Paraphonie latrante, sanglotante
— La voix humaine passe quelquefois si rapidement des tons les plus élevés aux tons les plus bas qu’elle ressemble à l'aboiement du chien (paraphonie latrante).
Portal cite de cette affection un exemple remarquable (59), qu'il attribue aux convulsions des muscles du larynx. Le larynx ; en effet, était porté si rapidement en haut et en bas que l’œ1l ne pouvait le suivre. Cette affection semblait appartenir à l'hystérie , et fut guérie par des potions réfrigérantes et relächantes, par des bains froids et des bolsanti-spasmodiques.
Quelquefois la paraphonie latrante présente quelques Caractères de la lycanthropie (60). Nous avons observé la voix en quelque sorte coupée par un sanglot (61) (paraphonie sanglotante). Cette maladie élait produite par les vers, etles anthel-
(56) Disp. de infusi veronicæ efficacia præferenda herba theæ. recus, in opusc:
med., p. 378. (Un enfant de dix ans était depuis plusieurs années affecté de celte maladie.)
(57) L. c., p. 342. Concludens : so thun zuweilen einfache Krauter, wenn sié mit Gottlichem Segen begleitet wer:
den, mehr, als die aufs kunstlichste aus:
gédachte und bereitete Arzneyen,
(58) Tim. ep. et cons. Ettmulleri, in Diss. de sperm. cet., $ 9. -— Porcllus, Hist. et observ. var. medico-phys., cent.
1v, obs. 46.
(59) Mémoires de la société d’émulation, 1. c. V. Sammil, auserl. Abh, f. pr.
Aerzie, 17.B., 9 s1., p. 421.
(C0) Portal, Cours d'anatomie médi-
cale, 1. c., p, 561. Cfr. P:11, vol. 1, sect,
1, C. XXV;, S 106, n. 5.
(61) Chez une jeune Juivé dé Vilna.
mintiques la guérirent. Dans l’une et l'autre de ces paraphoniés , le diaphrag me semble jouer un grand rôle.
‘10. Paraphonie chevrotante, coupée.
— La voix chevrotante, coupée, se rencontre dans les convalescences, les affecs tions spasmodiques et autres, dans les diarrhées colliquatives, et elle est d’un.
mauvais augure (62). La voix tremble et est coupée per la peur et les autres affcetions de l'âme. |
11, Paraphonie rauque. — La paraphonie rauque, où enrouement (63), est, le plus commun des vices de la voix. Elle consiste en une dépravation de la voix, .
qui de claire devient obscure et d'égale inégale, ainsi que le disent les auteurs.
qui ont traité de l’enrouement : Codronch (64), Wedel (65), Vestz (66), Paul (67), Rivin (68), Schult (69). Rœderer (70), Bakker (71) et Mudray (72). Galien (73) avait établi trois degrés d’enrotement # l'enrouement rend d'abord lu voix iné= gale, avec le temps il la rend plus fai:
ble, et enfin il la détruit entièrement:
C’est cependant avec raison que Vesti fait remarquer (74) que rien ne s'oppose à ce que l’enrouement atteigne de suité le dernier degré (75). Dans certains cas, le son de la voix s’altère au milieu de la prononciation, de telle sorte qu'il né peut se rendre hi avec clarté ni avec pu reté, mais qu’il est plus ou moins aigu et âpre ; d’où il arrive que la conversation
(62) « Chez les personnes affectées dé diarrhée et dont le corps est malade de:
puis long-temps, la voix chevrotante est mortelle. » Hippocratis, Coac. prænot.
(63) Grec, Épayyos ; latin, ravis; alle mand, Heïserkeit; français, enrouement; anglais, Hoarsness; polonais, chszypka, ochrzypienié. ;
(64) Consil. de raucedine. App., E c:
De vitiis vocis.
(65) Diss. de rauicedine. Jen.; 1683.
(66) Diss. de raucedine. Erf., 1699.
(67) Diss. de raucitate. Lips., 1709.
(68) Diss. de raucedine, in Coll. diss.
Lips., 1710.
(69) Diss. de raucitate. Hal., 1740.
(70) Diss. de raucitate. Gœtt., 1759.
(71; Diss. de raucedine. Harderovici, 1764. |
(72) Diss. de raucitite. Bade, 1778.
(73) Cap. vr. De sanitate tuenda:
(74) Lie; $ 3, p:5:1 00
(75) Ainsi Riverius, cent, ir, 6bs..80, raconte qu'une jeune fille s'étant exposée à un air froid, fut prise immédiatement
DU LARYNX, DE LA TRACHÉEARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE
est aussi difficile à soutenir pour le malade qu'elle est désagréable et ennuyeuse à entendre pour les autres, vu que les paroles émises, qu’un sifflement aigu rend non-seulement désagréables, mais obscures en partie, deviennent à peine assez intelligiblès par lé trop grand abaïissement dé la voix. Tous les âges (76), les deux sexes, surtout le sexe masculin (77), et en particulier les sourds (78), sont sujets à l’enrouement. Les saignées (79) et l'application dé sangsues à d’un tel enrouement, qu’ellé ne pouvait proférer une seule parole, et qu’elle employa en vain pendant six mois un grand nombre de rémèdes.: Ainsi le célèbre difecteur Paër,; frappé par un air froid, dans ma maison, à Vienne, fut tout-àcoup atteint d’un grand enrouement, ét ne put terminer un chant qu’il avait commencé d’une voix sonore, Cfr. $ 5, h: 12, note (50).
(76) Il est des personnes qui sèvrent les enfants à cause de la nature trop douce du lait qu'ils sucent. Cependant ils expriment assez le contraire par un cri rauque.
(77) Est-ce parce que lé larÿnx de la femime est moins développé, êt l’ouverture de sa glotte moindre? (Portal, Mémoire sur les maladies de Ja voix, dans les Mémoires de la société médicale d’émulation, tom. 1.) Est-ce parcé que les femmes sont moins expôsées aux vicissitudes de l'air, cause là plus fréquenté de l’enroueméent. Toutefois, nous avons connu des femmes qui, au milieu de léur Menstruation, même abondante; devenaïent enrouées. Bien plus, si on en excepte madame Catalani, qui m'a assuré qué pendänt la menstruation $à voix acquérait uné grande sonorité, il est éon- Stant qué pendant le éd dés règles la Voix des femmes ést voiléé ét éonstammentrauque (ce que les aliens ëxpriment par le mot technique calare, ét ce dont ils font à peine un vice). Storch, Med. Jabr., 2B., p. 57; 5 B.;, p. 41, et Doublé, 1. c., an. 1821, parlent de l’enroueméent qui acéompagne la prossessé. Au mois de novembre, une femme grosse se présenta à l'institut médical clinique, et d’une voix rauque demanda des conseils pour son enfant affecté de diarrhée. Ihterrogée sur la Cause de $oïi enrouement, elle répondit que cette affection 1ui survenait Chaque fois qu’ellé était enceinte, et üisparaissait après l’accouchement,
(T8) Noëb, in Inst: med., €: 1v, p. 16.-
(79) Cette ancienne opinion, que la saignée employée dans le catarrhe produit l’enrouement, combatiue par Schneider (1, 1v, c. m1, p. 550, De catarrhis),
Frank. ton. 1v,
l'anus (80) y disposent. L’'inépälité de l’air ét les passages subits du chaud au froid et du froid au chaud fivorisent son développement. Aussi l’enrouenent estil fréquent en hiver (81) et au printemps (82). On le rencontre aussi en automne, surtout lorsqu'après un été sec et froid, automne est pluvieux et chaud (83), et dans les étés brülants. L'enrouement est encore produit par la trop gfande chaleur du lit, par les cris dans les rixes (84), par les discours prononcés d’une voix forle et haute, et surtout sous l'influence d’une passion de l'âme (85); par l'excès du chant (86), pat tous les oléasineux âcres et rancés, tels que les noix, les amandes et autres, mais alors seulement pour peu dé temps (87); par l'abus du vin, des alcooliques et du mercure, par la débilité (88), par les boissons froides (89), par les bains froids (90), par la suppression d’évacuätions habituelles (91), par de violents désirs véné-
ést en vigueur èn Lithuanic; et teftes on comprend que daûs ün climat froid, ün homme débilité par la saignéé, qui $’éxpose à un air humide, s'enroue facilement.
(80) J'ai vu plusieurs fois s’enrouër des hommes qui sortaient immédiatemen! après l'ouverture dés hémorrhoïdes,
(81) Iippocraté, 3; âph: 23,
(82) 5, apli: 20.
(83) 3, aph. 15, et De aeré, ad. et loc, C. xxvit1, À. 1v ét v.
(84) Cctte cause produit souvent l'én- Youeméent cliez les juifs de Lithuanie, elle produit de gravés äfféctions du l1aryhx; ée qué j'ai pu constater, pour la seconde fois; le 15 juillét 1816.
(85) Wedel; Le., e: 1h, pe U:
(86) Les cañtatricés les plus célébres, et parmi ellés il suffit de Citéf madame Catalani, sont très-sujettes à lénrôuément. à | TA (87) J'ai vu les plus célèbres chañteurs italiens manger avec confiance dés ñuix et des amañdés, mais hôrs le témps où ils devaieñt chanter.
(88) Les vieillärds ét les hoñimes faibles ont la voix rauque, et Souvent l'enrouement de l’homme à jeuñ disparaît au premier repas.
(89) Platef, Prax., t. 1; p. 467. Séhneider, De catarrhis, lib: v, Cap. in, p: 208.
Enguehand, Ergo ab aquæ glacialis potu raucedo. Paris; 1692.
(90) Trampel; Beobacht. und Erfahr., 2 B., p. 194.
(24) Durr, in Hufeland’s Journ., 9 B., 5 Sts; P: 482;
ti)
riens (92), par les excès véntriens (93), par les vers intestinaux (94), par la bile (95). par les maladies de l'œsophage (96), par des concrélions calculeuses dans le larynx (97), par l’ossification des cartilages du larynx (98), par la conformalion vicieuse congéniale et quelquelois héréditaire de la glotte, etc. On regarde encore comme causes très-actives de l’enrouement la division de l’air par les inégalités des parois du larynx (99), l'affection de glandes qui déterminent l'aspérité de la trachée ; l’épaississement du tissu cellulaire qui enveloppe les muscles du larynx (100), l'inégalité des vibrations des cordes vocales (1). Un cas d’enrouement accompagné de voix double, que nous avons observé (2), nous semble con firmer la première et la dernière opinion que nous avons citées plus haut. Quelques auteurs regardent les maladies de la luette comme autant de causes d’enrouement (3), ce que nient quelques écrivains
(92) La voix devient voilée comme dans un besoin de toux sans résultat.
(Allemand, das Rauspern.)
(93) Les femmes publiques ont presque toujours la voix rauque.
(94) Double, I. c.
(95) Fink, Gallenkrankheiten, p. 236.
(96) E. c. abscessus inter laryngem et pharyngem ex osse quondam deglutito.
Fiske, in The London med. and physical journal by Fothergill, vol. xxxv, 1816, may.
(97) Eph. nat. cur., dec. 11, an. 8, p.