CALCULS INTESTINAUX. — ENTÉR0L1THES
avoir la preuve directe et positive de son existence par le toucher. Le siège de la douleur dans cette partie de l’intestin, les fréquentes épreintes, le ténesme incessant, la sensation d’un poids au-dessus de l’anus, au col de la vessie et dans le périnée, jointe au suintement anal, mettront en pareil cas sur la voie du diagnostic.
Certains phénomènes insolites ont été signalés dans quelques observations. C’est ainsi que dans le cas d’Aberle, dont j’ai parlé précédemment, il est fait mention d’une dysphagie intense qui rendait impossible l’ingestion des aliments solides. Le malade, dont Paterson a rapporté l’intéressante observation, présenta des symptômes violents d’iléus avec des douleurs généralisées dans tout l’abdomen et des accidents convulsifs épileptiformes qui durèrent près de deux heures. Peu de temps après, il rendit un noyau de prune encroûté de sels calcaires. Ces mêmes accidents convulsifs réflexes furent observés sur un ambassadeur de Charles-Quint, dont Fernel a relaté l’histoire.
Les troubles de la nutrition sont quelquefois si profonds que les malades épuisés succombent dans l’amaigrissement et le marasme. Van Swieten parle d’une jeune fille qui, réduite à l’état de squelette, ne tarda pas à recouvrer la santé, dès qu’elle eut rendu un calcul du poids de cinq drachmes, dont le centre était un noyau de prune. — Dans les cas heureux, dont la précédente observation offre un bel exemple, les malades, en effet, après de longues souffrances qui les réduisent au dernier degré du marasme, expulsent enfin les concrétions par l’un ou par l’autre orifice du tube digestif. — L’évacuation au dehors par un abcès qui s’ouvre au niveau de la paroi abdominale, ou se fait jour par le vagin ou par l’anus, est infiniment plus rare.
La péritonite par distension extrême de l’intestin ou par rupture, notamment par perforation de l’appendice cœcal, est une éventualité le plus souvent fâcheuse que l’on doit toujours redouter, cependant cette complication n’est pas fatalement mortelle , ainsi que le prouve le cas de guérison rapporté par Koltmam.
DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
Le diagnostic des concrétions intestinales est parfois d’une simplicité élémentaire, mais le plus souvent, au contraire, entouré d’insurmontables difficultés. — Les calculs gastriques par exemple qui ne déterminent habituellement aucun symptôme, ne sont reconnus qu’après leur expulsion.
Quand le gastrolithe est assez volumineux pour être senti par la palpation de la région épigastrique, le diagnostic n’en est pas moins obscur, et la tumeur ainsi formée peut être confondue avec les lésions organiques de l’estomac. L’erreur inverse fut commise, au dire de S. Cooper, par des
MALADIES DE L’INTESTIN
chirurgiens anglais qui, s’étant décidés à extraire par la gastrotomie de? calculs qu’ils croyaient exister dans l’intestin, découvrirent qu’ils avaient affaire à un squirrhe de l’estomac. Quand les entéroli thés ne se révèlent que par des douleurs, l’hypothèse d’une colique hépatique doit toujours être soulevée; elle est d’autant plus légitime dans certains cas que la migration du calcul biliaire peut être le point de départ de la lithiase intestinale.
La présence d’une tumeur abdominale appréciable à la palpation ne constitue qu’une présomption, mais non une certitude; il en est de même des accidents d’obstruction.
La symptomatologie des tumeurs stercorales offre en effet les mêmes points communs. Mais, dans ce dernier cas, l’indolence habituelle de la tumeur, sa consistance molle et pâteuse, les modifications qu’une malaxation un peu énergique lui fait subir, la constipation opiniâtre qui l’accompagne, l’absence d’amaigrissement et de troubles dans la santé générale, seront autant de circonstances suffisantes pour établir le diagnostic différentiel.
C’est par l’intermittence des accidents et par l’exclusion des causes ordinaires de l’iléus, que celui-ci sera promptement éliminé du diagnostic dans les cas on viendraient à éclater les symptômes de l’obstruction intestinale.
Quant au pronostic, il dépend du volume du calcul et du degré de l’occlusion. — L’émaciation, résultant des troubles intestinaux ou d'une inflammation suppurative prolongée, les accidents d’étranglement interne, et surtout ceux de la péritonite par perforation, sont, de toutes les terminaisons, celles qui entraînent le pronostic le plus funeste.
TRAITEMENT
L’indication thérapeutique la plus rationnelle est assurément de faciliter l’expulsion des entérolithes par la voie rectale; c’est à ce titre que la médication purgative sous toutes les formes et avec tous ses agents (huile de ricin, huile de croton-tiglium, aloès, jalap, etc...), doit être avant tout mise en œuvre. On pourra y joindre les suppositoires aloétiques, les lavements purgatifs, les douches ascendantes ou bien encore les grandes injections d’eau, proposées par Cloquet pour distendre l’intestin et favoriser la migration de l’entérolithe.
Si celui-ci, parvenu dans la partie inférieure du rectum, est devenu accessible, on peut en tenter l’extraction avec des tenettes, ou bien à l’aide d’une simple curette, à l’instar de C. Whyte et de Morand. Mais parfois le volume énorme du calcul rend son extraction impossible, et, dans ce cas, il est nécessaire d’en opérer le broiement préalable avec un litliotribe ou un brise-pierre disposé à cet effet.
MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE