‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 59 sur 161 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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méningite .spinale.

L'inflammation isolée de la dure-mère est rave ; elle est produite par contiguïté à la suite du traumatisme ou des altérations chroniques des vertèbres, cl dans le complexus pathologique qui existe alors, V épaississement phleguiasique de la dure-mère, avec exsudation membraneuse à la surface externe, n'est qu'un incident sans importance. Dans un cas unique jusqu'ici, l'irruption d'un abcès cervical (phlegmon de Ludwig) dans le canal vertébral a provoqué une inflammation strictement bornée au tissu extra-méningien, qui existe entre la dure-mère et le périoste (Mannkopff). — A l'état aigu, l'inflammation de l'arachnoïde (airachnitis) n'existe pas seule, elle coïncide toujours avec une lésion semblable de la pie-mère ; à l'état chronique, le travail inflammatoire peut être limité à la membrane arachnoïdienne ; il y détermine tantôt des taches blanches (laiteuses), des opacités, des épaississements partiels ou des adhérences, tantôt des plaques solides, bien isolées et disséminées en nombre plus ou moins considérable dans les diverses régions vertébrales ; ces plaques sont punctiformes, ou bien elles mesurent plusieurs millimètres et même davantage. Elles sont ordinairement minces comme des coquilles d'oeuf, flexibles comme des lamelles de cartilage ; parfois elles acquièrent une plus grande résistance par incrustation de sels calcaires. Plus commune chez les hommes que chez les femmes, ces plaques arachnoïdiennes sont surtout observées après l'âge de quarante ans. Au point de vue clinique, ces lésions sont muettes si elles ne sontpas assez considérables pour exercer une compression sur la moelle, et dans ce cas leurs symptômes sont ceux de la compression spinale et non point ceux de la méningite vraie. Dans quelques cas, ces plaques ont une situation excentrique de telle sorte que, quoique renfermées dans le canal vertébral, elles agissent exclusivement sur les racines îles nerfs ; le phénomènes sont alors plus éloignés encore de ceux de l'inflammation méningée, car les symptômes sont ceux de la maladie à laquelle j'ai donné le nom d'atrophie nerveuse progressive. Il résulte de ces faits que l'inflammation isolée de l'arachnoïde n'est pas une forme clinique distincte, et que ta méningite spinale est essentiellement constituée par 1' inflammation de la pie-mére. Ainsi limitée, cette maladie n'en reste pas moins une des espèces morbides les moins nettes, et cela pour deux raisons ; elle coïncide fréquemment avec une méningite cérébrale dont les symptômes éclatants dominentle tableau clinique, et d'autre part, la méningite spinale marche ordinairement de pair avec une myélite

{méningo-my élite), et les phénomènes symptomatiques reflètent naturellement cette double origine. Un relevé de Reeves montre bien la rareté de la méningite pure : sur 39. cas, cet observateur a constaté l'inflammation isolée de l'arachnoïde 8 fois; l'inllammation simultanée de cette membrane et de l;i pie-mère, ou la phlegmasie de celle dernière seulement 11 fois; chez 7 malades, il y avait méningo-myélite ; enfin, dans 13 cas, la méningite spinale coexistait avec une méningite cérébrale. La description suivante se rapporte uniquement à la méningite isolée, qui présente deux formes, l'aiguë et la chronique (1).

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

Principalement observée chez les individus du sexe masculin, pendant la jeunesse et l'âge adulte, la méningite spinale est primitive ou secondaire. La première est causée par le froid, par l'insolation, parles efforts musculaires violents ; la seconde est provoquée par le traumatisme, par les altérations chroniques des vertèbres (tumeurs blanches, spoiuhlarthrocacc), par le rhumatisme articulaire aigu et l'état puerpéral; on l'a vue être la suite d'eschares qui avaient ouvert le canal sacré, ou de l'irruption d'un liquide purulent dans le canal rachidien ; ces fails sont rares. En dehors de ces causes dont l'influence est démontrée, l'étiologie de la méningite est purement hypothétique.

ANATOM I E PATHOLOGIQUE

Les lésions sont rarement limitées, elles s'étendent en général sur une hauteur assez considérable, et dans le cas de complications cérébrales, elles peuvent occuper toute la longueur de l'axe rachidien et se continuer sans interruption avec les altérations céphaliques. Dans la forme ah.it., les trois méninges peuvent être injectées et épaissies, mais les lésions caractéristiques

(1) Bergamaschi, Osservazioni su/ta inflummazione délia spinale midolla, e délie sue membrane. Pavia, 1810. — Parent-Duciiatelet et Martinet, Recherches sur Vin,' flnrnmation de l'arachnoïde cérébrale et spinale. Paris, 1 8*2 1 , — Ai.bers, Périme ningitis medulhr spinalis (Journal fur Chirurgie und Augenheilkuude, XIX). — Nkisser, Die ncute Entziindung der serôsen Haute des Gehiins and ïiuckenrnarkes Berlin, 1845. — HenocH) Denkschriften des drutschen Vereins fur Heilwissenschaft, [, 1 845.— Reeves, Spinal menin gif is and ifs Complications (Month/y Journ. of Med Se, 1855).— Simon, Suppurât ire Inflammation ofthe spinal Theka (Med. Times and Gaz., 1855). — Griiveiliiier, Obs. de caverne pulmonaire ouverte dans le canal rachidien (Gaz. hebdom., 1856). — KohlF.r, Monographie der Meningitis spinalis. Leipzig UTtd Heidelbor», 1861. E. Mannkopff, Secundure Huckenmarkskrankheif (Ber/incr klin. Wochenschrift , 1864). — E. Gintrac, De la méningite rhumatismale. Bordeaux, 1865.

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