Observation. —On peut compren
dre dans l’aphonie la perte de la voix quant à l'étendue. Cette affection, quiest à peine sensible dans le discours, exerce
une grande influence sur le chant. En
effet, les chanteurs des deux sexes perdent quelquefois une telle étendue de la voix , que de deux octaves dont ils pou-
sis iles exit convenant
bte sms,
bia saubhiitnusssntititd és
vaient se glorifier jusque-là, ils conser- :
vent à peine quatre notes. Cet état toutà - fait morbide doit être distingué avec
soin de l’état normal chez les chanteurs |
qui, en ayançant en âge, perdent autant de notes hautes qu'ils en acquièrent de
basses (48). Dans l’aphonie dont il s’agit,
si la voix haute manque, est empêchée.
tantôt en haut, tantôt en bas, ce mal est produit par la pléthore (49), par l’hypertrophie des glandes, par l’obstruction des viscères abdominaux, par la syphilis, par le mercure, souvent par l'abus du chant, et par les efforts faits pour vaincre par la force l'obstacle apporté par l’enrouement. La perte de la voix due à une de ‘ces causes à peine indiquées est incurable (50). Que les médecins de théà-
sucht, 2 B., p, 70 (par les rameaux du nerf récurrent).
(44) Portal, 1. c., p. 69.— Bonet, Se
pulchr., 1. 1, $ 22, obs. 13.
(45) Commerc. Lit. Norimb., 14756, p.
(46) Eph. nat. cur., dec. 111, an. 5, 0bs..113.'..
(47) Eph. nat. cur., cent. 1 et 11, obs.
(48) Ainsi les femmes passent de la voix aiguë (soprano, disent les Italiens) à la voix la plus rapprochée de l'aiguë (contralto), les hommes de la voix moyenne (tenore) à la voix grave (basso).
(49) Portal, dans les Mémoires de Ja société médicale d’émulation, t.1, Paris, 1798, p. 80, obs. 3.
(50) Lorsqu'en 1812 la ville d’Autriche, Baden, eut été presque entièrement détruite par un incendie, les membres de Ia société musicale résolurent de venir au secours des malheureux incendiés, avec la recette d'une représentation de spectacle (le Nozze di Figaro). La première partie du chant (Susanna) fut coufiée à ma femme, Elle avait encore
DU LARYNX, DE LA. TRACHÉE=ARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE. 73
tre, avertis par ce qui précède , n’afhirment point à la légère, devant la direction des spectacles, que les chanteurs, par cela seul qu’ils ne sont affectés que d’un lèger enreuement ,-puissent remplir des rôles qui demandent une grande étendue dela voix. Aux autres causes de l'aphonie dont il s’agit, nous opposons, selon les circonstances, des sangsues autour du larynx , un vésicatoire à demeure entre les épaules, les viandes blanches, les émétiques légers, les eaux salines , l'éthiops antimonial, les frictions mercurielles (51) continuées long-tlemps à petites doses, et les bains sulfureux. Quelquefois un voyage dans les régions méridionales , le séjour à la campagne, l'abstinence du chant (l'exercice de ja gamme excepté), une vie chaste, l'usage du vin doux, le chocolat en boissen, ont plus de succès que les moyens pharmaceutiques.
S IV. De l'alalte.
1. De la parole, — La parole est la voix articulée ou modifiée par les cavités nasales, la bouche, la luette, la langue, les lèvres et les dents, de manière à exprimer non -seulement des idées confuses, but que peuvent remplir les cris, les soupirs, Le rire, les larmes et autres sons communs à l’homme et à la brute, mais encore à exprimer des idées distinctes par une série de syllabes correspondante à ces idées (52). Les conditions indispensables de la parole sont l’état normal:
19 des instruments qui concourent à l’articulation de la voix ; 2° de l'intelligence ; 30 de l'audition.
2. Espèces d'alalie, — Nous -admcttrons trois espèces d’alalie où de mu-
Dh
chanté d’une voix claire, pleine, rapide (pour laquelle Haydn avait écrit la partie haute (soprano) de sa composition Creatio mundi) dans la dernière répétition (prova generale), lorsqu'au commence ment du spectacle elle fut frappée par un vent froid, et devint immédiatement presque saus voix. Désespérée (car l’empereur, l'impératrice, les grands, elc., n'avaient pas dédaigné d'assister au spectacle), elle essaya par tous les moyens de vaincre son aphonie, et non-seulement le mal s’accrut de plus en plus, mais elle perdit ensuite le tiers de sa voix,
(51) Portal, 1, c., obs. 4,
(52) Sauvages, 1. c.
tisme, savoir : alalie, 19 par vice des instéuments de la voix; 20 par faiblesse de l'intelligence; et 3° par surdité, On pourrait ajouter les complications de ces espèces.
3. Alalie par vice des instruments de la voix. — La langue aceupe le premier rang parmi les instruments de la voix (53), et, en effet, non- seulement elle produit à elle seule les lettres appelies linguales, telles que L, R, mais aussi elle concourt avec les dents à la formation des dentales D, T,S, 2. En fléchissant son dos en haut et en repoussant l'air en arrière elle produit les guliurales G, K. Et si on nous objecte que quelques personnes privées de langue ont été douées de la faculté de la parole (54), nous répondronsque quelque partie Charnue, située à la base de la bouche ou sur ses côtés, remplissait les fonctions de la langue. Ainsi d'un autre côté une langue très-grande, ce dont il y a plusieurs exemples (55), entre autres un très-remarquable que nous avons pris le soin de décrire (56), ne s'oppose point à la
et
(53) On trouve dans Bridenstein, Diss, de morbis linguæ, Erl., 1791, une description de la langue.
(54) Roland de Belebad, Aglossostomolalosgraphia. Salmur., 1650. V. Eph, nat. cur., dec. 1, an. 3, app. 559. Ibid., dec. 1, an. 4, obs. 59. — Schol, an. 3, p.
559. — Tulpius, 1, 1, €. xuv.— Bartholinus, Hist. anat., cent. 11, hist. 29, — Schenk, 1. 1, obs. 571.--— Paræus, Chir, Lémxliu Gi De ASS Aurran, Diss.
elinguis fem. loquela. Arg., 1766. — V.
Leske, Auserl, abh., 5 B., p.15. — Par« son, in Philos. trans., n. 484.—Brankard, Collect, med. phys., cent. vi, n.5. Acta Helv., vol. viu. Journ. de med., t. xx»
Bat Lux RLS4S 537 Preslauer, Samml., 4723, p. 449. Mém. de l’Acad.
de Paris, t. v, n. 15.
(55) Trincayella, De rat. cur. par.
hom. corp., 1, v, p. 10.--Scaliger, Exerc.
199, 2. — Schenk, Obs. med., I. 1, obs.
355, p. 401.—Bartholin, Hist. anat. rara, cent. 1, hist. 22, t. 1, p. 208. — Hannemanu, Misc. nat. cur., dec. 11, an. 2, obs.