CHAPITRE VII. — DE LA PÉRICARDITE, $ ler, Définition. Liüttérature
1. Definition. — Nous désignons sous le nom de péricardite l’inflammation du péricarde et du cœur , soit aiguë , soil chronique , accompagnée de fièvre, de douleur sous-sternale, ou du côté gauche de la poitrine, de mouvements anormaux du cœur, d’étouffements et d’anxiété, de dyspnée, quelquefois de toux avec crachats sanglants, de défaillances et de vomissements (1).
(49) Corvisart, Nasse, Il. ce.
(50) Muller dit la même chose (1, c.) ; il a employé la digitale avec l'acide sulfurique étendu.
(51) Lentin, 1. c.
(52) Nasse, I, c.
(53) Nevin, I. c.
(1) De REP, autour, De même en effet, :
le nom de péripn tion de la plèvre « vol. 11, sect. 1, C de Leypsick), de même, péricardite, nous compre masie du péricarde €
et xapÜtx, cœ s avons €
Krankheit zu betrachten zu seyn, à gleich manche Schrifisteller sie als zwey verschiedene ansehen. » Je suis d’autant plus porté à réunir ainsi ces deux mala-
dies, qu’au lit des malades on ne peut
DU PÉRICARDE, DU COEUR; DES ARTÈRES ET DES VEINES. 411
« 2. Litiérature. — Les auteurs qui ont les premiers fait mention de la péricardite sont : Avenzoar (2), Rondelet (3), Salius Diversus (4) et Forestus (5). Plus tard, cette maladie a été décrite par Berger (6), Gloger (7), Fabrice de Hilden (8), Bonet (9), Lieutaud (10), Morgagni (11), Hautesierk (12), Van Doeveren (13), Stoerk (14), Ferro (15), Trecourt (16), Metzger (17), Nunn (18), Meckel (19); et dans ces derniers temps elle a été présentée avec la plus grande exactitude (20) par Davis (21), Stanley
oo monte
guère établir que sur des conjectures la distinction de la phlegmasie du péricarde {pleurésie du péricarde) d’avec celle du cœur (cardite). Davis se montre plus sévère quand il dit (1. o., p. 32) : « Ob die Entzündung des Herzens und des Herzbeutels jemals in der Praxis unterschieden werden konnen, scheint sehr zu bezweiflen. »
(2) Qui fut affecté lui-même de cette maladie, et s’en délivra par la saignée, (Davis, L. e., p. 7.)
. (6) L, c. Voyez plus haut, c. 1v,
(4) L. c., ibidem. L
(5) L. c., ibidem.
(6) Diss. de inflammatione cordis.
Wittemb., 1717.
(7) Diss. de inflammatione cordis vera. Jenæ, 1758.
(8) Observ. chir., cent. 1, 43.
(9) Sepulchr. anat., 1,11, sect. vu, Obs. 2; sect. 1x, obs. 17; sect. x, obs. 13.
(10) Historia anotomico-medica. Paris, 1767, 1. n, obs. 669, 670.
(11) De sedibus et causis morborum, epist. xxIV, art. 2. :
(12) Recueil d’observations, vol. 11, p. 580.
. (13) Spec. observ. academ., cap.1v, p. 69.
(14) Annus medicus, t. 11.
(15) Med. ephem., p. 44, 17, 167, 173.
(16) Chirurg. Abhandl. und Warnehmungen. À d. Fr. übers. Leipzig, 1777.
(17) Diss. de carditide. Regiom., 1789.
(18) Diss. de carditide spontanea, Erford., 1788.
(19) L. c., ibid.
(20) Corvisart, op. c. Première classe, chap. 1, p. 6, 24; quatrième classe, art.
premier, p. 236, 251.— Allan Burns, 1 c., p. 67. — Testa, L. c., t. 111, €. 1v, v, et Kreysig, 1. c., 2 th., 1 Abtheil., 2 Abschn., p. 67.
(21) Inquiry into the symptoms of carditis, illustrated with cases and dissections. Lond., 4809. Je me sers de la traduçtion allemande ; Untersuçhung
(22), Dorn (23), Hertzberg (24), Roux (25) et Petrenz (26).
$ IL. Symptômes. Autopsie cadavérique.
1. Symptômes.— La péricadite débute ordinairement tout-à-coup par le frisson (27), tantôt violent et continu , tantôt léger et suivi de chaleur ; cette chaleur est très-marquée, du moins quand la maladie affecte une marche aiguë (28), et cela surtout au côté gauche de la poitrine (29). Quelquefois le malade percoit
über die Symptome und die Behandlung der Herzentzündung durch Krankheitsgeschichten und Leichenoffunungen erlautert. Nebst Dr. W.-K. Wells, Bemerkungen und Fallen über Rheumatismus des Herzens, A. d. E. übers von J.-L.
Choulant, mit einer Vorrede und Anmerkungen von F.-L. Kreysig. Halle, 1816.
(22) In Medico-chirurg. trans., t. vu, P,u,-art. 9;
(25) Beytrag zur Diagnostik der Herzentzündung in Hufeland’s Journal d.
pr. Heilkunde, 4822. Januar, p. 49.
(24) Diss. de carditide. Hal., 4817.
(25) Diss. collectanea quædam de carditide exsudativa. Lips., 1819.
(26) Diss. de pericarditidis pathologia.
Lips., 1822. L'histoire de la péricardite a été continuée par Nysten (Bulletin de l'Ecole de médecine, 1819, p. 78), — Hemmer, Geschichte einer Carditis mit
Bemerkungen zur Diagnose dieser Krank-
heit, Mit einem Zusatz von Harless (*) (Rheïnische Jahrbücher f. Medicin u, Chirurgie, 5 B., 1 st., p. 60); —C.-U.-J.
Iluber, Diss. de carditide, quæ epidemice -&rassata est inter mililes a, 1814 in obsidione Castelli Delfzyl. Groning., 1819; — Gittermann, Geschichte einer epidemischen Herzentzündung bey Delfzyl im J. 1814, nach Hendriksz u. Hubers Beschreibung. V. Harless (Rhein Jahrb., 6 B., 1 Si, p. 1).
(27) Quelquefois, pendant un accès de froid, tout le corps devient pâle comme du plâtre.
(28) Davis doute que la fièvre soit un Symptôme essentiel de la péricardite, et il invoque à cet égard l’autorité de Selle, qui admet une chaleur peu marquée dans sa définition de la cardite. (Pyretol. ru-
dim. method., p. 419.) Un cas cité par Morgagni (1. c., epist. xx1v, 2) atteste aussi l’absence de la fièvre dans cette affection. Il y avait, au contraire, fièvre très-violente, chez Huber (1. c.).
… (29) Stoerk, Le Grp Pe 92.
une sensation comme si un vase plein d’un liquide bouillant était répandu sur ce côté. La chaleur externe et interne s'accompagne d’une grande agitation(30).
La face est ou rouge ou pâle, jaunûtre ; les yeux sont brillants et humides (31); la langue se montre rouge, noire et sè-
che; il y a soif inextinguibie (32), avec :
désir d’eau froide (33), déglutition douloureuse et impossible (34). La voix devient rauque (35), et la respiration cesse pendant que le malade boit (36). Le pouls est très-fréquent (37), serré, plein et quelquefois dur (38), souvent inconstant (39), presque jamais le même aux deux
(30) Je suis étonné d'entendre dire à ‘Kreysig : « Angst und Unruhe klagen viele Kranken von Anfang nicht. » L. c., p. 121.
(51) Testa, 1. c. Kreysig dit que les malades ont de la tendance à tenir les yeux fermés (1. c., p. 122). Dès que la maladie a atteint son plus haut degré d'intensité, la face devient violacée et la physionomie exprime le désespoir (ibid.).
(32) Ce symptôme, indiqué par P. Salius Diversus, n’est pas aussi constant qu'on le croit communément. Les malades d’Huber éprouvaient une, grande soif.
(33) Testa, I. c.
(34) Testa, 1. c. (On remarquait des symptômes d’hydrophobie dans l’épidémie décrite par Trécourt). Huber a également observé la déglutition douloureuse.
(35) Portal, Mémoires de l’Académie des sciences, an. 1780, p. 353.
(36) Chez un malade de la clinique de Vilna.
(37) J'ai compté jusqu’à 150 pulsations, au début de la maladie.
(38) Les auteurs me paraissent donner trop d'importance à la dureté du pouls, erreur que Kreysig ne partage point toutefois. Lower s'efforce d'expliquer de la manière suivante, pourquoi le pouls est plutôt faible que fort dans la péricardite : « Si enim cordis parenchyma aut nimia pinguedine oneretur, aut inflammatione, ulcere, abscessu aut vulnere laborat, adeo ut sine magna molestia atque difficultate, aut absque gravi offensa sese vibrare aut contrahere non possit; motum suum valde remittit, et sanguinem quantum potest, licet non quantum opus est, reliquo corpori distribuit, unde sanguinis quoque motus debilis admodum et languidus existit. »
(Tract. de corde, c. 11, p. 97.)
(59) On doit dès:lors, dans cette ma-
DIAPHRAGME
bras (40). L’urine, rare et rouge, laisse souvent déposer un sédiment puriforme abondant. L'expression du malade annonce presque toujours une affection grave. Il se plaint principalement de douleurs sous-sternales, ou au côté gauche de la poitrine et à la région épigastrique :
(41). Les enfants, même pendant le som-.
meil, appliquent la main sur l’endroït douloureux. La douleur est tantôt gravative et térébrante(42),tantôtaiguë et pongilive (43), presque toujours accompagnée de chaleur (44). Les fortes inspirations l’augmentent à peine, et même les malades cherchent à faire pénétrer une grande quantité d’air dans les poumons, :
comme quand on soupire profondément :
(45). Il n’est point rare que des douleurs se fassent sentir aussi au côté gauche du cou (46), à l'épaule gauche, ou entre les deux épaules, aux bras et dans d’autres endroits éloignés (47). Le décubitus a.
ladie plus que dans toute autre, tâter le pouls fréquemment et pendant longtemps. Il était intermittent chez Huber.
(40) Je l'ai trouvé tantôt plus dur, tantôt plus mou, au bras gauche.
(41) Trecourt, 1. c. (symptôme commun). Dans l'épidémie de Delfzyl, la douleur, qui se faisait sentir sous l’ap= pendice xiphoïde, augmentait principa= lement par la déglutition et par le cons tact extérieur, chez les malades d’Huber.
(42) P. Salius Diversus avait dit qu'il n’y a pas douleur pongitive dans la car dite.
(45) La douleur était très-poignante chez la malade de Stoerk, qui était cependant affectée en même temps de péripneumonie.
(44) Comme si on° versait quelque chose de chaud sur l'endroit affecté, disait un malade de la clinique ‘de Vilna. .
(45) Kreysig (L. c., p. 120) observa avec raison qu'il en résulte du soulage ment (mit Behagen). ”
(46) C’est ce qu'éprouvait un malade qui était affecté de cardite, à la clinique de Vilna, en novembre 1821. >
(47) Kreysig dit qu’il survient des dou leurs aux lombes, dans l'utérus et dan la vessie (1. c., p.121). Reeder (I. c.) faik la mème observation, mais je n'ai ja* mais rien vu de semblable. Il faut bien prendre garde d’attribuer à la maladie primitive les symptômes qui peuvent acs= cidentellement compliquer la péricar= ‘dite. Dawis n'oublie point ce précepte (Le. p. 72), quand il en appelle à l’ob- -servation ultérieure, pour décider si les
DU PÉRICARDE, DO COEUR, DES ARTÈRES-ET DES VEINES. 413
licu indifféremment sur tous les points, tantôt sur l’un des côtés seulement, et le plus souvent sur le droit. Dans l'état avancé , plusieurs malades aiment à se tenir assis. En pareil cas (Epidémie de Delfzyl), le décubitus sur le dos devenait impossible. Les malheureux patients restaient le plus souvent assis, la tête appuyée sur les genoux; quelques-uns sortaient de leur lit, et se couchaient à terre. La dyspnée se manifeste plutôt par un sentiment de gêne ayant son point de départ à la région du cœur (48), que par les mouvements du thorax. Il est cependant des malades qui sont essouflés.
Le cœur vibre, ainsi que les arières (49); les jugulaires sont agitées de mouvements oscillatoires, et l'épigastre devient le siége de pulsations. Plusieurs malades se plaignent de diverses sortes de bruits dans la poitrine (50). Quelquefois la narine gauche laisse écouler du sang (51).
Il survient des accès de toux, qui sont .
fréquemment excités par les mouvements du corps; cette toux, sèche d'abord , est ensuite suivie de crachats d’un mélange de mucosités blanchâtres et de sang noir ou briqueté, qui apportent à peine du soulägement aux malades. Quelquefois cependant il n’ÿ a pas de crachats (52).
L’haleine est souvent chaude ; un grand nombre de malades vomissent, soit leurs boissons , soit de la bile (53). Chez plu-
douleurs de la plante des pieds et autres douleurs vagues appartiennent, ou non, à la péricardite! j
(48) « ....Anxietates continuæ in regione cordis. » Sauvages, Nosol. method., class. 111, 19. Davis donne toutefois trop d'importance à ce signe, en le considérant comme pathognomonique, 1. c., p. 54.
(49) Nous examinerons plus loin (ch.
vin) si le cœur vibre plus fortement lorsqu'il a contracté des adhérences avec le péricarde, ou quand il est Libre,
(50) Kochendes Geraüsch (Testa, I. c., p. 260) ; bruissements fugaces (Corvisart, E'Cp. 27).
(51) Ce symptôme n’a pas été assez apprécié jusqu’à présent.
, (52) Davis, L. c., p. 62.
(53) Le vomissement a surtout été considéré comme un symptôme de la péricardite, par Darwin (Zoon., t. 1, class.
2, 1, 2, 7),—Banc (Sel. diarii. nosoc. R.
Frid. Hafn.), — Davis (I. c., p. 68). Je l'ai principalement observé dans la péricardite chronique des vieillards.
sieurs les hypochondres sont tendus; en comprimant le gauche à sa partie supérieure on augmente l'oppression ; à mesure que la maladie devient plus intense, la faiblesse et l’exaltation des facultés mentales s’accroissent : surviennent en outre plus tard un sentiment de suffocation, l’œdème de la face et des extrémités, l’obscarcissement de la vue, et le malade aperçoit tous les objets comme teints en vert (54). On remarque aussi des symptômes nerveux (55), principalement le délire, quelquefois furieux (56), des vertiges, des bourdonnements d'oreilles (57), le tétanos (58), et des lipothymies (59).
Ces dernières ont surtout lieu pendant le mouvement, la défécation, durant la nuit. Le pouls, tout en conservant de la dureté, devient petit, irrégu lier (60) et intermittent. Les extrémités
(54) Chez plusieurs de mes malades,
(55) Ils ont été mentionnés principalement par Trécourt, 1. c.
(56) Testa (1. c.) met le délire parmi les symptômes essentiels de la péricar-, dite. Davis (1. c., p. 62) professe une o inion contraire, et j'ai observé en effet plusieurs péricardites dans lesquelles ce sympiôme n'existait pas (il pourrait bien être quelquefois le résultat d’une complication accidentelle avec l’encéphalite), Du reste, il n’est point étonnant que, chez des individus sensibles, il survienne du désordre dans les facultés intellectuelles, sous l'influence d’une fièvre si violente.
(57) C'est ce que j'ai observé plusieurs fois.
(58) Davis, L. c., p. 53.
(59) Quoique les défaillances, comme l'observe avec raison Davis (1. c., p. 67), n'appartiennent point aux Symptômes essentiels de la péricardite, elles accompagnent quelquefois cette affection, non seulement quand elle est avancée, mais même dès son début, Sénac (1. c.) en rapporie un exemple, et ma pratique m'en fournit un semblable que voici :
En automne 1820, un jeune homme de Vilna, s'étant fatigué à la chasse, se coucha sur le sol humide, et s’y endormit ; à son réveil, il se sentit atteint d’une maladie grave, et peu de temps après il eut une syncope tellement forte, qu'il fut transporté chez lui presque sans vie; là se développèrent bientôt les principaux Symptômes de la cardite. Quoique ce jeune malade ait été soumis promptement à une médication convenable, il ne lui en est pas moins resté une altération du cœur, probablement un polype.
(60) On donne ordinairement Je pouls
prennent une teinte livide et sont baignées de sueurs, À ce degré la maladie se termine 1ôt (61) ou tard (62) par la mort, que précèdent de vives anxiétés.
Dans les cas les plus heureux, on voit apparaître Les signes de la crise ordinaire, mais cette crise a plus souvent rapport à la fièvre qu’à l’inflammation, et celle-ci dégénère en d’autres maladies, que nous décrirons plus bas. La péricardite chronique offre les mêmes symptômes qu’à l'état aigu, si ce n’est qu’ils sont moins violents. Elle débute quelquefois avec augmentation de l'appétit (63), sueurs colliquatives (64), diarrhée muqueuse, fétide (65), ardeurs de l’œsophage (66), pouls insensible (67) et œdème {68).
2. Autopsie des cadavres. — Les cadavres des individus morts de péricardite ont présenté : (A) le péricarde adhérent avec la plèvre (69), et avec les poumons (70). Les surfaces interne du sac et ex-
irrégulier comme un symptôme constant de la péricardite. Davis dit l’avoir rencontré rarement (1. c., p. 61), ce qui a lieu en effet quand la maladie est récente.
Kreysig dit très-bien à ce propos (ibid., note 12) :« Wenn man auf den unregelmassigen Puls warten will, ehe man eine Herzentzündung erkennt, so wird man schwerlich einen solchen Kranken retten. » |
(61) Le sixième jour. Stoerk, 1. c.
Chez Trécourt, 1. c., la crise de vie ou de mort avait lieu le septième jour.
(62) Le vingtième jour. Meckel. Les jeunes gens, les individus pléthoriques, les ivrognes, mouraient en quarante-huit heures. Chez les autres, suivant l’observation d'Huber, la maladie se prolongeait depuis quatre jusqu’à dix jours.
Les malades de ce dernier praticien, ou mouraient immédiatement de cardite, ou bien la crise était favorable, et il ne restait aucune trace d’autres affections.
(63) Testa, ib.
(64) Senac, op. cç., lib. 1v, sch. 40. — Testa, 1. c.
(65) Testa, ib.
(66) Testa, ib.
(67) Testa (L c., vol. 11, cap. vi, n. 10) parle d’une jeune fille de quatorze ans chez laquelle, à part un frémissement sous l’appendice xiphoïde, on n’apercevait aucune trace de pouls pendant l’espace de vingt jours. .
(68) Testa, À, ce.
(69) Davis, L. ç., p. 51. C’est ce que j'ai vu moi-même plus d’une fois.
(70) Stoll, Heilungsmethode, 2 B., 2 th., P: 203.
MALADIES DU DIAPHRAGME
terne du cœur parcourues par une quantité innombrable de vaisseaux gorgés de sang rouge (71) ; dans d’autres cas le péricarde n’était point rouge , mais il offrait tous les caractères qui annoncent une inflammation ancienne (72). Nous voulons parler de l’exsudation de lymphe coagulable , sous forme , soit de pus (qui tantôt recouvre les deux faces de la séreuse (73) et la surface externe du cœur (74), et tantôt remplit plus ou moins la cavité du péricarde (75)), soit de flocons et de villosités (76), soit de fi-
em mm
(71) C’est ce qu’attestent presque d’un Commun accord tous les auteurs qui ont écrit sur la péricardite, et ce que confirme aussi ma propre expérience. Cfr.
Baillie, 1. c., t. 1. — Davis, 1. c.;, p. 44.
(72) Bichat a démontré que les membranes atteintes de phlegmasie aiguë perdaient leur couleur rouge peu de.
temps après la mort (Anatomie générale, t. 11, p. 491). J'ai déjà parlé longuement ailleurs sur ce sujet (P. 1, liv. 11, sect.
1, Chap. 11, Ç 12, n. 4, (14). Édit. de, Leypsick). — Kreysig, L. c., p. 71.
(713) Sæmmering, Anmerk, zu Baillie, op. c., anmerk. 1.
(74) Baillie, 1, c., tab. 1, fig. 2.
(75) Cfr. chap. 1x. Huber a quelquefois trouvé plus de vingt onces de séro-!
sité dans le péricarde. -
(76) Cor hirsutum, villosum. Lisez :
Bose , Progr. de historia cordis villosi.
Lips. , 1771. — Weitbrecht, in Novis Comment. Petropol., t. in, p. 405; t. vr, p. 268. —Sandifort, Obs. anat. patholog., lib. 1, cap. nu, p. 43. — Sæmmering ; L c., Anmerk. 2, p. 28 — Walter, Obs.
anat., tab. 1v, fig. 1. — Haller, De corporis hurmani fabrica, lib. rv, sect. 1, $ 52, p. 54. — Schenk, Obs., lib, 1, obs. 182, p. 351. — Van der Wiel, Obs. cent. 1, p- 584. — Boneti, Sepulchr. anat., lib. u, sect. vi11, obs. 39. — Miscell. nat. cur., dec. m1, an. bet 6 , obs. 199, Ephem.
cent. vur, obs,1. —Lieutaud, Hist. anat.,
lib. u, sect. 11, obs, 469, t. n, p- 152. IL n'existe peut-être pas de musée d’anatomie pathologique qui ne possède des exemples de cœur velu. J’en ai donné!
plusieurs au cabinet de Vilna. Les flocons.
donnent quelquefois au cœur un aspect comme s'il était couvert d'érosions (Haen, Heiïlungsmethode, 4 B., 9 th., kap. 1, p. 199). Je n'ose décider si les exemples de poils adhérents au cœur, dont parlent Riolan (Anthropographia et osteologia. Paris, 1696, lib. in, c. vu), Bauhin (Instit. anat., lib, 1, cap. xvu);
DU PÉRICARDE, DÙU COEUR, DES ARTÉRES ET DES VEINES
laments allant de la surface interne du péricarde à la surface externe du cœur, et formant quelquefois un réseau (77); nous voulons parler encore des pseudomembranes (quelquefois doubles (78) et parcourues par des vaisseaux sanguins (79)), qui tantôt adhèrent aux deux surfaces indiquées du péricarde et du cœur, soit dans toute leur étendue (80) (d’où résulte l’épaississement du péricarde (81) qui est souvent dilaté, inégal (82), d’une structure presque musculaire (83)), soit seulement en partie ( ce qui produit comme des espèces d’appendices vermiculaires flottants (84), tantôt enveloppent
Lanzoni (Miscell. nat. cur., dec. 11, an, 5 et 6, obs. 122), et Haller(Elém. phys., vol, 1, p. 285, appartiennent ou non aux cœurs velus. Puisqu’il est bien prouvé que de véritables poils peuvent se développer sur d’autres organes viscéraux (VP. 1, Vol. 11, chap. xv, $99, 5. Édit. de Leypsick), pourquoi n’en serait-il pas de même pour le cœur? — Iuber, 1. c., ab. 1, fig. 1, 2, forme de fausse membrane reticulée.
71) Voyez chap. vi.
ls Stoll, Heilungsmethode, 2 B., 2th., p. 183. k
(79) Stoll, 1. c., p. 207. — Sæœmmering ù Baillie Anmerk. 1.
(80) Baillie, 1. c., tab. r, fig. %. C’est
ussi des fausses membranes que parais-
ent provenir ces taches blanches et opajues qui sont ordinairement répandues ur la surface du ventricule gauche du œur, que Baillie et Sæœmmering ne reardaient pas comme morbides (I. c., \nmerk. 25), et dont Corvisart ayoue ne int connaître l’origine (1. c., p. 42).
Vous obseryerons encore ici en passant [ue la surface externe du cœur a présenté quelquefois des ecchymoses et des pétéhies, (Stoll, Heilungsmethode, übersetzt On Fabri, 2 B., 2 th., p. 197.)
(81) Qui est allé jusqu’à sept lignes.
. Lieutaud , 1. c., obs. 695, p. 247.
usqu’à un pouce, V. Senac, 1. c., p. 72.
fr. Chambon de Montaux, Merkwürdige rankengeschichten und Leichenoffaunen, 3 B., p. 260. Le péricarde offrait Ssez souvent un demi-pouce d'épaisseur ur les cadavres disséqués par Huber.
(82) Walter, 1. c., p. 57, 1ab. W,,lig. 3.
- Sæmmering zu Baillie, Anmerk.
(83) Boerhaave, I. c., p. 498. — Budæus, Miscell. medico-practica et foensia , 1. 1, p. 5; Miscell. nat. cur., ec. 11, an. 7, obs. 12 ; an, 9, obs. 99; ec. 11, an. 2, obs. 488.
(84) Bonet, Sepulchr. anat,, 4, p. 820,
(85) et cachent le cœur (86), et tantôt occasionnent l’adhérence de cet organe avec la surface interne du péricarde (87); il s’agit encore de l’extravasation de sérosité ou de sang dans la cavité du péricarde (88), ainsi que du défaut de liquide dans ce même organe (89), devenu semblable à du parchemin (90), cartilagineux (91) et présentant quelquefois des.
852, 836, 869.—Haen, Heilungsmethode, 4 B., 9 th., kap. 1, p, 196,
(85) Boerhaave, 1, c., p. 494. — Van Doeveren , 1, c., P. 74. — Haen, op.