‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 136 sur 161 · NÉVROSES DU COEUR · texte numérisé non relu

NÉVROSES DU COEUR

terminée; coïncidant souvent avec des phénomènes oculo-pupillaires, elles peuvent être, comme eux, un symptôme initial qui devance toute autre manifestation de la maladie des centres nerveux; ces palpitations ont ace titre un intérêt sémiologique tout particulier.

TRAITEMENT

Certaines mesures hygiéniques doivent être imposées à tout malade atteint de palpitations ; la vie doit être sobre et régulière ; les veilles tardives, les travaux excessifs, le séjour dans les salles de spectacle, doivent être interdits; il en est de même du coït et des fatigues musculaires. On proscrira dans l'alimentation tout ce qui favorise la production des gaz, tout ce qui est d'une digestion lente et difficile ; on restreindra ou l'on supprimera l'usage du café, du thé, du tabac. Le malade ne se couchera pas avant que la digestion soit achevée; la tête sera maintenue un peu haute, les matelas et les oreillers seront garnis de crin et non de plume; la constipation sera soigneusement évitée.

L'ensemble de ces moyens suffit dans bien des cas pour faire justice des palpitations; si elles persistent, il faut avant tout rechercher l'indication causale et la remplir. Le traitement sera donc dirigé selon les cas contre la dyspepsie, la chlorose ou bien contre les vers intestinaux, les troubles de la menstruation, etc. En l'absence d'indication causale définie, l'hyperkinésie doit être tenue pour le résultat d'un trouble primitif de l'innervation du cœur; l'indication est symptomatique, elle est remplie par les modificateurs du système nerveux. On a dit que la digitale est contre-indiquée dans cette espèce de palpitations. Je repousse cette proposition, issue de la confusion des formes, et j'affirme que la digitale constitue souvent la médication souveraine; il importe seulement de savoir dans quels cas elle est opportune ; c'est ici que s'applique la distinction que j'ai basée sur l'état de la pression artérielle. Quand l'action du cœur est faible et le pouls dépressible, les palpitations sont traitées avec succès par la digitale, dont l'action peut être secondée par l'hydrothérapie ; dans les conditions opposées, la digitale aggrave le mal : il faut le combattre alors par le bromure de potassium, les préparations opiacées ou cyaniques, le musc, l'éther, le castoréum, etc. L'acide arsénieux m'a réussi dans plusieurs cas, et les grands bains de tilleul sont un adjuvant utile delà médication. C'est dans cette forme hypersthénique que les prescriptions d'hygiène, précédemment indiquées, doivent être imposées avec la plus rigoureuse sévérité.

M UADIE DE GRAVES, DE BÀSEÛOW. — GOITRE EXOPHTHALMIQUE. 665

Page 1