CATARRHE DES VOIES BILIAIRES. — ICTÈRE CATARRHAL
Après quelques jours d'état stalionnairc, la résolution de l'angiocholite es1 annoncée par le retour de la coloration normale des selles et la disparition du pigment biliaire dans l'urine ; presque aussitôt cesse ta tuméfaction de l'appareil hépatique, mais la teinte jaune des téguments persiste quelque temps encore ; résultant de l'imprégnation des couches épidermiques par la matière colorante, elle ne peut disparaître qu'après le renouvellement de l'épidémie. La guérison est la terminaison la plus ordinaire de la maladie, qui a une durée moyenne de dix à quinze jours. Dans quelques cas, elle tend à la chronicité, soit qu'elle dépende d'un catarrhe gastro-intestinal, devenu lui-même chronique, soit qu'elle ait une origine calculeusc. Cette seconde condition est la plus fâcheuse, parce qu'elle conduit bien plus fréquemment que l'autre à I'obstruction définitive des canaux excréteurs; si l'obturation occupe le canal hépatique ou cholédoque, l'ictère persiste et s'accuse de plus en plus, la tuméfaction du foie augmente, les digestions sont troublées, et le malade ne tarde pas à subir un amaigrissement notable, parce que l'intestin ne reçoit plus de bile ; or les matériaux de la bile résorbés clans le canal intestinal constituent pour l'organisme un appoint nécessaire à l'intégrité du processus nutritif (Bidder, Schmidt, Scbellbach, K(dliker). On constate en même temps une tumeur plus ou moins volumineuse formée par la vésicule biliaire, et la mort est amenée soit par quelque inflammation développée derrière l'obstacle ou à son niveau, soit par les progrès de l'inanition, soit enfin par la suppression de la fonction hépatique, conséquence de la compression prolongée subie par le parenchyme. Lorsque l'obturation est bornée au canal cystique, tous ces phénomènes manquent, La tumeur de la vésicule existe seule, elle est remplie du produit sécrété par la muqueuse, avec ou sans calculs. Cet état peut persister sans grand dommage ; ou bien il aboutit à une cholécystite chronique qui produit la condensation du contenu, l'épaississement des parois et finalement l'atrophie de la tumeur; ou bien enfin une cholécystite aiguë survient, un abcès se forme, dont le pus est évacué à travers la paroi abdominale, dans le péritoine ou dans l'intestin.
L'obturation avec dilatation consécutive des voies biliaires a pour cause ordinaire une angiocholite ou une cholécystite calculeuse, mais il est clair que le même résultat peut être produit par une tumeur quelconque agissant par compression sur les canaux excréteurs, ou par quelque corps étranger (lombric).
TRAITEMENT
Quand la maladie dépend d'un catarrhe gastrique, c'est ce dernier qui fournit les indications du traitement : si l'état saburral du début existe encore après le développement de l'ictère, il ne faut pas hésiter à réitérer
r,52 MALADIES DE L'APPAREIL HÉPATIQUE.
le vomitif ou le purgatif dans le but d'agir mécaniquement sur l'obturation des canaux au moyen de l'hypersécrétion hépatique. — Dans l'angiocholite spontanée et dans celle qui résulte d'un écart de régime, la médication est des plus simples : repos au lit, diète pendant la durée du mouvement fébrile, boissons acidulés, limonade au citron ou à l'acide nitrique, enfin purgatifs doux, huile de ricin, crème de tartre, sel de Glaubcr, tels en sont les moyens principaux. S'il y a de la diarrhée dès le début, il faut s'abstenir des purgatifs et recourir à la poudre de Dover, donnée plusieurs jours de suite à la dose de 60 à 60 centigrammes par jour; indépendamment de son action modificatrice sur l'intestin, ce médicament a l'avantage de calmer les douleurs. Une fois la diarrhée arrêtée, on peut ultérieurement, si l'ictère persiste, administrer un purgatif en vue d'une action mécanique sur les canaux obstrués.
Un assez grand nombre d'individus conservent, après entière guérison, une anorexie opiniâtre; les toniques amers sont alors indiqués; s'il n'y a pas de constipation, je donne la macération de quinquina avec le sirop d'écorce d'oranges ; dans le cas contraire, il faut préférer l'infusion de rhubarbe à dose laxative, 10 grammes pour 500 d'eau. — Dans les formes à répétition et dans les formes chroniques, il convient d'instituer un régime sévère d'où seront exclues les graisses et les substances irritantes; la constipation doit être soigneusement prévenue, et il est utile de faire prendre de temps en temps, pendant quelques jours, une légère infusion de rhubarbe additionnée de bicarbonate de soude ; mais la médication thermale l'emporte sur toute autre, et les eaux de Carlsbad, Ems, Màiïenbad, Royat et Vichy ont à cet égard une antique et légitime renommée.