‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 141 sur 161 · NÉVROSES DU COEUR · texte numérisé non relu

NÉVROSES DU COEUR

en ce sens qu'elle succède à des attaques de mal eomitial, alterne avec elles ou en est le précurseur. — Si la puissance pathogénique de ces diverses causes ne peut être révoquée en doute, il n'est pas moins vrai qu'elles existent très-souvent sans produire les phénomènes de l'angine de poitrine, d'où il faut conclure que la cause n'est, efficace que si elle trouve les nerfs cardiaques dans un état -particulier de réceptivité; cet état, c'est une excitabilité anormale, laquelle est en tout cas la cause prédisposante de la maladie.

La forme essentielle peut être observée chez les enfants et les jeunes gens, mais la forme secondaire est propre à l'âge avancé ; la maladie est beaucoup plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Sur 88 malades qui figurent dans le relevé de Forbes, il y a 80 hommes et 8 femmes ; sur 67 cas de Lartigue il n'y a que 7 femmes, et Lussana porte à 98 pour 100 la proportion relative du sexe masculin. Une importante statistique de sir Gilbert Blane établit que l'angine thoracique est plus commune dans les classes riches, et les relations de Kleefeld et Gélineau montrent qu'elle peut sévir épidémiquement sur un ensemble d'individus soumis aux mêmes influences (soldats, marins). Quoi qu'il en soit, l'angine de poitrine est fort heureusement une affection rare.

SYMPTOMES ET MARCHE

La maladie débute inopinément au milieu d'une parfaite santé, et les accès douloureux surviennent brusquement, tantôt pendant la marche, tantôt pendant le repos, et même durant la nuit. Le malade est brutalement atteint d'une douleur poignante dans la région du cœur et d'une sensation d'angoisse et de suffocation imminente ; il garde une immobilité absolue, il pâlit, et sentant en lui comme « une pause universelle des opérations de la nature » il attend avec terreur le terme de cette attaque qui menace sa vie. Dans quelques cas cette défaillance aboutit à la syncope, mais le plus souvent la douleur cesse au bout de quelques instants, et le malade, rendu à lui-même, fait quelques inspirations profondes qui marquent la fin de l'accès. 11 est remarquable du reste que même pendant le paroxysme et au plus fort de la suffocation, les mouvements respiratoires sont possibles et présentent leurs caractères naturels, si l'angine est essentielle; lorsqu'au contraire elle est liée à quelque lésion du cœur et de l'aorte, on peut observer des troubles respiratoires qui sont le fait de la maladie première et non de l'angine elle-même. Tandis que la respiration demeure régulière, les battements du cœur sont faibles, parfois à peine appréciables, inégaux et intermittents; le pouls reflète naturellement ces anomalies, et ces phénomènes caractéristiques disparaissent après l'accès.

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