‹ Traité de pathologie interneChapitre 213 sur 277 · V. Miles Marty, in The London medical · texte numérisé non relu

V. Miles Marty, in The London medical

bon de ne jamais perdre de vue l’incer titude du diagnostic, quand il s'agira d'établir le pronostic de l'angine de poitrine. Ce motif seul peut permettre quelquefois d'entreprendre une méthode de traitement avec quelque espoir de suc- Cre.

$ V. Traitement.

1. En general. — Les indications à remplir dans le traitement du lithiasis cardiaque, et spécialement dans l’angine de poitrine, sont: 1° d'empêcher et de combattre la congestion du sang vers le cœur; 2° d’exciter l'énergie du cœur, des nerfs et de l'estomac; et 3° de prévenir le danger de l’hydropisie. Nous essayons de remplir la première indication à l'aide du régime diététique, des évacualions sanguines , des cecoprotiques, des carminatils et des dérivatifs ; la seconde, par les cordiaux, les nervins et les stomachiques ; et la troisième , au moyen des diurétiques.

2. Regime dietetique.— La nourriture doit être simple, composée de végétaux non venteux et de viandes blanches, de facile digestion (44). Le malade mangera peu chaque fois et souvent, par exemple, trois fois par jour (45), mais jamais à la nuit. L'eau est la meilleure boisson dont il puisse faire usage; ce qui n’empèchera point d'accorder un verre de vin à l’habitude impérieuse (46). La bière est nuisible (47). [1 faut éviter de monter des escaliers et choisir pour habitation un rez-de-chaussée, pourvu qu'il ne soit pas humide. L'air de la campagne doit être préféré à tout autre. Au commen-

and physic. Journal by Fothergill, vol.

xLvI, 1821, novemb.

(44) Fothergill et Parry (1. c., p. 150) conseillent le régime végétal; mais j'ai vu des personnes habituées à l’usage des aliments gras, s’en trouver iicommodées. C'est pourquoi durine dit sagement, I. c., p. 140 : « Le régime devrait consister en une nourriture fort simple, mais autant animale que végétale, afin de ne pas trop aaiblir les forces...»

(45) d'urine, L. c.

(46) Jurine permet indistinctement l'usage du vin dans les repas, ce qui semble découler de son hypothèse sur la nature de cette maladie.

(47) « it may be prudent for the patient to abstain from liquors abounding with carbonic acid, such as bottled beer, cyder, perry, etc. » Parry, 1. c., p. 151.

cement de la maladie, on recommandera l'exercice passif et modéré du chevàl, de la voiture; et l’on proscrira au contraire tout exercice actif et tout effort (48), principalement par rapport au bras gauche (49). La position assise , déterminant la courbure de l’aorte et la compression des artères fémorales, et par suite la stase du sang vers le cœur, le malade ne devra la garder que le moins long-temps possible ; on devra éviter, pour la même raison, les vêtements et bandages trop étroits. Le malade aura grand soin de ne pas se refroidir, et surtout de garantir ses extrémités inférieures du froid humide; d’autre part, Ja chaleur trop forte est nuisible. La colère (50) et l’amour (51) sont pernicieux.

On devra s'attacher à chercher de la consolation dans Ja lecture (52), et principalement dans la religion (53). D'ail-

(48) « On all occasions, walking up hill, up stairs, or against the wind, quick or long continued walking, even on plain ground, loud talking, violent laughter and every strong effort, should as much as possible be avoided, » Parry, 1. c., p. 156.

(49) Ce précepte n’est pas seulement applicable à l’angine de poitrine, mais encore aux autres maladies chroniques du cœur et des gros vaisseaux. J’ai vu en effet des malades se trouver fort mal d’un exercice excessif du bras gauche. Je serais disposé dès-lors à me ranger à l’avis de ceux qui pensent que l’on doit se servir en pareil cas plutôt du bras droit que du gauche, pour ne point fatiguer le cœur et les gros vaisseaux. Cette hypothèse a été soutenue par Zecchinelli (Discorso sull” uso della mano destra a preferenza della sinistra. Padova, 1815). Cfr. Bibliothèque universelle, t. 1r, juillet 4816, p. 215, et Odier, dans le Journal de Genève, 1796, 5 décembre. Lettres sur les gaucbers.

(50) « Dr. Fothergill’s last patient, opened afterwards by Mr. Hunter, died in a « violent transport of anger » Med. Observ. and inquiry, t. v, p. 254. And the last paroxysm Mr. Hunter himself was owing to the same cause. »

(51) Cfr. c. x, $ 2, n. 2.

(52) Jurine, I. c., p. 139. « Un de mes malades a remarqué que la lecture d’un ouvrage qui captivait son attention, lui permettait de marcher beaucoup plus long-temps sans éprouver de malaise, que lorsqu'il était livré à ses propres réflexions. »

, (55) « ....The patient must minister to

MALADIES DU DIAPHRAGME

leurs les malades, se trouvant dans la triste nécessité de s’habituer aux angoisses de la mort , au retour de chaque paroxysme, sont plus disposés à souhaiter qu’à craindre le terme de leurs maux.

3. Evacualions sanguines. — Les petites saignées (54), pratiquées sur la veine jugulaire (55), sur la médiane, sur la saphène (56), le malade étant couché en supination, apportent d’une manière d'autant plus certaine du soulagement (57), surtout quand elles sont faites au moment du paroxysme , que la maladie est plus récente, et que l’état général du sujet est plus florissant. La faiblesse du pouls ne suffit pas seule pour les contr’indiquer (58). Mais dans le cas où l’affaiblissement réel des forces en défendrait l'usage, il faudrait les remplacer par des sangsues ou des ventouses scariñées à la région du cœur. On appliquera des sang:

sues à l'anus, si le malade est hémorrhoï= daire. Il sera bon d’associer le nitre aux autres moyens anti- phlogistiques (59).

Lorsque la déglutition peut s’opérer pendant le paroxysme, les boissons d’eau froide ou d'eau sucrée à la glace ap portent du soulagement.

4. Eccoprotiques et carminatifs, —= IL est essentiel de tenir le ventre libre, de peur que les saburres et les gaz, en distendant les intestins, ne déterminent une congeslion de sang vers le cœur. Si le malade, à cause de la faiblesse de son estomac, ne pouvait supporter un élec tuaire laxatif, l'huile de ricin et les sels

himself; and in this country in which we have reason lo thank Providence that there is still some genuine religion, it may be hoped that the sufferer will not be at a loss for sources from which to derive forbearance and consolation. »

Parry, 1. c., p. 158,

(54) De trois ou quatre onces (Parry, 1. c., p. 154).

(55) Burns, 1. c., p. 108.

(56) Si l’on avait lieu de soupçonner un vice hémorrhoïdal,

(57) Le docteur Wall dit : « That his patient was always better for a daÿ or two after of bleeding. »

(58) « The extreme weakness of the pulse, and coldness of the skin certainlÿ do not contraindicate bleeding. » Parrÿ, lu: p.402

(59) Odier recommande l'usage des moyens anti-phlogistiques aussi longtemps que les forces ne sont pas ‘affaiblies. (Bibliothèque britannique, vol.

pan.

DU PÉRICARDE; DU COËUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES. 461

neutres, il faudrait avoir recours aux drastiques, à petites doses : tels que l’aloès (60) , la coloquinte, la scammonée, que l’on administrerait hors le temps du paroxysme (61). Les carminatifs doivent être employés pendant le paroxysme mème ; nous choisissons le plus doux, par exemple ( outre les lavements de graines de cumin), l’infusion de fleurs de camomille, de menthe crispée, de semences d’aneth, d'anis ; d’autres préfèrent l’eau de menthe poivrée avec addition d'huile essentielle d'anis(62), le vin, l'éther, l’ammoniaque, le camphre, etc.

(63) : il sera question plus loin de l’emploi de ces médicaments (64).

5. Derivatifs. — Afin de détourner de plus en plus le sang du cœur, pendant le paroxysme, et de l’attirer vers les extrémités inférieures, nous appliquons sur ces dernières des ventouses sèches, des sinapismes , sans négliger les pédiluves irrilants et les friclions avec la flanelle. Les cautères à la face interne des jambes (65), des bras, où plutôt dans les espaces intercostaux qui avoisinent le cœur (66), ont pour effet de prévenir les ravages ultérieurs de la goutte autour de cet organe.

D’autres aiment mieux déterminer une ivritation sur le sternum , à l’aide de lolions (67), auxquelles il faudrait cependant préférer les emplâtres de tartre stibié (68). On doit prendre garde, au reste,

(60) Parry (1. c., p. 151) préconisait déjà ce moyen.

(61) C. xvir.

(62) A la dose d’une cuillerée à bouche

avec deux gouttes d’huile essentielle.

Thomas, Modern practice of physic. 3 edit. London, 1809.

(63) Heberden, Fothergill, Black.

(65) “Wichmann, 1. c., p. 462.—Smith, lc., p. 99.

(66) Un de mes malades a obtenu par Ce moyen un soulagement marqué.

(67) Godwin, dans les Annales de littérature médicale étrangère, par Kuiskens, t. 1v, p. 286. Pr. Tartre émétique, un gros ; alcool camphré, une demi-once ; eau bouillante, une livre. Mêlez. D.S$.

en frictions sur le sternum, répétées plusieurs fois par jour.

(68) Kriegelstein, in Hufeland’s Journal, 49 B., 4 st., p. 151. Pr. Tartre stibié, un demi-gros; opium, un gros. Pulvérisez et délayez dans fa salive pour (aire un onguent, que l'on emploiera en frictions, trois fois par jour, sur l’endroit lé plus douloureux, à la dose d'un frag-

d’oscasionner par ce moyen un afflux plus considérable de sang vers la partie affectée, effet qui pourrait résulter, par exemple, de l'application d’un vésicatoiresurla poitrine (69).On pourrait essayer la vertu anti-goutteuse des ulcères artificiels avec le gayac (70) et l’antimoine (71), dont

il Sera question plus loin (72). On a em-

ployé aussi les eaux minérales (73), qui offrent certainement plus d'avantages que le bain froid (74).

6. Cordiaux et nervins. — Bien que l'usage des médicaments appelés cordiaux et nervins ait eu de graves inconvénients dans l’angine de poitrine (75), et que l’on ne puisse point les employer indistinctement(76), nous avons cependant vu plus d’une fois résulter de leur administration, au moment du paroxysme, un soulagement marqué, du moins pour un temps. À ces médicaments on peut rapporter l’assa-fœtida (77), le musc (78), le camphre (79), la valériane (80), et surtout l’éther sulfurique, la teinture de castÜréum et l’opium (81); ce dernier moyen, administré à l’heure du sommeil,

ment de la grosseur de deux pois, jusqu'à ce qu'il survienne des pustules,

(69) Blackall, 1. c. (D'après le docteur Parry.)

(70) Bergius, in Abhandi. f. pr. Aerzte, 10 B., p. 708.—Elsner, I. c., p. 83. (J'ai employé ce moyen sans succès.)

(71) Wichmann, I. c., p. 162. (Teinture antimoniale de Theden.)

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