ANGINES CATARKHALES. — ANGINES MUQUEUSES
nairement innée, la prédisposition peut être transmise par hérédité : cela est surtout vrai de la forme catarrhale chronique connue sous le nom d' angine (MtAîttJUtteËj laquelle est en outre caractérisée au point de vue étiologique, par la fréquence de ses rapports avec diverses éruptions cutanées (dartre, herpétisme).
L'angine eatarrhale aiguë et la parcncliymatcusc reconnaissent les mêmes causes déterminantes; plus fréquentes au printemps et à X automne, elles sont surtout provoquées par les perturbations atmosphériques et par le refroidissement du corps : aussi peuvent-elles, à certain moment, présenter la diffi'-iinn épidé inique. Dans bon nombre de cas elles sont liées à un catarrhe aigu de l'estomac (angine d'origine gastrique), ou bien elles résultent A' irritations directes, telles que l'action de vapeurs ou de liquides irritants, le contact de substances trop chaudes ou trop froides, le traumatisme produit par le passage ou le séjour de quelque corps étranger, dur et aigu. Enfin, l'angine est souvent une des manifestations du catarrhe diffus connu sous le nom de grippe, ou bien le résultat de l'extension d'un travail morbide de voisinage (stomatite, laryngite, parotide),
I angine e;itiirrii.sic ehronique (angine granuleuse , glanduleuse) est souvi nt MMO&ftAtltSj elle n'est que la conséquence d'altaqucsaiguës fréquentes. Mais dans bon nombre de cas, elle revêt d'emblée les caractères qui la distinguent. C'est cette fohmf. chronique primitive qui est parfois héréditaire; c'est elle qui est parfois liée aux accidents cutanés de la dartre, et lorsqu'elle n'a pas ces ovL' in es. elle se développe sous l'influence de causes spéciales : l'abus des alcooliques et du tabac, l'exercice trop fréquent de la parole, sont les plus puissantes d'entre elles. Aussi cette forme est-elle plus commune chez les hommes que chez les femmes, et elle présente sa plus grande fréquence de vingt-cinq à trente-cinq ou quarante ans. D'après Ghomcl, celte maladie atteint souvent les individus à narines trop étroites, qui sont obligés d'avoir la bouche ouverte pendant le sommeil.
AfoATOMIE PATHOLOGIQUE. — SYMPTOMES.
Forme aiguë. — Les lésions n'occupent pas toujours la totalité de l'arrière-bouche ; elles peuvent être limitées à l'isthme du gosier, au pharynx ou aux amygdales, de là les dénominations d'angine gutturale, pharyngée, tonsillaire ou amygdalite. Ces variétés de siège ne modifient pas le caractère du processus, qui consiste dans la fluxion, la tuméfaction et l'hypersécrétion de la muqueuse; la surface des parties malades apparaît rouge, gonflée, luisante et sèche, si l'examen est très-voisin du début ; le gonflement est surtout marqué dans les points où la muqueuse est doublée d'un tissu cellulaire lâche, parce que ce dernier est le siège d'une infiltration séreuse abon-
dante : ce sont les amygdales, la luette, qui présentent la tuméfaction la plus notable; celle-ci devient cylindrique, elle perd de sa mobilité, elle peut être allongée au point d'atteindre la racine de la langue. A cette première période, on constate souvent des saillies sphériques diffuses formées par les follicules muqueu.v augmentés de volume et infiltrés. Bientôt la siccité initiale est remplacée par l'hypersécrétion, dont les produits occupent principalement la paroi pharyngienne et les surfaces tonsillaires ; l'enduit muqueux, d'abord incolore, devient promptement blanchâtre ou blanc jaunâtre, et en raison de sa viscosité il reste fixé sur le pharynx ou sur les amygdales, tantôt en concrétions isolées, tantôt en dépôts continus d'aspect membraniforme. Dans ce dernier cas on pourrait croire tout d'abord à une production pseudomembraneuse ; mais le dépôt muqueux est plus épais, plus saillant que la fausse membrane proprement dite ; il n'est pas comme elle régulièrement étalé et à surface lisse, il a l'inégalité et la mollesse d'un enduit pulpeux ; enfin, il est sans adhérence avec la muqueuse sous-jacente, de sorte qu'il se déplace d'un instant à l'autre sous l'influence des mouvements de déglutition et des secousses de la toux, et qu'on peut, en tout cas, l'enlever, sans résistance aucune, au moyen du doigt ou d'une tige rigide. Si, malgré ces caractères différentiels, on conservait quelque doute, il est toujours facile de trancher cette importante question par l'examen microscopique, qui permet de constater dans les dépôts muqueux l'absence complète des éléments fibrineux et fibiïllaires propres aux fausses membranes. — Les produits de l'hypersécrétion ont souvent une autre disposition : ce sont uniquement les glandes des amygdales qui sont affectées ; les orifices en sont élargis et le mucus épais, blanchâtre, apparaît par petites masses au niveau de ces ouvertures. La cohérence de ces produits est quelquefois telle qu'ils ressemblent exactement à de petits fragments de caséum, mais ils ne gardent pas longtemps cette cohésion, et dans la phase de déclin du catarrhe ils sont remplacés par un liquide trouble, jaunâtre, presque puriforme qu'on voit sourdre des orifices tonsillaires.
Dans les différents cas que je viens d'examiner les concrétions muqueuses résultent de l'hypersécrétion glandulaire, mais elles peuvent avoir une autre origine : on observe parfois, au début de la maladie (dont la lésion locale est toujours précédée alors d'un mouvement fébrile assez intense), on observe, dis-je, sur les amygdales, sur le voile du palais ou ses piliers, sur la luette' des groupes de vésicules transparentes, puis opaques, que l'on a assimilées à celles de l'herpès zoster. Ces vésicules se rompent de bonne heure, et l'on voit à leur place une concrétion blanchâtre, circonscrite par la muqueuse rouge et boursouflée; cette concrétion ne s'étend pas, elle se renouvelle rarement, une fois tombée, mais elle est bien plus adhérente que les produits muqueux dont il a été question, et elle pourrait bien plus facilement donner l'idée d'une production pseudo-membraneuse. Le diagnostic sera basé sur