‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 125 sur 161 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

La gravité du pronostic est subordonnée à la précocité des phénomènes d'asystolie ; lorsqu'ils existent, le danger est plus immédiat et plus certain que dans toute autre maladie du cœur, parce que la restauration de la contraction est impossible, l'instrument de cette contraction étant détruit ou transformé. Le pronostic de l'atrophie est moins grave que celui de la dégénérescence graisseuse parce que l' asystolie est plus tardive dans la première que dans la seconde, et parce que la stéatose expose k une cause particulière de mort subite, savoir, la rupture du cœur. Le danger de mort par syncope existe dans les deux maladies, mais la mort par rupture est propre à la dégénérescence, et elle est assez fréquente, car dans le relevé de Quain qui comprend quatre-vingt-trois cas, il y a cinquante-quatre morts subites, sur lesquelles vingt-huit ont été produites par rupture, et vingt-six par syncope.

S'il existe une indication causale précise c'est elle qu'il faut remplir d'abord; on combattra l'anémie par un traitement approprié, on éclairera le malade sur le danger des excès alcooliques; dans les cas où l'obésité du cœur est liée à la production exagérée du tissu adipeux dans toute l'écono-

(1) Canton, London med. Gaz. — The Lancet, 1850-1851. — R. Quain, On fath Diseuse of the Heart. London, 1851. — Riciiardson, Dublin quarterl. Joum. ofmed. Se., 1852. — Med. Times and Gaz., 1852. — Haskins, Associât, med. Joum., 1853. — Danner, De l'arc sénile et de ses rapports avec la dégénérescence g>*aisseusc du cuur (Arch. gén. de méd., 1856).

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mie polysarcie) on prescrira une alimentation purement animale avec suppression complète des féculents, et l'on aura recours aux eaux de Marienbad ou de Hombourg, qui modifient heureusement cette manière d'être anormale de la nutrition. Abstraction faite des cas qui présentent ces indications particulières, le traitement doit toujours avoir pour but de maintenu' au maximum l'activité nutritive; le fer, Le quinquina, le vin sont les bases de la médication, dont les effets sont heureusement secondés par l'influence de l'air marin ou alpestre. Lorsque les phénomènes de L'affaiblissement cardiaque s'accentuent, il faut recourir aux stimulants; le vin de quinquina à hautes doses, l'alcool, l'étirer, le musc, les préparations ammoniacales, notamment l'esprit ammoniacal de Sylvius peuvent conjurer à plusieurs reprises les accidents de lipothymie et de syncope. Tout moyen débilitant doit être laissé de coté ; il ne s'agit plus ici de faciliter le jeu d'un muscle en diminuant l'obstacle ou en augmentant la force motrice, le moteur est détruit en partie, et avant tout il faut se garder d'affaiblir le peu de tissu contractile qui subsiste, aussi je préfère de beaucoup la caféine à la digitale. Aux hydropisies on opposera les diurétiques, l'administration prolongée des drastiques à doses faibles; si ces moyens échouent l'on pourra recourir à l'évacuation directe du liquide par l'un des procédés qui ont été précédemment exposés; enfin s'il y a des phénomènes d'asphyxie on secondera les effets des préparations stimulantes par l'application des révulsifs cutanés ou des ventouses sèches.

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