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CHAPITRE VIL = DE L'ASTHME

$ Ier, Definition, symptômes, autopsie cadaverique.

1. Definition. — Nous avons déjà défini l'asthme, une respiration laborieuse, le plus souvent sibilante, revenant périodiquement, et n'étant symptomatique d'aucune autre affection connue (1).

2. Symptômes précurseurs. — Le premier accès d'asthme se développe d’ordinaire subitement, mais chacun des paroxysmes suivant sa coutume de s’annoncer par des prodromes particuliers.

C'est assez ordinairement trois heures .

après le repas qu’ils surviennent. Alors le malade éprouve une pesanteur de poitrine, du gonflement à l’estomac, des rapports, de la sécheresse dans les narines (2), des bâillements, . l’excrétion d’une salive salée (3), visqueuse (4), et de l'éloignement à se mettre au travail accoutumé, ou bien à se livrer à une occupation quelconque. Bientôt surviennent une douleur gravative à la tête, occupant surtout la région sus-orbitaire, une chaleur incommode, une irritabilité morale ‘inaccoutumée, le désir d’être seul, un sentiment de prurit à la peau, .

qu'il était pris de la première affection, la dyspnée diminuait évidemment, mais pour reparaître par la cessation de la strangutie., J'ai autrefois saigné, à Vilna, une jeune demoiselle (la sœur du capitaine Lezerti) atteinte d’une dyspnée.opiniâtre compliquée d’accèsd’asthme, et of.

frant en même temps tous les symptômes d’un calcul rénal, Elle mourut d’une hydropisie, et, ce que je regrette bien vivement, l’autopsie ne fut point pratiquée.

(99) Bartholinus, Hist. anat., cent. 1v;, hist. 64.

(100; Leske, Aaserl. Abhandl., 2.B.,

(1) Knechel, Diss. de asthmate. Basil,, 1704.

(1) Cap. vr, $ 1, n. 3.

(2) Ce signe est le seul qui vienne annoncer d'ordinaire l'approche des paroxysmes d’asthme chez le général Nasiekin, malade, que j’ai encore présentement sous les yeux.

(3) Van Helmont, 1. c., p. 366.

(4) Floyer, 1. c., p. 112.

DE LA PLÈVRE, DO MÉDIASTIN, DU THYMUS, ET DES POUMONS. de la constipation, de la somnolence, et «

dans cet état le malade se met au lit.

Vers le milieu de la nuit, brusquement réveillé en sursaut, il éprouve la sensation d’un poids sur la poitrine et d’une constriction violente de cette cavité, qui empêchent sa dilatation et s'opposent ainsi à l’entrée d’une quantité suflisante d’air dans les poumons, d’où résulte une gène extrême qui, si elle continue, force le malade à appeler les personnes qui l'entourent et à ouvrir les fenêtres, les portes, « comme si la maison était trop petite et trop étroite pour respirer (b). »

Cependant la respiration devient plus fréquente et s'exécute parfois avec un tel sifflement qu’elle peut s'entendre ‘au dehors. Parfois survient également ‘une toux brève, sèche et sans résultat; le malade éprouve de fréquentes envies d’uriner, et cette excrétion est abondante, pâle. La face devient pâle, livide, les yeux proéminents, remplis de larmes ; la bouche et les narines recherchent l’air avec avidité (6); il y a sécheresse de la peau et refroidissement des extrémités. Le thermomètre, introduit dans la bouche, dénonce une diminution de la température naturelle (7).

Le pouls est fréquent, débile et parfois intermittent. Cetensemble de symptômes se prolonge parfois durant l’espace de plusieurs heures, et c’est seulement au point du jour que le malade commence à ressentir un peu de soulagement; la toux devient d'ordinaire plus ou moins humide, il y a expectoration de crachats tantôt noirâtres, tantôt sanguinolents, douceâtres ou salés, presque toujours tenaces, et quelquefois en telle abondance que plusieurs bassins en sont remplis (8).

Déjà les battements du pouls sont plus étendus, les urines moins copieuses, plus colorées et jumenteuses; de la sueur se manifeste uniformément sur tout le corps, et le patient peut enfin reposer, . mais sa respiration demeure encore fort souvent sibilante. À son réveil, le malade , si ce n’est un état de langueur, de

(5) Ces paroles sont d’Arétée, L. c.

(6) « Les lèvres sont disposées comme pour sucer quelque chose, » Floyer, I, c., UE NE j

(7) ,Brée; 1. cr, p. 155.

(8) L’asthme est, dans ce. cas appelé humide,

la fatigue, du vague dans la tête, de la précipitation dans les battements du pouls et parfois des douleurs dans les épaules (9),.ne présente rien de morbide; bien plus, tous ces accidents disparaissent par l’ingestion du déjeûner. Mais il faut s'attendre au renouvellement de la même scène pour la nuit suivante, quoiqu’avec moins d'intensité, car ce n’est d'ordinaire que la troisième, la quatrième où même la septième que le malade commence enfin à retrouver quelque tranquillité. À la suite de cette secousse, le sujet rentre dans son état ordinaire pour huit jours (10), un mois, un an et un temps plus long; mais qu’il ne se flatte pas néanmoins de recouvrer pour toujours la liberté de la respiration et qu’il ne compte pas sur cette apparence de santé (11). Plus les accès auront été longs et intenses, plus l’intervalle de santé aura de durée, et vice versa (12).

3. Autopsie cadavérique. — Nous n'avons jamais eu l’occasion de disséquer des cadavres desujets morts asthmatiques; mais au rapport de Baillie (13), à l'ouverture du thorax, les poumons {remplissant complètement les cavités des plèvres) ne s'étaient point affaissés ; la superficie de ces organes offrait une grande quantité de vésicules blanches, les cellules de leur parenchyme étaient remplies d'air, et la trachée, ainsi que les bronches, d’une liqueur spumeuse; ce qui confirme les observations de poumons d’asthmatiques trouvés augmentés de volume (14),

rm qq

(9) 3.-P. Frank, Epit.,. c., p. 169.

(10) Schenk (lib. 11, obs. 58) rapporte l'observation d’un asthme se reproduisant périodiquement tous les vendredis,

(11) Arétée dit fort justement (1. c.) :

« In morbi cessationibus licet ipsi (ægri) non decumbentes obambulent, secum tamen illius signum circumferunt. »

(2) « Plus les accès étaient longs, plus leurs intervalles l’étaient aussi... plus les accès étaient courts, plus leurs intervalles l’étaient aussi. » Floyer, L. cç., p. 16.

(45) Morbid anatomy, p. 50.

(14) Ephem., N. C. dec. 1, a. 1; obs.

68 ; dec. 11, a. 10, obs. 475. — Bonct, I.

C«s. Obs. 57, 58,

dans un état emphysématique (15) et œdémateux (16).

$ IT. Causes.

1. Causes prédisposantes. — Les “personnes plus spécialement disposées à l'asthme (affection quelquefois héréditaire (17)) sont les sujets qui, soit naturellement, soit par une vie oisive ou l’intempérance , se trouvent surchargés d'un embonpointexcessif(18); leshommes (19), les orateurs (20), les commandants militaires (21), et tous ceux qui font un usage abusif du tabac à fumer (22).

2. Causes excilantes. — Les causes qui produisent l'asthme chez les sujets qui y sont prédisposés, sont : le froid (23),

(15) Morgagni, Epist. 1v, art. 24:

epist. xvin, art. 44. — Ruysch, obs. 19, 21.— Stork, Ann. medic. 11, p. 259. — Watson, dans Phil. Trans., vol. 1v, p.

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