‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 125 sur 155 · PRONOSTIC, TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC, TRAITEMENT

Les conditions diverses qui commandent le pronostic nous sont connues, j’énumère de nouveau les principales d’entre elles en rappelant que l’appréciation d’une lésion valvulaire est subordonnée avant tout à l’état du muscle cardiaque : le mode et la durée de la compensation, l’état de la nutrition générale et locale, celui des vaisseaux périphériques, sont les circonstances qu’il faut tout d’abord prendre en considération (1); la stase persistante des viscères, notamment des poumons et des reins, est un signe doublement fâcheux, elle indique l’impuissance de la compensation et elle est par elle-même une cause de danger. — Chaque attaque d’asystolie étant plus grave que les précédentes, le pronostic doit tenir grandement compte du nombre des paroxysmes antérieurs; il est influencé également par la cause des attaques, l’asystolie vraiment spontanée étant toujours plus redoutable que celle qui est amenée par une cause occasionnelle ; nous avons vu qu’en pareil cas la spontanéité apparente est la conséquence ou de la dégénérescence du tissu cardiaque, ou des progrès des altérations vasculaires. — Les lésions inflammatoires ou gangréneuses de la peau distendue par l’oedème précipitent souvent la terminaison fatale, et parmi les hydropisies viscérales, l’hydrocéphalie et l’hydrothorax sont les plus funestes. — Les caractères delà lésion ont aussi leur importance, en ce sens que les rétrécissements sont plus graves que les insuffisances, et que le rétrécissement mitral est plus sérieux que l’aortique. — En

(1) Rigal, De V affaiblissement du cœur et des vaisseaux dans les maladies cardiaques, thèse de Paris, 1866. — Broadbent, On Procjnosis in Heart-Disease ( British med. Journ., 1866-1867).

MALADIES DE L’ENDOCARDE.

toute circonstance le développement de la fièvre, surtout si la compensation n’est pas exacte, est un fait fâcheux ; car sous un rapport la fièvre agit comme la lésion, puisqu’elle abaisse la pression artérielle ; elle ne peut donc qu’accentuer davantage les accidents.

Quand la mort est le fait de la lésion du cœur, et non pas le résultat d’une complication ou d’une maladie intercurrente, elle est produite par asphyxie, par hydrocéphalie, par urémie, par syncope ou par la dégradation croissante de la nutrition générale.

Lorsque la compensation est bonne, le traitement consiste dans l’application des mesures hygiéniques propres à maintenir cet état salutaire, ces moyens ont été indiqués au chapitre de la dilatation; quand la compensation est exagérée, le traitement n’est autre que celui de l’hypertrophie (voyez page 597); il faut seulement avoir soin de ne pas dépasser le but*en affaiblissant outre mesure l’action du cœur et le malade luimême. — Enfin, quand la compensation est rompue, les indications thérapeutiques et les moyens de les remplir ne diffèrent pas de ceux qui ont été étudiés à propos de l’asystolie par dilatation simple ( voyez page 616); je ne pourrais sans de stériles répétitions reproduire ici cet exposé.

QUATRIÈME LIVRE

NÉVROSES DU CŒUR

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