CHAPITRE II
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GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
Le poison générateur de la suelte (1) n'est pas connu, mais son affinité avec la malaria est établie : 1° par les conditions telluriques qui président au développement de la maladie ; — 2* par les coïncidences pathologiques qui montrent la suette sévissant ou alternant avec les fièvres palustres;
— 3° par les allures mêmes de cette fièvre quia souvent le caractère rémittent et pernicieux ; — - U° par la non-reproductibilité du poison dans L'or-
(1) Rayer, Hist. de l' épid. de suette miliaire, etc. Paris, 1832. — Moreau, Journ. hebdom.y 1832. — Ozanam, Hist. des maladies èpidém. Paris, 1835. — Bartiiez, Gukneau de Mrssï et Landouzy, Gaz. méd. Paris, 1839. — Parrot, Hist. de l'èpid. de suette miliaire dans la Dordogne. Paris, 1843. — Loreau, Gaillard, Orillard, Épidémie de Poitiers. — Foucart, De la suette miliaire, de sa nature et de son traitement. Paris, 185/1. — Lartigle, De la suette miliaire, thèse de Strasbourg, 1859.
— Sella, Giomale délie Se. med., 1859. — Daudé, De l'emploi des ventouses ■sèches, etc. {Union méd., 1859). — De l'emploi du perchlorure de fer (Gaz. hùp., 1859).
DuMAS, Épidémie du département du Var (Montpellier méd., 1860). — Boyer- Gocbert, Suette miliaire et intermittence (Gaz. hôp., 1860). — Masarei, Die Frieselepidemie zu Ybbs im Jahre 1859. — Liégey, Journ. de méd. de Bruxelles, 1860. — Herra, Wiener med. Wochen., 1861. — Caxtieri, Cenni istorici suit' Epidemia migliarosa di Sangimignano (Lo Sperimentale, 1861). — Berti, Giorn. Veneto di Se. med., 1861. — Sculrr, De la miliaire; études hist. et path., thèse de Strasbourg, 1863. — Pitegn'at, Sur les pneumonies suettiques (Journ. de méd. de Bruxelles, 1863). — Gina.nneschi, Délia vaccinazione nella miliare (Gaz. med. ital. prou. Sarde,
1863) . — Face.v, Délia Febbre migliarosa e tifoïdea, etc. (Giorn. Veneto di Se. med.,
1864) . — Galtier, Épid. de Castelnaudary. Toulouse, 1866. — Douas, Épid. de Draguignan. Montpellier, 1866. — Ottom, Solfiti nella febbre migliare (Gaz. med. ital. Lomb., J 866). — Bastard, Étude sur le traitement de la suette miliaire. Paris, 1867. — Ghesser, De la curabilité constante de la suette, etc. Paris, 1867.— Coural, Hist. de la suette miliaire quia régné a Saint-Chinian pendant les années 1865 et 1866 (Montpellier méd., 1867-1868). — Bailly, Belat. d'une épid. de fièvres catarrhales, de pneumonies et. de suettes (Bullet. Acad. méd., 1868). — RAW, thèse de Strasbourg, 1868. — Ploltiez, Essai sur la suette. Pans, 1868. — Ferrer. Sporadischer Fait von idiopathischem Friesel (Arch. der Heilk., 1869). — Teilhol, Thèse de Paris, 1869. — Bernard, Épid. de Bézien (Ann. Soc. méd. d'Anvers, 1869).
ganisdae ; d'où résulte que la suette n'est pas plus transmissible que l'infection paludéenne. La maladie ne se manifeste que par des épidémies circonscrites à certaines localités ; elle n'est point endémique, rarement sporadique, et elle ne présente même pas la dilïusibilité limitée, qui étend la malaria au delà de son foyer originel. Dans la région où la suette est engendrée, elle frappe en plus ou moins grand nombre, selon la réceptivité organique, les habitants exposés à l'influence nocive ; mais il n'y a rien là qui implique une transmission d'homme à homme, c'est-à-dire une contagion. Les nombreux: observateurs qui ont soutenu l'opinion contraire ont méconnu, je pense, le critérium fondamental de la transmissibilité, savoir le rapport entre l'extension de la cause morbide et l'extension de la maladie qui en est l'effet ; pour la suette ce rapport est tellement exact qu'il ne laisse aucune place pour la transmission par l'homme ; la cause est régionale, la maladie l'est aussi, et je ne sache pas qu'on ait jamais vu un individu transporter la suette, de son foyer initial, dans une localité plus ou moins éloignée.
Les épidémies sont très-irrégulières au point de vue du temps et des lieux; la suette peut se montrer dans une contrée, durant une période de quelques mois ou même de quelques années, puis une fois éteinte elle peut fort bien n'y jamais reparaître; je le répète, elle n'est point endémique. Ce fait seul montre que c'est dans des conditions accidentelles et transitoires qu'il faut chercher la cause de l'infection; or ces conditions ne sont certainement pas climatériques, car la maladie a sévi en Italie, en Angleterre, en France, en Allemagne; elles ne sont pas non plus saisonnièrescar les relations d'épidémies ne révèlent aucun rapport de ce genre ; c'esl donc le sol lui-même qui doit être incriminé, et de fait on a constaté plusieurs fois que l'apparition de la maladie a coïncidé avec des travaux d'irrigation, avec le retrait des eaux après une inondation, avec la saleté ou le curage des canaux ; les intéressantes observations de Coural touchant l'épidémie récente du département de l'Hérault sont à cet égard on ne peut plus instructives. Beaucoup d'autres relations, je le reconnais, sont muettes ou négatives sur ce point, et faute d'autre donnée, les auteurs ont dû se borner à mettre en cause les régions humides et très-ombragées; mais ces origines obscures ne peuvent supprimer l'enseignement qui résulte de données plus positives. — La prédominance de la maladie selon l'âge et le sexe varie dans les diverses épidémies, on ne peut en rien dire, de précis. La suette ne crée aucune immunité pour l'avenir.
Depuis trente ans la suette a sévi à plusieurs reprises dans diverses contrées de la France; les épidémies de la Dordogne (18M), de Poitiers (1845), de la Somme et de l'Aisne (1852-1853), de l'Hérault (1865), doivent surtout être signalées.