‹ Traité de pathologie interneChapitre 145 sur 277 · UD: 6. D · texte numérisé non relu

UD: 6. D

(6) Lieutaud convient (Synopsis univers. prax. med., p. 1, p. 192) que ce médicament n’a pas son pareil contre

l'hydrothorax. — Quarin, au contraire

(Animadv., p. 451), prévient qu'il augmente souvent Ja gêne de la respiration et la toux, et qu’il ne saurait convenir que dans les ças où des crachats puru-

minuer les souffrances, ce serait bien inutilement que l’on essaierait de tout autre moyen. Il serait cruel en effet de prescrire dans.ce cas la scille marine ou ‘ la digitale pouprée, quin’augmenteraient nullement la quantité des urines et ne serviraient au contraire qu'à augmenter la fièvre , les vomissements , la diarrhée et la faiblesse.

4. Traitement de l’'hydrothorax accompagnant les affections du cœur et de l'aorte. — L’'hydropisie des cavités de la plèvre qui accompagne les affections du cœur et de l’aorte se traite fort souvent d’après les circonstances (7). Le moyen d'opérer cette cure miraculeuse est l’emploi des diurétiques (8). Parmi les médicaments de cette espèce, ceux qui excellentsont les suivants : 1° le nitrate de potasse avec l’infusion de bois de genévrier commun et de l’oxymelscillitique; 2°linfusion de feuilles de digitale pourprée (9) à laquelle on ajoute soit du nitrate de potasse, soit de l’acétate de potasse liquide (10) et du sirop de scille; 3° le souscarbonate de potasse saturé de vinaigre scillitique avec l’eau distillée de bois de genévrier ou de racines d’apium pe-

troselinum (11); 4° la poudre de racine

lents remplissent en même temps la poitriné.

(7) Ch: v,$ 2, n. 8.

(8) Quarin assure que l’expérience lui a prouvé que, dans l’hydropisié de poitrine, il ne reste pour ainsi dire de moyen de salut que dans les diurétiques (L.<., p. 452).

(9) Darwin parle, non de drachmes, mais d’onces de feuilles de digitale pourprée, cuites et non pas seulement infusées (Abh. f. pr. Acerzte, 6 B., 2 St., p.

605). Cette façon d’administrer la digi-

tale ne convient nullement, car il survient

fort promptement alors des effets toxiques dont l’apparition fait aussitôt cesser l’action diurétique du médicament. La digitale, il est vrai, perd par la coction son principe narcotique, et c’est probablement à cette modification qu'il faut attribuer les doses excessives auxquelles elle à été préscrite. Pour moi, je l’emploie d'ordinaire à celle d’un scrupule à un gros de feuilles pour une livre d’infusion, ;

(10) Depuis une demi-once jusqu’à uné once pour une livre d’infusion.

| (11) Prenez : sel de tartre, une drachme; vinaigre scillitique, quantité suffisanté pour [& saturer; çau dé genévrier

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES

de scille marine, soit simple (12), soit composée à la facon de Frédéric Hoffmann (13); 5° le remède äppelé Seckin= gense (14); 6° la gomme de l’heracleus summiferus, soit sous forme d’émulsion (15) , ou bien unie aux diurétiques (16):

Le plus souvent l’action des médicaments employés est contrariée par une tendancé!

au vomissement et à la diarrhée, mais où peut la combattre, s’il y a urgence, pañ l'addition de quelques gouttes d’une ten“

EEE Een nc cmnctee monmeroametes | |

ou d’apium petroselinum, huit onces# sirop simple, une once. M. d. s.; uné once toutes les deux heures. Cette for= mule était fréquemment employée paf mon père, et c’est la raison pour laquelle je la donne. Je dois convenir cependant qu'elle est d'autant moins avantageuse que la force du vinaigre scillitique n’est pas la même dans toutes les pharmacies:

Qu'’arrive-t-il de là ? C’est que, si l’acide est faible, il en faut trois onces pour opérer la saturation, ce qui donne alors une dose de scille trop considérable. :

(12) Prenez : poudre de racine dé scille, un grain (jusqu’à trois et quatre grains); sucre blanc, six grains. La même dose répétée trois fois par jour (On peut, à la place de la poudre; donner l'extrait.)

(15) Prenez : poudre de racine de scille marine, et de racine d’asclépias vincetoxicum, de chaque trois grains Age six grains); nitre, huit grains.

(14) Prenez : roob de sureau, d’hiëble et de genévrier, de chaque six gross poudre de scille composée , racine de bryone et extrait d’élatérium, de chaque un scrupule (jusqu’à un demi-gros) ; thé riaque d’Andromaque, un gros; sirop de roses, q. s. trois fois par jour, gros coins me une châtaigne, en buvant après trois onces de décoction de racines apéritivess (J.-P. Frank, Epitome de cur., home morb., 1. c., p. 44). s.

(15) Pr. Gomme ammoniaque, un gros; mucilage de gomme arabique él Sirop simple, de chaque une demi once ; eau de fontaine, une livré. En faire prendre une once toutes les deux heures.

(16) Pr. Gomme ammoniaque, un gros; pulpe de scille marine récente, Vingt grains. Faïtes dissoudre dans lis queur de terre foliée de tartre. Ajoutez eau dé persil et de genévrier, de chaqué trois onces; éther vitriolique, un demi= gros; sirop de cannelle, une once. M. D, S. Une cuillerée toutes les deux heures (T,-Ps Frank, 1, Çes Pe 4%.) À

DÉ £A PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DÜ THYMUS ET DES poumons, 315

ture opiacée. Les malades doués d’une grande susceptibilité et dont les forces ne Sont pas trop épuisées supportent trèsbien cette association lorsqu'elle n’occasionne pas de constipation, mais pendant un espace de temps assez court seulement. En outre, l’opium, l'esprit de nitre dulciñié, l’eau de cannelle soulagent ordinairement les paroxysmes de suffocation nocturne. Enfin il résulte d'expériences qui nous sont tout-à-fait étrangères que l'évacuation d’un liquide nouvellement épanché dans la cavité des plèvres peut être obtenue au moyen des Vésicatoires (17) et des purgatifs (18).

à. Traitement de l'hydrothorax occasionneé par une affection du foie. — Si ce ne sont plus les purgatifs , les laxa- Us au moins sont indiqués dans l’hydrothorax qui reconnaît pour cause une maladie du foie. Dans ce but on se trouve également bien encore du nitraté de potasse, du pertartrate de potasse, de l’acétate liquide de potasse , sans oublier les décoctions des cinq racines apérilives, de chiendent, de chicorée et de pissenlit. Mais avant tous ces médicaments, le mercure mérite la préférence ‘# l’hydrothorax, soit sous forme d’onent en frictions sur le ventre, soit en calomel , administré à l’intérieur (uni à la racine de scille préférablement) (19).

La même préparation mercurielle a encore réussi (à ce que l’on peut lire (20))

(17) Le docteur Archier cite plusieurs exemples de guérisons obtenues par l’application de vésicatoires sur les tumeurs œdémateuses des pieds et des mains dans l'hydrothorax, (Abh. f. pr. Aerzte, 192 B., 2 st., p. 375.) C’est cependant une méthode que je ne conseillerais à personne.

(18) Le docteur Percival, qui purge

surtout ayec le mercure, le recommande non pas seulement pour évacuer les premières voies, mais aussi pour déterminer la résorption de l’eau extravasée dans les cellules des poumons (Essays, vol. n).

Mais il est bien certain, néanmoins, que plusieurs sujets sont tombés dans un marasme mortel, par suite d’un usage abusif des purgatifs.

(19) Pr. Calomel en poudre, six grains:

Ycine de scille marine, douze grains; sucre blanc, un gros. Divisez en douze parties égales. En prendre trois par jour.

(20) Liberkühn pensait que l’eau assemblée dans les cellules des poumons desçendait dans los jambes, au

dans l’œdème du poumon, contre lequel les pédiluves avaient déjà été recommandés (21).

6. Paracentèse de la poitrine. — Lorsque les moyens pharmaceutiques employés pour combattre l’'hydrothorax sont entièrement demeurés sans succès, fautil en venir à l'opération de la paracen tèse de la poitrine ? Quoique, d’après notre conviction personnelle, cette opération, qui remonte à la plus haute antiquité (22), convienne beaucoup mieux dans un cas d’épanchement séreux entre les muscles intercostaux et la plèvre que dans celui d’une véritable hydropisie.des cavités de cette membrane (23); quoique

LS

moyen des pédiluves, en suivant Le tissu cellulaire. Ensuite il employait les fortifiants. (Tissot, Epist, var. argum., p.

(21) Simson dit qu'aussitôt que l’existence de l'œdème du poumon vient à lui être manifestée par la turgescence de la face, par du gonflement autour des malléoles, et la difficulté de la respiration, S’accompagnant surtout d’une telle dépression du pouls, que ses battements deviennent alors presque imperceptibles, il a recours au calomel. C'est par ce procédé qu'il a pu guérir une femme prête à suffoquer.

(22) Déjà l’opération de Ia paracentèse du thorax était connue d’Hippocrate, et il faut même que le divin vieillard en ait eu une assez grande expérience pour établir son pronostic en ces termes : « Si quinto die (post operationem) Jinamentum pure obductum fuerit, plerumque evadit; sin vero hoc non contigerit, postquam aquam exhauseris, sitis çorripit ac tussis, et morietur. »

(De morbor., lib. 11, c. xx1v. Chartier, t. Vu, p. 276.) Voyez, à ce sujet, Swieten (Comm., t. iv, $ 1219).

(25) C’est une opinion que m'a fait adopter mon ami François Pajola, na guère chirurgien célèbre de Venise, êt fort habile dans l’opération de dla taille, Il la confirma davantage en moi à Vilna, en l’année 1807, par un grand nombre d'exemples que sa pratique étendue l’avait mis à même de recueillir. L’observation suivante de Sénac semble encore venir d'appuyer (Traité sur la structure du cœur, 1. 1v, c. v, p. 366) : « Equarius curator regius curatus fuerat a pleuritide, sequebatur respirationis tanta oppressio, ut non nisi sedens potuerit animam ducere et ut vix quatuor horas supervicturus videretur. In tanto periculo

peçtus adapertum est, Effluchant sex

l'on puisse opposer auxtrop rares exemples de guérison obtenue par ce moyen (24) une foule de cas terminés parlamort (25); quoique nous n’ayons pas oublié celui dans lequel un praticien expérimenté déclara, après avoir pratiqué cette opération, que malgré son succès il ne la recommencerait jamais à l'avenir (26); quoique nous n'ignorions pas que des médecins fort distingués la rejettent entièrement (27); quoique nous n’ayous pas oublié le danger d'une erreur de diagnostic (28), et quoique, s’il existe une adhé-

pintæ aquæ claræ et flavæ quæ per aliquot dies fluere continuabant. Post mensem demum integre curatus erat æger, ut regem ipsum in venationibus institutis ultra duos annos sequi potuerit. »

* (24) Morand rapporte un exemple remarquable de guérison d’une hydropisie de la cavité droite de la plèvre, au moÿen de la paracentèse. (Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, 1.11, p. 545.) Un autre est rapporté par Duverney le jeune (Mémoires de l’Académie royale des sciences, an. 1705, p. 225), un troi- ‘sième par Bütter (Funfzig chir. Observat.

aus eigenen Erfahrungen. Rost., 1718, obs. 35, p. 515), un quatrième par Archer (Transact. of the associat. of the Queen College of physicians in Ireland, vol. 1. Dublin, 1818).

(25) Fordyce à pratiqué deux fois l’opération de la paracentèse du thorax, et, “dans l’un et l’autre cas, les malades vécurent durant six semaines; mais bien évidemment l'introduction de l’air dans la poitrine leur causa plus de mal que ne le faisaient auparavant et la fièvre et la présence du liquide. (Fragmenta chir.

‘et med.) Il n’a pas été possible non plus à Mohrenheim de sauver le malade sur lequel il pratiqua la paracentèse pour un hydrothorax (Beobachtungen, 1 B.).

(26) Bianchi, Historia hepatica, t. 1,

(27) Un chirurgien fort célèbre d’autrefois, La Motte (Traité complet de chi-

“rurgie, t. 11, p. 119), assure que toutes

‘les hydropisies de poitrine sont nécessai-

‘rement mortelles, et ne rejette nullement

‘alors la paracentèse comme un procédé réprouvé par la raison et l'expérience.

(28) La malade de l'hôpital de Vienne dont J'ai déjà eu l’occasion de parler “ailleurs (P. 1, vol. 1, ©. xxix, S 410, "n. 5), offrait des symptômes tellement ‘évidents d'empyème, ou plutôt d’hydro- “pisie purulente des cavités de la plèvre, ‘que mon père, aussi bien que les autres médecins et les chirurgiens de l’établis-

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES,

rence du poumon avec la plèvre (circon- | stance, quoi que l’on ait dit (29), qu'il.

n’est permis à personne de pouvoir déterminer à l'avance), la lésion de ce viscère soit une chose inévitable ; malgré toutes ces choses, disons-nous, la paracentèses de la poitrine est une opération que nous ne rejetons pas complètement, pourvü toutelois que l’hydropisie de la plèvre (ainsi que l’on peut l’espérer à la suites d’une affection aiguë et en l’absence de symplômes de vomique) constitue unes maladie essentielle, que l’opération soif entreprise pendant que le sujet conserves encore des forces, avec son plein consen“ tement, de l’avis de plusieurs praticiens illustres, et pratiquée, non pas avec un trois quarts, mais bien avec un bistouri, et suivant les principes qu'il est du ress sort de la chirurgie de faire conuaitre. | 7. Trépanation du sternum. — L'o# pération du trépan sur le stérnum est un!

moyen préconisé déjà depuis long-temps (30), pour donner issue aux collections de pus placées derrière cet os, et que dans le cas d’hydropisie du médiastin anté= rieur nous ne croyons pas que l’on doive refuser de pratiquer, si toutefois le dia4 gnoslic de l'affection se trouve assis Sul des données infaillibles. |

CHAPITRE VI. — DE LA LÉSION DÉ LA RESS PIRATION EN GÉNÉRAL ET DE LA DYSP# NÉE. |

S Ier, Lésion de la respiration en genéral.

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