GANGRÈNE. M
réitérées. — Le pronostic est donc extrêmement grave, cependant la guérison n'est pas impossible ; dans ces cas heureux la gangrène est circonscrite et peu étendue; durant la période d'élimination les malades ne tombent pas dans l'asthénie profonde des affections septiques, la fièvre est modérée ou même nulle, et après avoir présenté pendant plusieurs semaines les signes stéhoscopiques d'une excavation pulmonaire, ils finissent par se rétablir ; pendant la convalescence, on peut constater par l'auscultation la diminution graduelle de la caverne, qui peut ensuite s'effacer complètement. D'après les faits que j'ai observés, c'est dans la gangrène des buveurs, et des diabétiques que celle heureuse terminaison peut être espérée; pour cette dernière forme, l'espoir n'est possible que dans les cas où le diabète n'est pas encore arrivé à la période consomptive. — La gangrène diffuse tue invariablement, et plus rapidement que l'autre.
Le diagnostic n'a à compter qu'avec La gangrène des extrémités bronchiques. Or, en admettant même que celle-ci détermine une fétidité semblable a celle de la gangrène du poumon, ce qui est loin d'être l'ordinaire, elle sera reconnue d'après les conditions dans lesquelles elle prend naissance (catarrhe chronique, bronchectasie), d'après l'absence d'adynamie et de dépérissement, ou plus précisément encore d'après ce fait que l'état général, après l'apparition des crachats fétides, reste ce qu'il était avant; enfin d'après son peu de gravité : ou bien elle guérit assez rapidement, ou bien elle persiste pendant des mois on même des années, sans compromettre la vie des malades.
TRAITEMENT
Le vin, l'alcool et le quinquina sont la base de La médication, mais il fauc y associer l'usage des chlorures désinfectants et de l'opium; on peut donner 8 à 10 grammes de chlorure de soude ou de chaux dans un litre de macération de quinquina, et administrer l'opium en pilules, à la dose de 15 à 5 centigrammes par jour; ou bien on introduit 6 grammes de liqueur de Labarraque (hypochlorite de sourie liquide) dans une potion; ou bien enfin, à l'exemple de Graves, on peu! unir le chlorure de chaux à l'opium dans des pilules, selon cette formule : chlorure de chaux, 3 grammes; opium, 1 gr., pour 20 pilules; 2 à 5 par jour. 11 faut avoir soin de placer autour du lit du malade des vases remplis de chlorure de chaux sec. — (les moyens diminuent rapidement la fétidité de l'haleine et des crachats ; s'ils venaient à échouer, on pourrait recourir aux inhalations de térébenthine recommandées par Skoda, mais je donnerais la préférence aux pulvérisa lions de permanganate dépotasse, la puissance désinfectante de ce sel étant vraiment sans limites; il faudrait procéder un peu par tâtonnements, et commencer par une solution moitié
H MALADIÉS DKS POUMONS.
moins tofleque D8ll« Iftt'ofi Sfflplôie pour li* injocliuns ordinaires, e'esl-àëte par me solution au deux-millième soit 50 ceottgflfflini*! pour nu litre d'eau).
CHAPITRK VI.
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I n i'.vsi h\t nBflt'UKDX GDÀQULABLË caractérise analoiuiquemenl cette espèce d'inflammation pulmonaire; c'est à elle que s'applique le leruie i'ni.i monik lorsqu'il est emploxé sans autre qualification (1).
(1) Laexnkc.
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PNBUMONIÊ KIIUU.NKl SE. A?)
Par la nature do l'oxsudal, la pneumonie librineuse s'éloigne déjà de la pneumonie eatarrhale t. i. page 782), elle on différa on outra par la
disposition topographique do la lésion ; bien loin d'occuper, comme dans lo catarrhe, quelques lobules isolés an milieu du tissu sain, olle porte sur l'ensemble dos lobules d'une moine région du poumon ; elle est oolu;rente et tout d'une pièce, au liée, d'être dill'iise et disséminée, elle est louai m-: au lieu d'être i.oihh.auig $ et quand bien même les poumons contiennent plusieurs noyaux de phlogmasie librineuse, chacun do. ces foyers présente la continence et l'homogénéité caractéristiques. — Tandis que la comi'osition m: r.'i:xsi nvr et i.a nKiwinrni'N des lésions distinguent la pneumonie entarrhalc do la flbrineuse, lo siège ou pnocEsSBé i\ti.\mmatoire à la surface libre (interne) îles alvéoles et dos canalieules respirateurs, les dillereneie l'une et l'autre de la p7l0lMtOttfj| interstitielle.
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
La pneumonie flbrineuse est une des maladies les plus communes; c'est à beaucoup près la plus fréquente des inflammations pulmonaires. Elle sévit à tout âge, cependant les vieillards et les adultes y sont particulièrement exposés ; on la dit rare chez les jeunes enfants, mais c'est une assertion (pie je ne puis accepter; elle est relativement rare, c'est vrai, chez les jeunes enfants au-dessus de deux ans, mais chez les nouveau-nés et jusqu'à deux
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Ixk MALADIES DES POUMONS.
ans elle est fréquemment observée, soit seule, soit avec le catarrhe bronchique. — Le sexe masculin est plus souvent atteint ; mais cette prédominance n'est point le fait d'une prédisposition innée, elle résulte simplement de ce que les hommes sont plus exposés aux influences atmosphériques qui sont La cause occasionnelle de la maladie ; les relevés de Ruef et Mimenel, de Wunderlich et de Lebert, prouvent en effet que dans les contrées où les femmes sont occupées aux mêmes travaux extérieurs que les hommes, la maladie a sensiblement la même fréquence dans les deux sexes. — Aucune constitution n'est à l'abri; mais celles qui sont naturellement débiles, celles qui sont usées par le travail, la misère, les evcès ou la maladie, sont bien plus fréquemment atteintes. — La pneumonie survient en toute saison ; mais dans nos climats ce sont les mois de novembre, mars et avril qui fournissent ordinairement les cas les plus nombreux ; à l'entrée de l'hiver, l'accoutumance au froid n'est pas établie, et à la fin, les transitions de la température deviennent plus marquées et plus soudaines. On conçoit que lorsque les conditions atmosphériques sont favorables au développement de la maladie, elle peut atteindre, en un court espace de temps, un grand nombre d'individus dans une même localité, et prendre ainsi les allures d'une épidémie. — Les climats n'ont qu'une influence médiocre ; tout ce qu'on peut dire, c'est que la pneumonie a sa plus grande fréquence dans la zone septentrionale et tempérée, et qu'elle est assez rare dans les contrées tropicales.
Telles sont les conditions générales qui favorisent le développement de la pneumonie ; les causes sont externes ou internes. — Parmi les causes externes, nue seule suffit par elle-même pour produire l'inllammation, c'est le traumatisme, soit le traumatisme immédiat du poumon, soit le traumatisme médiat, c'est-à-dire les violences extérieures qui atteignent le thorax sans léser directement les organes contenus; les pneumonies de cette origine (pneumonies traumatiques) sont rares, plus rares encore que celles qui résultent de l'inhalation de vapeurs ou de gaz irritants ; j'en ai pourtant observé un exemple. L'autre cause externe est le froid; mais, à l'inverse de la précédente, elle n'est en aucun cas une cause suffisante; elle nJagit que si elle surprend l'organisme dans un état opportun de réceptivité; pour être efficace, elle a besoin de la prédisposition. La pneumonie a frigore est un type de ces inflammations mixtes (xoy. t. 1, page 69) qui tiennent le milieu entre la maladie de cause externe et celle de cause interne.
Du concours de la prédisposition, cause interne, et du rbfroimssiluent, cause externe, naît l'inflammation pulmonaire ; mais de ces deux causes, la plus puissante est la première ; car, en l'absence de toute cause occasionnelle, elle peut provoquer la pneumonie que la cause extérieure par elle-même ne saurait produire. Et de fait, il s'en faut qu'on puisse saisir, à l'origine de toute pneumonie, la trace d'un refroidissement ; bien souvent, la maladie est direc-