‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 102 sur 155 · NÉVROSE DES ÉCRIVAINS. — DYSKINÉSIE PROFESSIONNELLE · texte numérisé non relu

NÉVROSE DES ÉCRIVAINS. — DYSKINÉSIE PROFESSIONNELLE

est de règle que le désordre soit limité aux muscles de l’avant-bras et de la main, et qu’il n’apparaisse que pendant l’accomplissement de l’acte professionnel; ce lait est la base du diagnostic, les exceptions signalées sont trop peu nombreuses pour en amoindrir la valeur.

La marche de cette névrose est continue, à peine interrompue çà et là par une amélioration temporaire; et la résistance habituelle de la maladie à toute thérapeutique en rend le pronostic sérieux, non pas au point de vue de la santé générale de l’individu, mais au point de vue des entraves qu’elle apporte dans ses travaux.

Le repos prolongé, l’abstention totale des plumes métalliques, ont rarement été utiles ; on peut engager les malades h apprendre à écrire de la main gauche, mais on ne peut leur promettre le succès, car on a vu la dyskinésie frapper l’autre côté une lois l’éducation achevée. Le traitement médical doit être basé sur la distinction des formes akinésiques et hyperkinésiques; pour les premières, l’électricité, surtout la galvanisation, a produit des guérisons définitives, et l’on peut, selon la recommandation de Zuradelli, en seconder les effets par l’administration de la brucine ou de la strychnine, ou bien encore par les bains de mer, les douches froides, les vésicatoires et les topiques irritants. On aura soin, en outre, de ne pas négliger les indications qui pourraient être fournies par l’état constitutionnel. Les formes ataxiques et spasmodiques sont plus tenaces encore; la ténotomie n’est indiquée que dans la dernière, et c’est sans doute parce qu’on la pratique indifféremment dans tous les cas, qu’elle ne compte qu’un succès, celui de Stromeyer, qui a guéri son malade par la section du long fléchisseur du pouce. On pourrait tenter dans ces formes le traitement par la belladone ou le bromure potassique, mais le plus souvent on est obligé, enfin de compte, de recourir à quelque appareil mécanique, qui permet au malade d’écrire malgré la persistance de son infirmité.

NÉVROSES DES NERFS l'ÉRIIMIÉRlOUES.

Page 1