FIÈVRES INTERMITTENTES ANORMALES
Je réunis sous ce chef les fièvres intermittentes qui sous un rapport quelconque s'éloignent du type normal. Les déviations résident dans les allures mêmes de la fièvre; — dans le danger particulier qu'elle crée ; — dans la forme insolite qu'elle revêt. De là trois groupes de fièvres anormales, savoir:
les IRRÉGULIÈUES, les PERNICIEUSES, — les LARVÉES.
Fièvres irrégulières. — ■ L'irrégularité peut porter sur le retour des accès qui ne sont pas bien périodiques, de sorte qu'on n'en peut saisir le type; ces fièvres, dites mal réglées, ne sont pas rares au début de l'infection; si elles se règlent rapidement elles n'ont aucune signilicalion particulière, mais si l'anomalie persiste, il y a lieu de suspendre le diagnostic, car il y a bien des chances pour qu'on ait affaire à une fièvre illégitime non paludéenne. Cette irrégularité dans la périodicité est encore observée dans les fièvres anciennes, tendant à la guérison ou à la cachexie; les accès s'éloignent, ils finissent par revenir après des intervalles variables et prolongés, la fièvre est alors dite erratique.
Les irrégularités de l'accès lui-même sont diverses ; un des stades peut manquer ou être à peine dessiné, et au lieu de la fièvre complète du type normal, on a la fièvre dite incomplète (febris inoompleta). L'ordre des stades dans un même accès peut être modifié ; le frisson par exemple en marque la fin au lieu d'en signaler le début (typus inversus); ce fait est rare. Dans d'autres cas l'accès est irrégulier par la longueur de l'un des stades ou de chacun d'eux; ainsi Griesinger signale des paroxysmes dont chaque stade