C., p. 507) ait nié que le croup pût deve
nir épidémique ! Toutefois, cette idée de maladie épidémique est en quelque sorte relative, et le croup. qui le plus souvent n’attaque que les enfants, n’a jamais êté vu comme une peste, attaquant tous les âges. Au reste, quoiqu’en 1808 le croup ait sévi à Vilna, les 12 cas qui ont élé
observés en plusieurs mois sur une popu-,
lation de 43,000 âmes ne m'ont pas paru
te This she
rationnel
suffisants pour déclarer la maladie épi- À
démique,
DU LARYNX, DE LA TRACHÉE-ARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE
qu'il y ait contagion ou non (97 ).
2. Causes excitantes. — Le croup se développe chez ceux qui y sont prédisposés : 1° par le froid humide , et sur- {out les variations de l'atmosphère (98),
ne
(97) Le croup a été déclaré contagieux par Rosenstein (Kinderkrankb., 6 Aufl.
Gotting., 1798, p. 707), — Field (1. c., p. 561),—Barton (apud Archer, I. c., p.
16),—Gœlis (1. c., p. 4). Les auteurs suïvanis : Wahlbom (Michaelis, Diss., p.
276), — Alexander (]. c., p. 13), —Rumsey (1. c., p. 156), —Jonas (1. c., p. 148), —Haase (1. c.), — Becker (1. c., p. 334), — Kopp (Beobacht, in d, Gebiete d, ausub. Heilk. Frankf., 1821) n'osent discuter cette question, s’il est contagieux ou non. Sa nature contagieuse est niée par les coryphées de la doctrine, Home (1 c., p. 46), — Michaclis (Bibl., 1 B., p- 104), —dJurine (1. c., p. 354), —Albers (Comm., p. 75), — Royer-Collard (Dict., p. 458), — Sachse (1. c., p. 253), — Valentin (L. c., p. 411), etc. Quoique j'aie vu plusieurs malades affectés de croup, entourés par d’autres enfants qui n’en furent pas atteints; quoique en 1816 j'aie soigné dans une maison d'éducation deux jeunes filles de 15 ans affectées de croup, sans que la maladie se propageât aux autres jeunes filles, bien qu’une séparation parfaite fût impossible, cependant j'aime mieux, dans une chose aussi difficile, suspendre mon jugement que le précipiter. Toutefois, il est certain que lorsque le croup accompagne les affections morbilleuses, comme la scarlatine, il est excité par la contagion; ce que personne ne nie.
(98) Observé par Hippocrate (De anginis in genere 3, aph. 16) :« Ubi fiunt imbres, frequenter grassari anginas. »
Nobleville a observé un croup épidémique (1. c., p. 523) : « Post tempestatem vehementer inconstantem, atque potissimum humidam, ea dein admodum frigida facta. » Wahlbom dit (1. c., p. 277):
s Cum versus mensis novemb. finem , et decemb. initium cœlum serenum aerque intense frigidus fieret, morbas iste cessavit; redibat tamen cum tempestatis pluviosæ ac humidæ inclementia. « Ce qu'attestent Albers (Annal., p. 35), Harles (1. c., p. 566), Hopff (1. c., p. 101), Michaelis (1. c.), Sachse (I. c., p. 189).
À Vilna, le croup n’était pas survenu par une forte gclée, mais la température étant devenue humide, il parut, surtout pendant le dége!. Haase dit (p. Lxxxn) : « Plusieurs enfants sont tombés malades à Moscou par un temps sombre, humide,
les inondations (99), l'humidité des pieds (100), l’évaporation de linges sales (1), l'habitation dans des appartementsrécemment enduits de chaux (2), l'air dela nuit (3); 2° le vent du nord et le vent d'est (4); 3° le refroidissement du corps en sueur (5), surtout avec la funeste habitude de notre époque de porter des vè« tements qui laissent nus les bras, la poitrine et le cou (6), les boissons froi-
par des brouillards et un dégel éxtraordinaire. »
(99) Autenrieth, I. c., p. 11, 13.
(100) Home, I. c., obs. 12. Je l’ai observé chez un enfant de sept ans, après une promenade dans un champ, près Ry+ biszki.
(1) J’adopte l'observation de De Ia Fontaine (Valentin, l. c., p. 51), qui a vu plusieurs fois le croup chez les enfants des blanchisseuses,
(2) « Sic experientia teste, funesta sx pe faucium inflammatio accedit ïis, qui conclavia calce recenter inducta inhabitant, inque iis dormiunt; quo quidem aliquando plures infantes enecatos novi ego, ac idem notabili exemplo confirmat Tulpius, 1. 11, ©. xt. » — Fr. Hoffmann, Med. rat. syst., t. 1v, P. 1, p. 125.
Cfr. Rush (Valentin, 1, c., p. 276), et Acta mea clinica, I. c., p. 62, C6.
(5) L’anniversaire de la naissance de l'empereur Alexandre, 24 décembre, est célébré dans notre ville par des illuminations, et j'ai vu, après le spectacle, des enfants laissés dans les rues par des mères imprudentes, être saisis par le croup, Jurine (1. c., p. 196) a observé la même chose après des feux d'artifice.
(4) Le croup, sans aucun doute, est surtout fréquent dans les régions septentrionales. Albers, Comm., |. c., p. 44, et Valentin, 1. c., p. 44, sont du même avis à ce sujet.
(5) Home, I. c., p. 57.—Sachse, I. c., p. 196.—Baeck et Salamon, 1. c., p. 287.
—Cheyne, I. c., p.122.—Hopff, p.17, 78.
(6) « Enfin la funeste coutume, qui s'est introduite presque partout, de vêtir trop légèrement les enfants, et surtout de leur laisser les bras et le cou presque entièrement nus, les livre, pour ainsi dire sans défense, aux impressions du froid et de l'humidité, et leur en fait ressentir plus vivement les effets. » Royer-Collard, Dict., 1. c., p.435. « J. Ernest Hebenstreit, professeur à Leipsick, pense que la coutume que l’on a adoptée de laisser sortir les enfants très-jeunes, ayant la poitrine et les bras nus, est une des causes les plus propres à déterminer le croup. » Va- Icniin, ]. ç,, p. 587, Cette raison semble
des (7), surtout après une course (8), et le chant (9), la coupe des cheveux (10); et 40 les maladies exanthémateuses (11), telles que les maladies morbilleuses (12),
expliquer très-bien pourquoi le croup est plus fréquent aujourd’hui qu'autrefois.
Lentin, in Hufeland’s Journ., 2 B., p.
169, est de cet avis.
(7) Carron, 1. c., p. 406.
(8) Boerhaave, aph. 799.
(9) Un jeune komme deseize ans, entré en novembre 1816 à la clinique de Vilna, fut frappé de croup, parce que, après avoir beaucoup chanté dans une église et avoir couru, il avait bu de l’eau glacée.
Un enfant detreize ans, entré à la clinique en mai 1820, fut atteint du croup après avoir bu de la bière froide, le corps étant en sueur.
(10) Sæœmmering, in Gettingischen gelehrten Anzeigen, 1804, st. 63, p. 624.— Wolff, 1. c., p. 54, 36. — Albers, Anmerk. zu Royer-Collard, p. 88.
(11) Nous avons rangé les maladies exanthémateuses parmi les causes excitantes du croup, ce qui ne s'oppose pas à ce que nous les regardions quelquefois comme causes prédisposantes. En effet, les observations des autres et les miennes attestent que les enfants en sortant des maladies exanthémateuses, et surtout des maladies morbilleuses, sont très-disposés au croup. Aussi Royer-Collard dit-il avec raison (Dict., 1. c., p. 456) : « On peut demander si leur influence (des phlegmasies cutanées) ne se borne pas plutôt à faire naître dans l’économie un état ou une disposition qui la rende plus susceptible d’être affectée par lescauses externes du croup. »
(12) J'ai fait mention du croup dans l'invasion des maladies morbilleuses (P.1,t. u,c. xu, $ 57, 5). J'ai vu depuis des cas semblables et en assez grand nombre. On en trouve aussi dans Field (1. c., p. 166, et Mem. of the med. soc.
OT LOU, L/v), Sachse (1. C,,/D-1210}, Jurine (1: C., p. 192, obs. 51, 53, 54, 55, 56), Collinet (Journ. de méd., t, xxx1), et Albers (Comm., p. 78). Les malades dont il s’agit ici étaient tous du sexe masculin (Jurine, 1. c., p. 206), et l’éruption morbilleuse faite, le croup s’évanouit, la maladie achevant ensuite son cours. Albers dit avoir rarement observé le croup après l’éruption morbilleuse (1 c., p.79). De même Jurine (1. c., p.
206. obs. 59). Les auteurs suivants ont parlé du croup après les affections morbilleuses : Augustin (Journal d, ausl, med, Literatur, V. Hufeland, Schreger u.
la scarlatine (13), la variole (14), Partie
Harles, 1 B., p. 13), — Rumsey (1. c., p.
166),—Schæffer (Kinderkrankh., p. 322), .
—Jurine (1. c., obs. 52, 57,58), —Home!
(après six semaines), —Haase (1. c., obs., 29, 58, 90, 117, 118, 120, 121). Dans la convalescence du croup, Nahumowicz ak vu une affection morbilleuse (si on peut s’en rapporter à la mère de la malade), 4 paraissant pour la seconde fois, détruire l un enrouement tenace qui avait persisté | après le croup. ê
(13) Je me rappelle d’après les obser=" vations des autres, que le croup peut” être excité par la scarlatine (1. c., €. xr, $ 51, p. 199). Quant à moi, je n’ai rien.
vu, et Jurine avoue la même chose (I. c., p. 209). On trouve des exemples de croup occasionné par la fièvre scarlatine, dans.
Morton (Op. med. Gen., 1696, c. 111, p.
435), — Aurivillus (1. c.),—Sarr (1. c.),= | Johnston (Philos. transact., n. 49, an.
1749), — Withering (An account of the scarlat fever and sore throat. London, 4779),—Uchberlacher (Abh. v. Scharlach= fieber. Wien., 1780), —Heberden (Comment. edit. Sæmmeringii, 1804, p. 22), — Sachse (1. c., p. 209), — Harris (Thew Philadelph. med. and phys. journ. by Bardon. Philad., 4805, P. 1, t. 11, p. 28), | — Stoll (Rat. medendi. Vien., 1790, P.\ vu, p. 92, hist. 12).—Albers (Comment.; p- 80, 82) dit : « Et quidem nunc maturius, nunc serius accedit tracheitis,sæpiusM vitæ infensa. » — Navier (Diss. sur plu-" sieurs maladies populaires. Paris, 1753, p. 212) et Pinel (Med. clin., p. 220) con firment le danger de l'unité nt croup ct de la scarlatine. Quelquefois la gangrène s'étend à la trachée, ce qui est nié par | Albers (1. c.), mais confirmé par les au-!
topsies cadavériques (Taffius, Obs. med., p. 42). Bien plus, les exemples d’angine!
gangréneuse qui ont produit le croup et, que citent Bayley (1. c., p. 228), Ferriar (1. c., p. 245), Rumsey (1. c., p. 170), cts Maerker (1. c., p. 78), me paraissent ap= partenir à la scarlatine maligne. Albers (Anm. zu Jurine, op. c., p. 149) est de“ cette opinion. D'ailleurs, je crois que les, autres angines bénignes peuvent favo= riser le croup ou le compliquer.
(14) On trouve des exemples d’inflam mation de la trachée associée à la variolen dans Cotunni (De sedibus variolarum syn*!
tagma. Vien., 1771, p. 58), — Wrisberg.
(De variolis internis, $ 46, 148. V. Comm.
soc. reg. Gœtting., t. v, p. 66 seq.), —!