‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 13 sur 161 · GENÈSE ET ÉT1OL0GIE · texte numérisé non relu

GENÈSE ET ÉT1OL0GIE

ï. iiydroiiisics mécaniques.— Que la veine crurale soit imperméable, cette obstruction est bientôt suivie d'une infiltration œdémateuse dans le

(1) Boi illaud, De l'oblitération des veines et de son influence sur la formation des hydropisies partielles (Areh. <jén. ?néd., 1823). — Rayer, art. Hyjmiopisib, in Dict. de méd. 1824. — Cl. Bernard , Injection d'eau dans le système vasculaire du chien

mesràre inférieur correspondant; que la vwbb oaro inférieure soit compriinée ou oèlttérée, les demi membres abdominaux, te scrotum, la partie inférieure du teoaG, i%\ iennenl b\dropiquos ; qu'un obstacle s'oppose au libre dé\ersement de la veine porte et des veines sus-hépatiques dans la veine cave ascendante, une hulropisie périlonéale, une asrite, en est la conséquence; que le cours du sang soit entraxe dans la veine cave supérieure, un œdème survient, qui occupe la l'ace, le cou, la région supérieure du tronc et les membres thoraciques ; qu'une lésion, enfin, gène l'arrivée du sang des deux veines ca\es dans l'oreillette ou dans le ventricule droit, une anasarque générale ne tarde pas à se produire. Ces cas ne diffèrent que par le siège et l'étendue de l'hydropisie, le mécanisme est partout le même ; le cours du sang veineux est entravé par un obstacle situé entre la périphérie et le eœuiv, et comme les capillaires continuent à recevoir du sang par les artères, la pression augmente dans tout le réseau veineux tributaire du tronc oblitéré; quand cette tension intra-vasculaire est assez forte pour dépasser la pression extérieure qui s'exerce sur les parois veineuses, l'exosmose hydropique a lieu. Cette notion pathogénique rend compte du développement de l'hydropisie dans les circonstances indiquées, et de plus elle donne la clef de certains faits d'apparence paradoxale dans lesquels l'hydiopisie manque, bien que le cours du sang soit entravé dans un tronc veineux plus ou moins important ; il ne suffit pas, en effet, que la tension intra-veineuse soit accrue, il faut qu'elle le soit assez pour surmonter la pression pariétale extérieure ; de là cette conséquence : si l'obstacle n'occupe qu'une branche veineuse secondaire, ou si, intéressant un tronc principal, il n'en détruit pas complètement la perméabilité, l'hydropisie pourra être nulle ou temporaire, et il en sera encore de même si des veines collatérales fournissent au sang une voie supplémentaire qui lui permette de franchir, en le tournant, l'obstacle de la voie principale.

Va\ résumé, l'accroissement de la pression veineuse est la condition génératrice d'un grand nombre d'hydropisies qui, en raison même de leur origine, doivent prendre le nom d'hydropisies mécaniques. Dans cette classe, le siège et l'étendue de répancheinent sont rigoureusement en rapport a\ee la distribution du réseau veineux intéressé; l'obstruction, et partant l'accroissement de pression, n'occupent-ils qu'un département limité du système à sang noir, l'hydropisie est partielle et confinée à la région dont

{Cornistes rendus de la Société de biologie. Paris, 1849). — Lebret, Note sur l'hydropisie produite artificielletnent chez les animaux (eod. loco). — Mialue De

l'albumine et de ses divers états, etc. (Union médicale, 1852). Jaccoud, De

l'humorisme ancien comparé à l'humorisme moderne, thèse de concours. Paris, 1863. — Leçons de clinique médicale. Paris, 1867. — Sée, Leçons de pathologie expérimentale, Paris, 1866.

HYDROPISIE. kl

les \ oi nos sont en amont de. l'obstacle; celui-ci esl-il situé de manière à agii' sur les deux toe&OB qui résument l'ensemble des canaux sanguins alférents, G est-à-dire dans le cœur, alors l'hydropisie est universelle ; des épancbemenls dans toutes les cavités séreuses peuvent coïncider avec une anasanpie générale. — Les obstacles intra-cariu aques n'ont pas tous à cet égard La même puissance patbogéniipie ; ceux qui intéressent primitivement et directement les embouchures des veines caves (oeur droit), sont les plus puissants de tous; les lésions du cœur gauche peuvent bien avoir les mêmes conséquences, mais comme elles n'intéressent le système cave que secondairement et indirectement par l'intermédiaire des \eines et des artères pulmonaires, l'influence hydropigène est à la t'ois plus tardive et moins énergique. Aussi n'est-il pas rare que l'hvdropisie soit alors limitée aux membres abdominaux et au segment intérieur du tronc, bien que la lésion étende, en réalité, ses effets aux deux veines caves; la raison de celte différence est dans la direction du cours du sang ; dams la veine cave supérieure, il circule dans le sens de la pesanteur, de sorte que, toutes chose égales d'ailleurs, le déversement du vaisseau dans l'oreillette droite est plus facile, plus énergique que celui de la veine cave ascendante ; la pression anormale qui, par le t'ait de la lésion cardiaque, vient renforcer la tension v eineuse, est bien la même dans l'une et l'autre veine, mais elle rencontre dans le vaisseau descendant une influence antagoniste, tandis qu' elle trouve dans le vaisseau ascendant une influence additionnelle ; il est donc tout naturel que les conditions particulières de la circulation dans la veine cave supérieure annihilent, pour un temps plus ou moins long, l'influence hy-. dropigène indirecte qui siège dans le cœur gauche, et que l'exosmose hvdropique soit au contraire très-précoce dans la sphère de la veine cave inférieure.

Indépendamment des lésions cardiaques, les principales causes de t%y* dropisie mécanique sont, pour l'hydropisie générale, les altérations pumonaires qui rétrécissent le champ circulatoire dans la totalité ou dans la presque totalité des deux organes ; les plus importantes de ces altérations au point de vue qui nous occupe sont l'emphysème généralisé, la sclérose avec ou sans dilatations bronchiques, la tuberculose chronique. Les tumeurs intra-thoraciqijes, quelles qu'en soient la nature et l'origine, peuvent produire une hydropisie générale si elles compriment les embouchures des deux veines caves; l'hydropisie est partielle, inférieure ou supérieure, lorsque la compression ne porte que sur l'un des deux vaisseaux.

Les hydropisies partielles ou locales ont pour causes les lésions abdominales (foie, rate, 'péritoine, pancréas, mésentère, ganglions inésrutériques, intestin) qui gênent le cours du sang dans la veine porte ou dans la veine cave inférieure; — les altérations variqueuses des veines (dilatation simple, dilatation arec insuffisance et atrophie des valvules, atrophie de la tunique moyenne) ;

/|,x PROCESSUS MORBIDES COMMUNS.

k'S OCCLUSIONS YE1NEI ISESj les STASES VEINKI'SES par turgCSCCUCe SilllS lésion

des parois (œdème pulmonaire, par gêne de la circulation dans les veines pulmonaires). Ces altérations des veines, notamment les occlusions, siègent le plus souvent sur des troncs volumineux, et, dans ce cas, une lésion unique suffit pour amener l'hydropisie ; mais le même ell'et peut être produit par des lésions disséminées qui intéressent un grand nombre de radicules veineuses; ainsi est provoquée l'ascite par la tuberculisation péritonéale ou intestinale sans péritonite, par le cancer diffus du péritoine, par les épaississements et les brides qui persistent après une pblegmasie éteinte ; ainsi encore est causée l'hydrocéphalie par tuberculisation méningée sans méningite. — Une dernière variété d'hydropisie mécanique doit être signalée, c'est celle qui a lieu dans une cavité close à la suite de l'atrophie de l'organe contenu; telle est l'hydrocéphalie par atrophie du cerveau, ou bien encore l'hydropéricarde et l'hydrothorax qui succèdent à l'atrophie des poumons. Cette hydropisie est souvent désignée sous le nom d'hydrojrisie ex vacuo.

L'influence du système lymphatique sur la production de l'hydropisie a été controversée ; si l'on s'en tient aux faits, on voit qu'il n'est pas possible de formuler une proposition absolue. En ce qui concerne l'hydropisie générale, les cas de Wrisberg, Scherb et Nasse démontrent qu'elle peut succéder à l'oblitération du canal thoracique, et Yircbow a observé une infiltration générale avec ectasie de tous les vaisseaux lymphatiques sur un veau monstrueux, dont la veine jugulaire était occupée par un caillot qui axait oblitéré l'embouchure de ce canal. D'un autre côté, il y a des laits négatifs (Cooper, A.ndral), de sorte que l'hydropisie générale d'origine lymphatique doit être tenue pour un effet possible, mais non pour une conséquence nécessaire de l'obstruction du canal thoracique ou des grands canaux de la lymphe. Pour l'hydropisie partielle, la conclusion est moins certaine encore \u que dans la plupart des cas il existe, en même temps qu'un obstacle au cours de la lymphe, une gêne de la circulation veineuse produite soit par coagulation, soit par la compression qu'exercent les ganglions tuméfiés; les rapports anatomiques des deux ordres de vaisseaux au y aisselles et aux aines rendent compte de ce fait. Toutefois, il est des cas dans lesquels le liquide infiltré se rapproche, par sa richesse en substances fibrinogènes, de la composition de la lymphe, mais ces faits, qui constituent I'hydrops lymphaticus de Yircbow, me semblent étrangersà l'hydropisie proprement dite ; l'éminent observateur les rapporte non pas à une exosmose de la lymphe à travers les vaisseaux blancs, mais à une production exagérée de substance fibrinogène dans le tissu d'où naissent les lymphatiques de la partie infiltrée ; c'est donc une hydrophlegmasie interstitielle, il le dit lui-même en adoptant le nom proposé par Rayer, ce n'est pas une hydropisie pure; les phénomènes douloureux et fébriles qui accompagnent ordinairement cette sorte d'infiltration

HYDR0PIS1E. /,<)

sont un autre argument en laveur de mon interprétation. Ces faits exceptionnels d'ailleurs se rapportent ;niv épanchements articulaires, à ceux qui se l'ont dans la tunique vaginale et aux œdèmes inflammatoires des enfants et des adultes.

U. Hydropisies dyserasiques. — Si l'on injecte dans le système circulatoire une certaine quantité d'eau, la composition du sang est momentanément changée. L'accroissement subit de la proportion d'eau a pour conséquence une diminution relative de l'albumine ci des globules, et cette hydrémie artificielle est suivie d'une hydropisie plus ou moins étendue, qui est en tout cas temporaire, parce que L'altération du sang, ou dyscrasie, qui Lui donne naissance, est elle-même transitoire. Ce t'ait expérimental est Le type pathogénique d'une classe d'hydropisies qui dépendent d'une allération du sang, et que j'appelle pour ce motif hydropisies dyscrasiques; comme ladyscrasie hydropigène appai*tien1 Le [dus souvent aux états cachectiques, ces hydropisies sont fréquemment désignées sous le nom d'hydropisies cachectiques.

Le processus des hydropisies dyscrasiques est moins pur, moins net que celui des mécaniques, et cela, parce que la dyscrasie n'esL pas en réalité L'élément pathogénique unique et suffisant. Il arrive souvent que l'altération du sang ne détermine l'exosmose séreuse que par L'intermédiaire d'une coagulation veineuse, auquel cas l'hydropisie, dyscrasique par sa cause première, est mécanique par sa cause seconde. C'est ainsi (pie les choses se passent dans Le groupe des hydropisies qui méritent le mieux la qualification de cachectiques, je veux parler de celles qui se développent dans la cachexie cancéreuse, dans la tuberculeuse ou dans l'état puerpéral, par exemple ; dans toutes ces circonstances, les principes tibrineux du sang présentent une modification spéciale, en vertu de laquelle ils ont une grande tendance à la coagulation; cette modification connue sous Le nom d'inupexie est une cause de thromboses veineuses, lesquelles deviennent à leur tour, comme toute autre occlusion veineuse, une cause d'hydropisie. Dans cette série de phénomènes réciproquement subordonnés, la dyscrasie inopectique est bien certainement le premier anneau de la chaîne, mais La condition immédiate, organique ou instrumentale de L'infiltration est un obstacle mécanique, c'est le coaguiuni; et comme une classification pathogénique ne peut être basée que sur les conditions instrumentales, l'hydropisie de cette espèce doit être rangée, parmi les mécaniques, entre Lesquelles il est facile, de la distinguer par la dénomination d'hydropisie inopectique.

Dans d'autres circonstances, notamment dans La dyscrasie hydrémique, l'altération du sang parait être le seul élément hydropigène; et pourtant la genèse est en réalité plus complexe; il faut de toute nécessité admettre un élément adjuvant qui vient mettre en jeu L'élément dyscrasique fondamental; en effet, avec la même dyscrasie, l'hydropisie a lieu ou elle manque, jaccoud. !• — 4

.,u PROCESSUS MORBIDES COMMUNS.

elle eM précoce nu tardive, suivant que l'élément auxiliaire est lui-même présent ou absent. 'Celle condition additionnelle n'est autre qu'une inflence mécanique pinson iiMtius puissante qui trouble l'équilibre circulatoire déjà compromis par l'altération du sang; qu'on y réfléebisse un instant et l'on verra qu'il n'existe aucun rapporl nécessaire entre la modification hydréinique et l'exosmosc hydropique; quelque fluidité qu'on suppose au sérum, il ne transsudera pas au dehors de la membrane vasculaire si la pression du liquide, n'est pas accrue, car la paroi du vaisseau n'est, pas une barrière à claire-voie, c'est une enceinte continue à travers laquelle l'evosmosc n'est possible que si la tension intérieure dépasse la pression extérieure. Il résulte de là frac les hydropisies dyserasiques sont au point de vue de la pathogénie à là Ibis dyserasiques et mécaniques; I'altkuation j.l: saxo est la muse j>réttisposanie de l'hydropisie, dont I'ixij. n:\ci: mkcvxiouk additionnelle est La nnisr. (iHci-miiitlntc. Nous trouvons ici une évolution complexe semblable à celle dont j'ai exposé, les phases en traiiaui de la thrombose et de la gangrène. Toutefois, comme l'altération du sang introduit dans la circulation des conditions spéciales qui constituent pour l'hydropisie un véritable état d'opportunité, l'influence mécanique auxiliaire n'a pas besoin pour être eflicace d'avoir la même puissance, la même durée que si elle agissait sur ùn oïganishie intact; aussi est-elle souvent inappréciable ou inaperçue; c'est une circonstance fugace qui trouble un instant une. circula lion déjà modifiée, et en raison de Tétât constitutionnel ou dyscrasique 1 elfe l survil à la: cause qui le détermine. Les principales de ces influences occasionnelles sont l'affaiblissement de l'action du cœur, un "mouvement fébrile intercurrent, ou bien encore une fatigue, unemàrche prolongée ou l'action du froid. Il est iudispensàhle de tenir compte de ce double élément, et c'est seulement après l'expression fo'rmeile de ces résenes que l'on peut établir une classe d'hydropisies dyserasiques. Le fait expérimentai qui a servi de point de départ à cel exposé en fournit une preuve frappante ; la dyscrasic arlilicielle créée par l'injection d'eau est rapidement et constamment suivie d'une hydropisie temporaire, mais pourquoi? Parce que, avec la modification du sang, inarche de pair l'élément mécanique ; en nn'une temps, en effet, que l'eau en excès altère la composition du liquide, elle augmente par turgescence la pression ihtra-\asculaire. Les deux influences étant contemporaines, l'elVel est immédiat.

La oïsoiusiE n vdropxg f'.N k est I'hymie.uiic; mais sur ce point une confusion doit être prévenue. Si, dans une quantité donnée de sang, le sérum est en proportion surabondante relativement atix éléments globulaires, c'est là une pdlyémie séreuse, sans 'rapport avec la dyscrasie spéciale «pu produil l'hydropisie. îtlaissi, dans une qtia'htité donnée de sérum-, T eau est en excès, rhydrémie vraie est constituée; elle présente, deux degré. : tantôt le chiffre de l'eau est seul modifie, e't 'l'albumine lie 'présente qu'une, diminution rela-

HYBROPiSIE. M

M\e: tantôt avec l'augmentation de l'eau coïnc ide la diminution du chill'rc de l'albumine, qui tombe au-dessous de 5 pour 100 ; dans le premier cas, I'iivmii'.mu: est dite relative ; dans le second, elle est dite ahsoltiv. Cette, dernière est la seule qui soit réellement une eause .prédisposante de l'hydropisie ; c'est elle que je désigne par abré\ iation sous le nom de dyserasie hydropigène. Il impovM de remarquer que dans l'hydrémie, même absolue, la densité du sérum peut n'être pas changée, puisque l'albumine peu! être remplacée au point de vue de eelte propriété physique par des sels minérauv; j'ai déjà signalé les recherches de Sehmidt, qui ont l'ail connaître 1 i;< t ion de cette substitution ; S parties d'albumine sont compensées par 1 partie de sels.

Les CâusKs des hydropisies dyserasicpies peuvent être ramenées à deux ordres; tantôt La répara Mon des matériaux protéiques est insuffis/nitr. ftJÉtôl ces matériaux son! onlexés au sang par ^wliaMon directe ; dans l'un et l'autre cas. l'hydivinie absolue est constituée. Au premier ordre de causes se rattachent les hydropisies par alimentation insuffisante (épidémies faméliques de la basse Lgypte, d'Eicbsfeld, de Sehernnilz et d'Anzin); celle des convalescents, des malades atteints de cancer gastro-intestinal ou oesophagien ; enfin les œdèmes fugaces et mobiles qui se déxeloppeni dans les parties déclives en l'absence d'occlusion veineuse chez les phlhisiqnes, les cancéreux et, en général, chez les anémiques. Quoique In dyserasie hydropigène existe dans tous les faits de cet ordre, cependant elle n'est -pa-s seule en anse, et l'atonie eardin-xasculaire résultant de la déchéance organique re\ endique. une part importante dans le processus morbide; nf&Ê, vraisemblablement à la variabilité do cd élément pathogénique qu'il faut attribuer la mobilité et l'absence possible de l'hydropisie chez les individus qui son! sous le coup ries diverses c éditions pathologiques que je viens d'examiner. Kn l'ail, dans toutes ces circonstances, l'hydropisie es! possible, elle n'es! fias nécessaire. Lorsqu'elle a lieu, elle esl parfois provoquée par quelque cause occasionnelle appréciable : ainsi chez les ehloroliques, les anémiques cl tes convalescents, l'œdème est souvent limité à des parties qui ont été, exposées j) l'action de l'air.

'La dyserasie hydrémique ci l'hydropisie sord prodmlos par Hiinlintioit direcU du sang dans les hémorrhagies. dans les suppurations prolongées (notamment celles des os), mais surtout dans l'albuminurie persistante du mal de Ifrighl. il est bien digne de remarque que, dans cet clal pathologique, qui amène plus sùi enien'l ci plus rapidement qu'aucun ami e rhypoalburninose Ot Thydrernic absolue, l'h\dro(nsie n'est cependant pas constante (elle manque 1 fois sur 11, d'après lYerielis, 1 fois sui 20 selon Rosenstein) ; nouvelle [nvuxe que la dyserasie ne suffit pas par elle-même, el que l'intervention d'une circonstance accidentelle déterminante esl d'absolue nécessité. Dans certains cas, cette circonstance esl appréciable : c'est un refroidissement,

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mu: fatigue, une phlegmasie cutanée, ou l'affaiblissement de l'action M cœur; mais dans bon nombre d'autres clic n'est pas saisissable, et 1 évolution reste obscure. Je l'ai dit ailleurs, l'irydropisie brightique, connue huiles les hydropisies dyscrasiques, doit être rapportée à une cause auxiliaire d'ordre mécanique; niais si de cette vue générale nous descendons aux cas particuliers, nous sommes bientôt arrêtés, ne fût-ce que par la localisation singulière de l'intiltralion au visage et par les variations sans nombre que présente sa marche tantôt progressive, tantôt rétrograde, et cela, alors même que le malade ne quitte plus son lit et qu'il n'a été soumis à aucune perturbation accidentelle. Ces difficultés subsistenl pour toutes les hydropisies dyscrasiques, la question n'est point complètement élucidée.

III. — L'obscurité est la même, si ce n'est plus grande, pour certaines hydropisies partielles ou générales, qui ne dépendent ni d'un obstacle au cours du sang veineux, ni d'une dyscrasie préalable. Ces hydropisies qui, sons le nom d'essentielles ou actives, sont souvent opposées aux mécaniques et aux dyscrasiques; apparaissent dans les circonstances suivantes : après un refroidissement, après l'ingestion des boissons froides, lorsque le corps est en sueur, dans la scarlatine, enfin après l'arrêt brusque du ÉLux menstruel, '".'est presque toujours une anasarque générale qui survient alors, plus rarement une ascite ; l'infiltration se fait rapidement, et elle coïncide avec des phénomènes fébriles plus ou moins intenses. Ces caractères juslilicnl parfaitement la qualification d'aiguës, qui est souvent donnée à ces hydropisies ; et si l'on excepte les cas de scarlatine, la dénomination d'essentielle est également légitime, puisque l'hydropisie est primitive, isolée et indépendante de tout étal morbide antécédent. Mais autant ces désignations sont importantes et significatives en clinique, autant elles sont insignifiantes et muettes au point de vue du mécanisme générateur. 11 y a ici plus d'une inconnue ; néanmoins, dans une classification pathogénique, ces faits doi- \ent être, ce nie semble, l'attachés aux hydropisies mécaniques, don! ils forment une variété distincte.

Remarquons d'abord que l'albuminurie, qui coïncide souvent avec l'infiltration ou l' é pane hem ent séreux, est sans influence aucune sur le développement de l'hydropisie ; ces deux phénomènes, en effet, sont ordinairement contemporains; il est donc impossible que l'un soit la cause de l'autre; ce sont deux ell'els simultanés d'une même cause. En fait, la condition pathogénique de ces hydropisies est, pour moi, une augmentation subite de la pression du sang dans un ou plusieurs réseaux capillaires. Dans quelques cas, l'évolution des phénomènes est facile à saisir,, et le mécanisme que j'invoque apparaît nettement; l'hydropisie qui, avec ou sans albuminurie, succède à l'arrêt accidentel de la menstruation, celle qui se développe après la cessation du flux hémorrhoïdaire, sont de

HYDR0P1SIE. 53

véritables hydropisies supplémentaires qui résultent de l'accroissement brusque do lii pression inlra-vasculaire. Comme l'équilibre mécanique de la circulation est bientôt rétabli; ces infiltrations séreuses sont à la fois subites ci temporaires. Les autres -variétés de l'hydropisie dite essentielle sont presque toujours produites par le froid, et cela dans des circonstances bien déterminées ; le corps étant en sueur, la réfrigération porte sur la surface cutanée ou bien sur la surface gastro-intestinale par ingestion de boissons froides ou glacées. Or, «tans toutes ces circonstances, les conditions mécaniques de la circulation sont troublées de la même manière ; un réseau capillaire (celui de la peau ou celui de la muqueuse digestive) en pleine dilatation, en pleine activité sécrétoire, subit l'impression brusque du froid. Sous l'influence de cette excitation, les vaisseaux se resserrent, la sécrétion est suspendue, et une fluxion collatérale est produite dans un réseau contigu. L' exosmose séreuse est le produit de cette fluxion anormale qui anéantit momentanément le tonus vasculaire ; c'est une hydropisie par fluxion compensatrice. Dans la plupart des cas, c'est un réseau capillaire voisin de celui qui a subi l'action du froid, qui est le siège de la tluxion hydropigène; ainsi, quand le refroidissement porte sur la peau, c'est le réseau sous-cutané qui est force, une anasarque est produite ; quand le refroidissement atteint le réseau muqueux de la surface gastro-intestinale, c'est le réseau sous-séreux qui est fluxionné, et l'ascite a lieu. Parfois cependant la • compensation se passe entre des réseaux éloignés; ainsi on peut voir l' anasarque succéder à l'ingestion des boissons froides; on peut aussi, quoique plus rarement, observer l'ascite à la suite d'un refroidissement général, qui a porté d'abord sur les réseaux cutanés ; ces effets à distance témoignent d'une action réflexe du svstème nerveux vaso-moteur; mais la condition immédiate de Fbxdropisie n'en reste pas moins la dilatation fluxionnairc des petits vaisseaux (1). Dans les conditions particulières que nous venons d'envisager, c'est-à-dire Lorsque l'action du froid, extérieur ou intérieur, se fait sentir au moment où la sécrétion sudorale est en pleine activité, la tluxion capillaire n'est certainement pas la seule condition génératrice de l'hydropisie ; il faut tenir compte1

(1) Plusieurs auteurs ont attribué ,ï L'action du système nerveux vasculaire la production de toutes ces hydropisies, de celles-là même qui affectent les réseaux contigus à celui qui a subi l'impression anormale ; mais comme Les modifications mécaniques des capillaires eux-mêmes peuvent alors rendre compte du phénomène, il me paraît inutile d'invoquer pour ces"cas-là l'intervention des vaso-moteurs, ,1e liens à taire remarquer d'ailleurs que ces diverses interprétations, la mienne comprise, ne sont que des tentatives d'explication et non point des démonstrations.

Quant à L'influence hydropigène du système nerveux, ce n'est point une hypothèse; cette influence est démontrée par L'œdème précoce (je l'ai \u an bout de dix jours), qui envahit les membres paralysés à la suite d'une lésion de l'appareil cérébro-spinal {hydfôps paralytidts des auteurs allemands).

54 PROCESSUS MORWBB9 COMMUNS.

en outre de l'arrêt subit ete la fonction cutanée et tic h rétention brusque des produits oxerémentitiels. I/exosmose qui est produite alors est une effusion compensatrice de la sécrétion soudainement entra\ée. Telle est d'ailleurs la puissance de cette cause, qu'on a vu l'hydropisie atteindre simultanément un grand nombre d'indh idus qui axaient été soumis aux mêmes inlluences; ainsi, dans l'oxpé iition de Tunis, presque tous les soldats de Charles Y devinrent hydropiques, parce qu'après une marche forcée, durant laquelle ils avaient été privés de boissons, ils s'étaient arrêtés dans un lieu frais, où ils avaient assouvi leur soif, en buvant à l«Wg traits de l'eau trèsfroide.

Je ne puis terminer sans exprimer une réserve, l/ohservation ultérieure démontrera peut-être que ce processus pathogénique déjà complexe implique encore un autre, élément, savoir : la formation anormale de liquides librinogènes dans le tissu cellulaire ou dans les cavités closes ; dans plusieurs anasarques aiguës " f'rùiorc, il m'a paru que le liquide infiltré s'éloignait par ses caractères de la sérosité hydropique ordinaire, et se rapprochait du liquide coagulable propre à Pkjtêfdps hjmi'holinis deVircbow. S'il en est toujours ainsi, les faits de cet ordre doivent être» distraits delà classe des hydropisies; ils appartiennent aux hydrophlegmnsies (inflammations non suppuratives avec sécrétion séro-fibrineusc abondante) ; et ce déclassement, il faut le reconnaître, serait bien en harmonie avec les phénomènes fébriles et la marche aiguë qui spécialisent en clinique ces formes toutes particulières d'hydropisie ; sous ce rapport la question est à revoir.

nuant à l'anasarque searlatineuse, qui se développe parfois sans albuminurie ni refroidissement préalables, la pathogénie en est complètement obscure. Qu'on invoque avec certains auteurs les modifications produites par l'exanthème dans la circulation cutanée ou, avec d'autres, une action élective propre au poison scarlatineux, le problème n'en est pas beaucoup édairci, et nous devons nous borner à voir dans ce phénomène rare une suite possible de la fièvre scarlatine.

En résumé, et toute réserve faite des hydrophlegmasies, les hydropisies étudiées au point de vue pathogénique forment deux classes, savoir : les hydropisies mécanioi ks et les hvsc.h asimi ks. Dans les premières, l' exosmose a pour cause constante une augmentation de la pression veineuse, laquelle peul être produite soit par un obstacle matériel dans les canaux de retour, soit par une fluxion compensatrice des capillaires. On peut tenir compte de celle double modalité en établissant dans la classe des hydropisies mécaniques deux genres ainsi qualifiés : hydropisies par obstacle mécanique, hydropisies par fluxion capillaire directe ou réflexe.

Dans la. deuxième classe, une. dyscrasie constituée par l'hydrémie absolue est la cause fondamentale de l'hydropisie; mais cette cause, est mise en jeu par une iiifhn-iicr mérunit/iif or.nisiniiiii'.lle.

HYBROPISIE.

SYMPTOMES

Les swnptômes sont de deu\ ordres : les uns sont des phénomènes physiques Tournis par la palpatiou, la percussion et l'auscultation, et qui révèlent direcicmeul la présence du liquide; les autres sont îles troubles fonctionnels <|ui résultent de l'obstacle opposé par le liquide au fonctionnement régulier des organes. Dans la plupart des hydropisies, ces deux ordres de symptômes sont présents ; cependant dans certaines cavités closes, dans la cavité céphalovertébrale, les phénomènes physiques manquent, et l'hydrocéphalie, comme i'hulrorachis, ne se traduit que par les troubles des fonctions cérébrales ou spinales; on revanche, dans l'ascite, les symptômes physiques peuvent être longtemps isolés : ce n'est que lorsque l'épaneheinonl est considérable qu'il entrave les fonctions de locomotion, de respiration, et celles des viscères abdominaux. Ces symptômes appartiennent à l'histoire particulière des hydropisies, umi> les retrouverons ; j'indiquerai seulement ici les signes de l'infiltration œdémateuse sous-euhmée. La partie qui en est le siège est augmentée de volume, les téguments sont, tendus, lisses, brillants et décolorés; ils gardent, sous forme d'une dépression circulaire, l'empreinte du doigt qui les a comprimés. Cette dépression est plus ou moins profonde, plus ou moins persistante, selon l'abondance du liquide et l'élasticité du dorme, (mand l'infiltration est très-peu marquée, il faut souvent regarder la région do profil pour apercevoir l'empreinte caractéristique ; aux paupières, l'œdème se manifeste par la bouffissure de ces voiles, et ce signe est parfois assez net pour être suffisant. Dans le cas contraire, il faut rechercher les efl'efs de la compression, et le meilleur procédé consiste à pincer la paupière d'un côté à l'autre en la soulevant légèrement; le pli que l'on forme ainsi disparaît aussitôt, s'il n'y a pas d'oedème ; dans le cas contraire, il persiste un instant et s'efface lentement. Lorsque l'infiltration est considérable, la distension du derme par la sérosité sous-jacente en compromet la vitalité, et l'irritation la plus légère devient le point de départ d'érythèmes, d'érysipèles, de phlyetènes ou de gangrènes. Il n'est moine pas rare que ces accidents prennent naissance spontanément, c'est-à-dire en l'absence de toute irritation accidentelle appréciable.

DIAGNOSTIC

Le diagnostic médical no doit jamais èlre borné à la constatation de l'hydropisie. Il l'uni en rechercher la cause, el dans ce bui il l'uni prendre en considération l'élal pathologique antécédent el actuel du malade, le mode do développement, le siège, le nombre el la (teité oos hydropisies. D'une manière générale, les hydropisies de notre première classe, hydropisies

mécaniques, diffèrent des dyscrasiques par les caractères suivants : elles sont souvent rigoureusement limitées à un département circonscrit du système veineux, elles sont ûxes, c'est-à-dire qu'elles n'oscillent pas d'un point à un autre. Elles prennent naissance dans toutes les régions indistinctement, sans être influencées par la pesanteur, partout où existe la cause mécanique génératrice; enfin, pour peu qu'elles soient anciennes, elles coïncident avec une circulation veineuse collatérale, dont le sens est en rapport avec le siège de l'obstacle. Ces caractères différentiels appartiennent aux hydropisies mécaniques du premier genre, à celles qui reconnaissent pour cause un obstacle matériel au cours du sang veineux ; les hydropisies par ftuœion capillaire sont distinguées par la cause (froid, arrêt des règles) et par l'acuité du début. L'hydropisie brightique aiguë, qui en est une variété (anasarque et albuminurie contemporaines et subites), est caractérisée par l'albuminurie persistante et par la présence dans l'urine de divers éléments qui proviennent des tubuli des reins, souvent aussi par l'hématurie.

Quant aux hydropisies dyscrasiques, elles sont spécialisées par l'absence des caractères précédents, notamment par leur mobilité, par la lenteur de leur développement, et surtout par l'existence préalable des divers états pathologiques qui amènent l'hydrémie; du reste, en dehors du mal de Bright chronique, ces hydropisies sont assez rares.

Le traitement de ce processus morbide échappe à tout précepte général ; il se confond avec celui des maladies qui présentent l'hydropisie au nombre de leurs symptômes.

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