ANGINES €ATARRIIALE§, — ANGINES MUQUEUSES
Le mot angine a désigne primitivement toutes les difficultés d'avaler (dysphagie) ou de respirer (dyspnée), produites par une cause siégeant audessus des poumons ou de l'estomac. Plus tard on a introduit dans la définition la notion d'inflammation, et le terme angine n'a plus été appliqué qu'aux phlegmasies des muqueuses comprises entre l' arrière-bouche d'une part, le cardia et la bifurcation de la trachée d'autre part. Aujourd'hui, enfin, une nouvelle restriction doit être acceptée; il convient d'entendre par angines les inflammations de V arrière-bouche et du pharynx.
De même, et plus souvent encore que les stomatites, les angines sont liées à des maladies générales aiguës ou chroniques {fièvres cruptives, morve, syphilis, scrofule), ou produites par l'absorption de certains poisons (iodure de
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potassium, arsenic, belladone). Je laisse ici de côté ces angines constitutionnelles et toxiques, pour ne m 'occuper que des angines primitives, idiopatiiiqij'eb ou spontanées ; prenant pour base de division les processus anatomiques , je décrirai successivement Y angine catarrhale (1), — Y angine parenchymateuse, — l'angine pseudo-membraneuse (croupalc, diphtliérilique).
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
Comme dans toutes les maladies catarrhales, la prédisposition est ici toute puissante: tel individu subit, sans effet, l'action des causes les plus positives; tel autre est pris d'angine sous l'influence des impressions les plus légères, les plus insignifiantes ; souvent môme aucune condition pathogénique accidentelle ne peut être saisie, la maladie se développe avec toute l'apparence de la spontanéité. C'est dans l'enfance à partir de cinq ans, et dans la jeunesse que cette prédisposition est le plus marquée ; souvent elle s'épuise peu à peu et disparaît dans l'âge adulte ; dans d'autres cas, elle persiste plus tard encore. Cette prédisposition se révèle, soit par des attaques aiguës plus ou moins fréquentes, soit par un état chronique plus ou moins durable. Il est digne de remarque que la prédisposition commande même la forme anatomique de la maladie ; elle reste une lésion de surface, une lésion catarrhale, si elle a, dès les premières atteintes, présenté ce caractère; mais s'il y a eu d'abord une lésion profonde, une lésion phlegmoneuse, il y a bien des chances pour que chaque poussée nouvelle aboutisse également à la suppuration. Aucune constitution n'est à l'abri; cependant il est certain que la prédisposition aux formes catarrhales appartient principalement aux constitutions faibles, entachées de lymphatisme ou de scrofule, et que les formes phlegmoneuses sont plus fréquentes dans les conditions opposées. — Ordi-
(1) Synonymes : Pharyngite et amygdalite catarrhales. — Angine gutturale, pharyngée, tonsillaire superficielle ; — mal de gorge.
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