Toux provenant des testicules
— On lit dans Hippocrate (72) que parfois des toux anciennes cessent par le développement d’une tumeur du testicule, et vice versa que celle-ci disparaît au retour de la toux. Le fait a élé conirmé par une observation récente (73).
15. T'oux provenant des extrémites inférieures. — Whytt (74) parle d’une servante qui, chaque fois qu’elle avait les extrémités inférieures pendantes hors de son lit, était prise d’une toux cruelle, cessant aussitôt qu’elle rentrait ses jambes sous les couvertures.
16. Toux provenant du cœur et des gros vaisseaux. — Puisque des parties plus ou moins éloignées exercent une inluence assez grande sur Jes poumons pour déterminer des toux longues et cruelles , que ne doit:on pas attendre du cœur qui en est si voisin , ainsi que dés prands vaisseaux ? Cette toux, cardiaque ou précordiale, est commune chez les vieillards, qu'elle soulage lorsqu'elle est modérée, et chez lesquels elle dissipe les dyspnées, comme le vent dissipe les nuares. Mais devient-elle intense, elle s’accompagne de lividité de la face, d’une sensation de suffocation dans la gorge, d'aphonie, d’un mouvement anormal du cœur (75), d’une excrétion abondante de mucus ou de lymphe coagulable, ainsi que d’autres symptômes que nous ferons connaître ailleurs (76).
17. Toux provenant du poumon. — La toux provenant directement du poumon peut être : (A) Accidentelle, par
sortie par les organes génitaux d’un corps oblong et,comme calleux. (Rat. med., |. vu, p. 200.)
(72) Epid., I. ni, sect. 1v.
(75) Act. nat. eur., cent. 111, obs. 83.
(74). Works, edit. Edinb. 1768, p. 605.
:..... When she lay across tlie bed with her head supported by a pillow, and her legs hanging over, she was immediately ttacked with the cough... upon raising her legs, so as to bring them to a hori- Lontal posture, the cough immediatély :cased.... as soôn as her legs were allowed to hang down again, the cough reourned with its usual violence. » P. 608.
» (75) On lit déjà dans Hollerius (De Morb. intern. ad c. xx1x, 1. 1) l’observaion d'un malade qui était pris de toux loutes les fois qu'il éprouvait une palpilation au cœur. :
(76) Dans Îles chapitres des affections du cœur, et de f’anévrisme de l'aorte,
-exemple, causée par une mielte de pain
ou bien une goutte d’eau tombées en riant dans la trachée, par l’action de rire, de crier (77), par le mouvement (78), par l’ingestion des acides, ou l'introduction de la fumée, d’une poussière fine dans les voies respiratoires. (B) Simulée (79), c'est-à-dire résultant d’une détermination libre et d’une certaine impulsion morale. C’est ainsi, par exemple, que toussent les fourbes devant ceux dont ils implorent un appui pour exciter leur compassion; les comédiens remplissant le personnage d'un vieillard, et ceux qui veulent dissimuler leur crainte, ou bien qui, sous le prétexte d’une toux feinte, veulent suivre le régime et faire usage des médicaments appropriés à la blennorrhée urétrale, maladie réelle qu'ils peuvent cacher et que certaines personnes désignent pour cette raison sous je nom de rhume. (C) Laryngée et trachéale ou gutturale, comme dans l’enroucment, au début du croup, dans la
phthisie laryngée, trachéale. {D) Hé-
moptoïque et phthisique, c’est-à-dire provenant des tubercules des poumons, de concrétions renfermant du phosphate de chaux, de varices, de mélastase et d'une vomique. (E) Catarrhale et coqueluche , espèces dont il sera question d’une manière spéciale.
$ IT. Du catarrhe des poumons.
1. Definition. = Uné! toux, suivie d’abord d’une expectoration légère et muqueuse, puis ensuite épaisse et visqueuse, occasionnée par une affection apyrétique de lamembronemuqueuse qui revêt les bronches; voilà pour nous le catarrhe des poumons (80).
2. Littérature. — Entre tous les auteurs qui ont écrit sur les catarrhes, C.-V. Schneider (81) est assurément ce-
(77) Chez les acteurs dramatiques, Galien, 1. vir. De loc. affect., c. vn.
(78) Par suite du jeu de balle. Montanus , Consil. 470,
(79) Stein, Diss. de tussi stomachali.— Säuvages, Morb. CI. v, Gen. v, Spec. 5,
(80) Du grec x#rw, en bas, et péw, je coule. (D'après l’idée fausse que la pituite tombe du cerveau dans les narines, Ja bouche, la gorge où la poitrine, à travers les trous de l'ethmoïde) ; latin, fluxus, defluxus, fluxio, destillatio.
(Gelse, Medic., 1. 1, c.1.)
(St) De catarrhis, 1, vr. Witeb., 1660,
lui qui mérite la préférence. Sont ensuite plus ou moins dignes de louanges: Acorambonus (82), Meurer (83), Paparella (84), Fumanellus (85), Botal (86), Schwenzer (87), Stupanus (88), Masbachius (89), Seiller (90), Moegling (91), Behmaner (92), Luchtenius (93), Moeler (94), Wolphart (95), Lucius (96), Hartmann (97), Jungemann (98), Schalder (99), Cerrat (100), Eckart (1), Claudinus (2), Heggi (3), Pascheti (4), Cocus (5), Salzmann (6), Schoenlin (7), Vigier (8), Bordingi (9), Etscher (10), Fabricius (11), Brunnemann (12), Laurentius (13), Van der Mye (14), Heïintzius
(82) De catarrhis. Venet., 1536.
(83) Diss. de catarrhis: Lips., 4549.
(84) De catarrhis, ln. Venet., 4556.
(85) Sermo de rheumate, seu destilla= tione. V. Opp., p. 484. Tig.,, 1557.
(86) Comment, de catarrho, Lugd., 1565. |
(87) Diss. de catarrho, Basil., 1585,
(88) Diss. de catarrho. Basil., 1588.
(89) Diss..de catarrho. Basil., 1589.
(90) Diss. de catarrho. Fr., 1595.
‘(91) Diss. de catarrho. Tub., 1599.
(92) Diss. de fluxionibus in genere.
“Basil., 1602.
(93) Diss. de catarrho. Helmst., 1603.
(94) Diss. de catarrho. Fr., 1603.
(95) Diss. de catarrhi natura, ejusque guratione. Basil., 1604.
(96) Diss. de catarrhi natura, ejusque çurat. Heidelb., 1608.
(97) Diss. de natura catarrhi. Marb.,
(98) Diss. de catarrho. Giess., 1610,
(99) Diss. de catarrho, broncho, et co- #yza,-morbis plerumque connexis. Bas.,
(100) Diss. de catarrhis. Basil., 1611.
(1) Diss. de catarrhis. Basil., 1611.
(2) Diss. de catarrhis. Bonon., 1612.
(3) Diss. de catarrho. Basil., 1612.
(4) Diss. de distillatione, catarrho vulgo dicta; lib. ur. Venet., 1615.
(5) Diss. diagraphe catarrhi. Basil., (6) Diss. de catarrho. Argent., 1620.
(7) De .catarrho. Aug. V., 1620.
(8) Tractatus de catarrho. Genev., 1620. |
(9) Diss. de catarrho. Rostoch., 1623.
(10) Diss. de catarrho. Basil., 1625.
(11) Diss. de catarrho. Rostoch., 1623,
(12). Diss. de catarrho. Regiom., 1624,
(15) Tractatus de catarrho, Geney.,
(44) Hist. medica de catarrho, Hagæ,
MALADIES DES PARDIS THORACIQUES
( 5), Sennert(16), Kest(17), Majus (18), olfink (19), Michaelis (20), Benzon (21), Pauli (22), Coeper (23), Meyer (24), Walæus (25), Wendt (26), Tappius (27), Schat (28), Menjotus (29), Avenius (30), Haintzel (31), Lepner (32), Pocchius (33), Fuhrsen (34), Strachelin (35), Althusius (36), Hammerer (37), de Witte (38), Barnstorf (39), Archibald
(40), Becker (41), Bohn (42), Craanen
(43), Heïland (44), Andrée (45), Kemble (46), Schelhass (47), Engring (48), Reesen (49), Schwelenberg (50), Franck
© (15) Diss. de catarrho. Lips., 1625. :
(16) Diss. de catarrho. Witeb., 1626.
(47) Diss. de catarrho. Basil., 1628.
(18) Diss. catarrhéeumatismus. Witeb.}
1650. | (19) Diss. de catarrho narium. Jen, (20) Diss. de catarrho. Lips., 1634.
(21) Diss. de catarrho, Basil., 1637.
(22) Diss. de catarrho. Rostoch.,1637.
(23) Diss. de catarrhis. Basil., 1645, (24) Diss. catarrhologia. Argent., 1645.
(25) Diss. de çcatarrho. Leidæ, 1646.
(26) Diss, de catarrhis. Lugd. Bat,
(27) Diss. de catarrho. Helmst., 1654.
(28) Diss. de catarrho. Leid., 4660.
(29) Diss. de catarrho. Paris, 1662.
(30) Diss. de catarrho, etc. Rostoch.,
1665. | { (51) Diss. de catarrho. Argent., 1663, (32) Diss. de catarrho. Regiom., 1665.
(35) Diss. de catarrho. Groning:, 1665.
(34) Diss. de catarrho. Leid., 1667.
(55) Diss. de catarrho. Basil., 1668.
(36) Diss. de gravedine, et catarrho.
Leid., 1669.
(37) Diss. de catarrhologia. Argent.,
1669. | (58) Diss. de catarrhis, Leid., 4669.
(39) Diss. de catarrho. Leid., 1672.
(40) Diss. de catarrho. Leid., 1674.
(A1) Diss. de catarrhis. Leid., 1675.
(42) Diss. de catarrhis in genere. Lips.,
(45). Diss. de catarrhis in genere,
Lugd. Bat., 1676. | (44). Diss. de catarrho. Giess., 1677...
(45) Diss. de catarrhis, Fr. ad Viadr.,
(46) Diss. de catarrho. Ultraj., 1680,
(47) Diss. æger catarrhali defluxione
laborans. Jen., 1680. |
- (48) Diss..de catarrho. Leid.,:1685.
(49) Diss. de catarrho. Ultraj., 1686, (50) Diss, de çatarrhis. Leid., 1689.
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DD THŸMUS ET DES PouMons, 301
(51), Leichner (52), Brunck (53), Vater (b4), Wedel (55), Scheuner (56), Morasch (57), Fischer (58), Meisner (59), Stenzel (60), Juncker(61), Fordice,(62), Chandler (63), Adolph (64), Vogel (65), Nankivell (66), Sartorius (67), Garde (68), Schazman (69), Barrow (70), Crämpton {71}, Conzen (72), Van Rossum (73), Pinckard (74), Graf (75), Reil (76), Acrel (77), Seufferheld (78), Boehmer (79), Haartmann (80), Hegenwald
m(51) Diss. de catarrho. Altd., 1690.
1152) Diss. de catarrho. Erf., 1690.
,{53) Diss, de catarrhis in genere. Basil, 4697.
(54) Diss. decatarrhis, sive morb. €x seri, Sanguinis motu, ét. decubitu pn.
ortis. Witeb., 1701.
(55) Diss. de catarrho. Jen., 1701, (56) De catarrhis. Eisleben., 1705, 8.
(57) Diss. de externis capit. morb., atque de catarrhis. Ingolst., 1719.
: (58) Diss. defluxionum catarrhalium cognitio et curatio. Erf., 1728.
(59) Diss. de affectibus aut defluxionib. catarrhos. Prag., 1751.
(60) Diss. de catarrhis, ‘asylo ignofantiæ. Witeb., 17355.
N4{61) Diss. de congéstionibus vulgo caarrhis, et rheumatismis. Hal., 1748. °° {62) Diss. de catarrho. Edinb., 1758.
(65) Treatise. on the disease called a cold. Lond., 1761.
(64) Diss. de morbis catarrhalibus.
Helmst., 1764.
. (65) Diss. de catarrho pharÿngis.
sœtt., 1765.
(66). Diss. de catarrho. Edinb., 1778.
(67) Diss. de catarrho. Viennæ, 1781.
(68) Diss. de catarrho. Edinb., 1782.
(69) Diss. de defluxionibus serosis, siess., 1782, 1: (70) Diss. de catarrho. Edinb., 1785, (71) Diss. de catarrho. Lugd. Bat., 1785, ” (72) Diss. de catarrho, ejusdem vartiis spéciebus, et cura. Colon., 1787. , (73) Diss. de catarrho, et febre catarrhali benigna. Lovan., 1787.
(74) Diss. de catarrho.,Edinb,, 1792.
(15) Diss. de catarrho. Duisb., 4795.
1(76) Diss. de catarrho. Hal:, 1795.
(77) Diss. de catarrho. Upsal., 1797.
(78) Diss. de catarrhi cum rhéumalismo affinitate. Erl., 1800.
(79) Diss. de catarrho. Viteb., 1801.
(80) Diss. ætiologiæ çatarrhi primæ ineæ. Abo., 1802,
(81), Laroche (82), Monnicr (83), Lebeau (84) et F.-X. ab Hildebrand (85), auteur d'un excellent opuscule.
3. Symptômes. — Le catarrhe des bronches se développe ou à la suite d’une fièvre catarrhale, ou bien spontanément.
Alors des mouvements fébriles, tels que de légers frissons, des chaleurs fugaces, des douleurs tensives, piquantes dans le dos.et dans les,membres, de la lassitude, sans néanmoins que le pouls soit manifestement fébrile ; tel est l’ensemble de
phénomènes qui souvent ouvre la scène.
Le, malade se plaint de sécheresse, de chatouillement et d’ardeur, soit dans la trachée, soit dans la poitrine. La respiration est plus ou moins difficile; la toux continue, d’abord sèche, puis ensuite accompagnée de crachats aqueux, salés, spumeux et marqués cà et là de stries de sang. Quelquefois le vomissement survient à la suite de violents efforts de toux. Au bout de quelques jours, et surtout vers le matin, les crachats, devenus peu à peu abondanis, tenaces, blänchtres, sont rejetés, et la poitrine se trouve ainsi presque complètement débarrassée ; et ensuite la maladie se termine, soit par une sueur légère ou par la sécrétion d’urines sédimenteuses ; d’autres fois le mal se prolonge un mois et au-delà; et alors l’expectoration devient tenace et souvent filante. Cependant le malade n'offre ni dyspnée., ni amaigrissement. |
4. Causes. — Presque tous les hommes sont prédisposés aux catarrhes, mais plus particulièrement cependant les en-fants, les adolescents et les. vieillards (86) ; rangeons encore dans la même catégorie les femmes, tous les sujets menant une vie sédentaire , épuisés par des excès vénériens, mutilés (87), en con-
(81). Diss. de catarrho. Vurzeb,, 1809.
(82) Diss. sur le catarrhe pulmonaire.
Paris, 4809. |
(83) Recherches sur le catarrhe. Paris,
(84) Diss. sur le diagnostic du catarrbe pulmonaire. Paris, 1812,
(85) Diss. de catarrhis, iisque subdos lis, et'perniciosis, Viennæ, 1812,
(86) Hippocrates, Aphor., sect, . nr, aph. 51. « Senibus spirandi difficultates, et defluxiones cum tussi frequenter acciduat. »
(87) De morb. quibusdam comment, ARE Clift, Wintringham.-Lond,, 1782, n. 45 .
valescence, principalement d’une affection exanthémateuse. L'époque la plus favorable au développement des catarrhes est le printemps et l’automne, mais on en observe également en hiver et dans l'été (88). Le catarrhe sporadique résulte de l'impression du froid sur le corps en sueur et de celle de l'humidité sur les pieds ou la tête (39). Le catarrhe épidémique s'explique en admettant dans l'air l'existence d’un priccipe spécial occulle ou bien contagieux. Nous placons la cause prochaine de la maladie dans une irritation de Ja membrane pituitaire des bronches livrée à une sécrétion morbide de mucus. On a prétendu que le siége principal de l'affection était dans les petites glandes dont cette membrane est remplie, mais le démontrer n’a pas été possible. Vraisemblablement la membrane toule entière est affectée, mais plus spécialement pour chaque individu celui des différents systèmes dont elle est composée, qui, en raison du tempérament propre du sujet, offre plus de dispositions à s’affecter ; ainsi, par exemple, ce seront les glandes chez les scroluleux, les artères et les veines chez les personnes pléthoriques et sujettes aux hémorrhoïdes, et les nerfs sur celles d’une sensibilité exquise (90).
5. Diagnostic. — Le catarrhe pulmonaire diffère des fièvres catarrhales par l'absence complète de fièvre. Nous avons vu qu'il résultait d’une simple irritation de la membrane muqueuse qui revêt les bronches, ce qui le distingue du degré plus prononcé de cette.:même irritation (inflammation), c’est-à-dire la bronchite tant aiguë (péripneumonie fausse) que chronique (phthisie pituiteuse), IL diffère de la dyspnée par l'absence d’une
(88) Riedlin. (Lin. med., an. 1669) parle de la femme d’un boulanger, qui durant les chaleurs de l'été fut tourmentée d’une toux qui cessa au retour de l'hiver. J’ai eu lieu d’observer moimême des cas semblables dans ma pratique:
(89) Voici ce que dit Charles Pison :
« Adeo magnam frigus externum vim habet in ciendis fluxionibus, et nunquam hyeme verticem capilis, et suturam coronalem detegam, quin extemplo tussis oriatur. » L, €.
(90) Le catarrhe, dans ce cas, revêt la forme convulsive, ainsi que le démontrent les observations que nous rapporicrons à la fin de ce chapitre.
Cf
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
gène notable dans la respiration. Le catarrhe pulmonaire n'offre de différence avec les autres catarrhes, mais surtout avec celui des fosses nasales (coryza) du larynx (enrouement), que par sôn siége; c’est ce qu’attestent les deux vers suivants de l’école de Salérne : 2
« Si fluat ad pectus, dicatur rheuma catarrhus; Ad fauces branehus, ad nares esto corÿza. » |
Il se complique souvent non-seulement
de coryza el d’enrouement, mais aus d’un catarrhe du tube intestinal.
6. Pronostic. — Quoique le catarrhe pulmonaire soit le plus dangereux de tous (91), on le voit se prolonger duran des années entières et avant qu'il ne soit parvenu à son degré de maturité, ce serait en vain que l’on voudrait le guérir à l'aide de toutes les ressources de là médecine (92); néanmoins, si le malade est sain d’ailleurs, vigoureux (93), et con:
sent à suivre un régime convenable, il ne court aucun danger. Mais le résultat est bien différent sous l'influence de circonstances opposées, ainsi que le démontrent suffisamment les traités de la bronchite, de la pneumonorrhagie et de la phthisie pulmonaire. Les efforts violents de toux peuvent encore occasionnet l'avortement (94), des hernies (95), une douleur dans le scrotum (96) et la perte involontaire des urines (97). |
(91) « Si ex capite ad nares destillat humor, leve est ; in fauces pejus, si vero in pulmones pessimum est. » Celse, Med., 1. rv.
(92) Le peuple, en Allemagne, prétend qu'un catarrhe dure, avec les soins d'un médecin, un mois et demi, et abandonné à la nature, six semaines.
(95) Valésius de Taranta a observé que, dans Ie catarrhe qui régna épidémiqaement en l'année 1387, presque tous les sujets décrépits succombèrent. V. Hildebrand, 1. c., p. 4.
(94) Mercatus, 1. nr, c. xv. De steril, etprægnant. affectibus. Mais j'ai vu beau coup plus rarement les avortements survenir à la suite des catarrhes, que la force de la toux ne semblait devoir le faire craindre. 7
(95) Chez un sujet offrant de la prédisposition au moins.
(96) Plater (lib, 1, Obs., p. 204) rapporte le cas d’un homme qui, toutes les fois qu'il était pris de toux, ressentait en même temps une douleur lancinante dans le scrotum, autour des vaisseau* spermatiques. , 12
(97) Plus particuliéréement chez les
DE EA PLEVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS
. 7. Traitement. — Le traitement du catarrhe est absolument le même que celui de la fièvre catarrhale (98); mais, comme la première de ces affections n’offre aucun mouvement de fièvre, elle ne réclame pas un régime aussi sévère.
Si l’on excepte, en effet, les trois premiers jours, pourvu que la température de l'air soit douce, le malade n'est pas dans la nécessité de garder le lit et même la chambre. Néanmoins, les sujets vigoureux doivent au début d’un cafarrhe s’astreindre à un régime rafrai- Chissant (99). Il n’est pas nécessaire de se priver complètement de viande, mais Lalcool et le vin doivent être absolument retranchés, excepté peut-être dans une période très-avancée de l'affection (1 00).
Le malade se gardera de parler longlemps, surtout à haute voix, et rejettera usage: de toutes les préparations pharmaceutiques , auxquelles je préfère de beaucoup les moyens domestiques, parmi lesquels citons entre autres le jaune d'œuf avec du sucre blanc et une infusion théiforme quelconque (1); une pomme vidée, remplie de miel rosat, grillée sur les charbons et que le malade ivale par cuillerées ; un ognon cuit sous les cendres, mangé avec du beurre et lu sucre; une figue trempée dans de ’eau-de-vie à laquelle on met le feu et jui se mange ainsi cuite ; des boulettes le beurre frais et de sucre (2); la décocion de raves avec du sucre candi et du eurre ou de l’huile d'amandes douces ; a racine de guimauve dans la proportion
emmes qui ont eu plusieurs enfants.
(98) P. 1, vol. r, c. vi, 666. (Édit. de æipsick.)
(99) Sans parler de Celse, 1. 1, c. v, et le Cælius Aurelianus, dont le premier onseille des affusions froides sur la tête, t l’autre l'application d'une éponge emplie d’eau froide sur le larynx et le iorax, lisez de Moneta, Abhandlung, ass die Kalte u. das. kalte Wasser in atarrhalkrankheiïten die besten Hulsstel sind. Warschau, 4776.
(100) Asclépiade , Thémison et d’au- ‘es auteurs encore, loin de défendre le in dans le catarrhe chronique, en ont lême recommandé l'usage. V. Pallu, ON ergo vinum album catarrho nocet.
aris, 1644.
(1) Lait de poule.
(2) Baglivi dit, 1. ç. : « Boli ex butyro Centi cum saccharo mixti, et vespere IMti vehementissimas tusses catar= iales demulcent. »
Frank, tou. 1v.
de trois onces que l’on fait cuire dans trois livres de crème de lait ; puis on ajoute à la liqueur passée à travers un tamis trois onces de sucre candi » à prendre par cuillerées dans les redoublements de toux; de l'amidon en quantité d'une once, cuil dans du lait jusqu’à consistance pulpeuse, et auquel on ajoute trois onces de beurre frais et de sucre.
Parmi les préparations pharmaceutiques, les principales sont : un looch huileux de préférence, et une tisane d'orge mondée avec miel vierge et nitre. Si le caractère des maladies régnantes était inflammatoire et le sujet robuste, pléthorique, la toux violente et accompagnée de douleurs dans la poitrine, il faudrait en venir à la saignée (au pied sur les malades affectés d'hémorrhoïdes). S'il se développait des symptômes gastriques, prenez bien garde alors de recourir trop tôt à l’émétique ou bien aux purgatifs , dans la crainte d'augmenter encore par là l'irritation de la membrane muqueuse de l'œsophage, de l'estomac et des intestins. Les symptômes gastriques sont adoucis dans ce cas (sans parler de la saignée générale indiquée, du reste) par une abondante application de sangsues à 1& régiun épigasirique et sur l’abdomen : :
après avoir ainsi combattu préalablement l'irritation du tube alimentaire, on peut ensuite le débarrasser du mucus qui l'obstrue, soit au moyen du vomissement déterminé par la racine d'ipécacuanha (3), soit par des selles sollicitées par une solution de manne, de tartrate de polasse et de soude. Contre les catarrhes rebelles, on se trouve bien de l’application d’un emplâtre de poix de Bourgogne entre les épaules, ou de celle d’un vésicatoire sur la poitrine, sans négliger les moyens diaphorétiques avant le coucher (4). Pour peu que la toux devienne une Cause d’insomnie, il faut alors recourir, aux approches de la nuit, soit à la thé riaque de Venise (5), à la poudre de Do-
eee peNsenennnossen nn
(3) Ergo fluxioni a capite vomitus nonnunquam ulilis. Parisiis, 14669.
(4) Pour déterminer un état de dia« phorèse, après avoir fait mettre le malade au lit, je lui fais prendre en une seule fois une once d'’acétate d’ammoniaque liquide, avec une égale quantité de roob de sureau dans une tasse d’une infesion théiforme quelconque.
(5) Pour un adulte, à la dose d'un scrupule à un demi-gros. Cfr. Afferty,
wer’(6), à l'extrait de jusquiame (7), ou bien eñcore à la masse dile pilules de cynoglosse, moyen dont nous avons déjà fait l'éloge et qui souvent se montre plus efficace que tous les autres. Dans le cas où cet usage des narcotiques occasionnevait Ia suppression de l'expectoration , il faudrait rétablir celle-ci par l’administration, soit de l’oxymel scillitique (8), du soufre doré d'antimoine (9), ou bien de la racine d'ipécacuanha (10). C’est encore ici le cas de recourir aux fumigalions pulmonaires , ainsi que nous l'avons indiqué ailleurs (11). Si la maladie affectait un sujet arthritique , il faudrait éxciter non-seulement la transpiration, mais encore la sécrétion urinaire, soit par une décoction de douce-amère, de racine de salsepareille (12), de polygala (13) ou bien de garance (14); sans oublier les pédiluves, les maniluves (15) et autres irritants externes. Contre la toux devenue pour ainsi dire convulsive, on se trouve bien de l'emploi de la jusquiame, de l'es-
om
An .catarrhis epidem. theriaca. Paris,
(6) Pour un adulte, à la dose de quatre à six grains; ou bien, poudre d'opium et de racine d’ipécacuanba, de chaque unigrain; sucre, cinq grains. M. D. A prendre vers l'instant du sommeil.
(1) Pour un adulte, de un à trois grains.
(8) Oxymel scillitique et mucilage de gomme arabique, de chaque une once.
À prendre par.cuillerées à café à des intervalles très-rapprochés.
(9) À la dose d’un demi-grain à un grain, en une, seule fois.
(10) D'un demi-grain à un grain, en une seule fois.
(11) Chap. n1, $ 6, n.2. :
(12) Ranæ, dans Act. soc. med. Havn., vol. iv, p. 275.
(43) Rance, L. c., vol. nr, p: 370.
(14) Marx, Obs. med,, p. 25. J'ai coutume de donner soit une décoction d’une demi-once de racine pour une livre d’eau; ou-bien, prenez:.extrait de racine, de garance, un gros; mucilage de gomme, arabique et sirop de coquelicot, de chaque. une once; eau de fleurs de tilleul, six onces. M. D. S. A prendre à la dose de deux cuillerées toutes les deux heures. Ce remède est utile surtout dans les catarrhes négligés des femmes atteintes,-en même temps d'aménorrhée,
(15) Camerarius, Memorab., çent, XI, n, 04.
(MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES'
prit de corne de cerf (16), de l’opium associé au musc, et du soufre doré d’antimoine (17), mais surtout de l’administration du guy de chêne (18).
(16) Les paroles suivantes sont de Bas glivi, 1. c.: « Spiritus cornu cervi contra tusses vehementissimas mirabilis est.»
Cfr. Bayle, De utilitate pharmacorum natur., f. 348. ps
(17).Pr. Poudre de soufre doré d’an= timoine, huit grains; musc, quatre grains; opium, deux grains; sucre, un gros. Mêlez et-divisez en six parties éga= les, dont on prendra une toutes les trois heures. i
(18) Le 24 janvier de l’année 1891, je fus appelé en consultation par le docteur Barankiewicz, pourune jeunefille de seize:
ans, femme de: chambre dans une fa+ mille illustre. Le sujet était robuste:
bien réglée, et, si l’onexcepte quelques!
atteintes catarrhales en l’année 1819, avait jusque-là joui d’une parfaite santé, lorsqu’au jour indiqué, vers le matin, elle fut prise d’une toux cruelle, sonore, ét tellement continue, qu'il lui était de toute impossibilité soit de parler, soit d’avaler. La boisson parvenait à peine dans la bouche, qu'aussitôt elle était re= jetée. De plus, la respiration était ans héleuse, brève, anxieuse, suffocante, et la malade accusait une douleur de pois trine. Le pouls était fréquent et presqué impercéptible, la chaleur de la peau normale. Déjà c'était sans succès que l’on avait essayé de la saignée générale, des sangsues à la poitrine, de la jusquiame, de l’opium et du calomel. Curieux de faire observer à, mes élèves un cas de toux aussi rare, et dont moi-même je n'avais jamais rencontré d'exemple porté à un point aussi prononcé, Je fis aussitôt transporter la malade à la clinique, et prescrivis immédiatement une émulsion préparée avec les semences de jusquiame, un vésicatoire entre les épaules et un bain de pieds. Le lendes main, à la suite d’un sommeil tranquille; la toux avait entièrement disparu; 4€ pouls et la respiration étaient revenus l'état normal; mais le 25, vers le soit survient un nouvel accès, semblable au premier, avec celte différence néanmoins que la toux, dicrote dans celui-ch offrait trois temps dans le dernier, abso:
lument comme si une explosion ‘d'air hors de la poitrine se fût opérée par un triple effort. De plus, la tête était Ale siége d’une violente douleur. Continua:
tion de l'usage de la jusquiame, du bain de pieds, et prescription d’un tonique
DE LA PLÉVRE; DU MÉDIADEIN, :D6 AMYMUË HÉDEË ÉOUHONS: