‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 106 sur 155 · ADHÉRENCE DU PÉRICARDE. - SYMPHYSE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

ADHÉRENCE DU PÉRICARDE. - SYMPHYSE CARDIAQUE

rouge, 150 gr. ; teinture de cannelle, 8 gr. ; sirop d’écorce d’orange, 40 gr. ; mêlez et ajoutez : acétate d’ammoniaque, 10 gr. ; extrait de quinquina, 4 gr. ; rhum ou cognac vieux, de 40 à 100 gr., selon le cas. Cette potion, qui résume en elle la médication stimulante, me rend journellement d’importants services dans les maladies que je viens de citer; elle m’a été également fort utile dans les cas où un épanchement péricardiaque persistait après le traitement par le tartre slibié. En même temps qu’on a recours aux agents stimulants, il faut couvrir la poitrine d’un large vésicatoire volant, appliquer même le vésicatoire ammoniacal ou le marteau de Mayor, si le danger est pressant; c’est dans ce cas aussi que les ventouses sèches trouvent leur emploi, mais il faut les appliquer en grand nombre, trente ou quarante à la fois, et répéter l’opération matin et soir. On les placera sur les membres inférieurs, s’ils ne sont pas œdématiés ; dans le cas contraire, on les mettra en ceinture à la base de la poitrine.

Enfin, lorsque la faiblesse du cœur tient à l’abondance de l’épanchement, lorsque celui-ci détermine une dyspnée intense et continue, on peut songer à la ponction du péricarde; celte opération est pratiquée dans le quatrième ou le cinquième espace intercostal gauche, à un pouce environ du bord sternal, et, dans le but de prévenir la reproduction du liquide, on peut en faire suivre l’évacuation d’une injection irritante, selon le conseil de Laennec, qui a été mis en pratique pour la première fois par Aran avec un plein succès. Mais, en général, celte opération n’est que palliative; elle a plusieurs fois donné lieu à un pneumo-péricarde; d’un autre côté, le liquide se reproduit avec une extrême facilité en raison de la diminution de la pression extravasculaire ; souvent aussi les vaisseaux ténus des néomembranes ne peuvent résister à la tension intravasculaire, qui n’est plus équilibrée; ils se rompent, et l’épanchement devient hémorrhagique. Toutefois, comme les malades pour lesquels surgit la question de la paracentèse du péricarde sont totalement perdus, l’intervention est légitime, l’opération doit être tentée, à moins de complication grave dans l’appareil respiratoire.

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