‹ Traité de pathologie interneChapitre 90 sur 277 · Pronostic d’après le caractère de · texte numérisé non relu

Pronostic d’après le caractère de

la maladie, — Les péripneumonies {raumatiques présentent plus ou moins de danger selon la constitulion du malade, l'importance de la cause qui a déterminé la maladie, et celle de la partie affectée. Ce n’est pas le caractère de la maladie, mais bien la tendance à l’exsudation de la lÿmphe coagulable et du sérum, ainsi qu'aux adhérences morbides, qui fait les principales difficultés du traitement des péripneumonies inflammatoires et rhumatismales. Ces difhcultés se rencontrent plus rarement dans les péripneumonies gastriques et lyphoïdes. Dans ces.

dernières affections la mort arrive plutôt, par l'extinction des forcesque par la perte des parties atteintes d’inflammation. Le pronostic des péripneumonies intermittentes, arthritiques et typhoïdes, résulte.

de leur description. Nous ayons trouvé les fièvres intermittentes pernicieuses, péripneumoniques beaucoup moins dan-.

gereuses que les autres fièvres pernicieuses (35). Les péripneumonies compliquées, surtout lorsqu'il s’y joint des ma ladies chroniques, sont extrêmement dangereuses, et ce n’est qu'avec une peine extrême qu’on peut-s’en rendre maitre. Il arrive pourtant quelquefois que la maladie chronique aigué fait disparaître l'affection à laquelle elle est venue se joindre.

5. Comment la peripneumonie peut se terminer, — La péripneumonie peut se terminer: 1° par la résolution parfaite ou imparfaite; 20 par l'hydropisie aiguë.

des cavités de la plèvre.et le sonflement des poumons; 3° par l'induration et l’ec chymose de ces organes ; 40 par leur suppuration ; 5° par la gangrène; 6° enfin par l’oblitération des bronches.

6. Resolulion parfaite. — Pour obtenir la résolution parfaite, il faut par des soins bien entendus faire disparaître à propos la violence de l'affection de poitrine. Il faut encore que la fièvre suive un cours régulier et se termine sans accident par sa crise ordinaire. Une respi-

ration plus facile est le symptôme auquel

en général on reconnaît que l'affection de poitrine est en voie de guérison; lorsque cette affection commence à paraître,

(35) J'ai pu, jusqu’à présent, guérir au moins plusieurs pneumonies dont l'existence avait été reconnue seulement après le quatrième ou cinquième pas roxysme,

DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS

on doit regarder comme un signe favofable que la douleur du côté, s’il s’agit d’une pleurésie, change de place et se fasse sentir plus bas (36, 37), et que le malade, si c’est une pneumonie ou une bronchi!e, après avoir, vers le troisième ou quatrième jour, rejeté (38) une matière jaune, abondante ,. épaisse (39) et mêlée d'un peu de sang (40), en éprouve du soulagement (41). Disons cependant que nous avons vu, ainsi que beaucoup de nos confrères, un fort grand nombre de péripneumonies amenées à résolulion parfaite sans aucune déjection du malade (42), ce qui ne paraitra pas étonnant si l’on réfléchit que toutes les péripneumonies ou bronchites ne son£ pas accompagnées de sécrétions morbi-

(36) Hippocrate dit : « Metuendus esse illas pleuritides in quibus dolores sursum vergunt. » Coac. prænot., n. 381.

Charter, t. vin, p. 875. — Cependant, observe Swieten lui-même, « hæc non admodum secura sunt. (Comm., $ 888.)

(37) Barthez (Mém. del’Acad. roy. des sc.,mém. étrang.;, t.1n) s'efforce, par des observations qui tendent à établir des exceptions, de détruire cette opinion de Triller. Cfr. Cnofel, De pleuritide yvaganté (Misc. N. C., dec. 1, an. 4 et 5, p.55)...

(38) « Sputum vero in omnibus doloribus qui circa pulmonem et latera ( sunt ) celeriter et facile exspui oportet. » In prognos., Charter, vol. vin, p.

(59) « Ab omnibus enim partibus inflamimatis quibus densum et crassum impedimentum non incumbit, tenues quidem circa jinitia ichores defluunt, confectis vero inflammationibus crassiores, et magis purulenti. » Galen., De loc. affect., lib. v, cap. ult. Charter, t. VI, p. 502.

(40) Neque interinitia terreri convenit, si protinus sputum mixtum est rufo

uodam sanguine, dummodo sedetur. »

Celsus, lib. ar, cap. var, p. 66.

(41) Omnium autem optima, quum quæ excreantur, dolorem sedent. » Prænot.. 98.

(42) « Cum sputis quidem peripneumoniæ non paucæ solvi observantur ; sed Majorem certe ægrotantium numerum, sine conspicua ex pulmonibus. evacuatione..…. judicatum esse novimus. » J.-P.

Frank, L.c., p.149.— Je suis étonné que Reilius ait dit contrairement : « Allein wenn sich :wirklich ein solcher Vorgang ereignet, so ist er gewiss sehr setten,»

des et qu'elles ne sont, quand elles surviennent, que l'effet el non la cause de la maladie. La nature peut se débarrasser de ces sécrétions (43) par un grand nombre de moyens, outre le Crachement qui est le plus prompt (44, 45) : ainsi la sueur, l'urine, la diarrhée, l’épistaxis et les autres hémorrhagies (46) , les exanthèmes, les abcès aux oreilles et aux autres parties du corps. La sueur résont principalement la péripneumonie rhumatismale (47), mais il faut qu’elle paraisse vers le septième jour et qu’elle soit précédée de frissons , d’irritation et quelquefois de vomissements (48). Il faut de plus que la chaleur de la peau, la fréquence du pouls et les autres accidents disparaissent et que le malade se sente porté au sommeil. On peut encore espérer la résolution de la péripneumonie lorsqu’après le quatrième jour l'urine est abondante et accompagnée d’un sédiment d’abord rougeâtre, ensuite blanchissant peu à peu (49), ct que les sym-

(43) « Quæ nempe in pulmonum parenchymate tenax et coagulabilis post mortem observatur materia, illa inflammationis magis effectus, quam causa existit; ac licet cita illius in ægrotantibus rejectio respirationem sublevare observetur ; ex erronea tamen opinione, ac si omnis in hac sputorum excrelione vel in expeclorantiura usu çurationis. cardo versarelur, plurimorum hoc in morbo interitum derivamus. » J.-P, Frank, I.

(44) Grass, De via, qua pleuriticorum sputa proveniunt ad arteriam asperam (Misc. N. C., dec. 1, an. 3, 1072, p. 393).

(45) Il est vraisemblable que les vaisseaux lymphatiques absorbent les liquides extrayasés dans la partie enflammée et les conduisent dans le sang, d’où, comme un corps étranger, ils sont plus tard éliminés.

(46) Menstrua erumpentia (Hippocrates éruOnpiov vit, v. opp., p. 1235), hæmaturia (Hébert, Annuaire de la soc. de méd. du départ. de l'Eure. An. 1808, p- 1145). -

(47) Hoffmann, De febribus pneumonicis, obs. 6, opp. 11, p. 145.

(48) Prat in Sédillot, Rec. périod. de la Soc. de méd. de Paris, t. LVir, p. 259.

(49) Hippocrate enseigne qu'un sédiment, lorsqu'il est rouge , annonce une maladie plus longue que lorsqu'il est blanc. In progn. Charter, t. vur, p. 651.

De victu morb. acutor, Charter, t xj, p. 161, Acut., 1, 11, ç. 1, p. 450,

ptômes deviennent notablement meilleurs. La diarrhée annonce qu’une péripneumonie se terminera heureusement, surtout lorsqu’au caractère gastrique de cette dernière se joint une affection hépalique ou hémorrhoïdale; maïs par-dessus tout elle doit être tres-faible et présenter un caractère bilieux (50) et purulent (51), après la coction de la matière fécale. Il est nécessaire, en outre, que les forces reviennent (52) et que les hypochondres recouvrent une plus grande liberté. Arétée (53) et Zacutus Lusitanus (54) mettent l'épistaxsis au nombre des signes critiques des péripneumonies; ceci passe notre expérience. Mais nous avons vu des éruptions miliaires(55), des bulles (56), des érysipèles (57), des hydroa (58), des aphthes (59), des furon-

Page 1