possède aussi ses contréés méridionalés , fnais comme elles sont du côté de l’est, les hivers s’y font sentir pendant plusieurs jours par des Vents assez froids, ét en outre le voyagé Vers ces contrées est trop fatigant pour être conseillé à des convalescents. Nous préférons donc que les malades qui ne peuvent aller dans des pays étrangers se procurent un climat artificiel, c’est - àdire une maison vaste d’une température égale jour ét nuit (environ quatorze degrés du thermomètre de Réaumur). Cette maison on ne la quittera pas pendant tout l’hiver, même pour uné heure. On peut rendre cette prison médicale assez agréable; avec le secours de végétaux odoriférants, et de‘tout ce qui pourrait eharmer la vue; c'est ce que les Anglais ippellent Madeira-House (38). On peut aussi chercher les bons effets d’une température égale dans les étables à vaches (39). On a cru que l'air vicié par les exhalaisons des animaux et des poissons était salutaire aux phthisiques, parce qu'on a trouvé un très-petit nombre de
ous, ce rapport, d'un privilège, comme éLant préservée par le mont Pincia.
(58) Kentish (1. c.). I faut lire aussi:
Med. and phys. Journ. publ. by Fother- Sille and Want, 1815. may. Ici Sutton blime, Buxton d’avoir osé recommander ine, température chaude dans la phthiie.. fl pense qu’une atmosphère,un peu roide convient plutôt; mais il se trompe rès-fort, s’il parle exclusivement de la >bthisie scrofuleuse, à moins qu’il ne oit question de quelqu’autre:espèce de >hthisie. Cfr. ch. 1v, (5, n. 10.
(59) Read, Essai sur les effets saluaires du séjour desétables dans la plithiie. Lond,, 1767.—Triller, Sur une nouelle, et claire. méthode de guérir la hthisie, par les étables anciennes des goupeaux. Vitemb., 1775. — Bergius,
ue, Schwed. Abhandi. 1782, 5 B., p.
198. V. Ahhandi. f. pr. Aerzte, 11 B., 27. Ei au moment où j'écris, le séjour les phthisiques, dans les-étables est en iSage à Paris, comme on le voit dans le ournal des Débats, 4821, 15 décembre, iliest question, de l'établissement lune vacherie médicinale, par M. Res:
EC, propriétaire de la maison de santé le Luxembourg.
phthisiques parmi les bouchers ét l'es pècheurs (40). Mais nous observerons qu’en général les bouchers sont peu malades, et que les maladies des pêcheurs ne nous sont pas bien connues. Que si les symptômes de la phthisie confirmée ne sont pas comhattus par là méthode et les précaulions que nous venons d'exposer, et que fa maladie fasse des progrès, le mal est déclaré , et comme tel il doit être traité (41). | |
$ III, De la phihisie pulmonaire e' arthritique. à
1. Definition.—La phthisie compagne d'un âge avancé(42), précédée de dys+ pnées et de catarrhes qui reviénnent périodiquement, provenant du dépôt d’une matière. tophacée dans les glandes, les parenchymes et les vaisseaux sanguins des poumons, aussi bien que dans les bronches, s'appelle arthritique.
2. Histoire. — Quoique Morton (43), Sauvages (44), Vehr (45), Musgrave (46), Stoll (47); Barthez (48),.et Balhorn (49) aient fait mention de la phthisie pulmonaire arthritique, cependant nous sommes obligés d’avouer que l'histoire de cetté maladie n’a pas été traitée selon son importance (50).
(40) Lisez sur cet article Nadand et Villette : « Est-il utile aux phthisiques de rester dans les abatioirs? » Et Southey, l€., D. 31.
(42) « Die gichtische Lungensucht befallt am haufigsten Manner von reiferem oder selbst hohem Alter, wie auch Frauen nach dem Aufhoren der Reinigung, selten aber junge Leute. » Barthez, RAA
(45) Op. c., c. x1. De, phthisi ab arthritide et rheumatismo orta. C. vi. De phthisi a Calculis in pulmone generatis orta.
(44) Op. c., spec. xu.. Phthisis rheumalico-arthritica. :
.(45) Diss. de arthritide Yaga cum ..incipiente phthisi in calculoso. Francf,
(46) De arthritide.anomala, c. xu.
(47) Ratio medendi, P. v, p. 458.
.(48) Abh. uber d. Gichtkrankheïten, 21h, p. 298.
(49) In quoddam phthiseos pulmonalis signum commentatur. Hanov., 1805.
-(50). B. Chr. Vogel, in nota ad opus cit, Raulini (4 th., p. 245) dit avec raison : « Der gichtischen ü. rheumatischen Scharfe hatte billig nochetwas umstand-
3. Période latente.— Le germe latent de la phthisie pulmonaire artbritique sera soupconné chez ceux qui dans leur jeunesse ont été exposés au danger de la phthisie pulmonaire scrofuleuse (51) ; qui plus tard ont souffert des douleurs dans les articulations (52), ont été sujets à des affections hypochondriaques ethystériques (53); à des fièvres intermittentes supprimées à contre -temps par le quinquina (54); à des calculs des reins et de la vessie (55); et, dans un âge avancé, à la dyspnée (56) et aux calarrhes.