Hémorrhagies gastriques. — Elles
embrassent les écoulements de sang, qui sont déterminés par les saburres, la bile, les vers, les gaz intestinaux et les maladies des viscères de l'abdomen. Parmi ces hémorrhigies , les unes dépendent d’une influence nerveuse, et les autres d'un obstacle mécanique.
M {émorrhagies arthritiques, ee Quiconque se rappellera l'influence de la diathèse arthritique sur le cœur , les ars | tères et les veines, ne sera point surpri-
ET Pare
(50) Y, plus loin le n, 8.
que nous admettions aussi des hémorrhagies arthritiques. \
10. Hernorrhagies scorbutiques. — Personne n’ignore que la diathèse scorbutique est une cause d'hémorrhagies.
Nous donuerons l’histoire de ces dernières dans le traité du scorbut, où nous examinerons en même temps la maladie tachetée hémorrhagique de Werlhoff.
11. {lémorrhagies atoniques. — Les ex'mples d'hémorrhagies par inanition prouvent que la simple atonie des vaisseaux peut devenir une cause d’écoulements de sang. L'épithète de passives ou asthéniques convient très-bien à ces sortes d’hémorrhagies. Mais il ne faudrait point rapporter à l'atonie Îles phénomènes que la frayeur, déterminée par la vue du sang, occasionne quelquefois. Un semblable accident peut en effet, dans toute espèce d’hémorrhagies, amener la päleur de la face, le froid et la sueur des extrémités, le tremblement des membres, les palpitations du cœur, la petitesse du pouls, et autres signes qui annoncent une grande débilité.
12. lémorrhagies nerveuses, — Tout ce que nous avons dit précédemment démontre la grande influence du système nerveux sur le cœur et les vaisseaux sanguins. Les hémorrhagies qui proviennent d'une semblable source doivent être appelées nerveuses.
13. Observation. — La division que nous avons adoptée, par rapport aux hémorrhagies, n’exclut point celle qui distingue les écoulements de sang, selon que ce liquide provient des artères, ou des veines (51), ou des vaisseaux capillaires (52).
$ V. Pronostic.
1. Bons effets. — Les bons effets que Yon a vus de tout temps résulter d’un
(51) Les veines se rompent sans doute plus souvent que les artères (aller, Elem. physiolog. , t. 1, p. 129) ;. mais, bien que les premiers de ces vaisseaux éprouvent une distension très-considérable à l’endroit d’où le sang s'échappe, ce liquide n’en provient pas toujours : souvent il est fourni par les artères qui se distribuent aux parois des veines (vasa vasorum) et dans le tissu des membranes muqueuses.
(52) Lordat, 1. c., a très-bien fait connaître ces sortes de vaisseaux,
DIAPHRAGME
grand nombre d'hémorrhagies (53) sont confirmés par notre propre expérience, et cela surtout relativément aux hémorrhagies inflammatoires, rhumatismales , et autres écoulements de sang habituels (54).
2. Obstacles. — Mais ces effets salutaires sont souvent empèêchés « par l’épanchement du sang, soit dans la cavité de l'organe qui le fournit, soit dans le tissu cellulaire voisin, par Pinfiltration de ce liquide, sa coagulation, sa réteñtion, sa décomposition, sa résorption dans ce dernier état; et, par suite, par la compression, l'irritation, la suspension des fonctions de la partie (55). »
3. Mauvais effets. — « Si la cause de l'écoulement est de nature à ne pouvoir être détruite; si le sang se répand en grande abondance dans une cavité d’où il soit impossible de lui procurer une issue ; si l’hémorrhagie survient subitement (56); et si elle a lieu par un vaisseau considérable (57), ou en trop grande
ES
(53) Les dissertations citées de Hebenstreit, d’Alberti et de Buchner méritent d’être lues sur ce sujet. Hippocrate avait déjà dit, en parlant d’une certaine constitution épidémique : « In ista constitutione epidemica signis maxime quatuor convaluerunt. In quibusdam enim aut illud erat, ut sanguis ex naribus flueret ; at ex vesica urinæ multæ, et copiosum sedimentum et bonum habentes, aut per alvum tumultuosa, biliosa, tempestive veniebant, aut dysenterici uno horum solo judicarentur. » (De morbis vulgar., lib. 1.) Stahl dit aussi ; « Moderata hæmorrhagia non solum non debilitat, sed trahit potius post se veluti sensilem corporis alacritatem et agilitatem :
cum ante tales eruptiones, in constitutione corporis ad illas idonea, peculiaris quædam gravitas, et fatigatio atque lassitudo revera impotens, familiariter sentiatur. » L. c. |
(54) « Qui statis temporibus sanguinem fundere debent, nisi fundant, epi= leptici fiunt. » Hippocrates, Prorrhet.
(55) J.-P. Frank, 1. c., p. 107.
(56) « Clari viri collegerunt ex historia medica exempla hominum, qui maxis mam sanguinis de naribus, aut alia cor=x poris sui parte amiserunt. Nunc, si lent hæmorrhagia fuerit, mulo eo major est, quam in subitis illis sanguinis jacturiss quæ de violato majore vase erumpunt.
Haller, 1. c., t.1r, K 3. #
(57) Artère ou veine. « L’hémorrhagies produite par l'ouverture d’une’ grossés
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DU PÉRICARDE, DU COEUR, DES ARTÉRES ET DES VEINES
quantité, ou chez des individus épuisés, des femmes enceintes, des vieillards, de jeunes enfants : dans ces différents cas, de graves dangers pourront résulter de ce phénomène ; le sang, privé de ses particules rouges, se résoudra aisément en un liquide aqueux, stimulera moins les fibres motrices du cœur, diminuera les sécrétions qui dépendent d’une action assez énergique du cœur/et, outre la pâleur , un état de langueur universelle amènera souvent l’hydropisie (58), ou une fièvre lente de consomption, et même quelquefois des convulsions mortelles (59) (60). » On a surtout lieu de craindre ces résultats, ou des lipothymies, lorsque la quantité de sang épanché est tellement considérable, qu’il s'ensuit l’obscurcissement de la vue, une anxiété extrême, des tintements d’oreille et le froid des extrémités.
4. Efforts salutaires de la nature. — Mais , dans les circonstances même les plus graves, la nature vient quelquefois au secours du malade, soit en suspendant momentanément l’action du cœur et des artères par une syncope (61), soit en déterminant. la contraction et la rétraction (62) de l'artère lésée (63), soit en PES NSURRE CREER RME PAT RS 2 LT ER CE
veine peut cependant devenir très-dangereuse, lorsque cette veine est unique dans un membre, car alors la compression ou la ligature nécessaire pour arrêter le sang empêchant le retour de ce liquide vers le cœur, le membre s’engorge excessivement, et la gangrène peut s’en emparer. » Boyer, 1. c., p. 275.
(58) Hippocrate n'ignorait point cela quand il disait : « Cui autem plurimus sanguis fluxerit desvper et infra, et febris superveniat, aquis repleri multa est suspicio. »
(59) « Quibus fluunt impetuosa et multa, apta sunt ad convulsiones deduci. » Hippocrates, Prorrhet. n.
(60) J.-P. Frank, 1. e., p. 109.
(61) Gmelin, Diss. de lipothymia hæmorrliagiam sistente. Altd., 1767.
(62) « Vena dissecta collabitur; arteria se retrahit, et cava manet, nihilo arctior. Neque quidquam ultra requiri crediderim ad plicas illas faciendas, in quas dissecta arteria in vulneribus collabitur, et ad quas non minima pars pertinet ejus curæ, qua natura hæmorrha- Bias compescit. » Haller, op. C., t. 1, (63) Morand, Mém. de l’Acad. royale des sciences, an. 1756.— Sharp , Operat.
in Surgery 5 edition introduct, , p. 2. —
provoquant la formation d'un caillot entre celle-ci et sa gaîne (64), soit en excitant la tuméfaction du tissu cellulaire ambiant (65), soit, enfin, en déterminant une inflammation adhésive, sous l’inflience de laquelle les vaisseaux qui se distribuent aux tuniques artérielles (vasa vasorum ) sécrètent une lymphe coagulable qui se transforme en fausses membranes destinées à remplacer les parois vasculaires détruites (66).
$ VI. Traitement.
1. Circonstances dans lesquelles les heémorrhagies doivent être arrêtées, ou non. — Les hémorrhagies salutaires doivent être respectées ; ce qui n'empêche point toutefois que l’on ne puisse et que l’on ne doive même chercher à détruire leur cause. Car autre chose est arrèter violemment et à contre - temps une hémorrhagie, et autre chose tâcher de la prévenir par des moyens doux et prudents (67).
2. Traitement des heémorrhagies traumatiques.—C'est à la chirurgie à indiquer de quelle manière on doit arrêter
Gooch, Cases and pract. remerks in surgery, vol. 1, p. 552. — White, Cases in surgery, p. 171. — Kirkland, I. c.
(64) Petit, Mém. de l’Acad. royale des sciences, an. 1785.
(65) Pouteau, Mélanges de chirurgie , p-551.—J. Bell, Principles of surgery , vol. 1, p. 179.
(66) J. Hunter, Versuche uber das Blut, die Entzundung, u. s. w., 1 th. — Senes, 1. c. — Hodgson, 1. c., p. 474, A83. TA
(67) Cullen (First lines, $ 741, 747) observe avec raison que le besoin des hémorrhagies se reconnaît, chez les individus pléthoriques, par le développement de diverses maladies dépendantes de leur suppression. Toutefois, il soutient qu'en général, à l’exception des menstrues, on doit éviter toute espèce d’hémorrhagies : 1° parce qu’elles ne se montrent pas toujours dans les parties où elles pourraient avoir lieu sans danger ; 20 parce que, tout en faisant cesser la pléthore, elles déterminent souvent à sa place une maladie grave ; 5° parce qu’elles dépassent fréquemment le but, et qu’alors, ou elles mettent la vie en danger, ou elles font tomber le malade dans un état morbide grave; et 4° parce qu’elles augmentent la disposition à la pléthore, -
prudemment (68) les hémorrhagies traumatiqués, à l’aide des astringents, des absorbants , des stiptiques , des caustiques, de la compression et de la ligature.
3. Traitement des hemorrhagies dues à des obstacles mécaniques êt à une in- Jluence sympathique.—Dans les hémorrhagies qui dépendent d'obstacles mécaniques et de l'influence d’une cause éloignée, les indications générales à remplir consistent : à détourner le sang de la partie affectée, à l'aide de la saignée révulsive, des sangsues, des ventouses, soit
scarifiées, soit sèches (69); à détruire.
le stimulus qui agit dans un point éloigné, par des moyens appropriés (tels que les anthelmintiques ét les purgatifs contre les vers et les saburres), ou à surmonter son influence par une irritation plus forte (p. ex. à l’aide des sinapismes); à enlever, par les résolutifs, les obstacles situés dans des parties éloignées (p.
ex. les obstructions des viscères, des glandes); et à détruire l'éréthisme , la sensibilité morbide et la faiblesse de la partie affectée, par l'application du froid (70), des narcotiques (71) et des asfringents (72).
4. Traitement de ?'hémorrhagie inflammaioire.—T1 ne diffère pas de celui des inflammations. La thérapeutique des hémorrhagies en particulier prouve combien sont utiles ici les petites évacuations sanguines , tant générales que locales, la température fraîche, les eccoprotiques (73), le régime sévère, végétal,
‘ les boissons aqueuses , abondantes, aci-
dules , les feuilles de digitale pourprée, de repos et la patience d'attendre que la nature ait achevé son œuvre salutaire ; et combien sont pernicieux au contraire les astringents (74), les irritants, les
(68) Buchner, De damnis ex præmatura suppressione hæmorrhagiarum.Hal., 1707, 0
(69) Home, Klinische Versuche, p.