Pronostic. — Le pronostic de la
phthisie par une vomique dépend de la route qu’elle prend; la vomique qui se rompt dans les bronches de manière que le malade puisse rejeler tout le pus, n’est point un cas désespérant, s’il est sain (15); d'ailleurs, Hippocrate à dit (16): « Tous ceux qui, après une pé=.
ripneumonie ou une pleurésie. suppu+ rent, ne meurent point, mais recouvrent | la santé ! » Et Mead(17):« Cettemaladie, !
quoique grave et se terminant souvent | par la consomption, présente moins de l danger que ces petites ulcérations (18). » | Les dissections même des cadavres d’in- | dividus affectés autrefois de phthisie ; et morts depuis de toute autre maladie, qui présentent des cicatrices dans les poumons, paraissent prouver (19) que les ulcères des poumons peuvent quel= quelois se guérir et la substance de l’or- |
SPP EN RRRE ES
sons
méd. , t. xxx1v, avr. 1809; — Chaussier, :
ib.,1814; Voigtel, Handb. d. path. Ana : tom., 2 B., p. 169. # (14) Cap. de aneurysmate aortæ: | (15) Ou ne se repentira pas dé lire:à | ce sujet les Comment. deSwieten, $ 1206, !
. 64. | 4 (16) De locis in homine, ç. vir. Char} ter, t. vi, p 3586: | (17) Monita et præcepta, p. 55. 10 (48) IL est question de tubercules, et.
Iippocrate avait plus de crainte lors:
qu'une petite. vomique naïissait dans le, poumon, non après de fortes inflammations, mais après d’autres causes.
(19) Mudge, Medical cure of the catar> rhous cough, p. 76.—Vetter, Aphor. aus: !
d. pathol Añatom., p. 122. Aumerk. (Il !
rapporte l'exemple de Sallaba, médecin.
en:chef de l'hôpital de Vienne, autrefois mon collègue, qui d’abord avait éprouvé les symptômes de Fa phthisie pulmonaire, | et ensuite mourut du typhus de Fhôpital | Les poamous offraient plusieurs cicatris 1 çes, avec perte évidente de substæiçes : | | |
DE LA PLÉVRE, DU MÉDIASTIN ;: DU ŒHYMUS.ET DES POUMONS
gane se consolider; l'espoir du salut est encore augmenté par la condition louable du pus rejeté (20) ; d’où Hippocrate a dit encore (21). 11 faut que celui qui veut êlre tout-à-fait guéri, rejette facilement le pus par la toux, qu'il soit blanc et égal, de la même couleur, sans pituile ; ».et Bénédict a dit (22) : «Si par les efforts de l'art, le pus qui était bigarré devient de la même couleur, s’ilest entièrement dépourvu de toute souillure, s'il est entièrement dégagé de toule inégalité , de toute saveur, de toute odeur, si enfin il arrive plus facilement, c’est une marque quela santé reviendra ;» il ajoute encore : « Si pendant le jour les crachats sortent toujours épurés, quand bien même ils paraîtraient la nuit mal colorés et mal constitués, il ne faut point désespérer, car les crachats bien conditionnés et blancs pendant le jour promettent le retour de la santé, cependant prenez garde d’être trop confiant; maiss’ine se fait pas de rupture d’une vomique, tout ira en mieux.» Hippocrate a dit ces paroles célèbres (23) :«Ceux-là échappent surtout que la fièvre quitte le même jouraprès l'éruption, qui désirent promptement de la nourriture et sont délivrés de la soif, qui ont des selles ou petites ou compactes, et qui rendent un pus blanc, léger, partout de la même couleur, exempt de pituite, de douleur et d’une toux violente; ils sont délivrés très-bien et très - promptement, du moins ceux à qui quelque chose de semblable-arrive; mais l’on voit périr ceux que la fièvre n'a pas quittés lemême jour, OU qui, après avoir paru les quitter, est revenue avec plus de force, qui ont éprouvé de la soif, de l’inappétence et des selles liquides, qui ontrejeté un pus pâle de vert qu'il était et livide ou pituiteux et spumeux. Si tout cela arrive, is succuüumbent;. mais parmi ceux qui henéprouventqu’une pattie, les uns suc- Combent, les autres en réchappent après bexucoup-de temps; mais il faut faire ältention à tous les syÿmplômes, tant dans ces maladies que dans les autres. »
Pn'est pas difficile de comprendre pour- Uoi la guérison dé la vomique esthérissée de ant de difficultés. En effet, d’après
.1(20). P. 1, vol, 1, append.
. (A) Peædict., LE u, cap. vi, Charter, te Viir, |
(22) Tabid. theat., p. 112,
(25) Dans les pronostigs.
les observations de Galien (24) et d'Arétée (25); la toux est nécessaire pour.désemplir une vomique, et, d’un autre côté, elle s'oppose à la consolidation de l’ulcère. Cependant les ouvertures des cadavresontappris à un homme habile(26) que les ulcères des poumons ne se guérissaient. pas par cicatrices, mais laissaient à leur place une cavité fermée.
Quoi qu’il.en soit, l'expérience de Galien (27), de Schenk (28), de Willis.(29), de Van Swieten(30) et Ja nôtre (31), a prouvé qu'il y a des ulcères anciens et Calleux du poumon, qui ne nuisent pas
(24) Method. med., 1.-v,.c. vur. Charter, t. x, p. 116.
(25) Lib. vi, cap. £xvn, p.88, dit :
« Quasi in circulum revolvi mala, cum a tussi. lancinatum pulmonis ulcus denuo inflammetur, rursus, maturatione . opus habeat, maturum pus iterum per tus$im repurgari debeat. » | ..(26) Autenrieth, in Tübing.. Blatter f.
Naturwissenchaft u. Arzneyk, 4 B., 1 St,
(27) « Quæ vero in pulmone jam lougo temporeremanserunt,quamyvis aliquando curentur, reliquunt tamen in ipso callosum quid et fistulosum, quod tractu tem poris levi, occasione excoriatur. » (De locis affeci., E. 1v, €. vin, p. 467.)
(28) Obseryat. rar., p. 260.
(29) « Accidit interdum, foyeam quan dam, aut forsan binas in pulmonibus ef« formari, easque circum .circa parietes callosos obtinere, ita ut materies ibi col lecta in massam sanguineam minime transferatur, sed quotidie tota copia:.licet ingenti expectoretur. Taliter affecti, quasi tantummodo fontanellam in pulmone haberent, sputum etsi multum, et crassum, immo fÎlayum, et purulentum quasi, omni mane, aliquantulum in toto die rejiciunt, tamen alias satis sani degunt, bene respirant, comedunt, et dormiunt.» (De medicam. operat., sect. 1, €: vi, p. 16.)
(30).« Vidi per quadriennium ante more tem virum, qui septuagenario major obiit, quotidie mane uncias aliquot puris albi cocti exspuere cum magna facilitate, et deinde sæpius per diem. similia sputa educere, saucle asseverabat, se. jam a triginta annis similem puris copiam ejicere. »-(Comment., S 1206.) 1
(31) L’épouse du président L... rejes tait ou plutôt répandait sans aucune violence, depuis dix ans, au moins quatre onces de crachats purulents; quelquefois un peu de toux se mêlait aux crachats.
Au reste, elle se portait assez bien, jus« qu’à ce qu’enfin, il y a un an, elle éprouva un squirrhe à l'utérus,
beaucoup à la santé, mais servent quelquefois comme de cautères dont ils tiennent lieu ; mais si la vomique ne se vide point de manière que le pus puisse être évacué convenablement, le malade est suffoqué à l'instant. Il faut donc ètre prudent dans le pronostic, puisque Îles symptômes dela vomique sont quelquefois si ambigus, que le malade, que l’on disait être seulement atteint de catarrhe ou de dyipnée , est emporté lorsqu'on sy attend le moins (32). Si une vomique vé-
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(32) Déjà Galien (1. 1, De locis affect.) s'était plaint que souvent le mal ne paraissait pas plutôt, qu'il faisait périr le malade, et Fernel (1. v. Pathol., c. x) en obseryva un grand nombre qui vaquaient à leurs affaires, et cependant furent emportés soudainement par une vomique rompue; dans ce nombre, on trouva deux médecins qui n’avaient pu, par aucun signe, prévoir le danger qui les menaçait : d’où Van Swieten a dit (Comment.; Ç 1185) : « In historia medica numerosi casus leguntur illorum, qui subito extincti fuerunt çcatarrho suffocativo, uti credebatur, in quorum cadaveribus omnia vasa aerea pulmonis pure plena inventa fuerunt, quibus etiam per os, et nares magna vi erupit. » Lorsque mon père, en 1784, eut commencé à remplir les fonctions de professeur de pratique médicale à l’Université de Goettingue, il fut appelé auprès de ja comtesse H..., demeurant à quelques milles de cette ville. À peine mon épouse est malade, disait le comte; nous vous faisons venir seulement pour faire connaissance pour l'avenir. En effet, mon père, examinant de près l’épouse du comte, la trouva, il est vrai, prédisposée à la phthisie, mais du reste à peine malade. Après avoir donné quelques conseils, il demandait le lendemain la permission de se retirer, lorsqu'il vit là malade plus rouge que la veille, avec une dyspnée plus grande et un pouls plus tendu. Après avoir réfléchi, il proposa uné saignée ; mais, avant que le chirurgien fût arrivé, elle poussa un soupir, fit entendre quelques ronflements, et, après quelques convulsions, tomba froide sur le côté. Le mari, présent à cette scène terrible, accablait mon père d'imprécations. Vous, professeur de médecine pratique, s’écriait-il, vous avez été auprès de la malade pendant vingtquatre heures, sans soupçonner d'avance le danger où elle était? — A ces injures, mon père n’opposa que le diagnostic d’une vomique du poumon qui se serait rompue inopinément, et que la dissection du ça:
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES 5
ritable s’épanche dans le parenchyme | des poumons, c'en est fait de la vie: il | faut dire la même chose de l'empyème lé: | gitime ; nous sommes persuadés que les’ | exemples qui existent d'une entière gué= | rison de l’empyème appartiennent ow, à des abcès des muscles du thor:x, ou à.
de faux abcès de la plèvre. Si l’on né-l glige ces ahcès , il faut s'attendre à une’, carie des côtes (33). à