‹ Traité de pathologie interneChapitre 194 sur 277 · CHAP. VIII, == DE LA SYMPHYSE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

CHAP. VIII, == DE LA SYMPHYSE CARDIAQUE

$ Ier. Definition. Littérature.

1. Définition. — Sous le nom de symphyse cardiaque, nous désignons cet effet morbide de la péricardite qui consiste dans l’adhérence du péricarde avec le cœur, et qui constitue une maladie accompagnée de dyspnée, d’oppression de poitrine, de douleur et de bittements de l'épigasire , de pouls fréquent, petit, irrégulier et de tendance à l'hydropisie.

2. Littérature. —Ti faut lire sur cette maladie : Bertholin (1), Stalpart van der Wiel (2), Ruysch (3), Branner (4), Vieussens (5), Senac (6), Weszpremi

(10) À la dose d'un grain toutes les deux heures. La vertu du calomel a été fort préconisée par Huber.

(11) Kreysig, 1. c., 2 Th., p. 495.

(12) Kreysig, 1. e., p. 195.

(13) Pr. Camphre raffiné, un grain; nitre purifié, un scrupule; mucilage de gomme arabique, sirop de guimauve, de chaque deux onces. Mélez, et versez sur le mélange dix onces d’eau de fontaine. À prendre par cuillerées, toutes les heures.

(1) Epist. nr, p. 401,

(2) Observ. chirurg., cent. 1, obs. 56, p. 117.

(3) Thesaur. anat. vi, 56, note x.

(4) Præs. Barbeck, Diss. de corde occulto.

(b) Op. c.

(6) Op. c., p. 358.

MALADIES DU DIAPHRAGME

(7), Pfann (8), Halker (9), Morgagni (10), Meckel (11), Lieutaud (12), Heister (13), Chambon de Montaux (14), Pohl (15), Aurivillius (16), Bang (17), Haen (18), Nebel (19), Walter (20), Sandifort (21), Ferriar (22), Wauch (23), Ogle (24), Walls (25), Sander (26), et autres (27).

(7) Observationes medicæ. Traj., 1756, in Halleri Coll. disp. ad historiam et curationem morborum facient,, vol. Yi, p. 805.

(8) Sammlung verschied merkwurdi= ger Falle aus d. gerichtl. u. prakt. Me* dizin. 1750, p. 154.

(9) Elem. physiol., t. 1, p. 55. De corp. humani fabrica, 1. 1v, sect. 1, $ 22,

(10) Op. c., epist. xx, vol. xvu et XVIII,

(11) Mém. de l’Académie des sciences.

de Berlin, 1755, p. 56. |

(12) Hist. anat., 1. 11, sect. 11, obs.

(13) Diss. observ. med. miscell.

Helmstadt, 1750. Med. chir. Wahrnehmungen, 2 B., p. 156. |

(14) Merkwurdige Krankengeschichten u. Leichenoffnungen. Beob. 191, p.

(15) Progr. de pericardio cordi adhærente ejusdem motum perturbante. Lips.

(16) Nova acta Soc. scient. Upsal., 1775, 1. 1, p. 101.

(17) Acta reg. Soc. Havniens., t. 1, p. 77;.t:1i-pr485:

(18) Rat. med., P.n, p.113.

(19) Progr. de pericardio cum corde coucreto. Giess., 1778.

(20) Mémoires de l’Académie royale des sciences de Beriin, 1785, vol. 1v,

TP

(21) Observ. anat, patholog., 1. 1, C. 11, p. 45.

(22) Neue Bemerkungen, p. 77, 1.

Fall.

(23) Ediub. Versuche u. Bemerk., 2 5, 11.22,

(21) Memoirs of the med. Society of London.

(25) Transactions of a Society for the improvement of the med. and chir.

Knowledge, vol, m1, Lond, 1819, p. 575.

(26) V. Hufeland’s Journal d. pr.

Icilk., 1820, nov., p. 19.

(27) Histoire de l’Académie royale des sciences de Paris, 1719, p. 47. Commwerc.

lit. Norimb., 4755, p. 60; 1743, p. 39.

—L'Eveillé, dans le Rapport général des travaux de la Société philomatique à Paris, vol. 1, p. 145, — Knaw, in Nov.

comment, Petrop. 1, p. 361. Acta nat.

DU PÉRICARDE , DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES

S II. Autopsie cadavcrique.

| Symptômes.

| 1. Autopsie cadavérique. — Nous avons vu , ainsi que d’autres praticiens , le cœur et le péricarde si intimement unis dans toute leur étendue, que ces deux organes ne formaient plus qu'un seul corps, et qu’il était impossible d’opérer leur séparation sans les déchirer (28). Souvent l’adhérence du péricarde n’est que partielle, dans l'étendue, par exemple , d’un travers de doigt en longueur et en largeur (29), avec le ventrieule droit (30), ou gauche (31), la pointe du cœur (32). Elle est constituée dans certains cas par un tissu rétiforme (33), par des filaments (34) et des ligaments (35), quelquefois comme cornés (36).

| uand il n'y a pas adhérence universelle , les espaces libres, ou le fond du péricarde, sont remplis de lymphe coagulable, Iymphe qui occupe quelquefois aussi les cavités de la plèvre (37). On a trouvé en outre sur les cadavres qui présentaient la symphyse cardiaque, les veimes caves gorgées de sang et dilatées (38), le sang fluide (39), mais dans la plupart des cas le cœur augmenté de volume (40).

| 2. Symptômes. — Les malades exa- | ur., vol. vi, obs. 6, 3.—Sæmmering zu Baillie, p. 4, Anmerk. 8. — Voigtel, Handb. der pathol. Anatomie, 2 1h., p.

210.— Corvisart, Op. C., P. 80.— Test, 1. ©. — Burns, I. c., p. 501. — Kreysig, M. c., 4 th., p. 281; 2 th., p. 616.

: (28) Brunner, Heister, Weszpremi, ISenac, Pfann , Morgagni, Haen, Sæmmering, Sandifort, Corvisart, elc.

(29) Morgagni, epist. Lvi, 12. Cfr. ep.

Ixxv, 15; ep. zut, 29; ep. Lxur, 5.

(30) Misc. nat. cur., dec. ur, an. 5 eL6, obs. 207.

(31) Frankische Sammlung, 4 B.; p« | (32) Haller, IL. c.

(33) Morgagni, ep. xxxv, 12. Cfr. ep.

x, 25; ep. Lvi, 12; ep. xxxvinr, 25.

< Voigtel, 1. c., p. 517 (musée de Meckel).

ds Miscel. nat. cur., dec. n1, an. 2, obs. 78. Schol. Senac.

(35) Valsalva apud Voigtel, 1. c., p.

(36) Seuac, 1, c.

(37) Sæmmering, |. c.

(38) Corvisart, 1. c., p. 54.

(39) Idem, ib.

(40) Sander; Le Ge

m'nés s'étaient plaints de dyspnée (41):

(surtout quand ils marchaient, ou qu’ils prenaient une position autre que celle en supination (42) ), de pesanteur, d’oppression , de distension (43) et de constriction (#4) de la poitrine, d'impossibilité de : ou enir unelongue conversation, de Ja sensation de battements dans le côté gauche du thorax, tantôt tremblants (45), faibles (46), tantôt forts et violents (47), et de douleur à l’épigastre, aug-

(41) Véritable orthopnée, chez Corvisart, 1. c., p. 57.

(42) Corvisart, 1. c., p. 35.

(45) « Le malade éprouve aussi un sentiment pénible de tiraillement dans la région du cœur, parce que, dans l'acte de la respiration, le diaphragme entraîne dans son abaissement le péricarde et tout le cœur, qui lui est devenu adhérent, et s'oppose, dans le temps de son action, au mouvement particulier d’élévation propre du cœur lors de ses con= tractions. » Corvisart, |. c., p. 55.

(44) Corvisart, 1, c., p. 37.

(45) Senac, L. c,

(46) Corvisart, 1. c., p. 55.

(47) Abhandl. f. pr. Aerzte, 20 B., p. 336.— Selle, Beitrage z. prakt. Arzneywissensch., 2 th., p. 26.—Meckel, 1. c. - — Testa, 1. c. — Ferriar, l. c. —Wauch.

Il résulte de ce qui vient d’être dit, que la symphyse cardiaque s'accompagne de battements tantôt faibles et tantôt forts.

Mais on demande maintenant par quel mécanisme le cœur, adhérent au péricarde, peut exécuter les contractions alternatives qui constituent les palpitations. Morgagni (epist. xxnr, 17, 48, 20, 21, 29), Senac (1. c., p. 341) et Corvisart (l. c., p. 56) prétendent que les.

palpitations ne peuvent avoir lieu toutes les fois que l’adhérence est générale, ou que le cœur tient principalement par sa base au péricarde, à l’aide de ligaments.

Voici ce que dit à cet égard le dernier des auteurs cités : « Les palpitations, en effet, doivent être considérées comme des mouvements désordonnés, insolites et plus ou moins violents et tumuliueux du cœur :0or, comment cet organe, fixé immédiatement au diaphragme par son enveloppe, pourrait-il exécuter ces mou vements étendus, si son déplacement était rezdu impossible par ces adhérences avec elle? Les contractions du cœur sont dans ce cas promptes et déréglées, mais sourdes et profondes, petites et obscures, et comme avortées. » Mais comme il arrive qu’on observe quelque- .

fois des mouvements violents du çœur

mentant après les repas. On observaiten outre un pouls fréquent (48) , accéléré, petit, souvent irrégulier (49), serré (30), intermittent (51); des battements du côté gauche de la poitrine (s'étendant jusqu'aux carotides), et de la région épigastrique (52); l’oscillation des veines jugulaires (58); le son mat du côté gauche

dans la symphyse cardiaque, Kreysig (1. c., 4 th., p. 284), d’après Salius Divérsus, tâche de résoudre la difficulté, en distinguant les palpitations des pulsations (gewaltsames Schlagen in der Brust) dues aux efforts que fait le cœur pour surmonter les obstacles qui l’entourent. Cette explication n’a rien que de plausible, quant il s’agit seulement d'une adhérence partielle , et Sénac (1.

C+, p. 545) la confirme sous ce rapport, par les paroles suivantes : « Mais ces attaches étaient à la partie supérieure du cœur; cet organe pouvait s'approcher des côtes, et s’en éloigner alternative ment, » Mais, quand Kreysig prétend (2 th., p. 623) que les mouvements du cœur et de l'aorte ne s’accompagnent jamais d'aussi fortes pulsations que dans la symphyse cardiaque, il tombe dans une grave erreur. En effet, sur un grand nombre de cas de symphyse cardiaque que j'ai observés, il m'est très-rarement arrivé de rencontrer de fortes palpitations, et lorsqu'elles avaient lieu, il existait en même temps d’autres maladies, qui en étaient la véritable cause, principalement la dilatation du cœur.

D'où je conclus que ni les palpitations, ni les battements de cœur n’appartiennent aux symptômes essentiels de la symphyse cardiaque; et c’est pour cette raison que j'ai omis d'en parler dans la définition,

(48) Senac (jusqu’à 150), le plus souvent.entre 410 et 120.

(49) J'ai observé avec Corvisart (L. c., p: 57), que le pouls n’est pas toujours irrégulier.

(50) Senac, I. e.

(51) Senac, L. c.

(52) Burns dit : « Der mit dem Herzen fest verwachsene Herzbeutel legt sich bei der Systole der Kammer in Falten, und ziebt dabei das Zwerchfell und s0:

mit auch die Leber nach oben. Wenn hierauf die blutleer gewordenen Kammern sich wieder ausdehnen, senkt sich auch die Leber und das Zwerchfell wieder herab; und diese Bewegung fuhlt dann die auf der epigastrichen Gegend liegende Hand als Pulsation, »

55) Lançisi, V. Senac, 1. ç;, p, 540. :

MALADIES DU DIAPHRAGME

du thorax par la perenssion (54); un bruit de sifflement pendant la systole du cœur (55); la dépression del’hypochondre gauche dans l'ascension du diaphragme (56); des rougeurs fréquentes, la tuméfaction.

de la face, la pointe du nez rouge et les joues marquées de vaisseaux variqueux (57); la fluctuation de l’abdo+ men (58), l’œdème des membres infé-" rieurs (59) et du scrotum (60); des sueurs , le froid glacial (61), la lividité.

dés extrémités, des accès de suffocation.

(62), des défaillances (63), le découragement (64) et le penchant au suicide (65), Quelques malades sont tourmentés en.

outre par la toux et l'hémoptysie (66).

(54) C'est ce que j'ai constamment:

observé. Corvisart, 1, c., p. 53. (Le côté.

gauche de là poitrine ne résonnait pas.

du tout.) | +, 1

(55) Kreysig, op. o., 2 th.; p. 625, (Ce symptôme ne paraît point appartenir im médiatement à la symphyse cardiaque.)

(56) Heiïm apud Kreysig, 1. ©. : « Bes trachtet man den Thorax, so sieht many dass derselbe nicht nur bei jeder Systolé.

des Herzens gewaltsam erschuttert und gleichsam aufwarts geschnellt wird, sons dern man bemerkt auch gléichzeitig allemal eine Vertiefung unter den Ribben der linken Seite entstehen, gleichsam ein Lôch hineinfallen. s (J'avoue que:

jusqu’à présent je n'avais pas reconnt ce symptôme.) |

(57) Les joues devinrent violettes et vergelées, Gorvisart, 1 €@., p: 37; (Cet état de la face mérite de fixer touté l’attentiôn.)

(58) Gorvisart, 1, c., p. 33, (C'est ce que j'ai observé plusieurs fois.)

(59) Aucune affection du cœur n'offre une tendance aussi marquée à l'hydros

- pisie que la symphyse cardiaque.

(60) La gangrène du scrotum a été ob servée par Lancisi. V. Senac, 1, CG; p.

Page 1