Traitement de l'asthme nerveux
À. Durant l'accès. — L’opium fournit une véritable ancre de salut (48); on emploie le laudanum de Sydenham (49), aveclesacides(50).Les anti-spasmodiques excitants, tels que le castoreum, l’assa fœtida et l’ammoniaque, sont nuisibles (»1). On vante néanmoinsle safran(52) et
(45) « Les anciens auteurs ordonnaïent trois gros de sel ammoniac ordinaire dans trois verres d’hydromel, » Floyer, Le; p: 199;
* (46) J'ai guéri, au moyen des fleurs de zinc ét du musc, un malade dont il sera question plus loin (Lx, n. 3). Cfr. Withers, Abh. von d. Engbrüstigkeit u. d.
Heïilkraften d. Zinkblumen. Leipz., 1787. — Nunn, Diss. sistens observ. clinic. quarum ope florum zinci vires in morbis asthm. examinantur. Erf., 1791.
(47) Mon père avait traité inutilement pendant plusieurs années à Milan la femme du comte Khevenhüller, atteinte d'asthme, lorsque l’émulsion indiquée, prescrite par hasard, guérit tout-à-coup l'affection. En voici la formule : prenez gomme arabique, une demi-once ; trois amandes douces dépouillées de leur écorce ; sucre blanc, deux drachmes. Pilez sé.
parément et versez en remuant continuellement l’huile d'amandes, qui doit être récemment exprimée , en quantité aussi considérable que cette masse pourra en absorber. Versez ensuite peu à peu huit onces d’eau, et filtrez. |
(48) Willis, Floyer, et ma pratique.
de chaque jour.
» (49) Dix à cinquante gouttes avec de l'eau de fleurs de camomille. | (50) Par exemple, aveo quelques gouttes d'acide sulfureux. (esprit sulfureux par distillation), Floyer, 1, c,
(51) Floyer, !. c., p. 159.
1 (52).« Qui (asthmaticus) potest sperare hihil, :desperat nihil ubi desperatum, adhuç çroçus solabitur, » Hertodt, 1, ç.
le musc(53). Beddoës(54) et Foureroy(55) préconisent l'inspiration du gaz oxygène, Duncan (56) conseille également celle du vinaigre radical. On a dernièrement recommandé les fumigations (les Arabes n’ont pas craint d'employer aussi l’arsenie (57)), de racines .et de pétales inférieures du datura stramonium (58), de têtes de pavots blancs (59), de siliques du pistacia terebantha (60); on les aspire à travers les tubes de pipes destinées à fumer le tabac. On à également proposé l'électricité (61) et le galvanisme, développé au moyen de deux lames métalliques du diamètre de deux pouces seulement, appliquées l’une à la nuque et l'autre à l’épigastre, et que l’on met en communication au moyen de deux fils métalliques légers continuellement en mouvement (62).
B. Durant l'intervalle des accès. — On doit tenir compte de la sensibilité
(53) « Lecchius recommande pour les
accès extrêmement violents dix grains de safran, et un grain de muse dans un petit verre de vin aromatique. » Floyer, -P. 167. — Cfr. Hufeland’s Journ. 1 B, P. 18, 9, B. 5. St., p. 113.
(54) « No sooner docs it touch the lungs than the livid colour of the countenance disappears, the laborious respiration ceases. »
(55) Annales de chimie, t. 1v.
(56) Annals of med., t. ur. (On y trouve la description de l'appareil entier).
(57) Au témoignage d’Avicenne.
(58) The Edinb. med. Jourr. 1811 july, n. 27; 14812 jul.,n. 51, et Hufeland’s Journ. 14815, febr., p. 82. (C’est un remède fort usité dans l’Inde, maïs au lieu | du datura stramonium , on y emploie les datura ferox et fastuosa. Il faut avaler la fumée, ainsi que la salive qui en est imprégnée. On recommande en même temps de s'abstenir de boire. J’ai une fois voulu essayer de cette méthode, mais le malade déclara ne pouvoir avaler la plus petite quantité de fumée durant l'accès.
(59) The Edinb. med. and chir. Journ., 1814 january.
! (60) C'est un remède populaire en Dalmatie. di
(61) Sigaud de la Fond, l’Electricité médicale, p. 250.
(62) Philipp, dans Phil. trans., 4847, — Hufeland’s Journ., 1810 novembr., p. 67. Bibl. univers., 1819 mars, p. 182:
Et du même auteur : Experimental inquirÿ into the Jaws of the vital funct. ” Lond,, 1818,
des malades. Chez ceux qui offrent un grand développement de cette faculté, il faut donner du lait (63). Autrement , c'est par Padministration des eaux martiales qu’on peut essayer de leur procurer du soulagement. Mais l'efficacité du quinquina est plus positive (64), surtout dans les cas d'asthme offrant quelque connexion avec les fièvres intermittentes. On loue également la teinture de pieds d’alouetle consolida (65). Un monarque puissanta été guéri d’un asthme par le mélange suivant, pris à la dose d'une cuillerée à café : teinture anodine du dispensaire de Londres, six gros ; teinture de squille marine et éther sulfurique, de chaque un gros (66). 11 ne faat pas oublier non plus le guy du chêne(67), et, lorsque l’affection provicnt d’une maladie de la
meme
(63) Dans Floyer, les hypothèses sont en contradiction avec l’expérience, lorsqu'il dit (p. 177) : « Le lait d’ânesse et le lait ordinaire rendent la lymphe trop visqueuse, et ne peuvent convenir aux
asthmatiques. Je connais cependant un
asthmatique qui recommande l’eau laiteuse pour diminuer le gonflement au commencement de l’accès. »
(64) « Fe remarque qu’il diminue beaucoup les sueurs et les faiblesses qui accompagnentles accès ; qu’il soulage beaucoup les maux de tête, et prolonge les intervalles des accès : mais il ne convient nullement de le donner dans l'accès, car alors il gonfle prodigieusement l’estomac. »-— Floyer, 1. .c., p.195. Cfr. et p. 26. « Mense junii 1789, puellam nobi.
-Iem Ticinensem filiam marchionis Beleredi tractavi, quæ siogulis diebus ad vesperas ab asthmate violento corripi solebat. Huic igitur corlicem peruvianum cum opio remixium porrexi, ac sanitatem perfectam restitui. » (Tivé des notes de mon père). La même substance est vantée dans l'asthme par Heberden (Comm. de morborum historia et curationc, c. 11), par Bang (Act. soc. R.
Havn., vol. 1, p. 409), par Ranoë (ibid., vol. 1v).
(65) Blanchard, dans The Lond. med.
repositary, 1815, vol. n1. V. Gazette de santé, 1815, septemb. (On .la prépare avec une once de semences contuses infusées dans une demi-pinte d’alcool, La dose en est de 20 à 50 gouttes, trois fois par:jour.)
- (66) Cfr. Les notes de mon père. L’auteur de la formule est le docteur Griff.
(67) Cfr., chap. vin, $ G2,
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
moelle épinière, le chenopodium ambrosioides (68). F# 7. Autres remèdes recommandés aussi contre la dyspnée. — Dans tout asthme quelconque et dans beaucoup de cas de dyspnée, on se trouve bien de la gomme ammoniaque (69), associée au vinaigre (70), ou bien au mucilage de gomme arabique (71). On a encore coutume d'employer dans ce cas l'assa fœtida (72), l'acide benzoïque (73) (68) Hufeland’s Journ. 414, B., 2 St., p+ 201. LT
(69) « .… Cette gomme détruites engorgements des poumons et rend la respiration plus libre et dissipe les vents; elle produit de légères sueurs et fortifie les nerfs. » — Floyer, 1. c., p. 183. Cfr.
Bang, dans Act. R. soc. Iavn., vol. 1, P: 10.
(70) « Mais je trouve qu’il est nécessaire de suivre la. méthode des anciens, qui consiste à corriger son amertume et son âcreté par le vinaigre, et qui la rend moius échauffante. » Prenez racine d’amome zédoaire, une once; faites bouillir dans deux livres d’eau jusqu’à réduction des trois-quarts ; filtrez et ajoutez vinai-. gre de vin, quatre onces, dans lesquelles on aura préalablement fait dissoudre une once de gomme ammoniaque ;. iltrez de nouveau, el en ajoutant quatre onces de miel ; faites bouillir, écumez et filtrez. À prendre matin et soir à la dose de trois cuillerées durant l’espace d’un mois. Floyer, |. €., p. 185.
(71) Prenez: gomme ammoniaque, une drachme ; mucilage de gomme arabique et sirop simple, de chacun une once, Mêlez soigneusement et versez une livre d'eau. M.d.s. deux onces toutes les trois heures. J'ai, à l’aide de cette formule, guéri, entre autres malades, une femme juive atteinte d’orthopnée; je dis d’une orlhopuée , car déjà depuis deux semaines la malade était forcée de se tenir debout, et pour pouvoir garder cette position, elle avait attaché à Ja partie supérieure de Ja chambre deux cordes auxquelles elle se tenait suspendue par les mains.
(72) Je n'ai retiré aucun avantage de ce remède, et Brée (1. e., p. 227) fait la même aveu. Mais Wolff est d’une autré opinion dans Hlufeland's Joura. d, pr. lleilk., 18 B., 1 St., p. 56. ,
(75) Fleurs de benjoin une demi-drach:
me; eau de véronique, quatre onces ; miel pur, deux onces : s. une demi-cuillerée toutes les deux heures, V. Wendt}, Annalen, p. 74. 194
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS, 345
e bellis major (74), le tabac (75), l’elléore blanc (76), l’eau de goudron (77), e boletus suaveolens (78), la fève de aint-Ignace (79), la noix vomique (80), es cloportes (81), la racine de l’arum naculatum (82).