Ozène catarrhal du sinus frontal
— Les abcès développés dans le sinus frontal sous l’inflammation d’un coryza , - sont désignés aussi sous le nom d’ozène catarrhal. On reconnait cette affection, en ayant égard à un corÿza précédent, à une douleur pulsative, obtuse, aiguë , occupant l'une des régions sus-orbitaires, à l'œdème de la paupière et à la rougeur de l'œil du côté affecté, qui a souvent perdu la faculté visuelle. À moins que le pus, dans cette grave maladie, ne vienne à se lrayer une voie large dans les fosses nasales, on doit s’at'endre à un dénouement terrible (82). En effet, le périoste détruit, le pus commence par ramollir, distendre ; ronger les os eux-mêmes; et ou il convertit en une seule cavité les deux sinus frontaux, après avoir fait disparaître la cloison qui les sépare (83), ou la lame osseuse qui forme la paroi interne du sinus, plus faible que l'externe, venant à céder à l'effort de la collection purulente quila pousse vers le cerveau, produit l’assoupissement, la stureur, et bientô', par sa rupture, l'apoplexie (84), ou la carie ayant ouvert une issue vers Ja paup:ère supérieure, remp'it celle-ci d’une sanie corrosive, ou bien enfin le pus se pratique une autre route du côté de l'orbite, et réunit en une seule cavité les fo:ses rasales et le sinus maxilläire.
Des excroissances spongieuses se développent quelquefois dans le sinus frontal lui-même, et, si l'on pèse la gravité de
(81) Chap. n, $3,n.5. . |
(82) Bartholinus, 1. c., cent. nt. — Richter’s Anfangsgrunde d. Wundarzn., 92 B.. 457.
(83) Sandifort, Obs. anat.- pathol., hante ip 3192240
(84) Richter, Obs. chir., fase, 11.
MALADIES ces productions morbides, on sera aisé-
ment convaincu que l’ozène catarrhal ne doit être abandonné aux seuls efforts de la nature que dans le cas où le pus aurait un libre écoulement dans les fosses nasales, et qu'il faut, sans apporter le moindre retard, recourir à la trépanation du lieu affecté (85). Les difficultés que l'on dit être attachées à cette opération (86) ne doivent nullement détourner de l'unique moyen qui pent encore sauver la vie du malade (87). Le voisinage du cerveau indique assez, indépendamment des recommandations d’un savant praticien (88), avec quelles précautions il faut procéder dans le reste da traitement, qui est presque lout entier du ressort de la chirurgie, ét surtout relativement à l'emploi des caustiques.
4. Ozène catarrhal du sinus maxillaire. —— L'ozène catarrhal du sinus maxillaire d ffère à peine de celui des” sinus frontaux, quant à son origine et à sa marche. On reconnait l'existence de cette affection, qui se présente assez fréquemment, s’il y a eu précédemment un coryza dont la résolution ne s'est point opérée ; si des signes généraux de suppuration se manifestent; s'ii survient une douleur pulsative, lancinante, lorsque le malade se couche sur la partie affectée, ou pendant qu’il se mouche; si la joue est rouge et gonflée, ou si l'os maxillaire présente, soit extérieurement, soit à la voùle palatine, une proéminence qui cède à la pression des doigts, et qui n’est pas partout exemple de fracture; si, tandis que la tête est penchée vers le côté sain, ou que l'on comprime la joue extérieurement , il s'écoule un pus où un ichor brunâtre, ou noirâtre et félide ; mais surtout s’ilesiste une fistule ou une carie. à la joue, à l'orbite, derrière les oreilles (89), aux gencives. aux alvéoles, au palais, et si en cet endroit les dents vacillent, paraissent plus longues, ou sont cariées. Les symptômes fournis par les excroissances fongueuses (90), poly-
(85) Richter, 1. c., $ 469, sq.
(86) Langouth, Pr. de sinus frontalis vulnere sine terebratione curando. Witt., 1748. — Haller, Coll. disput. chir., t4 1, n. 10.
(87) Beer, Repertorium, etc., 2 B., p: 74. |
(88) Richter, 1. c., p. 465.
(89) Poulain, Journal de médecine, L, XXXVI.
(90) Plainaud, Ubere, schwammichtes
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
peuses {91), par l'ostéostéatôme (92), affections qui accompagnent souvent l’'ozène, diffèrent à peine de ceux que nous venons d'énumérer. Le sinus maxillaire acquiert quelquefois dans cette maladie un volume énorme, ce que l’on a observé également par l'effet d'une simple col- Jection de mucus puriforme (93). 11 de- Yient évident par là que l’antre d'Hygmor peut ètre affecté d’hydropisie aiguë, extrémemeut dificile de distinguer de l'ozène (dont elle diffère toute’ois essentiellement par le défaut d’abcès). La principale cause de l’hydropisie aiguë du sinus maxillaire paraît être le coryzi chronique de la même cavité, lorsque celui-ci vient se joindre au coryza des fosses nasales. Alors, en effet, le gonfle-
ment général de la membrane pituitaire
bouche aisément l'ouverture qui fait communiquer le sinus maxillaire avec le méat moyen des fosses nasales, d’où résu'te la sécheresse de la narine du côté affecté. Danstous les cas, oti donne issue à la matière puriforme ou au pus renfermé dans la cavité maxillaire, tantôt par l'extraction de la troisième, de la quatrième molaire supérieure, ou d'une autre dent cariée (94), ainsi que par la section des membranes quitapissent le sinus et qui sont peut-être encore saines, tantôt par une ouverture pratiquée, soit à la tubérosité molaire (95), soit à la joue même, soit à la voûte palatine (96), en un mot, à l'endroit de la mâchoire le plus proéminent. Il faut prendre garde en mangeant de faire pénétrer quelque parcelle alimentaire dans le sinus par
l'ouverture qui établit une communica-
Gewachs des sinus maxillaris. V. Desault, Auserl. chir. Wahrn. a. d, Fr., {1h., Frankf., 4791. — Richter, 1. c. — Sylvi, Recueil des actes de la société de santé de Lyon, l'an vr, p. 419.
(91) Ruyschii Obs. med. chir., 77. — Richter, 1. c.— Boetcher, 1. c., p. 167. —
Sandifort, Mus. auat., tab. xxx, sq.
(92) Gerwey, Bcob. e. Osteosteatom's der Highmorshohle. V. Rust's Magaz. f.
d. gesammte Heilk. Berlin, 1818, 5 B., 2 Hefts: R
(95) Buckele, in Museum der IHeilkunde, 5 B., p. 150. — Ammaun, ibid., p. 455. -
(94) Meibomii, Diss. de abscessibus iuternis. Dresde, 1718.
(95) Lamorier, Mémoires de l’Académie de chir, de Paris, t. 1V.
(96) Richter, 1, c., $ 454.
tion accidentelle entre la bouche et cette cavité. S'il survient un ulcère avec carie et fongosités ; on doit le traiter par les moyens chirurgicaux (97): Les injections du sinus maxillaire par les fosses nasales (98) sont à peine conseillées par Richter (99).-
SIV. Ozsène métastatique, scorbulique, scrofuleux.
1. Osène méctastatique.: — L'ozène métastatique , admirablement bien décrit par Jourdain (100) et Bourdet(1), affecte les fosses nasales et l'antre d'Hygmor. Il se développe souventsans avoir été précédé du coryza; ses symptômes ne diffèrent point de ceux de l’ozène catarrhal, el l'on doit chercher ses causes principalement
dans la résolution imparfaite d’une rou-
geole (2), d’une variole (3), d'une blennorrhée urétrale (*) , antérieures. Dans la violence de la fièvre, nous avons même vu, ainsi que d'autres (*), la gan-
oo
(97) Richter, L. c., $ 426. En outre Loder (in Progr. paracentesecs sinus maxil- Jaris historia. Jen., 1795) a savamment exposé tout ce qui a rapport à ce sujet.
(98) Jourdain, Mémoires del’Académie de chirurgie de Paris, t. x, edit. in-8, p- 47:
-(100) Traité des dépôts dans le sinus maxillaire, des fractures et des caries de l’une et de l’autre mâchoires. Paris, 1760. V. Haller, Bibl. chir., vol. 11, p.
(1) Diss. sur les dépôts du sinus maxillaire. Paris, 1764.
(2j Weudt, Nacbricht v. d. klin. In stitut v. Erlang.
(3) Devers, dans Desault, Journal de chirurgie, vol. 11, n.24, et dans le Journ.
de médecine, 1. xc1, p. 281.
(*) En 18920, j'ai traité un jeune scrofuleux qui avait été souvent sujet au Coryza pendant son enfance, et qui, à la suite d’une blennorrhée urétrale négligée et mal traitée, fut atteint d’un ozène des fosses nasales excessivement intense. La décoction de salsepareille, les cautères au bras, Pæthiops antimonial, apportèrent quelque soulagement; mais la guérison presque complète de la maladie est due à l'introduction dans l’urètre, pour rappeler l'écoulement ancien, de bougies enduites d’onguent oplhthalmique rouge.
(*) Reimar, Vorrede ad Antrechaux von d. Pest. in Toulon, p. 73.
grène attaquer le périoste du sinus maxillaire. Le traitement ne diffère point de celui de l’ozène catarrhad. En outre, c'est ici le cas de recourir aux cautères du bras, au rétablissement de la blennorrhée ; ainsi qu'à l'usage de la décoction de-douce-amère et de racine de squine et de bardane.
2 Osène scorbutique. — L'ozène scorbutique est aussi exclusivement propre à l'antre d'Hygmor, etil n'est pas étonnant que-la désorganisation de la bouche, et surtout des gencives, vienne à se communiquer à la cavité maxillaire, communicalion toutefoisque nous avons seulement-observéedans l’âge avancé, où il n'existe plus de dents molaires. On ne
rencontre dans aucun cas une fétidité’
aussi insupportable que dans celui dont il s’agit ici. La inort, qui précède quelquefois, la gangrène (4), est inévitable.
Le traitement doit être dirigé d'après celui du scorbut (5).
8. Ozène scrofuleux. — La diathèse scrofuleuse prépare la voie aux causes de toutes lesespèces d’ozène; ilnoussouvient même à peine d'avoir observé de ces sorles d’affections dues à un coryza précédent, chez d’autres sujets que chez les scrofuleux. Mais nous n'avons jamais vu l’ozène simplement serofaleux affecter d’autres parties que les fosses nasales, ét cela seulement vers l'extrémité du nez.
Cet endroit, en même temps que les autres, el souvent Ja lèvre supérieure, sont gonflés, rouges, luisants, et couverts de tubercules, de petits ulcères, et de croûtes qui tombent et se renouvellent sans cesse. Il existe rarement du prurit. Les narinessont fréquemment bouchées, surtout quandl'affection externe diminue ou disparaît pour un temps. Dans ce cas, les yeux participent aussi à la maladie et font craindre une fistule lacrymale. L’affection que nous décrivons attaque ordi-
nairement les enfants des deux sexes, de
la quatrième à la septième- année. Plus tard , nous ne l'avons observée que chez les femmes; et chez celles surtout quine sont pas bien réglées ; en pareil cas, elle est souvent liée avec l’ulcération de la tête (6) et la teigne. Quelquefois, principalement lorsque le malade éprouve du
(4) Saviard, Nouveau recueil d’obser- Vations de chirurgie.
(5) P.uir, chap. du Scorbut.
(6) Eph, nat, cur., dec. u, an, 40, 0bs. 43, |
MALADIES | prurit dans les fosses nasales, il existe des |
vers intestinaux dont personne n’ignore l'influence sur cet organe (7). Il faut en gé- | néral s’enquérir avec soin s’il n’y aurait |
pas, outrela maladie scrofuleuse, quelque |
vice syphilitique latent, L'ozène scrofu- | leux simple s'accompagne rarement de :
-carie , et dès-lors, à l’aide de beaucoup
de patience , on parvient du tnoins à le |
guérir plus facilement que les, autres. es-
pèces de la même,affection. Pour cela, le |
malade doit être exposé à l'influence
d'une température modérée , toujours :
égale, d’un air pur, et s'abstenir de porter les doigts à son nez. Ilest surtout
nécessaire d'attendre la chute spontanée |
des croûtes et de ne recourir pour cela à aucune espèce de topique, car ici tout est irritant, excepté dans quelques cas la crème de lait et la décoction de mauve. Il est au contraire utile de faire
usage des révulsifs, tels que l’onguent ou Pemplâtre de tartre émétique, employé
en frictions ou appliquésur la nuque; le
calomel ou la racine de j:lap, comme :
purgatifs, mais surtout les cautères aux bras. Ou doit combattre en même temps, autant que possible, la diathèse scrofaleuse par un régime convenable et les moyens curatifs indiqués. L'hydrochlorate de chaux et l'æthiops anlimonial, à très-pelites doses, l’emportent sur tous les autres médicaments; je dis à très-petites doses, car si la légère quantité de mercure que contient l’æthiops antimonial vient à provoquer le ptyalisme, tout est au pire ; ce que Pon comprendra sans peine si l’on fait attention aux rapports qui unissent la cavité buccale avec les
fosses nasales. En outre, l’usage interne :
de la décoction de violette tricolore a des effets d'autant plus salutaires que le malade est plus jeune.
$ V. Ozène arthritique, venérien, carcinomaleux, lie à la plique, et le preux. |
1. Osène arthritique. — Le coryza négligé chez un sujet atteint d’arthritis dégénère quelquefois en ozène, qué l’on peut appeler arthritique. Nous avons vu aussi les dartres du scrotum dissipées sans précaution se porter sur la membrane pituitaire. La partie affectée était devenue le siége de prurit, de rougeur,
(7) Buchner, Diss. de pruriente naso frequente vermium indice, Hal., 1757,
DES YEUX; DES OREILLES ET DES NARINES
de pustules miliformes qui gagnaient-la lèvre supérieuré et répandaient une odeur fétide. On combattait la maladie par des cautères aux jambes (8), la décoction de douce-amère, les bains sulfureux, et l’on faisait inspirer par les narines de l’eau tiède avec du lait. Les calculs développés dans les fosses nasales (9) sont-ils d’origine artbritique? -
2. Ozène vénerien. — La forme de la syphilis la plus funeste est l'ozène appelé vénérien , maladie qu'ont spéciale-
® ment décrite Hundertmark (10) et Meyer
(11), outre les auteurs qui ont traité de
l'infection syphilitique en général. Elle
a fréquemment son siége dans Les fosses nasales proprement dites, quoique les sinus frontaux et maxillaires n’en soient pas toujours exempts. En général, l'ozène dont il s’agit se développe avec une extrême lenteur. Le malade n’éprouve autre chose au début que la gène qui résulte de l’une des fosses nasales (rarement des deux) bouchée, gène qu’il s’efforce de vaincre en inspirant ou en expi:
rant fortement l'air par les narines , ou bien en comprimant les côtés du nez avec le doigt. Peu à peu il survient de la douleur dans le nez. Tous ces symptô-
mes s’exaspèrent le soir et diminuent
d'intensité le matin. Quelques malades sont momentanément soulagés par l'éternument ; cependant, le nez acquiertun volume plus considérable, soit en totalité, soit d’un seul côté, et les fosses nasales se remplissent de croûles de différentes formes, souvent en spirale, qui cachent
fréquemment de petits ulcères à fond
lardacé , à bords rouges et élevés. Au bout d'un ou de deux ans, les narines, d’ailleurs sèches, après être devenues le siége d’une fétidité insupportable au malade lui-même, laissent écouler quelques gouttes d'un ichor brun ou notrâtre et de mauvaise odeur. Cet écoulement a le plus souvent lieu après la chate spon-
om
(8) On peut voir déjà daus Scultet (in Armament. chir., obs. 57) et dans les Eph., an. 3, obs. 214, combien. grande est l'influence des cautères dans quelques espèces d’ozène. Les sétons n'ont pas une moindre efficacité, d’après le témoignage de Fabr. de Hilden, cent. 11, obs, 253,
(9) Gabr. Clauderi Coll. acad., t. ur, p. 609.
(10) Pr. de ozæna venerea. Lips., 1758.
(41) Commentatio de ozæna vencrea çasus singularis. Hamb:, 1785.
, A Fe tanée ou provoquée des eroûtes. Mais bientôt l'apparition de fragments osseux
‘qui se séparent de l'endroit affecté vient
inspirer au malade l'effroi le plus terrible. Cet accident amène bien un peu de soulagement ; mais, par suite de sa continuité, là cloison ne tarde pas à être détruite, la racine du nez tombe. Ses ailes restent béantes, et une odeur fétide, repoussante alors aussi pour les assistants, s'exhale d'une cavité hideuse qui est quelquefois le siége d'un écoulement sanguinolent. Quand les choses sont parvenues à ce point, la luette, le palais, les sinus maxillaires et frontaux se désorganisent; la voix s’altère, devient aiguë, dé-
. sagréable, nasillarde; les aliments et les
boissons remontent dans les fosses nasales; les orbites et les yeux participent au désordre. J.-P. Frank (12) a vu sur un individu mort à Bruxelles les fosses nasales détruites en totalité, ainsi que les os et le voile du palais, par un ozène vénérien, de manière à ne plus constituer avec les sinus maxillaires qu'une grande cavité d’un aspect horrible. En général, la carie attaque d'abord les os les plus légers , comue les cornets, l’ethmoïde, et plus tard , seulement les autres os plus durs.
Ce n’est point ici le lieu de parler de la cause de toutes ces graves altérations , c'est-à-dire de la contagion syphilitique, tantôt immédiatement appliquée sur l’organe malade, tantôt communiquée par voie indirecte: Nous dirons seulement qu’en pareil cas le diagnostic est trèsdifhcite , sans un aveu du malade à cet égard; car, bien que l’ozène vénérien ait ses signes caractéristiques, comme le développement lent de la maladie, toutefois avec progrès rapides de là carie, l’odeur fétide des fosses nasales, et surtout l'écoulement d’ichor brun ou noirâtre, dont elles sont le siége, nous avouerons cependant que tout cela ne suffit point pour porter un diagnostic certain (à moins qu’il n’existe en même temps auprès de la partie affectée des ulcères offrant le caractère tout-à- fait vénérien, ou d’autres symptômes syphilitiques). On rencontre surtout les plus gra ves diflicultés si l’ozène s'est développé sous l'influence d'autres causes ; par exemple d’un corÿza chez uu individu qui porte encore sur lui le germe d'une infection vénérienne antérieure qui n’a pas été entièrement déracinée. Boerhaave
(12) Le C9 P° 112,
pronostic : Qui præter id, quod art
hé
potestas habet, promiltere non vult, ca, went n: Lre
“appropriés et surtout à un régime conve- 724 e .
nable. Il faut user avec précaution des
vebit inania jactare, quando fœdum , putrem , rancidum ichorem naribus emungi copiose videt...» «Sed, omnia bona sedulo applicans, negligens nihil, varia tenlans, semper interim de exitu sollicitus in prognosi prudens vstentores securus ridebit, dum interim miserescit æsris(13).En effet, ilsera souvent possible, à l'aide d’une bonne médication, d'empêcher que le vice vénérien ne porte ses ravages dans le reste du corps, et d'arrêter les progrès du mal, alors mème que des parties osseuses ont déjà été dé-
truites par la carie, et que d’autres ont
contracté des adhérences entre elles par l'effet du ramoilissement (14) dont elles étaientlesiége. Mais la diformité qui résulte de cesaltérations restera toujours incarable el ne disparaitraque par un nez urtificiel. Le traitement de l’ozène vénérien sera indiqué dans notretraité dela syphilis (15); mais, en attendant, il sera bon de
se rappeler qu'il n’est aucune forme de Ja maladie vénérienne qui réclame plus
de temps et de patience quel’ozène, pour laquelle il ne suffit pas d'un traitement de quelques mois, mais de plusieurs années. Nous commencons par administrer le sublimé à l’intérieur, à moins que les contre-indications ordinaires ne s’y opposent. La marche de l'affection étant enrayée par ce moyen, nous avons recours à une médication plus douce, savoir : aux frictions avec l’onguent mer-
curiel , à petites doses, par exemple de-
puis un demi-scrupule jusqu'à un scrupule par jour, jusqu’à ce qu’il survienne des symptômes de salivation. En effet, la méthode violente que plusieurs conseillent, et que nous ne reje'ons pas absolument dans les autres formes de la syphilis, est ici évidemment nuisible. Il importe aussi beaucoup de tenir compte des complications de la maladie avec les diathèses scrofuleuse, arthritique, carcinomaleuse , qui entretiennent fréquem-
(15) In Præfat. aphrodisiaci.
(14) Chez une femme qui avait été affectée autrefois de syphilis, les ouvertures postérieures manquaient, à cause de l’adhérence du voile du palais avec la paroi postérieure du pharyax. V. Otto, Soltene Beob. z. Anatomie, Physiol. u.
# Pathol. gehorig. Breslau, 1816.
le m he :
nent ne soit associé à d’autres remèdes
moyens locaux de peur d'irriter la partie affectée. Un mélange de solution de sublimé corrosif et de décoction de mauve (16), avec addition de quelques gouttes de laudanum de Sydenham, pour les malades très-sensibles, mélange que l’on fait inspirer au malade par les narines, une où deux fois par jour, tel est le moyen qui nous à paru préférable en pareil cas. S'il s’ensuivait de l’irritation,. il faudrait la calmer promptement avec la solution d’acétate de plomb. Nous avons combattu la carie avec avantage par l'acide phosphorique dissous dans l’eau ou ue infusion de sauge, et appliqué aux parines.
3. Ozène carcinomateux, lié à la pli que et à la lèpre. — Des ulcères cancéreux peuvent se développer dans les fosses nasales (ozène carcinomateux) comme partout ailleurs. La maladie débute le plus ordinairement par un noyau dur à l'extrémité du nez (squirrhe). Dans d'antres circonstances, elle est précédée de prurit, et présente d’abord une papule rouge dans quelque point du même organe, laquelle finit par se convertir en un ulcère cancéreux. La partie affectée est évidemment gonflée, et fournit un ichor fétide. Cette affreuse maladie ne nous à jamais paru plus fréquente et se développer avec plus de rapidité que chez les individus affectés de la plique.
Mais en outre, il existe très-certainement un ozène tenant uniquement de la nature de la plique. Les premiers symptômes de celle affection sout la sécheresse, le rétrécissement des fosses nasales, et quelquefois l'anosmie. Vient ensuite le gonflement du nez, dont l'accroissement progressif amène un écartement si considérab'e des ailes de cet organe que la capacité des fasses nasales en est doublée. I n'est point rare de voir le nez se rélracter pour ainsi dire sur lui-même.
La membrane pituitaire se couvre d’un grand nombre de petits u'cères qui se transforment en croûtes noires: lorsqu'elle est détruite, les cartilages,, celui de la cloison principalement, se désorga-
EE g
(16) Par exemple, un grain de sublimé dans une once d’eau distillée, pour six onces de décoction de mauve
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES. 45
nisent à leur tour, et la peau de la face la plus rapprochée du mal devient en même temps livide. Les glandes sousmaxillaires sont souvent gonîflées; les oreilles font percevoir des tintements, Ja tête devient douloureuse, pour ne rien dire des autres symplômes prop'es à la diathèse de la plique (17). A l’état avancé, la maladie présente l'aspecl carcinomateux, mais il faut bien se garder de confondre un uleère syphilitique des fosses naäsales, survenu accidentellement chez un sujet affecté de la plique, ce qui arrive fréquemment, avec l’ozène, qui ne reconnait d'autre cause que cette dernière maladie. Examiné avec attention, celui-ci offre la plus grande analogie avec Jozène lépreux. On sait en effet que, dans la lèpre, les fosses nasales sont desséchées (18), rétrécies (19),. excoriées (20); que l’odorat diminue (21), que le nez acquiert un volume anormal (22), ct que la face devient livide (23). On dit que la racine de salsepareille a produit de bons résultats dans l’ozène carcinomaleux (24). Pour ce qui concerne les deux autres espèces d'ozène, nous sommes forcés de renvoyer le lecteur au traitement général de la ptique et de la lèpre.
D Ge “en am + go
(18) « Nares desiccantur. » (Haly Abas, Theoric., 1. van, c. xv. Deelephantia.)
(19) « Et apparet in naso, et fortasse fit opilatio in naso, et privatio olfactus. » (Avicenna, lib. can. 1v, fen. 111, C. 11, De signis.) « Apgustatio narium unde (ægri) videntur loqui cum naso. » (Theodoricus, in Chirurgia, c. Lv. De lepra.)
(20) « Item cognoscuntur (leprosi) ex vulnere (ulcere) existente in naribus. »
(Arnold Bachuone S. de Villa-Nova, Op.
de signis leprosorum).
(21) Hensler, V. Abendland. Aussatze, elc., p. 157. 4
(22) « Nares eis (leéprosis) gracilantur,
aut maxime ingrossantur, et difficile emitluut flatum per nares. » (Lanfrancus, in arte complet. chir., c. vu. De lepra et indiciis leprosis.) (25) « Signa (lepræ) infallibilia sunt… di'atatio narium exterius, et coarctatio interius cum difticullate auhelitus, et quasi si cum naribus loqueretur, et color faciei lividus. » (Gordonias, in Lib, med., P.1,c. xxr1. De lepra).
(24) Abb. f. pr, Aerzte, 4 th., 2 Heft., P: 141.