CHAPITRE VÏI
FIÉ Vit K.
La fièvre (1) est un état pathologique constitué par l'accroissement de la combustion et de la température organiques. Parmi les autres phénomènes de cet état morbide complexe, les uns dépendent de cette anomalie première et fondamentale, les autres sont variables et incertains; seule, l'élévation de température est constante et immuable à ce point qu'elle suffit pour spécifier et pour définir la fièvre. Telle est, d'ailleurs, la rigoureuse et stricte justesse de cette définition, qu'elle peut être renversée sans perdre de son exactitude,
(1) Galien, Van Swieten, Cullen, Borsieiu. — Bouiixaud, Traité clinique et expérimental des fièvres dites essentielles. Paris, 1826. — (îavabuet, Recherches sur la température dans la fièvre intermittente (L'Expérience, 1839). — Sciioxlein, Alla*
und spec. Pathologie und Thérapie nach seinen Vorlesungen. St. Gallen 1841.
Henle, Pathologischc Untersuchungen. Berlin, 1840. — J. Heine, Physiolog. patholog. Studien. Stuttgart und Tiïbingen, 1842. — Wundeklich, Arûh. fur physiolog. Heifkunde, 1842, 1843, 1850, 1857, 1858. - Archiv der Heilkunde, I, II, III. Giebse, Quœnam sit ratio calons organici. Halae, 1842. — Stannius, art. Fiedeb in Wagncr's HandwSrterbuch der Physiologie, T. Braunsrliweig-, 1842. — Nasse art.
Thieiusche Warme, eodem loco, IV, 1853.— Roger, Arch. gèn.de rnéd., 1844. Ruete
lieitrag zur Physiologie des Fiebers. Berlin, 1848.— ScfiUWZ, JLehrbuch der allg, Krankheitslehre. Berlin, 1845. — Heidenhaw, Bas Fieber an sich vud dus nervôse
et être exprimée sous cotto autre forme : tout individu dont la température subit un accroissement durable a la fièvre. Une formule aussi absolue ne pourrait être appliquée à nul autre des phénomènes de l'état fébrile.
L'accroissement de la chaleur étant un fait déjà secondaire, produit par la perturbation des combustions organiques, il pourrait sembler plus exact de définir la fièvre, non pas par un phénomène consécutif, mais par la cause primordiale de ce phénomène. Or, sans compter que cette cause n'est point dégagée, et qu'il serait illogique d'asseoir une définition sur une inconnue, ce désordre primitif ne tomberait probablement pas sous l'observation directe, tandis que l'élévation de température objectivement appréciable par le thermomètre est susceptible d'une mensuration précise, de sorte que cette anomalie thermique n'est pas seulement le symptôme pathognomonique de la fièvre, mais qu'il en révèle en même temps les caractères et la marche.
Les divers phénomènes de l'état fébrile peuvent être rapportés à quatre groupes : 1° désordres de ealorification ; 2° désordres de nutrition; 3° désordres de circulation; h° désordres d'innervation.