SPASME DE L’ŒSOPHAGE
après une absence de vingt ans, et apprenant que son frère avait succombé aux suites de la morsure d’un chien, par lequel il avait été également mordu, fut aussitôt pris des symptômes de la rage, et succomba.
Les causes pathologiques sont nombreuses, disparates et pour la plupart contestables ; la suppression d’une épistaxis habituelle est mentionnée dans le cas de J. P. Frank, et la disparition de l’œsophagisme à la suite d’une application de sangsues aux narines semble autoriser cette induction étiologique. En revanche, dans le cas de Brodie, la cause parut consister en des hémorrhagies rectales abondantes, et la guérison suivit l’ablation des tumeurs hémorrhoïdaires internes qui donnaient lieu à l’écoulement de sang.
D’autres causes agissent primitivement sur la membrane musculeuse du conduit pharyngo-œsophagien ; tels sont les mets ou les liquides trop „ chauds, les épices, les substances âcres ou vénéneuses (tartre stibié, sublimé corrosif, les fruits du datura stramonium, les semences du hêtre, les baies de belladone, le champignon agaric muscarius, etc.), les vers, les sangsues tombées dans la gorge. Il se produit vraisemblablement alors une contraction réflexe de l’œsophage, mais l’intensité et la durée du spasme sont souvent hors de toute proportion avec le degré de l’excitation primitive.
Parmi les causes occasionnelles les plus actives et les plus puissantes sont assurément les émotions morales vives et particulièrement la colère ; l’influence de ces causes est au maximum chez les individus d’un tempérament nerveux, chez les hystériques, et surtout chez les hypochondriaques qui sont particulièrement prédisposés à l’œsophagisme.
Chez les personnes qui ont déjà éprouvé cet accident, la seule appréhension de son retour suffit pour le ramener en effet; déjà Hoffmann a rapporté un cas de ce genre. Boyer a observé un fait analogue chez une femme hystérique qui, après avoir ressenti quelques picotements dans un mouvement de déglutition, ne pouvait plus avaler d’aliments solides sans éprouver une constriction œsophagienne des plus pénibles. Zimmermann a rapporté un cas plus remarquable encore : son malade ayant senti, en avalant une cuillerée de bouillon, une petite quantité de ce liquide tomber dans le larynx, ne put plus, depuis ce moment, en avaler une seule goutte malgré les plus grands efforts. L’influence de l’imagination, bien positive dans les faits de ce genre, est plus évidente encore dans les cas non moins nombreux, où la représentation psychique de l’acte de la déglutition, la déglutition idéale, si je puis ainsi dire, suffit pour provoquer un accès de spasme œsophagien.
MALADIES DE L’ŒSOPHAGE