MALADIES DES PAROÏS FHORACIQUESS S EL
le malade recherche les différentes attitudes les plus favorables pour le faire cracher (26), maïs, avant qu'il ait pu Y réussir, il est pris de vomissement. Pour
mettre le comble à sa misère, forcé de
rester sur lé côté, il ne peut garder là seule position qui lui permette de respirér plus facilement, ce mode de décubi-
tus ayant déjà excorié son sacrum ; il ne loi reste donc plus qu'a s'asseoir;
mais hélas! sa faiblesse extrême ne peut lüi permettre de se tenir sur son séant.
Le corps, tandis que persiste souvent encore et même est augmenté le désir des aliments (27), est, si l’on excepte les extrémités inférieures devenues le siége d’un œdème, dans un tel état de consomption qu'il n'offre plns véritablement qué l'aspect d'un squelette (28). Le visage devient hippocratique (29); le malade,
crépitation extraordinaire. La toux dont ce malade était affecté n'était pas assez prononcée pour que je pusse rejeter sur elle l’'emphysème.
(26) J'ai vu un malade qui, affecté de vomique par suile d’un catarrhe négligé, était obligé de se coucher sur le dos pour arracher chaque crachat.
(27) J'ai vu des sujets rendre le dernier soupir la bouche encore remplie de viande.
(28) Ovide, dans sa description de la faim (Metamorph., Ï. vin, v. 805), dit Swiéten (1. c., $ 1205), semble avoir présenté le triste aspect d’un phthisique au dernier degré de consomption :
cote Caya lumina, pallor in ore ;
Labra in ana situ : scabkïæ rubigne fauces!
Dura cutis, per quam spectari v scera possint: Ossa sub incurvis exstabant a:ida lumbis :
Ventris erat pro ventre locus. Penderé putares Pectus, et a spinæ tantummodo e;a e teneri.
Auxerat artirulos macies, genuumque rigebat Orbis, et immodico prodibant tuhera talo.
Cfr. la peinture d'un phthisique ‘au dernier degré donnée par Fothergill, $ 51, n. 9. f
(29) On sait que le faciès est appelé hippocratique, parce qu’Hippocrate l’a parfaitement décrit dans son traité du
pronostic. En effet, après avoir dit que
lé signe le plus favorable, dans les maladies, est la conservation d’un faciès na-
turel, surtout si le malade se ressemble
tout-à-fait à lui-même, il sigrale comme très-fâcheuses les modifications’ qui font totalement perdre au visage son état normal,etil les décrit ainsi: « Nasus acutus, oculi concavi, tempora collapsa, aures frigidæ et contractæ, lobi aurium inver-
temps phthisique, et de plus sujette à des |
qui rarement perd l'espoir de recouvrer là santé(30), forme des projets de voyage, d'occupation, ét à la suite d'hémoptysies,s de délire (31), de lipothymie, d'accès!
d'asthme (32), d’un refroidissement gla-" cial des extrémités et d’un état sterto=1 reux, suécombe en pleine connaissancel à une crüelle suffocation , ou bien meurt* dans un accablemént soporeux. ! * ” ‘4. Autopsies cadaveriques. = Tndé-1 pendamment des phénomènes propres à, chaque phthisie en particulier, on ob= serve sur les cadavres(33) des adhérences’ des poumons avec la plèvre ou ses pro-.
longéments et même souvent entré eux." Quelquefois la cavité de la plèvre ren-’.
si, et cutis circa frontem dura, intenta ,!
arida, colurque totius faciei pallidus, aut niger,-et plumbeus. » F (30) Je dis rarement, car j'ai vu des.
malades qui allaient même jusqu'à, pré= dire l'heure de leur mort. De ce nombre. | était la femme véritablement héroïque D. Kwinta, qui moûrut au mois de mars de l’année 1818, à l’âge de trente ans, d’une phthisie. Elle prédit aux personnes éplorées qui l’entouraient qu’elle ne suc-} comberait pas dans la nuit, mais aû point” du jour. Pendant tout le cours de sa ma-n ladié, elle parlait avec calme et même en plaïsantant de là certitude desa mort. M (31) Chez une malade dont jai parlé! déjà ($ 9, n. 7), à l’approche dela morts survint.de la manie, affection à.laquellet son père et deux de ses tantes ayaient auss trefois été sujets. | | (32) Au mois de novembre 1814, je fus appelé en consultation pour la comtesse P..., femme de soixante ans, depuis long:
atteintes d'asthme. Elle était en proie à, un accès plus violent que tous ceux qui l'avaient précédé, et auquel ellesuccomba après quatre heures de durée. Son état, de gène extrême était encore augmenté, pa’ toute boisson chaude. ” )
(35) On trouve des descriptions d’ou= vertures de phthisiques dans Miscell.5h nat, cur., dec. 1, an. 10, p. 62; dec. 1,:
an. 2, p. 355; an. 5, p. 190; an/'8, pe 102: dec. n, an. 4, p. 90; dec. 11, an. 2,.
p.25; an. 3, p. 316; an. 4, p! 226; and 5 et 6,p. 471, p. 6227; an. 7, 8, p: 276% an. 9,40, p. 425. Ephem. ac nat. cur.,!
cent. vi et vin, p. 201, 231. Acta nat cur., vol. v, p. 123. Nova acta nat. cu t. 1, p. 141. Hist, et mém. de la socié royale de méd., ann. 1786, hist., p. 112 Annal. de la société de médec. prat. de!
Montp., t, xxv, p. 579. |
De LA prèvre) DU MéptAérin ; DU THrMUÉ wr bxs poumons, 991
ferme de l'air (34), le plus souvent une sérosité limpide, purulénte , ou sanguinolente ; souvent aussi le poumon en totalité ne forme pour ainsi dire qu’un seul ulcère ; de sorte que, en quelque endroit qu’on le pique, il en sort toujours du pus. D'autres fois la substance de l’organe se trouve réduite à un tel état de consomption, qu'à peine resté-t-il une partie de l’un des lobes de l’un et l'autre poumon (35), ou même seulement un ves-
tige (36). Les ulcères qui rongent les
poumons contiennent un pus blanc, verdâtre (37), brunâtre (38), noir comme CO ETES LEUR RAA AO a TEL
(34) Pneumothorax des Français. V.
Itard, Diss. sur le pneumothorax ou les congestions gazeuses qui se forment dans Ja poitrine. Paris, 1803; — Laennec, op:
C., t. 1, p. 452. Déjà Riolan parle de l’explosion que fait l’air hors du thorax dans Fopération de l’empyème. (Enchirid.
anal., |. nr, c. x — Pouteau, OEuvres posth., t. 11.) Suivant Laennec, cet air reconnaîtrait deux causes distinctes ;. il provient en effet, tantôt (c'est lorsqu'il exhale une odeur d'hydrogène sulfuré) de la décomposition de l’albumine contenue dans le sang; tantôt (lorsqu'il est inodore) du passage de l’air atmosphériqué dans la cavité de la plèvre à travers un ulcère du poumon.
(35) Les cas nombreux que j'ai recueillis se rapportent parfaitement avec ceux décrits par Schacher, Pr. incisio cadaveris phthisici hominis. Lips., 1776 ; — Lieutaud, Hist. anat. med., I. u, sect.
1, ObS. 356, t. n, p. 115, obs. 357, p. 114, obs. 359, p. 115; — Haller, Opusc. pathol., obs. 20; — Locseke, Obs. anat.
chir. med., p. 6; — Marteau de Granvilliers, dans Journ. de méd., t. 1x, p. 240:
—Büchner, dans Hufeland’s Journ., 1 B., P- 246; — Fritze, dans Eicken, Sammi:, 4 B., p. 18; — Gilibert, Adversaria medico-pract. prima, p. 298: — Watson, Phil. transact. Y., 1741, p. 625 (a case Wherein part. of the lungs were coughed up).
6) Morgagni, op. c., epist. xxux, art.
6. Précis analytique des travaux de la société académique de Nancy pendant le cours de l'an x1 et de l’an xn, p. 38. (Les Poumons étaient tellement détruits qu’on 1e trouva à leur place qu’une substance &élatineuse, dans laquelle se distinguaient à peine quelques débris des vaisseaux Mean et aériens.)
er 1) Goritz, dans Ephem. nat. cur., Cent. vi, obs. 19. — Haen, Heïlungsmethode, 14 Th., 6 B.
(58) Daniel Hoffmann, dans Act, nat.
Gur., vol. 11, obs, 2, nu -
de l'encre (39). Les vaisseaux sanguins sont le plus souvent dépourvus de cruor (40). L'examen de l’encéphale y fait quelquefois rencontrer une collection.
copieuse de sérosité dans les ventricules (41), et l’on trouve quelquefois un épanchement liquide dans la colonne vertébrale. ADR PONTS ;
5. Caures.— Les causes qui font parvenir la phthisie à son dernier degré doivent évidemment se rechercher dans une négligence des maladies du poumon et dans la guérison imparfaite de celles-ci. Ces maladies en effet exércent une influence tellement prononcée et on leur voit jouer un si grand rôle, qu'il devient absolument impossible, à moins d’une guérison parfaite, de les empêcher de passer à un état désespéré. Les choses étant parvenues à ce point, on comprend facilement. que la destruction plus. ou moins avancée d’un viscère aussi. indis= pensable. à. la vie que le poumon, doive nécessairement entraîner la: mort: On a:
peine à s'expliquer pourquoi la fièvre hectique, qui entre en scène dans la phthisie pulmonaire confirmée, dévore l’économie tout enlière et mette la vie en péril.
Serail-ce par suite de l'absorption du pus? en empêchant ou en activant l’oxygénation du sang et le développement du calorique? ou bien par la réunion de plusieurs de ces causes en même témps ?
On prétend que, chez les. sujets phthisiques, le sang off-e, un état particulier, qu'il ne contient nuilement du pus (42), et que sa quantité est moins considérable (43). £
6. Diagnostic. — Les symptômes de la phthisie confirmée ne se manifestent pas tous sur un même sujet, il est vrai (44)
(39) Ialler, Opuscul. pathol., obs. 15.
Cfr. Morgagni, De sed, et causis morb.
epist. xxu, n. 20. nt OU
(40) Portal, dans la Médecine éclairée par les sciences phys., t. 1; et Abh. f. pr, Aërzte, 15.B., 4 $t., p. 597. :
(41) Voyez plus bas n. T.
(42) Portal, Ueber die Lungenschwinde sucht, 2 B., p. 111, 120. | pl 424
(45) Idem dans, Fourcroy, Médeciné éclairée, st sen, 2e 22 RNA
(44) Le cellerier ($,9, n. 3) fut enlevé par une hémoptysie accidentelle, sans avoir éprouvé ni œdème des jambes, ni.
diarrhée, ni sueurs abondantes. La dame Dy...ska, dont il à été question plus haut, ne fut affectée ni de, diarrhée, ni de sueurs, ni d'œdème des pieds. Je
néanmoins ils sont d'une évidence telle qu'il est absolument, impossible de ne pas reconnaître celte affection. Les fastes de la médecine offrent pourtant de nombreux exemples de sujets déclarés phthisiques chez lesquels l'ouverture du cadavre a fait reconnaitre des poumons parfaitement sains (45). Pour nous, nous n'avons pas souvenance d'avoir commis une erreur semblable dans noire pratique (46). Du reste, si du pus formé