CHAPITRE jer
$ Ier, Ordre des matières. Bibliographie.
1. — À la description des maladies des fosses nasales, qui terminait le précédent volume de cet ouvrage, nous allons joindre la description des maladies qui affectent les organes spéciaux de la respiration, Nous commencerons par le laryux, la trachée-artère et le corps thyroïde ; nous traiterons : 1° des vices de la voix et de la parole ; 2° du croup ; 3° de la phthisie laryngée et trachéale; 4° de la thyroïdile; 5° du goître.
2. Bibliographie. — Nous avonscherché en vain les monographies des affections du larynx et de la trachée-artère, à moins qu'on ne veuille y comprendre l'ouvrage de Cheyne (1), les dissertations de Tardivean (2) et de Maas (3) sur les maladies du corps thyroïde , et enfin le traité d’Hecenus (4). F
S IT. E xamen du larynx, de la tracheeartère, du corps thyroïde et de leurs vices de forme.
1, Examen du larynx, de la tracheeartère et du corps thyroïde. — Toutes
(1) The pathology of the membrane of the larynx and bronchia. Edinb., 1809.
(2) Dissertation inaugurale sur les maladies de la glande thyroïde. Collection in-8& des thèses de la Faculté de médecine de Paris, 1805.
(3) De glandula thyreoidea tam sana quam morbosa, eñdemque imprimis strumosa. Wirceb., 1810. .
(4) Tractatus de glandula thyreoidea tam sana quam morbosa, inprimis de
les maladies qui peuvent affecter les cartilages, les ligaments, les fibres musculaires, le tissu cellulaire, les membranes muqueuses, les artères , les veines, les.
nerfs, les glandes et les vaisseaux lym-
phatiques , trouvent dans le larynx et la
trachée-artère un vaste champ pour leurs ravages. L’anatomie, en effet, nous apprend que le larynx et la trachée-artère sont riches en toutes ces parties, admirablement et délicatement entrelacées. La physiologie nous fait connaitre que le larynx sert à trois fonctions : à la respiration, à la voix, et en partie à la déglutition. De plus, le larynx est en commu nication par le nerf accessoire de Willis avec la moelle épinière etla moelle allongée, par les nerfs vagues, et surtout le rameau récurrent, avec le plexus cardia= que, l'artère sous-clavière et la crosse de l'aorte, et enfin par la portion cervicale du nerf grand sympathique avec presque tout le corps. La trachée-artère est liée par les bronches aux poumons ; elle est en relation avec les carotides, l’œsnphage et la crosse de l'aorte ; de là l'importance des maladies du larynx et de la trachée-artère. Et en effet, si le larynx et la trachée-artère résistent souvent presque miraculeusement aux lésions chirurgicales (5), quelles qu'elles soient, on
slruma, ejusque causis atque medela. Lips., 1822.
(5) Pour la guérison des grandes blessures pénétrant [a trachée et souvent jusqu’à l’œsophage, on doit lire Tulpius, 1.1, ©. L. — Riverius, Obs. com., p. 441, 686.—LHeister, Wahrnehm, 4 B., p. 147.
—Garengeot, Op. de chir., 1. 11, p. 486.
—Adams, in Philos. transact., vol, ru, 2 V.—Leske, Auserles, Abhandl, 5 B., p. 198. — Musgrave, ib., 1 B., p. 51. —
MALADIES DU LARYNX ; DE LA TRACHÉE-ARTERE ET DU CORPS THYROÏDE. 99
trouverait difficilement dans le reste de l'économie des’organes dont les maladies fussent plus rebelles. On ne pent non plus trouver légères les affections de l'incompréhensible corps thyroïde, incompréhensible en effet, car s’il est glande par sa structure, il ne l'est point en ce sens qu'il manque de conduit excréteur (6) ; et s’il n’est point une glande, à quoi bon tant d'artères, de veines et de nerfs ?
2. Vices de forme. — La nature, en formant le larynx et la trachée-artère, semble s'être complue dans son œuvre ; aussi, les vices de forme s’y observentils plus rarement que parlout ailleurs.
Cependant, on a vu des monstres sans trachée (7), avec une trachée ou double (8),
Roche, in Med. and: phys. journ. 1804.
V. Siebold, Chiron., 2 B., p. 456.—Fine, Journal de médecine, t. zxxxtr, p. 64.
—Jæger, Chir. cauthelen, 2 B., n. 6.— Klein, Chir. Bemerk., p. 201, 206. — Kurzwig, in Loders, Journ. f. d. Chir.— J. Geindner, in The Edimb. med. and surg. journ., n. 64, july 1820.
(6) Bordeu (Recherches anatomiques sur les glandes, $ 15) et S. White (in The Lond. med. and phys. journ. by Fothergill, vol. xzv, 1821) pensent autrement.
(7) Gilibert, Samml, prakt. Beobacht., .
p. 97.— Daniel, Samml, med. Gutacht., p. 275, tab. 4. V, Collomb, OEuv. med, chir. Paris, 1798. V. Harles, in Reil’s Archiv. f. Physiol., 4 B., p. 218.—Blanchot, Acta nat. cur., an. 9, p. 559. — Klein, Monstr. quorumdam descript.
Stutg., p. 25. (Pulmones laryngi adnectebantur.)
(8) Non-seulement chez les jumeaux unis (Buchwald, in Prodr. præv. cont, Acta med. Havn., 1755, p. 18. Samml.
auserl. Abbh. aus der A. W. aus. d. Fr. :
Frankf., 1757, 1 B., p. 457. — Waldschmidt, Diss. de sororib. gemell. ab osse sacro monsir. sibi invicem cohæreutib. Kil. 4709. Phil. transact., 1781, 4, n. 2.— Albrecht, in d. Frank Samml., 2 B., p. 182. Die Geburt zweyer an d.
Bauchen ganz zusamm. gewachs. Kinder, vV. 1. Fr. Mayer. Frankf,, 14772.—Richter's, Chir. Bibl., 2 B., 1 st., p. 165), mais aussi chez les bicéphales avec un tronc commun, (Duvernoy, in Comment.
soc. petrop., vol. ur, p. 188. — Hist. de l’Acad. royale des sciences de Paris, 4718, p. 59. — Bordenave, Journal de médecine, t. xv, 1761, août. Uebers. in d, N, Sammal. auserl, Wahrnehm, 5 B.,
ou oblitérée (9), ou très-petite (10). Les fastes médicaux rapportent (11)des exemples delarynx divisé en trois canaux (12), surmonté d’excroissance (13), placé obliquement et incurvé (14), de l'absence de l’'épiglotte que suppléaient les muscles arylénoïdiens (15), de sa fissure (16), et enfin de l’absence des 'cartilages aryténoïdes et cricoïdes (17). On peut lire dans les auteurs, qu’on a constaté sur quelques monstres l'absence de la trachéeartère et du corps thyroïde (18), ou du moins d’un de ses lobes (19). La forme du corps thyroïde est souvent anormale.
L’'isthme manque quelquefois-et les lobes sont séparés (20), ou l’isthme est très-petit (21) ou formé par les deux lobes (22); la corne moyenne manque quelquefois entièrement (23) ou existe isolée (24).
La grandeur du corps thyroïde est variable : tantôt l’un des lobes, tantôt les deux lobes sont d’une petitesse extrème (25), et quelquefois le corps entier est
p. 449. Evers, Kurze Gesch. d. Geburt e.
Kindes mitzwey Kopfen. Schwerin, 1795, S. Salzb. med. chir. Zeit., 1796, n. 15.)
(9) Otto, Handbuch der pathol. Anatomie d. Menschen und d. Thiere. Breslau, 1814, p. 225, et Monst, sex anat. et physiol disquisitio, p. 10, 11.
(10) Dupuytren, Bulletin de Ja soc.
hilom., t. 11; p.195. (In spadone.)
(AL) Cfr. Fleischmann, De chondrogenesi asperæ arler. et de situ œsophagi abnormi nonnulla. Erlang., 1890.
(12) Sandifort, Exercit. ac., 1. 11, c.
vu, p. 65.
(13) Hofer, Herculis med., 1. 1, ©. x1r.
(14) Epbh. nat. cur., cent. nr, 1v, obs.
119. Atti dell’ Accad. delle scienze di Siena, vol. nr, p. 252.
(15) Targioni - Tozzetti, Raccolta di osserv. med. Firenz., 1752. —Morgagni, De sedibus et causis morb., ]. 1, epist.
XXVIH, S 13.
(16) Meckel, Hand. d. path. Anatomie, 4 tb., p. 482.
(17) Rœderer, Comment. soc. Gœtt., t. v, p. 156.
(18): Otto, 1. c., p. 235.
(19) Rœderer, 1. c., t.'1v, p. 137.
(20) Ritter, Act. phys. med., 4, an. 6, p. 435. — faller, Elem. phys., tom. im, p. 594.
(21) Haller, 1. c.Meckel, 1. c.,t.1, p.285.
(22) Günz, Obs. anat., dans Mémoires présentés, t.1, p. 281.
(25) Otto, I. c.
(24) Haller, 1. c., p. 395.
(25) Otto, I. c.
plissé (26). Nous parlerons plus loin de l'accroissement de son volume (27).