‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 23 sur 155 · MARCHE ET TYPES · texte numérisé non relu

MARCHE ET TYPES

L’étude approfondie que nous avons faite de la température fébrile contient toutes les notions importantes qui sont afférentes à ce sujet ; quelques définitions suffiront à le compléter. Au point de vue de sa marche, la fièvre est distinguée en continue ou continente, subcontinue, rémittente, intermittente.

Forme continue. — L’observation thermométrique a fait justice de cette première forme; elle serait constituée par une fièvre présentant durant sa période d’état une intensité toujours la même, de sorte que le tracé figuratif serait une ligne droite horizontale ; or une telle fièvre n’existe pas. Alors même (pie le chiffre du soir se maintient plusieurs jours de suite exactement au même niveau, ce qui est déjà fort rare, il y a le matin une rémission qui brise l’uniformité de la ligne. La fièvre est continue quant à sa persistance, elle ne l’est jamais quant à son degré.

Forme subcontinue. — La fièvre est subconlinue lorsque, pendant l’acmé, l’écart entre les maxima elles minima quotidiens ne dépasse pas quelques dixièmes (fig. 19); lorsque les chiffres thermiques sont élevés, cette fièvre, pour peu qu’elle se prolonge, devient par elle-même une source de danger, parce que les rémissions, vu leur faiblesse, diminuent à peine la consomption organique : celte forme est fréquente dans les typhus et dans la pneumonie. On la voit aussi dans les phlegmasies séreuses, dans le rhumatisme articulaire aigu; mais, malgré sa durée, elle y est mieux tolérée que dans les maladies précédentes, parce que la moyenne thermométrique est généralement moins élevée.

Forme rémittente, t— C’est la forme la plus commune; la fièvre ne cesse à aucun moment de la maladie, mais elle présente dans son intensité des oscillations beaucoup plus marquées ; l’écart peut aller de huit dixièmes ou un degré jusqu’à deux degrés, ou même un peu plus. Cependant la rémission, quelque marquée qu’elle soit, ne descend pas jusqu’au chiffre physiologique (fig. 20); c’est précisément ce caractère qui distingue la rémittente de l’intermittente, et en fait une fièvre à allures continues.

(1) Jaccoud, Leçons de clinique médicale. Paris, 1867.

PROCESSUS MORBIDES COMMUNS

•Celle forme esl ordinaire dans la seconde moitié de la période d’élat du typhus abdominal, dans le catarrhe intestinal et dans les phlegmasies catarrhales en général; on l’observe souvent aussi dans la tuberculose fébrile.

Forme intermittente. — La fièvre est intermittente lorsqu’elle est composée d’accès dans l’intervalle desquels la température redevient normale ou même inférieure à la normale; les accès sont appelés aussi paroxysmes, et l’intervalle sans fièvre qui les sépare est dit apyrexie. Lorsque les accès reviennent à intervalles sensiblement égaux, la fièvre n’est plus seulement intermittente, elle est périodique (fig. 21). Celte dernière forme caractérise les lièvres palustres régulières; la forme intermittente proprement dite est observée dans les fièvres palustres irrégulières, dans la pyémie, dans la phthisie chronique. — Dans les formes subcontinues et rémittentes, l’exacerbation a lieu le soir, la rémission appartient au matin, mais dans la forme périodique régulière, l’ascension se fait dans la matinée et la chute commence dans l’après-midi ou vers le soir.

Le type de la fièvre n’est autre chose que le mode de sa marche ; chacune des formes précédentes constitue un type distinct : conséquemment, les types de la fièvre sont : le subcontinu, le rémittent, l’intermittent et le périodique. Le type d’une fièvre (l’intermittent excepté) ne peut être apprécié que durant le fastigium ; car pendant l’augmcnl les caractères typiques ne sont pas encore dessinés, et pendant le déclin ils tendent à s’effacer.

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