MALADIE DE GRAVES, DE BASEDOW. — GOITRE EXOPHTIIALMIQUE
in Ira- cardiaque subite peuvent seules être mises en parallèle; le nombre des battements du cœur est compris le plus souvent entre 120 et 140 par minute, on les a vus (Mac Donnell) s’élever momentanément jusqu’à 200, et, dans le cas de Gildemeester, ils étaient absolument innombrables. La force de l’action du cœur est souvent en rapport avec la fréquence, mais il n’en est pas toujours ainsi, et c’est là la raison des différences que présentent les malades au point de vue des sensations, lesquelles sont subordonnées à l’énergie de l’impulsion bien plutôt qu’à la rapidité des pulsations.
Le rliylhnie des mouvements et des bruits n’est pas altéré, et l’examen de l’organe peut ne révéler aucune anomalie ; dans d’autres cas, on constate par la percussion une augmentation de volume soit générale, soit partielle (ventricule gauche), et l’on entend des souffles systoliques qui occupent tantôt les foyers des bruits artériels, tantôt ceux des bruits ventriculaires. La première localisation n’indique autre chose que l’anémie, la seconde dénote une insuffisance relative de l’une ou des deux valvules auriculo -ventriculaires par dilatation de la cavité. Ces souffles sont parfois assez forts pour donner l’idée d’une lésion organique, mais la considération des autres symptômes, la disparition des bruits anormaux quand la maladie guérit et que la dilatation s’efface, peuvent rectifier le jugement. Il importe toutefois de ne pas perdre de vue la coexistence possible d’une lésion valvulaire et de la névrose de Graves. Quand l’action du cœur est à la fois énergique et rapide, on peut percevoir à la main un frémissement passager dans la région précordiale. Les grosses artères du thorax, du cou et de la tète reflètent exactement l’état delà motilité cardiaque; les pulsations de l’aorte, celles même de l’artère pulmonaire peuvent être appréciables par la vue, et une forte pression exercée avec le stéthoscope sur les foyers de ces vaisseaux peut provoquer la formation de souffles systoliques que ne révèle pas une auscultation plus superficielle. Les artères cervicales frémissent et battent comme dans l’insuffisance aortique, et les vibrations exagérées produites par le volume et la rapidité des ondées sanguines donnent lieu à des souffles forts et éclatants. Les grosses veines du cou sont parfois dilatées et proéminentes, il y a de la stase, et dans deux cas Friedreich a constaté le phénomène du pouls veineux dans jugulaire interne; dans ces circonstances on peut entendre sur le bulbe de la veine un souffle diastolique (Friedreich). Dans la majorité des cas, les artères plus éloignées du cœur restent normales, elles ne se dilatent pas ; le pouls radicil est remarquable par sa fréquence, mais on n’y trouve plus l’ampleur caractéristique des battements carotidiens. Le désordre, qui est alors strictement contenu dans la sphère du sympathique cervical, peut cependant dépasser ces limites et envahir la totalité du système artériel. Le fait est rare, mais il a été vu, et comme la maladie est alors beaucoup plus grave, il est bon d’étre prévenu de cette éventualité.
LaTUMEuu Tin roidienne commence a se montrer après un temps variable.
NÉVROSES DU CŒUR
cl elle acquiert assez rapidement un maximum (ju’elle ne dépasse plus; jamais elle n’atteint les dimensions des gros goitres ordinaires, elle n’est ni bosselée ni multilobée, et elle a une consistance demi-molle, comme élastique; le plus ordinairement la tuméfaction .occupe la totalité de la glande, parfois cependant elle est limitée ou prédominante dans l’un des lobes latéraux, c est alors le côté droit qui est le plus fréquemment atteint (Trousseau). La nature vasculaire de cette tumeur est démontrée par les pulsations qui l'animent, par le frémissement systolique général qu’v perçoit la main, et par les souffles également systoliques qu’y révèle le stéthoscope. Lorsque les veines participent à l’ectasie, ce qui n’est point rare, la peau de la région n’a plus ses caractères naturels, elle est tendue, amincie, bleuâtre et sillonnée de réseaux veineux. Le volume du goitre n’est pas toujours le même ; il est subordonné à l’action du cœur et en suit les diverses phases.
En même temps que le gonflement thyroïdien apparaît, ou peu après, les globes oculaires commencent à faire saillie au dehors des cavités orbitaires, I’exopiitiialmie est constituée; ordinairement elle est d’emblée double et égale des deux côtés, quelquefois pourtant elle reste assez longtemps unilatérale (Praël) ; lorsqu’elle est très-prononcée, l’occlusion des paupières est nécessairement incomplète, et, même pendant le sommeil, le globe de l’œil n’est pas recouvert. On peut toujours, par une pression légère, refouler les yeux dans les orbites; mais dès que la pression cesse, ils reviennent à leur situation anormale. L’irritation résultant de l’absence du clignement et de l’exposition a l’air produit du larmoiement et l'injection de la conjonctive; dans quelques cas, heureusement assez rares, on a même observé Y inflammation ulcéreuse de la cornée (1) avec cécité consécutive (2). L’état de la pupille est variable, la théorie (excitation du centre cilio-spinal) la voudrait toujours dilatée, mais il n’en est point ainsi; le plus souvent le diamètre normal est conservé, dans d’autres cas il y a rétrécissement de l’ouverture, la dilatation est la condition la plus rare. Elle l’est à ce point que de Grâfe ne l’a pas observée une fois sur deux cents malades, et il pense que les individus chez lesquels elle a été vue étaient affectés de myopie. En toute condition l’iris réagit sous l’influence de la lumière. L’exploration ophthalmoscopique, souvent stérile, révèle parfois un développement exagéré des veines rétiniennes. — De Grafe a fait connaître un symptôme constant qui précédé etannonce l’exophthalmie, c’est la diminution ou la suppression des mouvements associés par lesquels la paupière supérieure suit la locomotion du globe de l’œil; à l’état sain, cette paupière s’abaisse et s’élève comme l’œil luimême par un mouvement automatique; dans la maladie de Graves, l’alté-
(1) Basedow, Piiael, Naumann, V. GrAfe, Lawrence, Tatum, Teissier.
(j) Praël.