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CHAPITRE XIII, — DE L'É?ISTAXIS

$ Ier, Définition. Litterature. Angiologie des fosses nasales.

1. Definition. — On nomme epistaxis (25) un écoulement de sang par les vaisseaux internes du nez. +

2. Litiérature. — Coschwitz (26), Sebiz (27), Luder (28), Schenk (29), Vogler (30), Ubbenius (31), Wedel (32),

Sartorius (33), Lombard (34), Walds-

chmid (35), Eysel (36), Albert (37), Haen (35), Goebel (39), Jantke (40), Proust

(25) Synon. Rhinorrhagie sanguine ; du grec, pv, nez, hémorrhagie (car les anciens entendaient: sous le nom d'hémorrhagie, sans désigner le siége, celle qui a lieu par les narines); français, hémorrhagie, ou saignement de nez; allemand, Nasenbluten; anglais, bleeding,-or hæmorrhage from ‘he nose; polonais, Krwotok z nosa. |

(26) Diss. de hæmorrhagia narium.

Basil., 1616...

(27) Diss. de Argent., 1649.

(28) Diss. de Altd., 1665.

(29) Diss. de Jen:, 1668. à

(30) Diss. de Helmst., 1675.

(31) Diss. de hæmorrhagia narium.

Ludg. Bat,, 1676. | L

(52) Diss. æger hæmorrhagia narium Jaborans. Jen., 1679, et Diss. de hæmorrhagia narium. Jen., 1718.

(33) Diss. de admiranda narium hæmorrhagia nuper observata. Altd., 1682,

(34) Diss. de hæmorrhagia narium..

Marb., 1686. |

(55) Diss. de hæmorrhagia narium.

Marb., 1686. |

(36) Diss. de hæmorrhagia narium.

Erf.,; 1687.

(37) Diss. veram pathol. hæmorrhagiæ narium Sistens. Hal., 1704.

(38) Diss. de hærmorrhagia Argent., 1711, PME

(59) Diss. de hæmorrhagia in genere,

hæmorrhagia narium.

hæmorrhagia narium, hæmorrhagia narium.

hæmorrhagia narium,

narium.

et speciatim narium. Ultra]., 1747.

(40) Diss. manductio ad theoriam, et praxin de hæmorrhagia narium. Altd., 41751,

(41), Boehmer (42), Pluskey (43), Acrel (44), Eltz (45), Kletten (46), ont bien publié sur l’épistaxis des opuscules estimables, mais la seule monographie compiète de celte maladie qui existe est due à Ernest Onofrio (47), auteur à peine connu (48), que mon père a suivi dans son beau chapitre sur l’épistaxis (49), auquel il n'y à presque rieu à ajouter.

* 8. Angioiogie des fosses nasales. Par la raison qu'Onofrio doit à des connaissances anatomiques approfondies d'avoir excellé dans la doctriné de l’épistaxis, nous engageons le lecteur, en commen-

cänt ce chapitre, à se rappeler l’angiolo-

gie des fosses nasales (50).

(41) Diss. de hæmorrhagia narium in

senibus. Hal., 1752.

(42) Diss. de sanguinis profluvio e naribus, eo; quod in senibus observatur.

Hal., 1774,

(45) Diss. de hæmorrhagia narium, Vien., 171717. | \

(44) Diss. dé epistaxi. Upsal.; 1797, V: Rudolphi; Schwedische Annalen, 4 Heft., p. 195.

(45) Diss. de hæmorrhägia narium.

Wittemb., 1798.

(46) Pr. de hæmorrhagia /narium in morbis acutis critica, et salutari. Witt.,

(A7) De näriuin hæmorrhagia commen- LÉTUULRE NN ES

(48) Ainsi le savant Ploucquet n’a pas dit un seul mot d'Onofrio. V. le Répertoire de médecine pratique et de chirur-

“gie, art. Hémorrhagie nasale,

(49) Epitome de eur. hom. morbis, vol. v, p. 11. Cfr. Arcimowicz, Diss, de epistaxi. Viin.; 1819.

(50) « Veriarum historia pene tuimur, » disait de son temps Haller

- (Elem. physiol., t. v, p. 150). Depuis

celle époque la lacune a été admirable-

miënt bién reniplie par I. G. Walter, dans

son Epistola anätomica de venis oculi.

Berol., 1778. « Copiosis admodum, ditil, nec multum anteriore superficie custodiis, posterius vero cum ossibus, atque cum cartilaginibus fortiter connexis vasis irrigantur (narium antra), quæ otiginem habent ex spheno-palatina arteria eum anteriore, fum posteriore, ex palatina, ex infraorbitali, ex dentali superiore, et posteriore, et quod praclicorum magis attentionem meretur, ex arteria éthmoidali Cum anteriore, tum posteriore ; quæ yero in venas correspondentes deplentur, et quidém per venas sphëno-palatinas, quæ conducunt sanguinem in unur ex ramis profundis jugularis externæ, et per

desti-

SIL. Symplômes. f 1, Symptômes precurseurs.--Il n'est point rare que l'épistaxis survienne sans!

signes précurseurs. Chez beaucoup de!

sujets cependant, cet écoulement est an-!

noncé par des vertiges, de lasomnolence, | de la stupeur, des terreurs pendant le’ sommeil, comme si des spectres rouges | et effrayants se présentaient devant les!

yeux; par la rougeur et la chaleur, soit!

d’une joue, soit d’une oreille; par des; douleurs de tête, par l'éclat, le trouble, | le larmoiement des yeux ; par des tinte-!

ments d'oreille, des bourdonnements, la:

surdité; par le battement plus fort des:

artères des tempes et du cou, par un sentiment de plénitude, de tension, de sé-:

cheresse, de chaleur, de prurit et de chatouillement dans les fosses nasales; par un pouls plein, onduleux, battant deux.

fois sous le doigt, ou dicrote, quelque- !

fois vibrant, sur l’un des bras seulement; par les selles et les urines rares, la sé-} cheresse de la peau; par la tension , sans !

douleur, de la région précordiale ; par | des palpitations de ventre et des anxiétés !

subites.

2. Symptômes constitutifs.—Le sang | coule des narines, tantôt goutte à goutte, :

tantôt par un filet assez peu considéra- | ble , et dans l’un et l’autre cas, des deux | côtés à la fois, le plus ordinairement. | Mais dans d’autres circonstances, l’é- | coulement est comme une espèce de tor- | rent quise précipite , non-seulement par | les deux ouvertures nasales, mais encore !

par la bouche. Les observations, plu-.

sieurs fois confirmées par notre propre:

expérience, d'Amatus Lusitanus (51), de! Rbodius (52), de Fabrice de Hilden (53), |

vénas eéthmoidalés anteriorem, et posteriorem, nasalemique , quarum sanguis in !

truncum venæ ophthalmicæ;, et ex hoc in.

sinum cavernosum cerébri ducituf. »

L. c. Or nous croyons inutile d’observér ici que les artères des fosses nasales pro:

viennent, tant de la carotidé externe que de l’interne, et que les veines versent le sang qu'elles en reçoivent, en partie dans les jugulaires externes, et en partié dans les internes, par les sinus apparënts du cerveau, d’où ce liquide va se jéter de chaque côté du cou, danis les veines sous:

clavières. | (51) Cent. n, cur. 100 (de 20 à 99 li= vres. ë (52) Cent. 1, obs. 99 (18 livres dans l'espace de 36 heures). 7 (55) Cent. 1, obs. 16; 11, obs. 15; Sét;

EL

DES YEUX ; DES OREILLES ET DES NARINES

Schenk (55', de Blankard’ (56), de Bucholoz (51) et autres (58), montrent jusqu’où peutaller la quantité de sang perdu en pareil cas. Quant à sa qualité, nous avons toujours trouvé cé liquide à l'état normal, sauf une consistance moindre où plus grande. D’autres ont observé qu'il était presque froid (59). Il n’est point rare de voir le sang se coaguler en une espèce de polype long et rouge, qui pend sur les lèvres, et dont la chutéest suivie d’un écoulement plus abondant.

SIT, Causes.

1. Causes prédisposantes.— Les prédispositions à l'épistaxis sont : l'enfance (60), principalement celle que caractérisent un esprit vif et uné organisation peu ferme, mais sensible et vigoureuse ; le sexe masculin avant la puberté (61),

an, obs. 2; n,v, obs. 72; vi, obs. 77.

: (64) Anatom. renov., L. 11, €. vi (48 li- YVES" , |

(*) L. xin1, 6bs. 10, 14 (12 livres).

(55) L. r, obs. 188, 360; I. 11, obs. 78.

(56) Colléct. med. phys., cent. vn, n. 27.

(57) Tode, Med. chir. Bemerk,, 2 B., p. 84. »

(58) Act. erud, Lips., 1688, p. 205 (75 livres én dix jours). Nov. act. nat. cur., vol. vu, 6bs. 22, Eph. nat. cur., dec. 1, an, 4, obs. 24; an. 2, obs. 295; dec. n, lan. 2, obs. 154 (une des veines extérieures du nez avait été ouverté) ; an. #0, .6bS. 147; dec. 11, an. 2, obs. 132 (par les angles des yeux en même temps) ; an. 9, 10, obs. 186. à (59) Clauderus, in Eph. nat. cur., dec.

11, an. 4, obs. 139 (chez une ferñnme scorbutrque) . Mon père a observé sur luimême, étant affecté du tÿphus, à Rastad,

de Bartholin (54), de Forestus (*), de | | |

en 1771, que le sang qu'il avait pérdu

par une épistaxis était présqué froid.

| (60) On possède cependant quelques exemples d’épistaxis survenus chez de três-jeunés enfants. Ainsi Wedel l’a obsérvéé sur un enfant de treize semaines (Abhandi. d. Akad, d. N. F., 15 B., Wahrnehm , 79), et Poblius sur des nouveau-nés. (J.-P. Frank, Delectus opusc. med., vol, vin, p. 291.) Ag moment où j'écris, j’ai devant les yeux un enfant, non encoré sevré, qui souffre en même temps, et de l’éruption de ses dents canines, et d’une épistaxis inquié:

lante. ;

(61) Plus tard, en effet, elle devient plus fréquente chez les femmes, parce

# un vice héréditaire (62), les scrofules , une constitution annuelle inconnue (63), le printemps, surtout si au froid d’un hiver rude succède brusquement üne température trop chaude (64).

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