‹ Traité de pathologie interneChapitre 252 sur 277 · Diagnostic relativement au sang · texte numérisé non relu

Diagnostic relativement au sang

— Ji ne faudrait point, par cela seul qu'un liquide présente la couleur rouge, le considérer aussitôt comme du sang.

On a débité à cet égard, sous le nom de prodiges de sang (37), une foule de fables qui ont fait autrefois grand bruit; il s’agit de soleil de sang (38), de pluies de saug (39), de croix rouges apparues dans les airs (40), de pierres de sang (41), d'eaux sanglantes (42), de pain sanglant (43), de plantes arrosées de sang (44),

(32) Haller, Elem. phys., t. n. Cfr.

Arnold Gulici, Meditationes theoreticopracticæ de furore hæmorrhoïdum internarum. Lugd. Bat., 1753,

(33) Stabl, L. c.

(34) Fr. Hoffmann, 1. c.

(35) Brown, Elem. med.

(36) Stahl paraît avoir posé les fondements de cette opinion que J. Hunter (vom Blute) a clairement développée.

Sont venus ensuite J.-P, Frank et Bichat,

(37) Diss, de prodigiis sanguinis, auctore Stark, præside Beckmann. Francf, ad Viadr., 1676. |

(58) Conr. Lycosthenis, Prodigiorum acostentorum chronic.

(39) Strada, dec. 1, lib. vr.—Gassendi, dans la vie de Peirescius, 1. 1, p. 270.

(40) Michel Sachse, Kaïiserchronik, p.

4, f. SAL.

(Ai) Lavacrum conscientiæ, CaP. XVe — Nauclerus, vol. 11, gen. 34.

(42) Calvisius, in Opp. chronol., fol.

533.— Hérold, in Vunderbuche, fol. 349 (fontaine de sang qui parut à Gênes en 933).— Job. Phil, Abelin, Chron. cont., ab au. 29 ad an. 53, fol. 486, an. 1624 (sang dans les fossés de Leypsik).—Wals ter, Blutpredigt, p. 5 (glace recouverte de gouttes de sang qui parut à Husum dans l’Holsace).

(45) Au commencement de la guerre d'Italie, sous le consulat de L, Martius et de Sextus Julius, on vit couler du sang des pains que l’on distribuait aux soldats, à Arezzo, Op. Jul. Obsequent, De prodi giis, c. ex. Cfr. Wolf, Lect. mem., t,. 1, fol. 511 et 346, et t. 11, fol, 556 et 559,— Walter, I. c. L

(44) Stark, 1, ç., p. 27.

DU PÉRICARDE , DU COEUR; DES ARTÈRES ET DES VEINES

elc. (45). La présence de ce liquide se reconnait ordinairement à sa coagulation que l’on obtient à l’aide de la chaleur ou des acides minéraux. Mais la certitude absolue sur ce point ne peut résulter que de l'analyse chimique (46), qui, du reste, n’a pu encore jusqu'ici être confirmée par la synthèse où recomposition du sang (47),

… 2. Diagnostic des hémorrhagies inlernes.— Les hémorrhagies internes (48) sont indiquées par des maladies antérieures des arlères et des veines, une prostration subite des forces, la päleur, la petitesse ou l'absence du pouis, les convulsions, les syncopes et la mort (49).

. 8. Division des hémorrhagies en Primilives el sympiomatiques. — Bien que l'écoulement du sang mérite de fixer toute notre attention, nous devons nous garder cependant de le prendre dès le premier abord pour une maladie primitive, attendu qu’il n’est bien souvent qu'un symptôme d’autres affections, inflammatoires surtout.

4 Heémorrhagies traumatiques. — On doit mettre au premier rang, parmi les hémorrhagies primitives, celles qui dépendent de la disjonction et ‘de la lésion (par diérèse) des fibres, dues ellesmêmes, fantôt à une violence extérieure, mécanique ; tranchante, piquante, con-

tondante, déchirante (par rhexis), et tan-

(45) Hume, History of London, vol, Y; p. 275, 276, 278, - (46) Les analyses chimiques du sang les plus récentes sont dues à Berzélius (Afhandlingar i Fysik, d, 1}, — à Brand (Philosoph. transact. for the Y. 1812), à Ev. Home (ibid. for the Y. 4818 et 1820)— et à Davy (ibid, for the Y. 1814).

(47) Grindel{Hufelard’s Journal, 1811, 8st., p.97, 405, et 1819, 9 st. p:°99, 114) avait promis de fabriquer du sang artificiel avec de l’albumine, de l’eau, du sel de euisine et du phosphate de fer blanc, par le moyen d’un conductèur galvanique. On trouve la réfutation de cet auteur par le docteur Fischer dans Sceweiger’s Journal f. Chemie u. Physik., 9 B., 4 Heft,, P- 359, 400.

(43) Calvet, EL ce.

. (49) L'histoire des hémorrhagies internes se trouve exposée pour le cerveau dans le traité de l’apoplexie, pouria poi:

trine dans celui de Ja pneumorrhagie, pour l’abdomén et la cavité pelvienne

dans les traités des hémorrhagies du

péritoine et de l'utérus.

tôt à une érosion déterminée par des substances âcres (par diabrose), Nous formons un groupe de toutes les hémorrhagies de ce genre sous le nom d’hémorrhagies traumatiques.

5. Hémorrhagies dues à des obstacles mécaniques. — Viennent ensuite les hé morrhagies occasionnées par des obstacles mécaniques, obstacles sous l'influence desquels le sang, obéissant aux lois de l'hydraulique » Se porte vers les parties qui lui offrent le moins de r'ésistance , soit en dilatant le diamètre des radicules vasculaires (par anastomose), soil en séparant les unes d'avec les autres les fibrilles encore intactes, qui représentent alors une espèce de crible (par diapédèse), On doit rapporter ici les hémorrhagies qui dépendent de l’oblitération , du rétrécissement , de la dilatation, de l’ossification des vaisseaux sanguins eux-mêmes, ou de l’obstruction d'autres viscères, Dans quelques cas, il s’agit moins d'un obstacle que d’un stimulus qui irrite, en un point éloigné ,

les nerfs de la partie d’où le sang s'écoule

(50); on dit alors qu'il y a hémorrhagie par sympathie, '

6. lémorrhagies inflammatoires, — Elles sont occasionnées par une quantité de sang trop considérable, peut-être aussi par la nature trop irritante de ce liquide, et s’accompagnent d’un état inflammatoire du cœur, des artères et des veines.

Dans ce dernier cas, le sang parait êlre sécrété de la même manière que la lymphe coagulable, Ces sortes d’hémorrhagies, que nous nommons inflammatoires, sont appelées actives, hypersthéniques par d’autres.

7. Iémorrhagies rhumatismales. — Les hémorrhagies causées par la suppression de la transpiration, et que l’on doit appeler rhumatismales, se rapprochent beaucoup des précédentes.

Page 1