Affections des viscères éloignés
Nous les rapportons principalément ‘au cerveau ét à la moelle épinière, à la trachée-artère et aux poumons , à l'estomac et aux intestins, au foie et à fa rate, ainsi qu’à l'utérus. A
5. Cerveau et moelle épinière, — La grande influence qu’exercent sur le cœur et les vaisseaux artériels le cerveau (100)
(99) Huüfeland, Mubhrbeck, Le,
(100) On doit se rappeler ici le rapport qui existe entre le cerveau et le cœur (rapport dont il a-été plusieurs fois question dans la P. 1x, vol, nr, ch. 1, S3-217; ch. v,S$ 25, 5; ch, xvin, $ 75,
et la moelle épinière (1) n’a pas besoin d'être prouvée. L'expérience (2) nous a convaincu que celte dernière, quand elle est comprimée , soit par suite d’une conformation vicieuse des vertèbres (3),
2 : ch. xxir, S 94, 2; ch. xxv, Ç 107, 5, et en une foule d’autres endroits de cet ouvrage. Senac, op. c., p. 128, 459; Testa, op. c.; Kreysig, 1. c., p. 15, 18, 42, 116, 5, p. 22, et autres l'ont également très-bien indiqué, de même que Craigie (The Edinb. med. a surgical Journal. 1825, jan.) sous le point de vue pathologique. Il est prouvé que toutes les causes qui empêchent le passage du sang des veines pulmonaires dans l'aorte, déterminent une congestion dans les poumons, laquelle ralentit le retour du sang de la tête.
(4) P. u, vol. 1, ch. 1, $ 2, 4. Je me suis principalement appuyé sur les expériences de Le Gallois, qui prouvent que la destruction d’une partie quelconque de la moelle épinière enlève toujours quelque chose à la force du cœur, de sorte que ce viscère devient moins apte à chasser le sang dans les différentes parties du corps. Ces expériences sont maintenant démenties par Tréviranus (Biologie, 4 Th. Gotling, 1814, p. 266), Philips (Philosoph. trans, 1815, P. 1, p.
65; P. 11, p. 224), Ens (De causa vices cordis alternos producente) et Parry (An experimental inquiry into the nature, causes and varieties of the arterial pulse. Lond., 1816, p. 8) ; mais les observations recueillies au lit des malades semblent les confirmer. Philips, An experimental inquiry into the laws of the vital functions. Lond., 1818.
(2) Un médecin de Vienne, le docteur Malfatti, traitait un malade chez lequel des palpitations de cœur effrénées et prolongées faisaient soupçonner un vice organique de l'aorte. Revenant un jour, tout inquiet, de voir son malade, il rencontra Vordoni (le père), qui tenait alors un rang distingué parmi les médecins de Trieste. « Qu’avez-vous donc, mon ami, lui dit-il? » Malfatti lui raconta l'histoire du malade qui faisait le sujet de ses craintes. « Que cela ne vous inquiète point, lui répondit Vordoni ; appliquez des ventouses scarifiées entre les épaules, et votre malade guérira. » C'est ce qui eut lieu en effet. Je ne traite jamais ces sortes d’affections sans porter mon attention sur la colonne vertébrale, et j'en ai plusieurs fois obtenu des résultats merveilleux.
(ha Pitus, «Vol. it, vel 1, 608,8, obs. 2, (dit, de Leypsick.)
DIAPHRAGME
soit par l'effet de la pléthore (4), ou qu'elle a été épuisée par un accroissement rapide et les pertes de semence (5), apporte souvent du trouble dans les mouvements du cœur. Il faut prendre garde toutefois de confondre les douleurs de l’épine dorsale, déterminées par un anévrisme de l’aorle descendante, avec une affection de la moelle ellemême (6).
6. T'rachée-artère et poumons.— Par la même raison que les vices organiques font ressentir leurs effets à la trachée (7), les affections de celte dernière peuvent exercer de l'influence sur l'aorte. Il faut en dire autant par rapport au corps thyroïde (8) et aux poumons (9}.
7. Wiscères abdominaux.— Les causes des battements anormaux soit de la poitrine , soit du ventre , existent souvent dans les viscères abdominaux. Les battements de la région épigastrique surtout (10) peuvent en imposer pour un anévrisme de l'aorte abdominale ou de l'artère cœliaque, ainsi que l’ont observé Morgagni (11), Baillie (12), Aïlbers (13), Allan Burns (14), Hodgson (15), Rubini (16) et Laennec (17). Ces auteurs ont démontré, en effet, que ces sortes de battements dépendent, dans beaucoup de cas, de causes tout-à-fait étrangères aux auévrismes, telles que 1° des gaz qui distendent l'estomac de telle sorte que cet organe se trouve refoulé centre les muscles abdominaux par les pulsa-
(4) 1b., ch. 1, $ 3, 4.
(5) Ib., 7.
(6) Ch. xvr, $ 2, n. 2.
(7).P. 5 -mok.vs,0 sect Ch. 210 $ 16, 1.
(8). Ib.,.ch: va,sS, 95: 2.
(9) Ib., ch. x, $ 44, 5.
(10) Je lis (Bemerk. auf e Reise unx d. Welt in d. Jahren. 1803 bis 1807. V.
Langsdorf, 2 B.) qu’il règne en Califor:
nie une affection (appelée vulgairement latido) dont le principal symptôme con= sisie dans la perception de battements dans l’abdomen.
(11) Op. c., epist. xxiv, 54.
(12) Transact. of the college of Physic., vol. 1v, p. 271.
(15) Edinb. med. and surg: Journal, vol. 11, p. 8:
(14) Op. c., p. 501.
(45) Op. c., p. 139.
(16) V. Annali uriversali di medicina, 1819, giugno.
(17) Op. c., vol, 11, p. 456.
DU PÉRICARDE; DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VRINES
tions des artères sous-jacentes ; 2° une excessive irritabilité du système artériel, ainsi que cela à lieu chez les femmes hystériques et les individus hypochondriaques ; 3° les obstructions du foie et de la rate ; 4° des tumeurs comprimant les vaisseaux du diaphragme, du pancréas , du pylore et d’autres artères et veines (18); 5° la dilatation de la veine Cave, par suite de laquelle la contraction de l'oreillette droite refoule lé sang dans la cavité de ce vaisseau (19); 6o l'hypertrophie du parenchyme pulmonaire déprimant le diaphragme. Dans ces différents cas, les baitements se développent plutôt, sont plus étendus, plus onduleux , et correspondent moins aux pulsations des artères du poignet que dans les anévrismes. Mais prenons garde de faire dériver les mouvements désordonnés du cœur et des artères d’une affection des viscères abdominaux , alors que celle-ci est déterminée par un vice organique du cœur ou de l’aorte. Le développement des gaz (qui peuvent être aussi bien la cause des palpitations de cœur chez les hypochondriaques et les hystériques (20) que l'effet de l’angine de poitrine et des anévrismes de l'aorte) induit surtout fréquemment en erreur.
9. Complications. — Il arrive quelquefois que des affections organiques du cœur et de l'aorte, trop peu marquées pour troubler l’économie animale, venant à se compliquer avec d’autres maladies ‘accidentelles, excitent des phénomènes morbides très - intenses. On commettrait une méprise grave , en pareil cas, si, après avoir dissipé ces troubles à l’aide de moyens convenables, on concluait à l'absence de tout vice organique du cœur et de l’aorte.
10. Pronostic. — Il est essentiel dès lors de n’établir qu'avec beaucoup de prudence le pronostic relatif aux mouvements anormaux du cœur et des artè-
(48) Rubini, 1. c. (Tumeur enkystée, élastique, qui repoussait le péritoine en dedans et recevait les batteménts des artères sous-jacentes.)
… (19) J'ai vu,chez desindividussujetsaux hérnorrhoïdes, les battements dela région épigastrique précéder l'écoulement du Sang par l'anus. V. Kreysig, 1. c., 2 th., tab. 5. | (20) Lisez, sur les affections de l’utérus comme causes des mouvements anormaux du cœur, Forestus, 1. e., obs.6, et Horst, Opp., vol. nr, p. 60.
res , qui simulent des vices organiques de ces parties; d'autant plus que , bien que ces organes ne soient affectés d’abord que sympathiquement, ils peuvent néanmoins, par la persistance ou le retour fréquent des accidents (à moins que la nature n’opère la crise complète de la maladie par les fièvres (21), la goutte (22), les affections cutanées (23), les hémorrhagies et autres évacuations), dégénérer tôt ou tard (24) en vices organiques (25).
$ V. Traitement.
1. Traitement de la maladie causée par la pléthore. — Dès que la maladie reconnaît pour cause la pléthore , il faut recourir le plus promptement possible 1° à la saignée (26) du bras gauche , ou mieux du pied {27); 2° aux sangsues , que l’on appliquera , suivant les cas, à la tête, au côté gauche de la poitrine, aux vaisseaux hémorrhoïdaux ; 3° aux ventouses , soit sèches (28), soit scari-
(21) Petit, Essai sur la méd. du cœur, p- 116.
(22) Lancisi (De subitaneis mortibus, P. 60) et Sauvages (Nosol. méthod., t. 1) ont indiqué la goutte parmi les crises des palpitations du cœur.
(25) Lancisi, 1, c., p. 60 (abcès à l’anus).
(24) On lit chez Ange Victor (Consult., p. 417) un cas de palpitations de cœur qui durèrent cinquante ans. Smetius, in Miscell. med., c. x, p. 523, et Schenk, I. 11, obs. 24, rapportent des exemples semblables.
(25) H. James (Medico- chirurgical transactions, vol. vi, P. x, n. 1817) observe avec raison que, dans beaucoup de cas, les dilatations de l’aorte, de la veine cave et du cœur sont dues à des obstacles apportés à la circulation du sang dans des endroits fort éloignés.
(26) Galenus, 1. c. (comme moyen prophylactique dans les palpitations pé= riodiques ). — Liebault, Ergo cordis mahué pheborouix. Paris, 4580. C'est ce que confirment Hautermer, Salius Diversus, Van der Wiel, Zacutus Lusitanus, Ballonius . Sylvaticus, Plater, Sylvius, Rivière, Fr. Hoffmann, Ettmuller, Senac (L ce, $.15) et l’expérience journalière.
(27) Je dis avec Senac (1. c.) : « J'ai observé que les saignées du pied soulageaient plus promptement. » iÆ
(28) « Quelques praticiens et Rivière les appliquaient sur le thorax sans faire
fiées , appliquées à la région du cœur (29) , et surtout entre les épaules (30) ; 40 au nitrate et au surtartrate de potasse; 5° aux acides végétaux ; 6° à l’eau froide en boisson (31) ; 7° aux pédiluves tièdés (32). On recommandéra en même temps le repos da corps el de l'esprit et un régime peu abondant.
2% Traitement de la maladie due à un excès de sensibilite,— Pour dissiper les mouvements anormaux du Cœur ét des artères qui dépendent d'un excès de sensibilité de tout le système, rien n’est
comparable aux ‘émulsions préparées avec les semences de jusquiame noire et les amandes, auxquelles on ajoute du nitrate de potasse. L'eau de laurier cerise ou celle d'amandes amères par cohobation (33) possèdent une vertu analogué. T1 faudrait recourir aux feuilles de digitale pourprée (34), dans le cas où l'irritation artérielleprédominerait. C’ést alors aussi que l'on peut employer l'élixir acide de Haller (35) ét l’alun purifié (36). Si l’irritation affectait plutôt le système veineux (comme cela à lieu ordinairement chez les hémorrhoïdaires), on devrait s'abstenir de l'usage de ‘ces deux moyens , et recourir aux acidès végétaux (37), surtout à ceux qui jouissent en même temps de la propriété laxative (38). Les femmes hystériques nôn pléthoriques se trouvent bien de la liqueur
de scarifications, et ils comptent beaucoup sur ce secours. » Senac, 1. c.
(29) Zacutus LusHuaus, Prax. admir., 1, 1, obs. 155.
(31) Michaelis, in Hufeland’s Journal,
| 18 B., 5 St., p. 62, et in Loder’ 5 Hteal,
(32) « Les pieds plongés Tong-temps dans l’eau ont souvent calmé les palpitations. » Sénac, S 19. :
(33) À la dose de dix à vingt-gouttes,
(34) En infusion légère ou en poudre.
(85) P. éx. un scrupule dans une fivre d’eau commune avec ‘du sirop de fram-
“boises.
(36) Alun purifié, un demi-gros ; fai- .tes dissoudre ‘dans une livre “d’eau de fontaine, et ajoutez une once de sirop'de
violettes.
(57) Le jus de citron, de vaccinium
oxycoccus, de berberis vulgaris (dans les contrées septentrionales}, le jus fermenté de Es e de choux.
(58) La pulpe de tamarins, de casse, de prunes. «
‘Sang :
MALADIES DU DIAPHRÂGME,
anodine minérale d'Hoffmann ou de tal teinture de castoréum (39). On employaits autrefois le safran (4 0), le sel volatil
(41), Popium (42), et même l'électricité
(43). Les femmes hystériques affectées!
ën même temps de pléthore éprouvent “un soulagement très-marqué de l’usage
de la poudre anti-spasmodique de Sthal,
surtout quand les palpitations reconnais-
sent pour cause des affections morales.