‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 61 sur 161 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

puissance motrice, puis les allures de la paralysie elle-nièrne: elle est lente, symétrique dans ses progrès, mobile <|uant à son degré et à son siège, elle reste longtemps incomplète, et l'anesthésie esl nulle OU peu marquée. On a dit que la paralysie de la méningite est diffttse, tandis que celle de la myélite chronique esl régulièrement localisée et livée dans une ('tendue proportionnelle à la hauteur de la lésion; ce signe esl trompeur ; la myélite chronique n'est pas toujours constituée par un foyer unique et circonscrit, elle présente parfois des altérations multiples et disséminées, et dans ce cas la diffusion de la paralysie est la même que dans la méningite, qui en somme est bien mieux caractérisée par la mobilité des phénomènes d'akinésie. Lorsque, par exception, l'anesthésie est complète, les mouvements réflexes, d'abord normaux, ne peuvent plus être provoqués, parce que les racines nerveuses, comprimées par les produits phlegmasiques, perdent leur conductibilité.

La paraplégie dépendante de l'hydrorachis chronique est quelquefois beaucoup plus marquée dans la station debout que dans le décubitus dorsal; ce signe a une valeur réelle, mais il est inconstant ; pour qu'il se produise, il faut d'abord que la paralysie soit incomplète, et de plus il faut que l'épanchement séreux ne soit pas assez abondant pour avoir perdu toute mobilité. 11 est clair que si le liquide distend la totalité de l'espace sousaraehnoïdien, le passage de la station couchée à la station debout ne pourra pas déterminer l'accumulation de la sérosité clans la région lombo-sacrée ; alors le signe fera défaut, non parce qu'il est infidèle, mais parce que les conditions nécessaires à sa production ne sont pas réalisées. Au total, le diagnostic de ces formes chroniques est toujours obscur, mais cette incertitude n'a pas grande importance pratique en raison de la coexistence fréquente des deux maladies; dans les cas heureux, l'amélioration est un critérium de valeur absolue, car si la méningite peut s'arrêter et guérir, il n'en est pas de même de la myélite, qui produit dans le tissu nerveux des altérations irréparables.

J'ai vu la méningite aiguë confondue avec le tétanos ; cette erreur, si grave au point de vue thérapeutique, sera évitée si l'on a soin de rechercher le symptôme fièvre, et d'observer la marche de la température qui n'est pas la même dans ces deux maladies.

I)ans la forme aiguë, il ne diffère pas de celui qu'on oppose à la méningite cérébrale, il faut agir vigoureusement par les émissions sanguines générales et locales, par les applications d'onguent mercuriel sur la colonne vertébrale, et l'administration du calomel a doses rapidement efficaces (un

gramme en dix paquets, un par heure) ; cette méthode est beaucoup plus puissante que celle de Law, qui consiste à donner le calomel à doses atténuées (5 ou 10 centigrammes en dix paquets). Dans La forme chronique* primitive ou consécutive, on aura recours à l'iodurc de potassium à hautes doses, aux vésicatoires volants répétés sur toute la hauteur de la région vertébrale, et aux douches froides; dans certains cas, celles-ci sont avantageusement remplacées par des bains chauds prolongés. Enfin, les stations thermales de Plombières, Balaruc, Bourbon -l'Archambault, \Yildbad et d'autres analogues, peuvent être utilisées avec chance de succès, si la paralysie dépend réellement d'une méningite isolée.

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