Vices de conformation. —Le tym
pan peut être extracrdinairement déve-
loppé (34), petit (35), oblong (36), triangulaire (37) : nous avons déjà dit (38) ce qu'il fallait penser du tympan double.
On peut en outre étayer cette manière de voir de l’opinion de Leschevin (39) et de Le Bouvyer-Desmortiers (40), qui assurent que le tympan, chez les nouveau - nés, est recouvert à sa surface externe d’une espèce de membrane spongieuse qui tombe en suppuration avec le temps, mais qui, quand elle persiste, devient cause de surdité. Portal (41) a réfuité cette opinion. Toutefois Saissy (42) y adhère encore jusqu’à un certain point. Ce qui est positif du moins c’est que la matière sébacée qui recouvre toutes les parties du fœtus peut se dessécher dans le conduit auditif, causer la surdité (43), et que son évacuation rétablit l'usage de l’ouie (44). On voit par là
(*) Wepfer, Diss. de viliis tympani.
Traj. ad Rh.,1715.— Gnidisch, Præs.— Ern. Platner, Diss. de morbis tympani.
Lips., 1780. |
(34) Kohler, Beschr. d. Loderschen Sammliung, p. 547, n. 580.
(35) Kohler, I. c., p.148, n. 502,
(36) Ibid., p. 447, n. 581.
(37) Ibid., p. 158, n. 582.
(38) Chap. vu, $ 2, 2.
(59) Prix de l’Académie de chirurgie, t. 1V.
(40) Considérations sur les sourds-
muets de naissance.
(41) Précis de ,chir. pratique, P. n, p- 477.
(42) L. c., ps.45.
(45) Valsalva, De aure humana, c. 1, $ 13.—Morgagni, I. c.
(44) Dracke, Anthropologia, L.1v, p.412.
Mémoires de l’Académie des sciences de Paris, année 1705. | | :
combien il est nécessaire de porter son attention sur les oreilles des nouveau nés, et de bien examiner le tympan chez ceux qui sont regardés comme sourds de naissance (45).
2. Inflammation du tympan.— Nous sommes en doute si le tympan est susceplible, ou non, de s’enflammer par lui-même. Les violences extérieures qui lèsent le tympan devraient peut-être occasionner une semblable affection (à laquelle on pourrait réellement appliquer le nom de tympanite) (46). Mais il est bien certain que le tympan se prend d’inflammation en même temps que le reste de l'oreille; ce qu’indiquent les altérations inflammatoires dont il a été trouvé le siége , et qui sont des causes extrêmement fréquentes de surdité.
3. Reliquats de l’inflammation. du tympan. — Ge sont : les exeroissances, l'épaississement , la tension, le relâchement , le prolapsus, l'érosion et la rupture.
4. Excroissances du tympan.—Les excroissances du tympan (qu'il faut bien distinguer de celles du conduit auditif (47)) ont été observées sur l’une et l’autre de ses surfaces (48) et sur l’externe (49). Le diagnostic doit se tirer de l'exploration de l’organe. Le traitement ne diffère point de celui que réclame un polype du canal (50). On doit se garder des tentatives inutiles.
5. Epaississement du tympan. — 11 existe plusieurs exemples d’épaississement du tympan (51), mais il ne faut pas toujours les attribuer à une inflammation qui a précédé ; car cette affection peut être le résultat d’un gonflement des glandes propres à cetle membrane (52),
(45) Saïissy, 1. e, p. 44.
(46): Chap. var, $ 2, 1.
(47) Ibid., $ 2, 2. à
(48) Schulze dit (Act. med. phys.
Acad. nat. cur., vol. 1, p. 498): « Vid, membranam tympani utraque sui superficiei obsessam quasi verrucis capiiula acicularum minimarum æquantibus. »
(49) -Saissy (1. c., p. 46) dit : « Ce corps avait la forme d’une petite fraise... il tenait à la membrane du tympan par un pédicule fort grèle.» .
(50) Chap. var, $ 2, 2.
(51) Eph, nat. cur., cent. nr, obs. 17.
— Morgagni, ep. xiv, $.12; Act. nat. cur., vol. 1, 0bs. 223. — Kohler, 1. ç., p.147; n. 75. |
(52) Saissy, 1, c., p. 63.
ainsi que cela à lieu chez les individus alteints d'hydropisie aseite (53), chez les ivrognes (54), maïs surtout chez les scrofuleux et les syphilitiques. Le tympan présente quelquefois une dureté osseuse (55). On regarde comme des signes généraux de l’épaississement du tympan (56) : 1° une surdité plus ou moins marquée ; 2° la sensibilité obtuse ou nulle de la membrane pendant l'exploration par la sonde; et 3° son défaut d’élasticité.
Quand il existe un vice syphilitique (57) ou dartreux (58) latent, l’oreille externe se recouvre souvent d'écailles qui tombent avec la plus grande facilité. Les moyens curatifs indiqués sont: un cautère au bras du côté affecté ; des injections auriculaires avec de l’eau tiède, à laquelle on ajoute, quand la maladie est de nature scrofuleuse ou syphilitique, quelques gouttes soit d’ammoniaque, soif de solution de sublimé corrosif. En pareil cas, ou dans celui indiqué plus haut (59), la perforation du tympan devrait être tentée (*), à moins qu’il n'y eût ossification.
6. Tension du tympan. — Duvernay, - Leschevin et Saissy parlent de la tension trop considérable du tympan, comme d’un résultat de céphalalgies précédentes, de fièvres accompagnées de délire, et d'esquinancies (60); le dernier des auteurs qui viennent d'être cités ajoute:
que les malades atteints de ce vice entendent mieux lorsqu'ils sont exposés à une atmosphère humide, au vent du midi, et quand on leur parle à voix basse tout près de l'oreille que dans les cas opposés. On recommande, comme moyen de traitement, les fumigations äüriculaires, l'instillation de lait tiède dans le conduit auditif, et l’application sur le
(53) Bartholin, au rapport de Saissy,
pe
(54) Hoffmann, au rapport de Saissy, k Ce
(55) Gassebohm, Tract. sex de aure humana, t. 4, $ 80. — Kohler, I. C., p.
148, n. B83. — Schaarschmidt, ’Loeseke, k c.
(56) Saissy, À. c., p. 53.
(57) Sauvages. V. Saissy, |. c.
(58) Saissy, L. c.
() Kern, EL c. — Himly, Bibl., 1 B., st., p. 555. « Kunstliches Schalloch, wie in der Iris bey artificieller Pupille ein kunstliches Sehloch.
(60) L, Ce \
tympan d’un peu de coton imprégné) d'huile d'amandes douces fraîche.