‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 100 sur 161 · NÉVRALGIES IM PLEXUS SACRÉ. U · texte numérisé non relu

NÉVRALGIES IM PLEXUS SACRÉ. U

sur Le siège variable du mal, qu'il ne peut y avoir rien de régulier ni de constant dans la situation des points douloureux fixes qui ont été donnes connue pathoimomoniques. Parmi ceux qui ont été indiqués par Yalleix, les principaux, sont les suivants : le point lombaire, au-dessus du sacrum; le point sacro-iliaque, sur l'articulation de ce nom ; VUiaque, vers le milieu de la crête de l'os; le fessier, au sommet de l'échancrure sciatique (ce point qui est dit correspondre à l'émergence du grand nerf sciatique correspond aussi au nerf fessier inférieur) ; trois points fémoraux, supérieur, moyen et intérieur, au niveau de l'origine des principaux nerfs collatéraux du tronc du sciatique; le point puplité au niveau de sa bifurcation ; le rotulien sur le bord externe de la rotule (rameau articulaire du puplité externe); le péronéotihial vers l'articulation du tibia et du péroné (émergence du saphène peronter); le point péronUx au niveau du trajet décrit par le puplité e.eterne autour du col du péroné; le point malléolaire à la partie postérieure de la malléole externe (saphène externe) ; entin le dorsal du pied et le plantaire externe.

Il est rare que la névralgie débute brusquement; c'est d'abord une simple sensation d'engourdissement et de pesanteur dans le membre, avec ou sans fourmillements plantaires, et au bout de quelque temps la douleur éclate dans l'une quelconque des régions ci-dessus énumérées. Comme dans les autres névralgies, cette douleur est double; il y a un élément continu, à caractère contusif et profond, et un élément paroxystique qui se manifeste par des élancements ascendants, descendants ou irréguliers, dans un territoire d'étendue variable ; ordinairement les douleurs paroxystiques ne forment pas des accès nettement séparés, la phase de répit est si courte que les douleurs sont simplement rémittentes; elles peuvent acquérir la même violence que dans la prosopalgie, et la situation du patient est alors tout aussi lamentable, des hommes robustes et courageux se tordent en gémissant sur leur lit de souffrance ; tout mouvement est impossible pendant l'acmé, et dans les moments de rémission la motilité reste entravée, bésitauie. pénible, soit que les contractions musculaires réveillent la douleur, soit que le malade en redoute simplement le retour. La douleur est accrue par l'excitation superficielle des téguments, par les mouvements communiqués (surtout par ceux de la hanche), par le contact du talon sur le sol, par les etl'orts de défécation, par les secousses de la toux ; comme la simple tension des aponévroses suffit souvent pour augmenter le mal, le membre est habituellement maintenu dans une position demi-flécliie. Dans bon nombre de cas, la douleur, quelque vive qu'elle soit, n'est ressentie que dans les parties molles, mais dans d'autres, elle se fait sentir téréhrante et profonde dans les os et les articulations. Nous avons établi, en étudiant le diagnostic du tic douloureux, la véritable signification de ce phénomène; dans la sphère de la cinquième paire, il révèle une névralgie d'origine

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irttra-crânienne ; dans la sphère du plexus sacré, il indique une névralgie d'origine infra-vertébrale; avec ces douleurs profondes coïncident parfois des aberrations de la sensibilité consistant en fourmillements, picotements, sensation de duvet ou de plume, ou bien encore des impressions douloureuses, telles que douleurs racbidiennes spontanées ou provoquées, douleurs en t einture ; alors la névralgie n'est pas seulement intra-vertébrale, elle a certainement pour origine une lésion de la moelle ou une lésion des mèrénges agissant sur le système spinal postérieur. Dans ces diverses circonstances, la sciatique est ordinairement double; elle peut l'être aussi lorsqu'elle reconnaît pour cause une compression intra-pelvienne ; mais en dehors de ces groupes de faits la dualité est absolument rare. — Les irradiations sensitives sont peu nombreuses; des douleurs dans les branches postérieures des nerfs sacrés, une douleur épigastrique avec nausées, sont les plus communes. — Les irradiations motrices sont des crampes, des secousses musculaires, quelquefois au moment de l'acmé un tremblement général passager. — Les synergies vaso -'motrices sont nulles ou peu connues ; quand la névralgie est ancienne, le membre maigrit, les muscles s'atrophient; mais cette dénutrition tardive est simplement le résultat de l'immobilité prolongée. J'appelle en revanche une sérieuse attention sur un fait nouveau dont j'ai fixé la valeur sémiologique : lorsque des névralgies disséminées sur plusieurs branches du plexus sacré sont compliquées dés les premiers jours de paralysie et d'atrophie dans les muscles innervés par les fibres motrices correspondant aux fibres sensibles douloureuses, c'est une névrite atrophique qui est en cause, et, en raison de leur dissémination, ces névrites doivent être regardées comme la première étape de la maladie à laquelle j'ai donné le nom à.' atrophie nerveuse progressif .

Les névralgies sciatiques ont le plus souvent une marche rémittente, elles sont rarement périodiques; les exacerbations ont lieu d'ordinaire dans la seconde moitié du jour et au commencement de la nuit. Quand le mal est produit par une cause matérielle, il dure autant qu'elle, ou bien l'hyperesthésie aboutit à l'anesthésie, avec impuissance motrice plus ou moins prononcée ; cette terminaison peut aussi être observée dans la névralgie qui ne dépend d'aucune altération organique, mais elle est alors beaucoup plus tardive, ce n'est qu'après des années de souffrance que l'excitabilité des nerfs malades est définitivement épuisée, encore ce phénomène est-il loin d'être constant. — En raison de la fréquence des causes extrinsèques, l'examen clinique de toute névralgie lombo-sacrée doit être complété par l'exploration de l'abdomen, de la colonne vertébrale, et par le toucher rectal et vaginal.

Traitement. — Les indications et les moyens de les remplir sont les mêmes (pie dans les autres névralgies, ils nous sont connus; je mentionnerai seulement quelques médications qui sont spécialement utiles dans les

ANESTHÉSIE DU TRIJUMEAU, m

névralgies sciatiqucs et crurales ; ce sont les lavements laudanisés concentrés (15 à 20 gouttes de laudanum de Sydenham dans 60 ou 80 grammes d'eau) ; l'huile essentielle de térébenthine en potion à la dose de 10 grammes par jour, ou en lavement à la dose de 15 grammes ; on fait prendre d'abord un de ces lavements le soir, et plus tard on peut en donner un matin et soir (ce médicament réussit mieux dans les cas subaigus que dans les cas aigus). Dans les névralgies congestives produites par l'action du froid et qui sont caractérisées par leur cause, par la soudaineté de leur début, la violence des douleurs, et parfois même par un léger mouvement fébrile, il est utile de commencer le traitement par l'application de ventouses scaritiées sur la région lombo-sacrée et sur le membre inférieur; après quoi c'est au\ vésicatoires volants répétés coup sur coup qu'il convient de s'adresser ; dans la sciatique d'origine rhumatismale, l'iodure potassique à hautes doses a donné de remarquables succès. Parmi les moyens topiques, il convient de signaler la cautérisation transcurrente, les cautères à pois médicamenteux (opium et belladone) de Trousseau, les emplâtres de nitrate d'argent (60 centigrammes à 1 gramme de sel pour 30 grammes de préparation emplastique) recommandés par Betz, et avant tout l'électricité. Lorsqu'on a le choix, des appareils, il est préférable d'employer le courant constant dont la souveraine efficacité est établie par les nombreuses observations de Remak, Benedikt, Rosenthal, etc. ; dans le cas contraire, on obtiendra de bons résultats au moyen d'un appareil d'induction, si l'on a soin d'électriser avec l'éponge humide d'une part, et le pinceau métallique de l'autre ; je recommande spécialement un procédé qui consiste à électriser avec un seul des fils du pinceau; ce mode d'électrisation, qui est tellement puissant qu'il fournit des étincelles avec le petit appareil de Legendrc et Morin, mérite d'être vulgarisé ; il est fort douloureux, c'est vrai, mais il a rarement trompé mon attente.

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