Cyanose encephalique. — Nous
avons vu depuis long-temps (5) que la cyanose se complique quelquefois avee l'hydrocéphale. On pourrait peut - être soutenir , comme une opinion nouvelle , que la première de ces affections est le résultat de la seconde (6), ce qu'il faut attribuer à l'influence du cerveau sur les poumons par le moyen des nerfs va= gues (7). De plus, la peau recevant ses nerfs de la moclle épinière, et celle-ci dirigeant les mouvements du cœur (8),
ne
(4) Mon ancien élève et mon ami Abicht, de retour de voyage, m'a rapporté qu'à Paris un certain nombre d'enfants morts de l’endurcisseme du tissu cellulaire avaient PE le trou ovale ouvert, #3 s
(5) $ 2, n. 2. Cfr. Meckel, 1.
(6) Rymkiewicz, LC: J'a observé plus d’une fois | ane un des individus affectés. de. ] un l'ai attribuée à des. “altération as organis ques du cœur et des gros vaisseaux. Le docteur Hreczyna, l'un de mes anciens élèves, a attaqué cette opinion, se fons dant sur ce que, dans la lèpre qui règi au Karmtschatka(où il exerce maintenant}, il observe une teinte livide de la peau, tantôt rougeâtre, tantôt noirâtre, tout-àfait semblable à celle que présentent les individus affectés de plique. /(Pamietnikow towarzystwa lekarskiego Wilenskiego, t. 1. Wilno, 1818.)
(1) Dupuÿtren (1. c.) a démontré qu’en comprimant la paire de nerfs va:
gues, non-seulement on déterminait la paralysie des poumons, mais que sang contenu dans ces organes pr aussitôt une teinte noire. En comf le résultat de cette expérience a phénomèmes observés dans pl maladies des ro (P..11, 4 c. x, $ 59, n. 2; ©. x1v, S GAS ni Édit. de Leypsick), nous admettons diff cilement |” fopinion de Brodie, qui prétend (I. c.) que toute communication entre le cerveau et le: ii, étant interceps tée, l'oxys énation du sang ne continuê pas moins d’avoir lieu, par le seul més canisme de la respiration, et qu'on ne détruit en pareil cas que la chaleur anîmale.
(8) P. ü, vol. vur, €. 1, $ 7, n. 4,
DU PÉRICARDE ÿ DU COÉUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES. 409
on devrait aussi porter son attention sur la colonne vertébrale , dans la cyanose.
5. Observation. — 11 faut se garder de conclure à l'existence de la cyanose par cela seul que la peau offre une teinte livide (ce qui se rencontre souvent aussi dans le scorbut, l'hydrothorax, l’asphyxie, et à l’article de la mort) ; car, pour constituer cette affection, il est absolument nécessaire que la peau soit en même temps froide, qu’il y ait dyspnée et mouvements désordonnés du cœur.
$ V. Pronostic.
1. Pronostic, — On possède fort peu de cas de guérisons de la cyanose (9) :
toutefois , si le petit malade dépasse les premiers mois de la naissance , qui sont les plus dangereux, il atteindra ordinairement la puberté (10). Le petit nombre de ceux qui ônt vécu au-delà de cette
époque sont parvenus jusqu'à la dixhuitième (11), à la vingtième (12), à la vingt-unième (13), à la vingt-deuxième (14), à la vingt-quatrième (15), à la vingt-septième (16), à la trente-unième (17), à la quarantième (18), à la qua-
Édit. de Leypsick. Le Gallois, Expériences sur le principe de la vie, notamment sur celui des mouvements du cœur.
Paris, 1812.
(9) Thomas, in Medical transaction of the medical Society of London, vol. vi.
Lond., 1813. V. Iufeland’s Journal d.
pr. Heilk., 1815, mai, p.52.—Odier, 1. c.
(10) Au rapport de Nasse, sur 28 malades, aucun n’est mort dans l'intervalle de la troisième à la onzième année, mais depuis cette dernière époque jusqu’à la quinzième année, il en a péri 11 (tous du sexe masculin), et 3 seulement (tous du s minin), depuis la quinzième
ix-huitième année. Sept auvations, recueillies par d’autres s, montrent cependant que des Iles ont succombé avant la onannée. (Meckel, Deutsch. Archiv., . 210.) Cfr. Odier et Thomas, L. c.
Gregory, L. c.
» (12j Sachse, 1. c.
(13) Marcet, L. c.
(14) Farre, 1. c., p. 37.— Wendt, Die Kinderkrankheiïten systematisch dargestellt. Bre:lau u. Leipzig, 1822.
(15) Meyer apud Meckel, I. c.
(16) Pozzis apud Senac, |. c.
(17) Seiler, I. c.
(18) Farre, 1, c., p. 10, 26. :
raule-unième (19), à la quarante-deuxième (20), à la soixantième (21), à la quatre-vingtième année (22), Le danger de mort plus ou moins imminent paraît dépendre de la nature de la’ cause qui produit la cyanose et des maladies qui viennent compliquer celle-ci (23), Ün enfant chez lequel il y avait oblitération complète de l'artère pulmonaire mourut le treizième jour après sa naissance (24).
Un autre, qui n'avait qu'une seule oreillette et un seul ventricule , succomba le dixième jour de sa naissance (25). Un petit garcon chez lequel l'aorte naissait du ventricule droit, et l’artère pulmo= naire du gauche , en même temps que l’ouverture auriculo - ventriculaire était oblitérée, ne vécut que cinq jours (26)3 Un autre petit malade chez lequel cette altération n’existait point , mais qui présentait également une transposition d’origine de l’aorte ét de l’artère pulmonaire, vécut deux mois (27). Un enfant ayant le cœur situé hors de la poitrine, une seule oreillette et un seul ventricule, a vécu sept jours (28); un second, ayant le cœur sain, mais avec conformation vicieuse des artères, deux mois (297 ; d’autres , chez lesquels l'aorte provenait des deux ventricules par une double racine, ont vécu onze (30), douze (31), treize jours (32), et, lorsqu’en même temps l'artère pulmonaire était plus développée, quarante ans (33); d’autres, avec le trou ovale ouvert, seize (34), vingt-un ans (35), et beaucoup au-delà (36) ; d’autres , qui avaient à la fois le trou ovale et le canal artériel ouverts,
(19) Richerand, Nouveaux éléments de physiologie, t. 1,
(20) Burns, 1. c.
(21) Corvisart, 1, c.
(22) Green, 1. c.
(23) Gregory (phthisie pulmonaire).
(24) Hunter, 1. c.
(25) Standert, I, c.
(26) Kreysig, 1. c.
(27) Baillie, 1. c. — Gregory, 1. c.
\(28) Wilson, I. c.
(29) Baillie, 1. c.
(30) Tiedemann, 1. c.
(51) Haase, L. c. .
(32) Hunter, Sandifort.
(33) Farre, 1. c.
(34) Morgagni ex Valsalva.
(55) Kreysig, 1. c.
dix-sept (37), vingt-neuf (38) et quarante-deux ans (39). Les individus du sexe masculin succombent plus promptement que ceux du sexe féminin (40).
L'hiver est plus funeste que l'été (41).
2. T'railement. — Le principal fruit que nous puissions retirer , sous le rapport thérapeutique, de ce qui a été dit jusqu’à présent sur la cyanose , consiste à nous faire entendre que nous devons nous abstenir de fatiguer les malheureux malades par le fatras des remèdes. On doit surtout s’attacher à éloigner d’eux le danger de contracter de nouvelles affections aiguës du cœur (42). Une tempéralure modérée (43), le régime lacté (44), végétal, de facile digestion , le repos du corps et de l'esprit, les bains tièdes (45), les lotions chaudes des extrémités, le soin de tenir les membres enveloppés dans des linges, les frictions légères et l'usage répété des lavements émollients produisent de bons effets. Pendant les accès, il faut donner au pelit malade la position qui lui convient davantage ; il en est qui se couchent de préférence sur l'abdomen (46), d’autres sur le côté, tantôt droit (47), tantôt gauche (48).
(37) Spry, 1. c.
(38) Seiler, 1. c.
(59) Burns, L. c.
(40) Meckel, I. c., p. 265.
(41) Meckel, IL, c., p. 271 (dans le rapport de 6 à 1).
(42) Voyez plus bas, c. vi, 65, n.1.
(43) Seiler et Palois remarquent avec raison que les malades affectés de eyanose . redoutent également le froid et le chaud.
(44) Odier, dans la Bibliothèque bri- : tannique des sciences et arts, vol. vi, p.
458, et n. 559, 560. Décembre 1810, p.
371. « Une fille de cinq à six mois, après avoir été sevrée, commença à avoir des accès d’oppression, pendant lesquels son pouls devenait irrégulier et très-fréquent; ses lèvres, ses pieds et ses mains prenaient une couleur bleuâtre et livide, et rien ne la soulageait que le grand air et les bains tièdes. Les accès devenaient toujours plus fréquents, et enfin la maladie quasi-permanente. L'enfant paraissait dans le plus grand danger. Au bout de trois mois on donne la nourrice à l’enfant, qui, ne voulant plus téter, avala du moins le lait, et en trois semaines elle guérit parfaitement. »
(45) Cooper, English, Farre.
(46) Abernethy, I. e.
(47) Farre, 1. c.
(48) Hunter, I. ç,
DIAPHRAGME ,
On prévient la suffocation imminente par la saignée du bras gauche, ou du moins par des sangsues appliquées à la région du cœur. Les anti-spasmodiques échauffants, comme le musc et la valériane, augmentent les souffrances au lieu
de les calmer (49). Nous avons procuré du soulagement aux adultes affectés de
cyanose , à l’aide des feuilles de digitale pourprée et de l'elixir acide de Hal-
ler (50). Dans d’autres circonstances , il
serait à craindre que ces médicaments n’eugmentassent l'inertie du cœur. Les martiaux légers produiraient peut-être alors de meilleurs résultats. L'expérience ultérieure, pourvu qu’elle ne tourne pas au désavantage des malades, montrera ce que l’on doit attendre de l'inspiration du gaz oxygène (51), de l'emploi du galvanisme (52), de la transfusion du sang (53), moyens proposés à priori.