‹ Traité de pathologie interneChapitre 28 sur 277 · T'raitement de l’épistaxis perio · texte numérisé non relu

T'raitement de l’épistaxis perio

dique. — Aussitôt que l’on a reconnu

une fièvre intermittente larvée épistaxique, il faut, après les précautions nécessaires, recourir au quinquina. Du reste, on ne doit pas ignorer que, dans les fièvres intermittentes, l’épistaxis est souvent due à la tuméfaction de la rate, tuméfaclion qui est occasionnée quelquefois elle-même par l’usage intempestif du quinquira. En pareil cas, la teinture aqueuse de rhubarbe, associée à l'élixir de vitriol de Mynsicht, nous a été d’un grand secours, sans parler du traitement spécifique du gonflement de la rate (39).

7. Traitement de l’épistaxis scorbutique. — Le traitement anti-scorbutique est ici absolument indiqué à la vérité;

(56) Gesner, I. c.

(57) Rat. medendi, P. m1, p. 21,

(58) Lisez sur l'efficacité du vésicatoire contre l'épistaxis, Bancii, Prax.

med., p. 412.

(59) IL s’agit de l’hypertrophie de cet organe.

DES YEUX, DES OREÎLLES ET DES NARINES

mais il agit d’une manière trop lente pour pouvoir mettre un frein à un symptôme aussi rapide que l’épistaxis. C'est pourquoi il faudra bien souvent commencer par arrêter l'hémorrhagie à l’aide des moyens externes que nous ferons bientôt connaître, et puis en venir peu à peu à l'usage des remèdes anti-scorbutiques , parmi lesquels l'acide tartrique, étendu d’eau et associé au sirop de framboises jusqu'a saveur agréable, s'est principalement recommandé à nous, dans les cas surtout où il y avait fièvre.

Il en est de même du sulfate d'alumine et de potasse (40). S'il n'existait ni fièvre ni obstruction des viscères abdominaux, on pourrait essayer aussi l'extrait de ratanhia (41). Les acides phosphorique (42), sulfurique, l’élixir acide de Hailer (43), l'infusion de racine d’acore vrai avec l’élixir vitriolique de Mynsicht, sont également indiqués, ainsi que les autres moyens qui seront déterminés dans la thérapeutique du scorbut. Mais si, l’épistaxis ayant été arrêlée par des moyens externes , il survenait de l’assoupissement, ou quelque autre symptôme d’affection‘cérébrale , il faudrait examiner si, en abandonnant jusqu’à un cerfain point l’épistaxis à elle-même, on parvient ou non à diminuer la gravité de ces phénomènes. Le premier cas échéant, de deux maux on doit choisir le moindre, etne pas arrêter complètement l’épistaxis, dans la crainte d'occasionner une khémorrhagie encéphalique (44).

. (40) Lindt, De aluminis virtute medica. Gæœtt., 1784. J'emploie le petit-lait alumineux.

(41) Die Ratanhiawurzel u.ibre vortreffiche Wirkung geg passive Blutflusse.

V. Hurtado, Üebers. mit. e. Vorrede ub, d. Anwend. d. Plumbago europea versehen. V. Lebrecht, Mainz, 1817, p. 39.

Abbandi. u. Vers. ub, d. Ratanhia. V.

Klein, Stuttgard, 1819, p. 119.

(42) Herder,. in fMufeland’s Journ., 9 B.,5 st , p.175.

(43) Pr. Infusion de roses rouges, une livre; élixir acide de fHlaller, un scrupule; sirop de framboises, une once. M.

(44) V. mes actes cliniques, an. 11, vi, p. 40, et Leroy (Sur les pertes de sang.

Paris, 1801, p. 85) qui, tandis qu'il bouchait, dans une étendue un peu trop grande, les narines, d'où le sang s’échappail avec impétuosité, aperçut sur Ja face un tumeur considérable, et, ainsi qu'on l'appelle, une métastase sanguine,

8. Traitement de l'épistaxis nerveuse. — À moins que les symplômes nerveux qui accompagnent l'hémorrhagie nasale ne doivent leur origine à du sang extravasé qui lèse la pulpe du cerveau, la moelle vertébrale et l’origine des neïfs spéciaux {ce qui n’a guère lieu que dans les épistaxis traumalique et scorbutique), on peut leur opposer les remèdes dits anti-spasmodiques. Ainsi Fr. Hoffmann recommande l’opium , le camphre et sa liqueur anodine, toutes les fois que l'hémorrhagie nasale s'accompagne de resserrements spasmodiques.Nous donnons, principalement à l'heure du sommeil, l’ipécacuanha en poudre avec l’opium, lorsque le malade, d’ailleurs exempt de fièvre, parait disposé à passer la nuit sans dormir, par la crainte de l’hémorrhagie. En général, nous combaltons l'inquiétude morale, dans l’épistaxis, à l'aide de la poudre rouge anti-spasmodique de Stahl, ou de l’émulsion de graïnes de jusquiame noire avec le nitre.

9. Moyens mecaniques et locaux. — Avant d'indiquer ces moyens, nous recommanderons en général, dans toute épistaxis, la position verticale &u tronc et de la tête, ainsi que le repos, de peur que l'action de parler, d’éternuer, de tousser, de contracter les narines, n’irrite la partie affectée. Quant à l'indication d’arrèter l'écoulement du sang , on la remplit à l’aide de divers moyens. Ce sont, outre la glace, la neige, l’eau froide, soit seule, soit mêlée avec du vinaigre et de l’hydrochlorate d'ammoniaque, et appliquée sur la tête, le front, le nez et les joues, avec le soin de la renouveler souvent; l’inspiralion ou l’injection dans les fosses nasales d’une solution d’ichthyocolle avec de l'alcool (45), ou d'alcool pur (46). Mais comme les médicaments que l’on fait pénétrer d’une

(45) La colle de poisson dissoute dans l’eau et l'alcool, et injectée dans les fosses nasales, arrêtait l'épistaxis, ce que n’avaient pu faire ni la saignée, ni le vitriol, ni le vinaigre, ni l'esprit-de-vin, (Gesner, |. c., 1 B., p. 75.)

(46) Ledel rapporte un cas d'hémorrhagie nasale guérie avec de l’esprit-devin très-rectifié, que l’on injecta dans les fosses nasales ‘à l'aide d’une seringue (Eph. nat. cur., dec. 1, au. 4, obs. 80), L'alcool de vin, doucement attiré par les narines, a arrêté une épistaxis alarmante, au rapport de Schlichting (Act. phys. med., vol, vi, obs. 26).

manière quelconque dans les narines sous forme liquide n’y restent souvent pas assez long-temps pour pouvoir agir, il faut introduire profondément dans ces cavités, soit de la charpie imbibée de solution d’alun (47) ou de sulfate de zinc (48), soit des tentes chargées de la poudre d’autres substances semblables, à aide du blanc d'œuf, et que l’on laissera pendant un espace de temps assez Jonug, après avoir eu soin de les munir d’un fil, par le moyen duquel on puisse les extraire ensuite (49). Au reste, la compression même exercée par ces tentes sur les vaisseaux des fosses nasales paraît, dans certains cas, avoir produit plus

LA

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(47) Pr. alun, une once; faites dissoudre dans eau de fontaine, trois onces.

D. S. à l'extérieur.

(48) Clifton Wintringham assure qu'un moyen infaillible d'arrêter une épistaxis très- violente consiste à faire pénétrer aussi profondément que possible dans les fosses nasales un tampon chargé de poudre de vitriol blanc (Abh.f. pr. Aerzte, 8 B., ÿ. 244).

(49) Swieten a indiqué la méthode qui coëusiste à introduire dans les narires, à l’aide d’une plume ou d'une scnde droite, des bourdonnets de charpie imbibés de solution d'alun. Pour cela on dirige d’abord la plume horizontalement vers le gosier; mais on relève ensuite son extrémité, afin de conduire ainsi le linge jusqu'à l’extrémité des fosses nasales, tandis que le fil qui l'entoure pend par la narine, pour permettre son extraction en temps convenable. Le docteur Griffith se sert de la poudre suivante pour introduire dans les fosses nasales, à l’aide de bourdonnets de charpie. Pr. Bol d’Arménie, aluu de roche, de chaque une once et demie; sangdragon, deux gros; colcothar de vitriol, une once. M. {Abh:

f. pr. Aerzte, 6 B., p. 624). Hertoldi a arrêté instantanément une. hémorrhagie très-violente, qui avait résisté aux autres moyens, en Soufflant dans les fosses nasales la poudre dont la formule suit :

Pr. Alun cristaliisé, dose indéterminée ; ajoutez laque des peintres, quantité suffisante pour donner à la poudre une cou:

leur rouge incarnat. Ce moyen a été préconisé déjà par Ledel (1. e., obs.: %4, an.

9, obs. 151), Pour moi je me garderai bien de recommander ces sortes de poudres styptiques, soit parce qu'il est bien difficile de les faire pénétrer jusqu’à l’endroit affecté, soit parce qu’elles sont sus:

ceptibles d’exciter un éternument dan+ gereux pour les malades,

MALADIES d

d'effet que le remède styptique qui les recouvre ; et quelquefois, tandis que ce lui-ci m'agissait point, parce que la tente à l’aide de laquelle il avait été introduit dans les fosses nasales était trop molle, une autre tente, un peu plus grosse et plus serrée, a sufñ seule pour arrêter l'écoulement {50). Il a été utile, dans quelques cas, d'introduire, à l'aide d’une sonde, dans la narine qui était le siége

de l’hémorrhagie, une partie d’intestin

de cochon, que l’on a d’abord fait sécher à l'air, puis humectée, et dont on a lié l'une des extrémités avec un fil mince ; en injecte ensuite, par l'extrémité infé

font bts ère.

rieure du boyau restée libre, de d’eau |

froide que l’on pousse vers les parties supérieures des fosses nasales , afin que la compression ait également lieu sur

(50) Une observation de Valsalva, rap= 8

portée par Morgagni, et que nous conseils lons de lire en entier chez ce dernier auteur (De sed. et caus. morb., epist. xiv, ñn. 24, 25; epist. Xxv, 11. 6), mérite I plus sérieuse attention, Valsalya a le plus souvent remarqué, dans ses dissections, que les vaisseaux sanguins des fosses na:

sales étaient très-gonflés vers l’endroit où les ailes du nezse réunissent avec les os des mêmes parties, à un travers de doigt environ de l'extrémité inférieure des na rines, et il a vu, chez un malade affecté d’une grave hémorrhagie nasale, que la compression de ce point, à l’aide du doigt; avait subitement arrèté l'écoulement, de sorte qu’ilne passait même plus une seule goutte de sang dans la gorge. Or, le malade ayant appris à faire usage d’un genre de médication aussi facile, en re cueillit toujours dans la suite les mêmes effets, et il parvint enfin, dans l’espace de quelques mois, à se délivrer sans re tour de son hémorrhagie. Cette heureuse guérison, dit Morgagni, indique que les tentes introduites dans les fosses nasales pour arrêter l'écoulement du sang peuvent quelquefois ne pas tant réussir pat la vertu des médicaments astringents dont elles sont imprégnées, que par là compression même qu’elles exercent ; c’est ce qui doit avoir lieu lorsque le sang sort des vaisseaux mêmes qui sont com primés par les tentes; aussi l’auteur que nous venons de citer a vu, chez uné femme atteinte d'hémorrbagie nasale, l'emploi local de divers astringcnts de:

meurer sans effet, jusqu’à ce qu’on eut introduit dans les fosses nasales des ten:

tes plus grosses et propres à compression,

opérer la

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tous les points de leur surface interne (51). Mais ces moyens eux-mêmes deviennent inutiles lorsque l’hémorrhagié a sa source dans une anfractuosité des fosses nasales, où les tentes ne peuvent pénétrer. Si l’on bouche entièrement, dans ce cas, les ouvertures antérieures de ces cavités, le sang s’échappera avec plus de violence par les postérieures , et tombera dans la gorge. Pour obvier à un semblable accident, la chirurgie a eu recours à d’autres moyens, que le médecin ne doit point ignorer dans les cas difficiles (52). On prendra donc un petit tube courbé (destiné à conduire ure corde à boyau ou un fil ciré), que l'on introduira d’abord par la narine lésée, jusqu’à ce que la corde ou le fil soient parvenus dans le gosier, où l’on ira les saisir ensuite pour les amener hors de la bouche , à l’aide d’un instrument parliculier ou d’une petite pince. On répèlera la même opération pour l’autre narine, après quoi l'on attachera aux deux bouts qui pendent des narines sur les lèvres un plumasseau où un morceau de linge effilé, roulé d'une manière un peu serrée, et assez volumineux pour pouvoir boucher l'ouverture postérieure des fosses nasales, après qu'on aura fait pénétrer les plumasseaux dansune cavité, en attirant les fils qui sortent par la bouche.

On appliquera ensuite sur chacun des orifices antérieurs des fosses nasales un petit linge plié en quatre, qui sera lié et assujetti avec lefil qui sort des narines. Si l’on est arrivé par ce moyen à boucher

(51) Benjam. Bell, Kehrbegriff der Wundarzneykunsi, 29 B., p. 267, el 3 B., p. 439.

(52) J.-P, Frank, Epitomé, L. €.

complètement l’ouverture des fosses nasales, tout écoulement de sang cesse.

Mais alors il faut que le malade persévère pendant assez long-temps dans l’état de repos que nous avons recommandé, €t qu'il se garde bien d'extraire, de quelque manière que ce soit, le caillot qui s’est formé dans les fosses nasales, jusqu'à ce qu'il se détache de lui-même.

10. T'raitement de la suppression de l'epistaxis. — Un saignement de nez supprimé peut-être à contre-temps peut devenir la source de divers accidents, qui, partant, réclament une médication différente. Dans la plupart des cas, il sera utile, sans négliger les autres moyens, de rappeler le sang vers les fosses nasales et de rétablir l'hémorrhagie, surtout s'il s'est développé une inflammation du cerveau ou des yeux.

L’inspiration de la vapeur d’eau chaude par les narines, ou un léger attouchement du nez, produisent quelquefois cet effet. Ceux qui prétendent qu’il faut, en pareil cas, stimuler la surface interne des narines par les errhins, et y pratiquer des scarifications à l'aide d'une plume faillée en scie, ou d’un stylet de paille (53), que l’on introduit avec vio-= lence dans les parties, ceux-là, dis-je, provoquent dans beaucoup de cas une perte de sang plus considérable qu'ils n'auraient pu prudemment le soubaiter :

deux sangsues appliquées aux ouvertures extérieures des fosses nasales, là où ces ouvertures sont le plus larges, sufhsent ordinairement pour remplir l'indication dont il s'agit, et n'empêchent point d’arrêter le sang à volonté.

om

(53) Hoffmann, De delirii melancholici curat., $ 5, V. op., t. 111, p. 258.

DU LARYNX, DE LA TRACHÉE-ARTÈRE ET DU CORPS THYROIDE

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