TÉTANOS. M
à l'abri du narcotisuie, qui doit être soigneusement évité dans une maladie dont li> principal danger est l'asphyxie. Si le malade peut avaler, on donnera l'opium indifféremment sons l'orme de morphine, d'extrait thébaïque on de laudanum; dans le cas contraire, on aura recours aux lavements ou mieux encore aux injections hypodermiques de morphine. — Le tabac a produit quelques guérisons (O'Reilly, Haughton, Babington); on administre ordinairement l'infusion de feuilles par la bouche ou par le rectum ; mais comme la richesse du tabac en nicotine est extrêmement variable, il vaut mieux, à l'exemple de Haughton, employer la nicotine pure; dans les deux cas de succès qu'il a fait connaître, celte substance a été donnée à la dose de deux à trois gouttes par jour dans quelques grammes d'eau et de vin. — L'alcool a réussi plusieurs luis; chez deux malades nui ont guéri, Hutchinson l'a employé sous l'orme de punch, et la dose a été- portée jusqu'à commencement d'ivresse ; Tun de ces cas se rapporte au tétanos idiopathique, l'autre au tétanos traumatique.
On a cru trouver dans le curare le remède infaillible de la maladie; l'observation a grandement réduit ces espérances, mais elle a montré cependant que cette médication peut, comme les autres, avoir ses succès. Le curare est administré par la méthode hypodermique ou par la méthode endermique ; celte dernière serait plus efficace d'après les observations de Lochner; on fait une solution de 5 centigrammes de curare dans 100 gouttes d'eau, et l'on injecte chaque jour en deux fois 20 gouttes de ce liquide dans le tissu cellulaire, ou bien l'on applique sur une région dénudée d'épidernie un petit carré de linge imbibé de 10 gouttes de la solution, et l'on recouvre le tout avec du taffetas gommé. Si les accidents sont très-intenses, on peut donner à l'intérieur 1 milligramme de curare toutes les deux ou trois heures, et plus encore, car les expériences remarquables de Voisin et Liouville ont établi que cette substance peut être administrée à des doses bien supérieures à celles qui ont été employées d'abord. Dans le tétanos en particulier, « on peut donner d'emblée la dose de un decigramme d'un curare de force moyenne, et dans un espace de vingt-quatre heures injecter sous la peau un autre decigramme à trois et quatre reprises différentes. » — Depuis quelques années, la fève de Calabar a été employée dans le traitement du tétanos, et les résultats obtenus sont vraiment encourageants. On peut donner, comme je l'ai indiqué à propos delà chorée, !\ grammes par joui' d'une teinture faite avec k grammes de fève pour 30 grammes d'alcool rectifié, et cette dose peut être graduellement portée au double; ou bien on fait prendre l'extrait ou la poudre de fève à la dose de 20 à 60 centigrammes par jour. L'extrait peut être donné sous forme pilulaire d'après la formule de Watson : Extrait de fève, 60 centigrammes; poudre de gingembre, q. s. ; le tout pour 2h pilules; on en donne une toutes les deux heures ou même toutes les heures, selon le cas.
jAccori). ^
650 ROSES 9PINO-BULBAÏRES.
Quelques médications externes ont été employées : ce sont les applications permanentes de ylave surla colonne vertébrale, et la galvanisation delà moelle par un tort courant. Ce mode d'électrisation épuise rapidement l' excitabilité spinale, et par suite l'ail disparaître la roinulsion ; mais l'effet n'est que temporaire, tandis que l'application du froid a procuré des guérisons délinilives. pour moi, guidé par l'analogie pathogéniqoe et par les résultats remarquables que j'ai obtenus dans la eborée, je n'hésiterai pas à traiter le tétanos par les insufflations d'êther, répétées toutes les heures ou toutes lo demi-heures jusqu'à cessation du spasme.